« Vous devriez être submergé par la honte, Monsieur le Ministre ! »

Monsieur le ministre, un spectre hante cette assemblée – du moins, je l’espère –, celui de l’effondrement écologique, celui d’un désastre non réversible. Mon premier engagement est plutôt tourné vers l’exigence d’égalité. Comme je l’explique toujours, en matière sociale, il y a des cycles : nous sommes dans un mauvais cycle depuis trente ans mais nous pouvons espérer que cela repartira. En matière écologique, ce qui est détruit ne sera pas reconstruit, il n’y a pas d’inversion possible : les glaciers fondus ne seront plus gelés, les forêts d’Amazonie ne seront plus remplacées. Il n’y a pas de marche arrière.

Pendant les vacances, j’avais emprunté des livres audio pour occuper mes mômes, assis à l’arrière, sur les routes de l’Ardèche. J’avais, entre autres, emprunté un conte du romancier israélien Amos Oz. Le résumé en est simple : les animaux ont déserté un village. Il n’y a plus un animal dans le village. On n’y voyait plus le moindre petit chardonneret, il n’y avait aucun poisson dans le torrent. Voilà des lustres qu’on n’y avait vu des insectes ou des reptiles, pas même des abeilles, des moustiques ou des mites. Un étrange silence y régnait en permanence. Les oies sauvages ne sillonnaient pas le ciel vide. Avec mes enfants assis à l’arrière, écoutant ce récit, je songeais : verront-ils encore des abeilles, des chardonnerets, des oies sauvages ? Et les enfants de mes enfants ?

En partant en vacances, j’avais deux chiffres en tête, qui avaient résonné très fort au printemps. Le premier, c’est que nous avons perdu un tiers d’oiseaux dans nos campagnes en trente ans. Ce chiffre vaut réquisitoire. Quant au deuxième chiffre, il vaut condamnation : 80 % d’insectes volants en moins, toujours en trente ans. Trente ans, ce n’est rien, à l’échelle de l’humanité : c’est à peine une génération – la mienne, la vôtre –, qui a détruit cela par sa consommation, par sa production.

Dans ce texte d’Amos Oz, il y a des marginaux. Ainsi, Emanuela, l’institutrice, tente de maintenir le souvenir des animaux. Elle fait faire des dessins aux enfants, qu’elle accroche  sur les murs de l’école pour qu’ils se souviennent à quoi ressemblaient les animaux. Elle fait imiter les cris des animaux. Il y a aussi Almon, le pêcheur, qui offre des statuettes d’écureuil, de grues, pour que les enfants sachent encore à quoi ressemblent un papillon, un poisson, un poussin.

Mais les autres adultes préfèrent se taire. Ils préfèrent effacer leur crime, l’oublier. Un soir, l’un des enfants, Matti, prend son courage à deux mains et demande à son père pourquoi les animaux ont disparu du village. Celui-ci prend son temps avant de répondre, il se lève de son tabouret et se met à faire les cent pas dans la pièce, il hésite, puis il lui dit : « Alors voilà, Matti. Il s’est passé certaines choses ici, des choses dont il n’y a pas de quoi être fier. Mais nous ne sommes pas tous responsables, pas au même degré, en tout cas. Et puis, qui es-tu pour nous juger ? Tu es trop jeune. De quel droit nous blâmerais-tu ? Tu ne peux pas condamner des adultes. D’ailleurs, qui t’a parlé des animaux ? On a oublié, un point c’est tout ! N’y pense plus, personne n’a envie de se rappeler. Maintenant, descends me chercher des pommes de terre à la cave et arrête de parler pour ne rien dire. Écoute, Matti, on va faire comme si nous n’avions jamais eu cette conversation, comme si on n’en avait jamais parlé. »

Mes enfants toujours assis sur la banquette arrière et écoutant ce récit, je me suis demandé si, à notre tour, bientôt, nous devrions fuir cette question. Serons-nous, nous aussi, submergés par la honte, par la culpabilité de n’avoir rien fait ? Vous pourriez, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, mesdames, messieurs les députés de la majorité, être submergés par la honte, car vous savez. Vous avez les chiffres, toutes les statistiques, toutes les données de la catastrophe en cours ! Moins 30 % d’oiseaux en trente ans ? Vous le savez ! Moins 80  % d’insectes volants ? Vous le savez ! Sous terre, le nombre de lombrics divisé par dix ? Vous le savez ! La terre tout court : l’équivalent d’un département artificialisé tous les dix ans ? Vous le savez ! Ceux qui cultivent cette terre : la moitié des agriculteurs disparus en vingt ans ? Vous le savez !  Cette destruction sournoise, invisible et pourtant si rapide, de tout ce qui vit dans les airs, sur terre, sous terre ou de la terre, vous en êtes les complices ! Vous en êtes les complices par votre passivité, par la médiocrité de votre projet en ce moment clef dans l’histoire de l’humanité.

Bruno Dufayet, de la Fédération nationale bovine, est venu ici pour réclamer, je vous le rappelle, un nouveau contrat social entre les agriculteurs et la société. « Qu’attendons-nous ? », nous a-t-il demandé. « Vous voulez la compétition, le modèle néo-zélandais ? On le fera ! Une agriculture familiale, de proximité, qui intègre le bien-être animal ? On le fera ! Vous voulez tout à la fois ? C’est aux Français et à vous, les politiques, de fixer un cap. »

Mais le cap, on le cherche toujours, sans le trouver. Quelle agriculture voulez-vous ? Je pense que vous êtes infoutus de nous le dire ! Depuis un an que je vous écoute, je n’ai toujours pas compris quel était le cap fixé à nos agriculteurs.

Dans ce projet de loi, il n’y a rien ou presque : ce sont des mesures médiocres, rabougries, des trucs technicistes, pas à la hauteur de la catastrophe en cours, pas à la hauteur du désastre social, pas à la hauteur de la grand-messe des états généraux de l’alimentation, des quatorze ateliers, des milliers d’heures de réunion. Il n’y a pas d’ambition, pas d’horizon, pas de direction. On y trouve au mieux de bonnes intentions  : la montée en gamme de l’agriculture française est aussitôt minée par un « en même temps », par des accords avec le Canada, le MERCOSUR, le Mexique, la Chine, le JEFTA, comme s’il fallait que l’agriculture française soit en permanence ouverte aux grands vents de la mondialisation, que l’on prenne des vaches à un endroit pour les faire passer dans un autre coin du globe – ce que Dominique Potier appelle à juste titre une « mondialisation shadok », qui paraît complètement absurde et que vous poursuivez néanmoins.

