« Dehors, vous cachez votre parti, votre étiquette comme une honte »

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Dehors, vous n’êtes plus qu’une minorité et au service d'une minorité. Dehors, vous êtes massivement rejetés. Dehors, vous cachez votre étiquette, votre parti, comme une honte.

Nous voterons cette motion de la droite. Nous la voterons en désaccord complet avec ses motifs. Non, nous ne souhaitons pas « un recul de l’âge légal à la retraite », au contraire, nous souhaitons l’avancer, nous souhaitons renouer avec le fil du progrès, avec un progrès qui, au long du XXe siècle, avec l’obstination du mouvement ouvrier, a vu le temps de travail diminuer. Diminuer pour les enfants d’abord, qui ne sont plus descendus à la mine à dix ans, douze ans, quatorze ans. Diminuer pour les femmes qui grâce au congé maternité n’ont plus à accoucher sur les chaînes. Diminuer pour tous avec le dimanche chômé, avec le samedi à l’anglaise, avec les premiers congés payés, avec la loi des trois huit et avec en bout de course la retraite. Cette « nouvelle étape de la vie », comme causait Jean Jaurès, une retraite ramenée à 60 ans en 1982, et que vous repoussez, repoussez, repoussez depuis, pour mieux servir des dividendes aux actionnaires. Voilà notre histoire, voilà notre héritage. Un héritage du mouvement ouvrier et qui est porteur d’avenir.

Un avenir écologique.
Car quelle est, pour l’environnement, l’intervention politique clé ? C’est la diminution du temps travail. C’est de sortir nos vies par petit bout de la cage de fer du productivisme et du consumérisme. C’est d’en finir avec le travailler plus, pour gagner plus, pour produire plus, pour consommer plus, pour travailler plus, comme des hamsters dans leur roue.

Quelle conviction nous anime ? La planète et les hommes ont besoin de repos. Voilà le sens de notre combat, sa direction, à l’opposée du chemin que vous nous dessinez, de la régression que vous nous proposez. D’ailleurs votre projet ne comporte pas une fois, pas une seule fois le mot écologie. Et de même zéro fois. zéro fois le mot bonheur. Mais 125 fois le mot finance.

Nous voterons cette motion de la droite sans chicaner. Nous la voterons sans illusion. Nous la voterons parce que tous les moyens, tous les moyens légaux, tous les moyens pacifiques sont bons pour dire « non » à ce gouvernement et à ce Président. Nous la voterons, parce qu’un mot peut nous rassembler, sur vos bancs, à droite, comme sur les nôtres, à gauche : démocratie.

Il y a deux semaines à peine, à l’Elysée, devant vous, députés marcheurs, le président de la République citait le nationaliste Charles Maurras et il vous prévenait du divorce entre, je le cite, le « pays légal » et le « pays réel ».

C’est un diagnostic assez juste : votre majorité dans l’hémicycle n’est plus, et depuis longtemps, une majorité dans le pays. Dehors, vous n’êtes plus qu’une minorité et au service d’une minorité. Dehors, vous êtes massivement rejetés. Dehors, vous cachez votre étiquette, votre parti, comme une honte.

C’est un fossé, un gouffre, qui s’est creusé entre « représentants » et « représentés ». Votre légitimité s’est amenuisée, elle a disparu. Votre mandat n’a plus de base, plus d’appui dans le pays. Et malgré votre fragilité, malgré votre faiblesse que vous connaissez, c’est par la force que vous imposez votre réforme ? Seuls contre les syndicats, seuls contre le Conseil d’État, seuls contre la droite, seuls contre la gauche, seuls surtout contre les Français, contre les deux tiers des salariés ? Le moment Gilets jaunes ne vous a pas suffi ? Le vent du boulet, vous ne l’avez pas senti ? Je mens, vous trouvez ? Vous êtes persuadé de votre popularité ? Que votre politique est approuvée ?

Allez-y, alors ! Remettez vos mandats en jeu. Remportez le scrutin. Revenez avec une majorité, régénérée, légitimée, pour porter ce projet – et je me tais. Monsieur Le Gendre, vous présidez le groupe en Marche, allez-y, remettez votre mandat en jeu ! Monsieur Guérini, vous présidez le parti, allez-y, remettez votre mandat en jeu ! Vous êtes 300. Qu’un seul se lève et dise : Je remets mon mandat en jeu, chiche ! Je relève le défi. Mais vous ne le ferez pas. Parce que vous connaissez la vérité : vous perdrez. Vous perdrez ici contre la gauche, là-bas contre la droite mais vous perdrez. Vous prendrez une déculottée. Vous serez renvoyés à vos foyers. Oui, vous atteignez des abysses d’impopularité.

Et c’est avec cette légitimité zéro, c’est avec cette trouille des électeurs, c’est avec ce décrochage du pays réel, que vous proposez, pardon, que vous imposez, de revoir le contrat social avec les Français qui vaut depuis l’après-guerre ? C’est un projet ambitieux que vous portez, je le reconnais. C’est un grand projet. Grand par son injustice. Mais ce grand projet serait porté sur des épaules aussi frêles ? Sur une base sociale aussi étroite ? Par-dessus les syndicats, par-dessus le Conseil d’Etat, par-dessus les salariés ?

C’est un jeu dangereux auquel vous jouez. C’est un jeu dangereux pour le pays. C’est un jeu dangereux pour la démocratie.

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