Retraites : "Robin des bois à l'envers"

« Le système par point, en réalité, ça permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue. Ca permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points, et donc de diminuer le niveau des pensions. » François Fillon.
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Emmanuel Macron reprend cette idée, mais sans « avouer ».
D’après lui, il ne s’agit que de « justice », d’ « égalité », de créer « un régime universel, le même pour tous, que l’on soit fonctionnaire ou salarié du privé, indépendant ou agriculteur. » Sauf qu’en même temps, en même temps :

Âge pivot
Le gouvernement promeut un « âge pivot », qui serait fixé à 64 ans : mais qui parviendra à travailler jusque‑là sans affronter le chômage ? D’après la Cour des comptes, seulement un tiers des 60‑64 ans travaillent en France. Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a été multiplié par trois. Et tandis que l’État économise sur les retraites, il verse massivement le RSA aux seniors : + 157 % en dix ans ! Voilà la réalité : plutôt qu’une pension méritée, une allocation de pauvreté.

Espérance de vie
« La valeur du point serait calculée en fonction de l’espérance de vie moyenne d’une génération. » Mais, dans notre pays, les travailleurs les plus modestes meurent 13 ans avant les plus aisés ! Les ouvriers paieraient pour les PDG !

Les femmes
Et pour les femmes ? Avec la contre‑réforme Macron, la pension de réversion ne serait disponible qu’à partir de 62 ans. Contre 55 ans aujourd’hui. Plus 7 ans ! Les femmes en seraient les grandes perdantes.

Sous des dehors techniques, c’est la même politique qui se poursuit : un « Robin des Bois à l’envers », qui prend aux pauvres pour donner aux riches.

Une « malédiction » vaincue


Après des millénaires de misère, le taux de pauvreté des personnes âgées est subitement divisé par quatre dans les années 1970. Mais ce que la politique a fait, la politique peut le défaire…

Durant des siècles, pour les gens du peuple, « vieillesse » était synonyme de misère, d’aumône, de privations. Mais ministre du Travail à la Libération, Ambroise Croizat proclame son ambition : « La retraite ne doit plus être l’antichambre de la mort, mais une nouvelle étape de la vie. » Il œuvre à un « vaste plan de sécurité sociale », comme le prévoit le programme du Conseil national de la Résistance.
L’effet de cette loi n’est pas immédiat.
Il faut le temps que les retraites deviennent effectives, à taux plein.
Et c’est une révolution silencieuse qui s’opère alors : le taux de pauvreté des personnes âgées plonge, il est divisé par quatre en quinze ans ! De 35 % en 1970 il passe à 7,5 % en 1984 ! Pour la première fois dans l’histoire, même, on rencontre moins de misère chez les « vieux » que dans le reste de la population. Grâce à des mesures, des mesures politiques, des mesures démocratiques, la malédiction est rompue ! Formidable conquête sur la « nature » !

Mais ce que la politique a fait, la politique peut le défaire. Avec les réformes Balladur (1993), Raffarin (2003), Fillon (2010), l’heure est venue des contre-réformes. Dont l’effet, là encore, n’est pas immédiat. Elles font aujourd’hui sentir leurs effets : le taux de pauvreté chez les plus de 65 ans remonte… tout en demeurant, pour l’instant, inférieur à l’ensemble de la population.

Le grand gavage :
En 2018, les dividendes ont augmenté de 12,8 %, à 57 milliards d’euros.

Les 500 fortunes françaises détenaient, il y a trente ans, 5 % du PIB. C’était 25 % à l’arrivée de Macron. Et aujourd’hui 30 %. (source : Challenges.)

En 2017, les PDG du CAC 40 s’étaient augmentés de 14 %. Et rebelote en 2018 : +12 %, à 5,8 millions d’euros. (source : Proxinvest.)

« Les 0,1 % des ménages les plus aisés ont gagné 23 072 euros annuels » en plus. (Institut des politiques publiques.)

Et en même temps, en même temps, la France compte 400 000 pauvres en plus, en un an.

Une « juste » réforme des retraites doit toucher à ça : à cette minorité qui se gave.

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