Dans mes propos, vous ne découvrez rien. Je ne cesse de vous le dire et de vous le répéter ; c’est peut-être la septième, huitième, neuvième, dixième fois que nous jouons le même scénario. Je radote et vous m’écoutez plus ou moins poliment mais, aujourd’hui, nous ne sommes plus seuls, car un autre spectre hante cette assemblée : celui de Nicolas Hulot. Il n’est pas parmi nous, il ne l’a jamais été dans ces débats et je l’ai toujours regretté. Son successeur n’est pas davantage présent et son absence est tout un symbole. Et pourtant, son fantôme rôde, il est derrière vous, il nous observe, il nous écoute, il nous juge.

Il y a un mot que j’aime bien  : le scrupule. Scrupulus, en latin, désigne le petit caillou que l’on a dans la chaussure. Nicolas Hulot est aujourd’hui un gros caillou dans notre conscience, dans la vôtre aussi, concernant le contenu de ce projet de loi. Cela fait un peu du banc des ministres un banc des accusés.

À la radio, Nicolas Hulot s’exprimait ainsi : « Est-ce que nous avons commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l’érosion de la biodiversité ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à [arrêter] l’artificialisation des sols ? La réponse est non. […] Je n’ai pas réussi à créer une complicité de vision avec le ministre de l’agriculture, alors que nous avons une avons une opportunité absolument exceptionnelle de transformer le modèle agricole. […] Je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert », ajoutant que c’est le modèle dominant qui est la cause du désastre.

Je souhaite insister sur cette opportunité absolument exceptionnelle. Je crois, en effet, que c’est une occasion manquée, une occasion gâchée alors que – et c’est tout le paradoxe – c’est vous, monsieur le ministre, avec le Président de la République, qui avez créé cette opportunité et donné cette occasion. Et vous ne l’avez pas saisie ! Vous l’avez laissée complètement en plan ! Pourquoi ? Les industriels et les distributeurs, obligés de participer à ces états généraux de l’alimentation, y avaient accordé des concessions. Que l’on se souvienne par exemple des propos de Serge Papin, alors P.D-G de Système U, qui animait l’atelier des états généraux consacré aux prix : il indiquait, devant notre commission, que pour sauver l’agriculture française, l’amener vers plus de qualitatif, il faudrait des prix minimum garantis.

On a besoin de régulation dans ce pays : ça fait une trentaine d’années que l’agriculture est la variable d’ajustement de la guerre des prix.

Dominique Voynet, qui animait un autre atelier, nous a dit qu’elle avait, elle aussi, le sentiment d’une occasion manquée parce que les industriels étaient prêts à lâcher beaucoup. Selon elle, il n’y avait rien dans le projet de loi et c’était un peu décevant parce que les acteurs, industriels, transformateurs, distributeurs, qui n’étaient pas des poulets de l’année, s’attendaient à ce qu’on leur impose des choses. Ils ont négocié des compromis. Ils ont avancé parce qu’ils pensaient être battus bien plus durement. À l’arrivée, il n’y a rien. Alors, forcément, ils respirent, ils rigolent.

C’est surtout chez les agriculteurs que j’ai senti, lors de ces discussions, qu’un espace s’était ouvert, qu’il y avait la possibilité d’aller vers une transformation, vers une autre ambition. Chez tous ceux que j’ai rencontrés, j’ai perçu un doute ; un doute habité à la fois par l’urgence écologique, le sentiment que le lien avec le reste de la société se délitait, qu’il fallait le retisser et que cela supposait des mesures en matière écologique, mais aussi parce qu’ils ne sont plus sûrs que ce modèle économique leur permettra de survivre. Je les ai entendus s’interroger sur le sens de leur métier, sur les moyens de survivre, sur le lien avec la société, des discussions extrêmement riches.

Un certain Jean-Luc, par exemple, m’a dit : « au début, on se dit qu’on bosse pour nourrir les gens et puis, avec les aides, on est tellement humilié.  Sans les aides, on n’arrive pas à survivre. C’est affreux, on est dépossédé. Enfin je ne sais pas, vous aussi vous sentez ça, que les aides c’est une humiliation. Non ? » Eh oui ! Et pour lutter contre ça, il faut fixer des prix plancher, des prix garantis.

Selon le président de la MSA, on s’interroge dans les campagnes sur le sens du métier : on est là pour faire quoi ? Beaucoup de ses collègues lui demandent « Est-ce qu’on a vraiment besoin de nous ? Est-ce qu’on sert vraiment à nourrir la population ? » Ce doute mine le monde agricole encore plus sûrement que la pauvreté.

À ces hommes et ces femmes un peu perdus, vous aviez la possibilité de fixer un cap. Le fruit était mûr pour un discours plus vigoureux. Je ne vous demande pas une liste de 117 mesures pour sortir immédiatement du glyphosate, des pesticides et aller vers l’agroécologie mais un discours qui fixe un cap, une direction pour les années à venir, un discours qui serait : « renonçons à la compétition, préférons la protection, abandonnons les cours mondialisés, choisissons des prix régulés pour bâtir un contrat social clair, avec une agriculture qui assure d’abord notre auto-suffisance, dans le souci de sauvegarder l’environnement, d’être attentif au bien-être animal, d’offrir une alimentation saine et de faire vivre dignement les producteurs ».

À la radio toujours, Nicolas Hulot disait ne pas comprendre que nous assistions à la gestation d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence.  Quant à nous, nous comprenons trop bien que la présidence de la République, le Gouvernement sont entre les mains de l’oligarchie et que fixer le cap sur l’agro-écologie nuirait aux profits réalisés par les maîtres de l’agro-industrie, des supermarchés, de la chimie surtout, les Bayer, Monsanto, BASF à qui ici-même, dans cet hémicycle, vous avez offert le secret des affaires.

