
Que fera-t-on de cette crise ?
Faisons-leur confiance : pour un retour à l’identique, tel quel, à des nuances près, ils sauront faire. Ils seront les meilleurs, vraiment.

Faisons-leur confiance : pour un retour à l’identique, tel quel, à des nuances près, ils sauront faire. Ils seront les meilleurs, vraiment.

« Ma chère Muriel, j’irai pas au turbin. Je n’irai pas sur le chantier pour que vous et vos amis gardent le confort qu’ils croient dû à leur rang. » Un ouvrier écrit à Muriel Pénicaud.

Ils nous jouent du violon sur « les soignants, ces héros », sur « la santé d’abord ». Mais même durant cette crise, leur priorité ne varie pas : l’économie avant la vie. L’argent avant les gens. Les multinationales avant l’intérêt général.

500 alertes, 600 contributions, 4 émissions en direct, plus de 500 000 vues et un livre collectif écrit en direct avec les internautes, « Ruptures » : lancé la semaine dernière on fait le point sur lan01.org.

« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

Une dissolution, Macron ne le fera pas, et on sait pourquoi: il se prendrait une déculottée.
Alors, je lance un défi aux 298 marcheurs: qu’un seul démissionne, remette son mandat en jeu, et je le suivrai. On verra qui en sort légitimé.

Dans la rue et à l’Assemblée, nous nous sommes battus contre la réforme des retraites. Seul contre les oppositions, contre les syndicats, contre le Conseil d’Etat, contre les Français, Macron passe en force, pour Axa et Blackrock. En catimini, un samedi après-midi, il ajoute la lâcheté à sa solitude. Une nouvelle bataille s’ouvre : celle de la reconquête de ce pouvoir qu’ils nous volent.

Une motion de censure, c’est du bidon. De l’agitation, qui demeure dans le ronron des institutions. Il nous faut exiger, dans l’immédiat, une dissolution de l’Assemblée nationale. Tant le fossé est grand, comme cause le président, entre « pays légal » et « pays réel ». Et surtout, il nous faut unir les forces, pour vaincre Macron, dans la rue et dans les urnes…

Les retraites, c’est le socle du contrat social entre les Français, depuis 1945, depuis plus de soixante-dix ans. Et il faudrait revoir en procédure accélérée ? En bâclant le débat au Parlement ? Tout comme on a bâclé l’étude d’impact pour le Conseil d’Etat ? Tout comme on a bâclé les négociations avec les syndicats ?

Quelles que soient nos opinions sur cette réforme, permettez que les débats se déroulent sans la pression d’un compte à rebours : reportez-la. Les Français et leurs retraites valent mieux que ça.

Quand Fernand, guide au Mont-Blanc, montre les camions, Macron dénonce les promeneurs. C’est le président de la République ou du Conseil départemental de Haute-Savoie ?

À Amiens, dans notre ville, des militants, des militantes, sont aujourd’hui poursuivis, sous des prétextes assez gazeux. Aucun, aucune, pour violence. Aucun, aucune, pour le moindre jet de projectiles. Dans quel but, alors ? Non pas d’enquêter, mais humilier.
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