Mais cette indifférence va au-delà et s’ancre dans la société. Selon le psychiatre François Tosquelles, que j’aime beaucoup, « les hommes, les femmes et les enfants cherchent à tout prix une certaine sécurité, même au prix de la méconnaissance, du déni de ce qu’ils savent très bien. On est plus tranquille quand on ne sait pas ». Il évoquait, je crois, la mort, mais cela vaut aussi pour l’écologie, comme si elle contenait notre mort à tous, comme si on préférait ne pas savoir même si on sait.

Il y a, enfin, à l’origine de cette indifférence un profond sentiment d’impuissance : qu’y peut-on nous, petit homme, petit député, petit ministre aussi peut-être ? Que peut-on face à l’ampleur de la question écologique ? On voit très bien que c’est une transformation massive qui serait nécessaire. Par où commencer ? Qu’il s’agisse de l’agriculture, mais aussi des transports, de l’énergie de l’industrie, la tâche qui est devant nous apparaît prométhéenne.

Le rôle du politique est d’affirmer que c’est possible, de soulever les montagnes de découragement, en nous et dans la société. C’est possible, c’est encore possible ; c’est possible aujourd’hui et ce sera possible demain.

59 réponses à “« Vous devriez être submergé par la honte, Monsieur le Ministre ! »”

  1. Bravo Monsieur Ruffin, heureusement que la France Insoumise est à la hauteur.

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    1. Dans son CV François Ruffin ( ci-dessus) explique qu’il est élu sous l’ étiquette « Picardie Debout « soit FI, PCF, EELV et Ensemble et vous ne retenez dans sa démarche unitaire qu’une étiquette, pourquoi vous ne respectez la démarche, au combien intelligente de Ruffin, une démarche unitaire, loin de la chapelle et seule, comme le montre son élection, source de victoire.

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    2. Jean-Paul Hollinger 5 octobre 2018 à 16:59

      Tout le monde est d’accord à n’en pas douter. Mais dès qu’il faut passer à la caisse c’est fini. Pourquoi ? Hé bien parce que tout est prétexte pour faire les poches des Français. Nous sommes champions des taxes et prélèvements. Si nous suivons toutes vos recommandations afin de sauver notre planète, c’est à nouveau le peuple qui étouffe, qui sera sollicité. Les idées c’est bien. Les mettre en place avec notre argent sans vraiment compter c’est moins bien ! Arrêtez de nous prendre pour des crétins. L’argent est là, mais ne va pas où il faut. Il faut remettre tout à plat et avec discernement….

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  2. Continuez nous sommes tellement nombreux à vous soutenir sans que vous le sachiez
    Merci

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  3. Philippe Ménard 13 septembre 2018 à 15:44

    Je ne crois pas au sauveur
    J aime à croire que le grand hegelien puisse exister
    Je pense que c est par votre intégrité que votre grandeur existe.
    Vous êtes l espoir

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  4. je vous suis sans cesse . Ma réflexion en ce moment : est-ce que ces hommes et femmes font attention à ce qu’ils entendent lorsqu’il ou elles sont chez eux ou chez elles ??? Elle et ils : je dirai ils ne font pas attention que les oiseaux au printemps ne chantent plus comme avant, que les papillons,et je me rappelle chez moi dans les Hautes-Alpes, à VALLOUISE,il y avait des petits papillons bleus, mais hélas comme le reste, ces papillons ne volent plus, ils ont disparu.
    Là dans l’Aveyron, les oiseaux chantent, ils ne sont pas nombreux mais qu’est que ça fait du bien de les entendre.Sur mes fleurs,sur ma terrasse, les quelques abeilles butinent et je suis heureuse de pouvoir participer avec mes petits gestes à la protection de la nature. Je me bats souvent pour la protection de la nature, mon ami encore plus.
    Mes parents étaient agriculteurs, éleveurs de moutons,de vaches, de poules,etc… Je n’ai jamais vu mon père mettre dans le sol ces « cochonneries » dont Sieur MACRON les a autorisé encore pour 3 ans, pour le moment.
    Quand on ramassait les pommes de terre, on voyait les vers de terre, les petits papillons, les oiseaux, maintenant plus rien, la nature est triste.
    Les éleveurs sont responsables de l’UNION EUROPEENNE car chaque fois, il faut changer de méthodes, une fois il faut une agriculture intensive,l’année d’après il faut mettre en jachère. C’est quoi cette UNION EUROPEENNE où il faut les écouter ces personnes qui ne comprennent rien à l’agriculteur, à l’élevage, au bien-être des animaux QUELS QU’ILS SOIENT. On n’abandonne pas son chien ou son chat pour partir en vacances.
    Cela prouve bien que la nature, les animaux ne sont plus protégés de la main de l’homme, au contraire, c’est une question d’argent, l’argent,uniquement l’argent.
    Quand je vois le projet sur la pauvreté : il n’aurait rien dit, c’était la même chose. Le plan pauvreté sur plusieurs années, ce n’est pas concevables. Les pauvres n’attendront pas des années pour avoir à manger, bien que ce Président dont Monsieur COHEN déclare que c’est un vieux dans une tête de jeune et il se demandait quand il se regardait dans sa glace, s’il voyait un jeune ou un vieux !!!!!!
    Il faut cesser de laisser faire la REPUBLIQUE EN MARCHE, qui est un peu en déroute, comme on a pu le constater lors de l’élection de Monsieur FERRAND qui ne démissionnera jamais. Encore un qui veut tout et les autres rien.
    Monsieur RUFFIN et la FRANCE INSOUMISE, courage à vous tous.

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    1. jean andre allodi 14 septembre 2018 à 15:18

      bravo !!!beaucoup de gens pensent comme vous mais ne font plus confiance aux politiques au bout de cinquante ans on est blasé

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  5. Michel Carrière 13 septembre 2018 à 16:49

    Je ne suis pas particulièrement sympathisant de FI, de EELV, ni du PCF, mais plutôt partisan de l’UPR, des Patriotes, des Français et du #Frexit, indispensable selon moi pour que nos dirigeants puissent reprendre les manettes de l’État français et restaurer notre souveraineté nationale, condition première d’une vraie démocratie, le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, comme l’affirme encore notre Constitution.

    Et pour qu’on démarque toute la clique politicienne qui n’a du service à la Nation, de la défense des intérêts et du respect du peuple français qu’un vague souvenir, pour la remplacer par des personnalités de la trempe de François Ruffin.

    Je veux lui exprimer ici mon estime pour son engagement, pour sa probité et pour la force de ses convictions.

    Il nous faudrait d’autres François Ruffin, la France féconde devrait pouvoir nous en procurer plein !
    Et changer enfin le cours inexorable de la dégradation que la France suit depuis des dizaines d’années.

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  6. Prix plancher ?…
    Interdit par « l’union » €uropéenne pour « distorsion de concurrence ».
    Séance à l’assemblée à 0h40 ?
    Sur les 577 députés, combien sont présents à cette heure avancée de la nuit ?
    Pas 10%, pas 5%, non, ils doivent être à peine plus de 3%…
    Et combien de députés sont payés généreusement et vivent confortablement ?
    577 !
    Ces politiciens sont une honte, les vers dans le fruit.
    Et ce sont les mêmes qui autorisent les insecticides ?
    Qu’on les utilise donc abondamment pour se débarrasser d’eux !
    Dehors, dehors, nettoyez-nous ces écuries d’Augias !
    Il peut annoncer benoîtement « prochaine séance demain à 9h30 », ça n’est qu’une mascarade, une pantomime qu’ils acceptent tous hypocritement de jouer…
    Et, pendant ce temps, 4 ou 5 millions de Français sont au chômage, 3 ou 4 sous le seuil de pauvreté et quelques dizaines de milliers qui y tombent.

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    1. Maintes fois, François Ruffin vous expliqué pourquoi les députés ne peuvent pas être partout.
      SVP, pas d’anti-parlementarisme primaire.

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  7. Je crois Mr Ruffin à du courage. Le courage de pisser dans un violon en permanence. Mais il en faut au moins un à l’assemblée pour le faire pour nous.

    Le nous en question est nombreux, et nous nous passons d’eux pour agir et faire. Constamment nous mettons en place des stratégies pour préserver notre environnement, nos enfant de leurs «vaccins», etc…

    Merci Mr Ruffin de porter ces mots, cette rage dans l’hémicycle, et ne perdez pas courage, nous sommes très nombreux à agir.

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  8. C’est lamentable, il n’y a personne à l’assemblée.. Où sont donc les députés ?
    Sinon, votre discours est très bien. Il part du détail de votre vie privée avec vos enfants qui écoutent des livres audios, c’est une bonne idée, et s’ouvre progressivement sur la situation mondiale et la catastrophe écologique que nous vivons. Nous avons même droit à une ébauche d’explication sur les raisons qui nous font occulter la réalité dramatique. Je pencherais plutôt pour le lavage de cerveau quotidien organisé par les médias aux ordres qui diffusent en permanence leurs tranquillisants et l’idéologie du pseudo confort qui va avec.
    Mais, en parallèle, et ça se croise quand même un peu, de vraies inquiétudes naissent et une réelle énergie est déployée dans d’autres directions avec beaucoup d’initiatives, microscopiques certes à l’échelle de la brutalité de ceux qui s’acharnent à tout détruire, mais -et sans trop compter sur les im-pouvoirs en place- elles poursuivent sans répit leur horizon.
    Quand on réalise correctement une pâte brisée (ou sablée) il est assez long de bien mélanger le beurre et la farine pour en faire un sable fluide où chaque grain de farine serait beurré.. et puis d’un coup, quelques centilitres de liquide après, en 4 ou 5 mouvements de mains rapides, le tout s’amalgame en une pâton nickel et cette transformation soudaine d’un truc fluide et mou en un truc solide et ferme a quelque chose de magique parce qu’imprévisible.. Et bien, souhaitons que toutes les trouvailles les élans et le talent déployé dans chaque recoin du monde par tant de petites personnes anonymes qui relaient cette volonté d’amélioration cette envie de sortir de ce système blessant, que toute cette création de bonheur s’amalgame d’un coup, se relie et existe, se reconnaisse et s’impose comme la seule instance la seule énergie légitime.

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    1. Votre référence à la pâte sablée en parlant de toutes les petites gens qui travaillent à un monde plus sain est si belle. Si positive. Il nous faut des mots comme les vôtres pour reprendre confiance….c’est si désespérant, si angoissant ! Merci

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    2. Maintes fois, François Ruffin vous expliqué pourquoi les députés ne peuvent pas être partout.
      SVP, pas d’anti-parlementarisme primaire.

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  9. Consternant, rien n’avance! Que penserons nos générations futures de notre inertie, de notre déni, de notre incapacité? Les glyphosates, les pesticides, la pêche industrielle et électrique détruit l’air, la terre , la mer et l’Humanité.
    Difficile d’être optimiste après le reportage sur les plastiques de Cash Investigation de mardi dernier? et le dernier article du Fakir: « on pêche au Nord, on mange au Sud » Didier Gascuel, enseignant-chercheur Agrocampus Ouest, président de l’association française d’halieutique, membre du CESTP termine l’interview  » on pêche au Sud (pauvres), on mange au Nord (riches) » ainsi: » Les accords pour des échanges durables signés par l’UE avec les pays du Sud, c’est beau. C’est parfait. Mais ça n’a rien à voir avec ce qui se passe sur le terrain. sur place, nous ruinons la pêche et les ressources. »

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  10. Merci François Ruffin !!!
    J’apprécie énormément ce que vous et France insoumise faites.
    Et par contraste, honte à ce qu’est (devenue depuis quand ?) notre Assemblée nationale avec les lois passées en catimini (heures incongrues, non programmées) par la majorité, donc, sous la direction bienveillante de ses présidents. Du vote sur le glyphosate récemment à, par ex, la loi vite votée début 2017 pour protéger les intérêts d’élus, en plein scandale Fillon et en pleine campagne présidentielle de 2017, qui permet donc dorénavant aux élus (!) de ne plus être poursuivis (!) pour des délits financiers au delà de seulement quelques années, tout cela habilement mêlé à une loi allongeant la possibilité de poursuite judiciaire pour des délits de droit commun. C’est quoi ces privilèges ??? Cette loi a été passée en fin de séance, après des discours nauséeux et des félicitations réciproques entre députés à n’en plus finir et, bien sûr, à une heure insupportable. Personne ne devrait avoir le droit de faire carrière en politique : la politique n’est pas un métier. Dégagez !! Vous ne servez que vos propres intérêts !!!!

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    1. Bravo …c’est vrai la politique est devenue un métier pour s’enrichir et profiter d’un maximum de privilèges ;nous n’avons jamais quitté la Monarchie …Seul François Ruffin est honnête mais trop peux connu … Je suis agriculteur en fin de carrière sur une petite structure ,la nature j’ai le sentiment de la connaître et je l’aime … le jour où il n’y aura plus de pesticide ,le problème ne sera pas résolu ,je veux bien que l’on s’attaque au glyphosate ;je n’en utilisais jamais et maintenant que l’on ne tond plus les bordures de route et que je n’ai plus le droit de travailler mon sol pendant 2 mois après la moisson pour des raisons écologiques (SIE)je me fais envahir par les herbes sauvages et les limaces .Au sujet du glyphosate ,j’ai vu un reportage sur un village sud américain avec beaucoup d’handicapés..ce que personne n’a remarqué dans le documentaire c’est que les gens allaient chercher de l’eau pour boire avec des bidons de roundup !!!! Donc attention à la manipulation ! il faut savoir qu’interdire l’utilisation en France n’interdit pas l’importation !!!! tous les animaux de france sont déjà nourris au soja et maïs OGM (importation colossale du Brésil ou état unis) traité directement sur la plante cultivée à des doses 8x supérieurs aux nôtres.Pour vendre des voitures Renault par exemple et offrir un salaire au PDG de 45000 euros par jour ,la monnaie d’échange est toujours l’agriculture !
      J’ai aussi des abeilles …je sais par observation que les êtres vivants sont très sensibles au stress les lapins ont désertés les forêts pour s’installer dans les villages ou sur les ronds points ,le stress de la chasse les rendaient très sensibles à la myxomatose.Chez moi les abeilles ne sont en difficulté que depuis 2 ans jusqu’ici les pratiques agricoles de mes voisins ne les dérangeaient pas .Mais le frelon Asiatique est arrivé et terrorise mes abeilles ! celles ci avec le stress n’arrivent plus à lutter contre les parasites importés par la mondialisation (varroa ,loque américaine et autres inconnus à ce jour car nous avons importé aussi des coccinelles asiatiques ! et d’autres insectes porteurs de maladies inconnues de notre petite faune européenne) . Les erreurs humaines sont nombreuses …les lampadaires ont anéantis les papillons de nuit . Et les voitures ?????? combien y avait-il d’insectes sur le capot de notre voiture chaque jour il y a 10 ans ,vous avez compté ? multiplié par le nombre de jours et le nombre de voitures ,cela fait combien d’insectes qui n’ont pas pu se reproduire ????
      Voilà ..je voulais offrir une autre pensée que celle des médias ..donc ..Attention à l’intox des incompétents . Merci de m’avoir lu

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  11. Bonsoir François.
    Comment pas être outré devant ses préoccupations écologique, j’ai moi même rectifié mes habitudes à mon niveau, mais bon quand nous voyons tous ses journalistes qui font de belle émissions et parlent pour faire du fric et de l’audience.j’adore la phrase de Groland : ces vous qui vivez de l’actualité et ces nous qui en vivons.
    les médias sont à la solde du pouvoir politique et financier.
    Comment sortir de ce sida économique?
    Ce pouvoir économique ( guerre) vise à pillé notre richesse et nos savoir de notre beau pays.regardé Arté sur les actionnaires!!!
    En maintenant les salaires vers le bas, pour bien éclavagisé le peuple, et pour s’enrichir toujours plus.
    oui il pille nos entreprise en rentrant dans les conseils d’administrations, et s’emparent des bénéfices, et quand ils s’ont bien sucé les fonds! pour épongé leurs propres dettes, il la balance comme mouchoir usagé. et cela fait des année que l’on supporte, avec la complicité de nos anciens politiciens, complice!
    je ne veux plus cautionné ces pratique contre humanité, car ces bien de cela que nous avons en nous, mais pas un monde égoïste.
    ne nous méprenons pas, ils sont aucun sentiments et de pitié vers le peuple !
    43 année de travaille, et là il vont nous faire une belle réforme sur les retraites, mobilisons nous, organisons nous, le chants des défendeurs est arrivée, citoyens, ouvrier, paysans, tout ceux qui veulent un monde plus équitable.
    qui dit que ces pilleurs sont plus légitime à nos vie et nos travail, n’oublié pas ils sont rien sans les petits et les travailleur qui ont construit et développé le pays.
    courage et baissons pas les bras!!!

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  12. Jean-Pierre Andrevon 14 septembre 2018 à 09:10

    Écrivain de science-fiction, vieux 68tard, journaliste, ancien de Charlie première manière et surtout de la Gueule Ouverte… qu’ajouter? Que le combat continue et que c’est le même depuis 50 ans, sans avancées notables. Alors le coup de gueule de mon petit frère François Ruffin (devant combien de chaises vides?) j’applaudis, et mieux, je t’embrasse camarade. Avec ce souhait, quand même: fais donc un nouveau film !

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  13. Il est IMPOSSIBLE que ce gouvernement agisse pour sauver ce qu’il reste de la nature. Il suffit de lire les promesses mirobolantes qu’a faites Mr Edouard Philippe, premier ministre, aux industriels du médicament dans un discours le 10 juillet 2018.

    https://www.leem.org/sites/default/files/2018-07/discours_de_m._edouard_philippe_premier_ministre_-_conseil_strategique_des_industries_de_sante_-_10.07.2018.pdf

    Lisez-le attentivement !

    Voyez comme il souhaite la bienvenue aux industriels notamment étrangers (multinationales) et comme il est fier d’avoir modifié à leur profit le code du travail et la fiscalité. Voyez tout le « pognon » qu’il leur promet.
    Et lisez, en fin de discours, cette description d’une France soumise sans menace de révolte, pacifiée par ses soins.

    Lisez !

    Bona

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  14. Brigitte Manning 14 septembre 2018 à 11:57

    J’ai envie de pleurer quand je vois l’Assemblée vide devant un tel plaidoyer pour l’écologie. Merci François Ruffin, continuez et ne vous découragez pas, les personnes sensibles à ce problème ne sont pas à l’Assemblée et, je l’espère, agissent dans leur milieu.

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  15. Mes filles ont 13 et 8 ans maintenant. les jours,les mois et les années passent et de plus en plus souvent je regrette d’avoir participé à leur venue au monde. Je leur souhaite, à elles et à tous les enfants de leur âge, de me tromper et qu’ils ne verront pas, non, de leur vivant la fin de notre monde.J’ai 44 ans et je sais que je ne verrai pas,moi, la déferlante climatique ou alors je serai alors si âgé que cela n’aura plus grande importance. Mais nos enfants ? Ceux d’aujourd’hui? Ils seront alors dans la force de l’âge et devront s’adapter aux conséquences d’un monde que nous leur aurons façonné sans qu’ils ne puissent y dire mot. Je souhaite, du fond du cœur, me tromper au moins cette fois-ci.

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    1. Oui, on voudrait se tromper… mais dur dur de rester optimiste ! J’ai 64 ans et donc moins de risques que vous de voir sombrer l’humanité, mais je suis profondément triste ! Je fais ce que j’ai toujours fait, comme le petit colibri, le maximum à mon modeste niveau… des gestes qui semblent bien dérisoires, noyés dans la masse. C’est frustrant ! J’aurai au moins la conscience tranquille quand je quitterai ce monde, mais d’énormes regrets de n’avoir pu en faire davantage…

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  16. Monique Deleuze Dordron 14 septembre 2018 à 15:49

    Continuez Monsieur Francois Ruffin et partageons…Personne ne pourra dire : Je ne savais pas ! Tous des fripouilles ! Et beaucoup de chaises vides …cela veut que les CONS-TRIBUABLES, paient des gens qui ne font pas leur boulot ! Ils ne faut pas qu’ils oublient qui sont NOS ASSISTES !

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  17. comme un courant d’air frais dans le marécage nauséabond de ce gouvernement; mon souhait le plus cher est qu’ils ont-au minimum- été quelque peu décoiffés.
    Merci Monsieur Ruffin. Votre voix est la nôtre .

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  18. Je suis tellement en colère de voir ce monde s’étioler pour les raisons qu’on sait, tellement amer, tellement désespéré, tellement triste …
    Votre voix est toujours une bouffée d’oxygène : au moins un qui pense comme nous, qui dit ce que bp d’entre nous (j’ose l’espérer) pensent. Merci pour ça, continuez … continuez je vous en prie …

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  19. Que les français se redressent et lève la tête s’ils ne veulent pas disparaître dans la tourmente qui s’annonce.

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  20. Belle intervention, beau « discours », beau constat, mais APRES que se passe t-il ? Ils (on) continuent sur leur lancée ! Toujours au nom du pèze, du fric et du mépris de la condition humaine …. Ahhhh ! Y’a bon le pognon.
    « Apolitiquement » vôtre.

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  21. Bonjour François.
    Merci d’être là.
    J’aimerai que, pour les vidéos de vos interventions à l’assemblée, vous mettiez un lien vers la réponse des ministres.
    Sûr, cela va m’énerver, mais quand je suis convaincu par une prise de parole, j’aime écouter la réplique, pour prendre du recul, affiner l’analyse et aiguiser mon argumentaire.
    Je te souhaite plein d’énergie.
    JMichel

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  22. Très Bien !
    Quand se lève t-on ?
    Quand prenons nous notre vie en main ?

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  23. Christian Routier 16 septembre 2018 à 09:54

    Bravo Mr Ruffin, votre combat est le nôtre, c’est-à-dire celui des gens responsables qui luttent contre le lobbying de Monsanto, Bayer, etc… dans le seul but de faire de l’argent. Une majorité de Députés refuse qu’il y ait une loi contre le glyphosate, cela signifie qu’ils pourront continuer à nous empoisonner au delà des trois années de prolongation quant à l’utilisation de ce poison !

    Répondre

  24. Merci Mr Ruffin

    Répondre

  25. M Ruffin,
    Quand je lis vos mots, j’ose espérer … Les politiques n’ont plus mon soutien, mais si la votre est positive et constructive, un soupçon d’espoir subsiste… Faites vite!

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  26. François a souvent expliqué pourquoi les députés ne peuvent pas toujours se trouver dans l’hémicycle : parce qu’ils sont ailleurs, en commission, en mission, en circonscription.
    Visiblement, les gens ci-dessus semblent ne pas l’avoir entendu…

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  27. Hier soir, France 2 annonce dans un reportage que les USA s’apprêtent à attaquer le Venezuela :https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/venezuela-menace-d-intervention-…Durée 1 mn

    Médiatiquement, sur radio-France ou France télévision, il n’est question de dictature que chez Maduro… Personne ne moufte. Pas de manifestations pour soutenir ce dirigeant socialiste. Personne n’évoque la guerre économique qui est menée contre le Venezuela par les USA.

    On se sent totalement creux, vidés de contenus et de sens. Qui dans ce pays est capable d’un rapport de force victorieux ? Je vous le donne en mille.

    Hé bien, c’est la FNSEA, et aucun autre syndicat. Obtus, bourrins, catho, tradi, chasseurs, arriérés dans leurs mentalités d’une autre époque, mais ils se font « respecter » avec leurs gros engins, leur purin, leurs ordures, pneus, gravats, leurs troupes bien fanatisées, et leur lobby puissant dans l’agro-industrie. Que peut un blindé contre leurs tracteurs ? Grâce à eux, le glyphosate est reconduit… parce qu’ils « tiennent » les députés, de très près, en circonscription.
    Ils savent manier les menaces ou les larmoiements, alternativement. Ils les mènent par le bout du nez.

    Et quiconque prendrait la défense de Maduro passe pour un con.

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    1. C’est vrai ça il a quoi Maduro ? 400,500,1000 morts (de son peuple qu’il a fait assassiner ) sur la conscience si Mélenchon et autres poètes de FI devait le condamner où irait-on ? Attendons un score plus performant et proche de Bachar al Assad qui si je ne me trompe pas n’a pas eu droit, lui non plus ,aux foudres des FI , réservées au Président qui a l’outrecuidance de gagner la présidentielle alors que bien entendu le meilleur c’était lui !!!

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  28. Christian OnTheRoad 16 septembre 2018 à 12:10

    Mr Ruffin, mr le député,

    C’est avec un grand intérêt, comme toujours, que je suis votre activité, que j’écoute et je lis vos discours, moi qui ne suis ni de votre région, ni encarté dans un parti politique, et encore moins adepte de Mélenchon…

    Il y a chez vous cette capacité à dire les choses avec esprit et intelligence, à porter une parole que nombre de personnes autour de moi, qui comme moi ne voteront jamais Mélenchon, partagent sur de sujets sociétaux, sur la nécessité absolue de protéger les ressources de notre planète, l’avenir des générations actuelles et futures ; dans cette assemblée soumise aux grands groupes industriels et aux lois absurdes du capitalisme aveuglé par la recherche incessante du profit, vos mots décrivent si bien et si fort les maux de notre société et nos responsabilités envers les générations à venir…

    Je suis né en 1974, en Bourgogne, j’ai beaucoup voyagé dans ma vie, en France, en Europe, en Afrique, j’ai si souvent l’impression d’être né dans un autre monde, sur une planète, tellement le monde d’aujourd’hui est différent de celui de mon enfance, de mon adolescence, d’il y a encore 10 ou 20ans…

    Je me suis souvent interrogé, et je le fais encore chaque jour de ma vie, à mon niveau, mais qu’avons nous fait de notre monde ces 40 dernières années ? Que pouvais-je faire de plus que ce que j’ai fais ? Est-ce que je suis responsable, ou même coupable ?

    Enfant, j’entendais que des animaux que je n’avais jamais vu, ou bien en photo, avaient totalement disparu de notre planète, mais c’était abstrait, mais entre mon enfance insouciante et innocente et aujourd’hui, les papillons que je pouvais observer dans les jardins publics, les abeilles que l’on pouvait voir même en ville, les oiseaux que j’entendais chanter sur le chemin de l’école, les poissons de nos rivières, lacs, et océans qu’on pouvait alors encore pêcher, ont comme disparu lentement de nos vies quotidiennes, lentement mais sûrement, on a apprit la disparition totale d’espèces, l’extinction sans que nous, citoyens des villes ne puissions rien y faire, et pourtant j’ai l’impression quand je regarde un enfant d’aujourd’hui dans les yeux qu’il me dira un jour « vous saviez mais vous n’avez rien fait » !!!

    Les espèces animales disparaissent, les ressources naturelles s’amenuisent, plus un seul aliment n’est sain, non transformé, non pollué par je ne sais quelle substance chimique obscure et nocives, on nous empoisonne en permanence, il n’y a jamais eu autant de gens présentant des pathologies jusque-là connues mais marginales, c’est un véritable suicide collectif, une tuerie lente, silencieuse, massive …

    Et pendant ce temps-là, que font nos (ir)responsables politiques au pouvoir, dans les institutions, dans les assemblées, dans les ministères, à Matignon ou à l’Elysée ???

    Ils savaient et n’ont rien fait, ils savent et ne font rien !!!

    Ils passent leur temps dans des commisions stériles qui ne débouchent sur rien, ils imposent des mesures débiles qui n’ont aucun sens (on s’en fout de mourir à 80 ou 90km/h, on crèvera quand même), ils pillent les ressources des citoyens par tous les moyens possibles, s’enrichissent toujours plus tout en demandant toujours plus d’efforts aux plus pauvres et aux plus fragiles, ils amusent les galeries de journalistes complices qui les suivent en permanence, ils mentent en tout lieu, en tout temps, éhontement, nient tout les faits qui leurs sont reprochés, toute responsabilité, toute culpabilité, alors que c’est la même classe politique, issue du même monde, des mêmes écoles et élites de la République qui sont au pouvoir depuis mon enfance…

    Nous citoyens, on a manifesté, on a fait des pétitions, on s’est battu pour que nos politiques pensent d’abord à l’intérêt collectif plutôt qu’à eux-mêmes, on a été responsables dans nos foyers, dans nos familles, on a essayé de consommer moins, mieux, de s’informer, d’agir, de changer notre monde dans notre quotidien et autour de nous, mais rien n’y a fait, on a définitivement échoué et c’est notre planète qui en crève !!!

    Trite constat quand on y pense, la révolution industrielle était là, la révolution économique aussi, la révolution numérique nous a donné accès à des connaissances jusque-là insoupçonnées, la population mondiale a explosée et nous n’avons jamais été aussi nombreux sur cette planète dans l’Histoire de l’Humanité, il n’y a jamais eu autant de guerres et de morts, nos océan sont devenus des cimetières, et n’ont jamais été aussi pollués…

    Bientôt 7milliards d’humains, et moi, et moi, et moi… J’y pense et puis j’oublie, c’est la vie, c’est la vie…
    L’égoïsme, l’individualisme, le chacun pour soi, l’indifférence aux autres et au monde qui nous entoure, la loi du plus fort, des plus riches, sont devenus les pilliers de nos société dites « modernes », et même si nous sommes des millions dans le monde à vouloir changer tout ça, à vouloir un monde meilleur pour nos enfants et les générations futures, il y a toujours ce fameux plafond de verre qui se fissure parfois mais ne casse jamais entre nous le peuple et ces élites nauséabondes qui tuent nos sociétés à petit feu…

    Alors svp mr Ruffin, vous qui me semblez être un des derniers Responsables dans ce monde politique, n’abandonnez pas car ce sont les rares personnes comme vous qui peuvent encore quelque chose, ne vous enfermez pas dans une logique de parti mais cherchez plutôt dans les autres partis français et européens les personnes qui vous ressemblent (je sais, il y en a si peu), et battez-vous autant que vous pourrez, aussi longtemps que vous le pourrez, pour qu’on puisse dire à nos enfants qu’on était au courant et qu’on a essayé de changer d’agir…

    Merci de m’avoir lu.

    Répondre

    1. Le problème, c’est que plus tu prends l’avion pour voyager et plus tu participes au binz… Construction d’aéroports, d’autoroutes pour y mener, d’avions, de carburant, de concurrence entre compagnies aériennes, de publicité…

      Répondre

  29. Bravo.
    Ne lâchez rien François!

    Répondre

  30. Bravo.
    Ne lâchez rien François!
    Toujours autant de cécité de la part des gouvernants…

    Répondre

  31. Rien n’y fera, rien ne les fera changer de politique.
    De toute façon, ils n’ont pas de politique.
    La seule qu’ils aient, c’est le pouvoir narcissique de leur Psychose, avec comme levier et instrument de torture, j’ai nommé l’argent. Pour être sincère, je pense que seule la violence les destituera de leur fauteuil d’incapable.
    Ils n’ont rien à faire là, ils sont complètement intoxiqués par ces méthodes séculaires, à savoir ignorer ceux qui les nourrissent, autrement dit, nous le peuple! Aux armes citoyens!
    Nous avons affaire à des fous qui s’ignorent et en pleine négation du monde!

    Répondre

  32. c’est une évidence, vous n’êtes pas seul…continuez, indignez vous pour nous, vous êtes la voix d’une révolution silencieuse…merci.ronan

    Répondre

  33. Je suis anglaise, nous habitons ici en Bretagne depuis 15 ans. Nous adorons la France (moins en Angleterre en ce moment!) Je suis à cent pour cent derrière vous et M. Melenchon. Quelque chose, et quelque chose de GRAND, doit changer dans toute notre approche occidentale et surtout dans l’agriculture (j’ai une fille qui est agricultrice. Elle a récemment travaillé dans une ferme laitière biologique et est partie parce qu’elle ne supportait pas de voir la des plaies sur les vaches qui ne sont jamais sorties …

    Répondre

  34. beau discours , mais qui ne sert a rien , le ministre ne gagnera pas moins d argent et les lobbies des pesticides continuerons a leur graisser la patte , tant que les entreprises des pesticides continueront a brasser des milliards .
    une seule solution , tout de suite , boycott de tous produits ou entreprise qui utilise des pesticides a un moment ou a un autre , 100% bio et rien d autre , tout de suite !

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  35. Valérie Creixell 16 septembre 2018 à 22:56

    Merci François Ruffin !!! Votre intégrité intellectuelle, votre détermination devraient faire honte à toutes celles et ceux qui, comme vous assis dans l’hémicycle, ont choisi de fermer les yeux et de prêter la main au désastre écologique qui s’annonce… Ils devront rendre des comptes un jour !

    Répondre

  36. Christophe Robert 17 septembre 2018 à 09:33

    Bonjour
    J’aimerais avoir les références de la citation de Tosquelles. Elle est tellement fondamentale que je souhaite pouvoir l’utiliser dans d’autres contextes.

    Répondre

  37. faut il avoir encore confiance en ce monde politique…ces « dinosaures » qui sont collés à leur poste comme des ventouses, et ce « renouveau » qui n’en est pas un…personne,à mon avis,dans ces partis, anciens ou nouveaux, n’est là pour autre chose que sa carrière…promesses avant, amnésie après… Ne reste plus qu’à tenter de survivre par soit même, en espérant que les prochaines catastrophes nous épargnerons…mais il y aura toujours le « monde virtuel » et la consommation pour rassurer les masses endormies…

    Répondre

  38. Votre texte est magnifique,il doit être publié massivement.
    Merci

    Répondre

  39. @Galetto, tu ne t’en rends pas compte mais tu contribues à colporter les mensonges de la droite venezuelienne qui n’est pas avare de calomnies. Sais-tu que c’est cette droite qui assassine ?
    Renseigne-toi et ne compte pas sur France 2 ni sur France Inter, ni même sur Elise Lucet (elle a aussi ses petits défauts malheureusement) pour te détromper.

    Répondre

  40. Bravo et merci. Les abeilles et les fourmis étaient avec vous.
    Mais on ne voit pas le Ministre. L’avez-vous senti submergé par la honte?

    Répondre

  41. Je suis une grand-mère de 68 ans et j’ai la chance de vivre sur une île encore relativement préservée. Je ne mange que des légumes « propres », cultivés sur place, du poisson de petits pêcheurs locaux, nous avons même un « vrai » boucher qui choisit attentivement ses fournisseurs.
    Et pourtant … Quand j’étais enfant, la mer fourmillait de vie. Mes enfants eux-mêmes, qui ont aujourd’hui la quarantaine, lorsqu’ils allaient se baigner à marée basse, craignaient toujours de se faire pincer les doigts de pied par un crabe, ils craignaient de marcher dans le goémon pour les mêmes raisons. Aujourd’hui, plus de risque, l’été mes petits-enfants s’en donnent à cœur joie sur la plage. Plus un seul petit crabe au bord de l’eau, plus de goémon sur les rochers, ils sont à nu ; les seules algues qui les remplacent sont des algues vertes !
    Alors, moi aussi j’ai honte. Mes petits-enfants et leur descendance seront-ils condamnés à « muter » pour subsister ? Ou reste-t-il encore quelque espoir ?

    Répondre

  42. Le rôle du politique est d’affirmer que c’est possible QUAND C’EST EFFECTIVEMENT POSSIBLE, de soulever les montagnes de découragement SANS POUR AUTANT LES GÉNÉRER A COUPS DE FAUSSES POLÉMIQUES,
    C’est encore possible, malgré la mauvaise foi ambiante, ce sera possible demain dès lors que nous aurons une opposition digne de ce nom, dont on respectera les divergences parce qu’elles seront dictées par la conviction et non par l’électoralisme… Ce qui n’est pas la cas des insoumis, qui s’excitent de la plus veule des façons et facilitent le travail des fascistes. Honte à vous.

    Répondre

    1. Manu, tu devrais faire attention de pas colporter des bêtises sur les FI et surtout de pas caricaturer. François Ruffin a été soutenu par FI et il siège avec eux.
      Si tu choisis François juste pour le plaisir de haïr FI, tu fais fausse route car il faut un minimum d’unité.

      Répondre

  43. M. Ruffin, je vous soutiens dans votre discours, j’essaie aussi à mon niveau au quotidien et en tant qu’élu à l’environnement de faire comprendre l’impasse et l’absurdité de notre société de consommation qui refuse de voir le long terme. J’admets qu’il est parfois tentant de baisser les bras face à l’indifférence de beaucoup, la mauvaise foi, les faux arguments, mais je suis prêt à vous aider, s’il en est besoin, de témoigner sur l’urgence de se rassembler et d’agir encore plus pour protéger notre planète.
    Bon courage.

    Répondre

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Je ne vous promets pas la lune, mais face aux puissants, je m’engage à ça : ne pas courber l’échine, me tenir droit.

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