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Plaidoyer pour les poules, vaches, cochons

Chers collègues, Monsieur le ministre, Monsieur le rapporteur, je vais maintenant plaider, et même longuement, la cause animale.
Pour que l’agro-alimentaire cesse de traiter vaches poules et cochons comme une matière première. Et je sais combien, lorsqu’on prend la parole pour ces êtres qui ne parlent pas, on est vite soupçonnés de sentimentalisme, de sensiblerie, et sujet à moqueries.

La compassion

J’éprouvais le même souci, il y a quelques années, avec les ouvriers du poulailler Doux. Leur usine, à Graincourt, dans le Pas-de-Calais, allait fermer, et piétinant devant l’entrée, entre banderoles et palettes, on causait de leurs inquiétudes, de leur improbable reclassement, des crédits sur le dos et sur l’auto, de leurs tendinites, de leur sciatiques, de leurs cervicales en compote, du mépris des chefs, aussi.
J’avais une autre question sur les lèvres.
J’hésitais.
Au milieu de ces grands costauds, de ces filles rudes à la peine, ça ferait sentimental.
Ca ferait intello des villes face à ces prolos des campagnes.
Avec prudence, mais je m’y suis collé : «  Excusez-moi, mais les poulets, c’est pas comme de l’acier, non ? Quand vous les voyez, ça vous fait quoi ? »
Il y a eu un blanc, là. Un silence. Un temps d’arrêt.
Ca les interloquait, comme si, en fait, on énonçait un non-dit, un tabou.

Un homme s’est lancé : « La première fois que je suis entré ici, je me suis demandé : “Mon Dieu, où je suis tombé ?” On en fait des cauchemars… Je suis pas le seul. “Tu dormais, m’a raconté ma femme, tu t’es assis dans le lit, et tu parlais des poulets.” Qu’on en tue autant, je ne pouvais pas imaginer. Et il faut voir comment ça se passe… »
Tous, toutes, autour de lui approuvaient.

Même eux, vous voyez, même ces grands costauds, même ces filles rudes à la peine, même eux qui en voyaient défiler des milliers chaque jour, des millions dans leur carrière, de poulets, même eux ne s’étaient pas endurcis.
Bien sûr, ils mettaient un mouchoir sur leur âme.
Il faut bien.
C’est le boulot.
Il ne court pas les rues.
Y a le frigo à remplir, et le gasoil pour l’auto, et le Noël des enfants.
On se construit une carapace, au fil des ans.
On s’entraine à l’indifférence.
Mais dans un recoin, malgré les efforts, la compassion demeure, la belle compassion, souffrir avec, la souffrance de l’autre qui devient un peu la nôtre. L’autre fut-il une bête.

Dans le sommeil de la nuit, comme un geyser qui relâche ses jets, c’est la conscience qui se libère. Et qui crie. Il suffit alors d’une question, une petite question, timide, du bout des lèvres, pour que craque cette carapace d’indifférence. Que voit-on surgir ? Oui, de la sensibilité, des sentiments.
Et ce serait une honte ?
Non, c’est une fierté, cette sensibilité, ces sentiments.
C’est leur humanité, à ces ouvriers.
C’est notre humanité, notre part la plus précieuse.
Ne la faites pas taire en vous, aujourd’hui, au nom des chiffres, au nom de l’économie, au nom de l’inertie, au nom des lobbies.
Ne vous cuirassez pas le coeur.

Du « minerai »

Après l’usine, dans le même coin, je me suis rendu chez un éleveur de poulets.
Je n’en donnerai ni l’adresse, ni le nom.
Juste un éleveur.

Avec lui, j’ai traversé un immense hangar, totalement vide. Toutes ses volailles avaient crevé, et il m’expliquait simplement :
« L’ordinateur a donné l’ordre de chauffer, comme s’il faisait froid. Automatiquement, les bêtes ont été étouffées. En six heures, les poulets étaient comme ébouillantés.
– Y en avait combien ? je lui ai demandé.
– Dix-sept mille. »

C’était finalement un petit incident informatique. La faute à l’ « ordinateur ». Cette anecdote décrit bien, dans sa banalité, un système inhumain. Au sens propre : sans humain. J’insiste: un système.
Un système.
Un système né dans l’après-guerre.
Un système qui a fait de l’élevage une industrie.
Un système qui, aussi, je l’admets, a fait plonger le coût de la viande.

Vous savez comment, dans ce système, on nomme vaches poules cochons ? Du « minerai ». Comme s’il s’agissait d’une matière aussi inerte, aussi insensible, que du charbon. Comme si, jusque dans le vocabulaire, il fallait le ramener l’animal à du minéral.

C’est pourquoi votre texte de loi, Monsieur le ministre, cet article 13, pour moi, n’est pas seulement timide : il ne va pas dans le bon sens.
Vous y parlez de quoi? Je vous cite : d’ « infractions de maltraitance animale », de « délit pour les personnes qui exploitent des établissements de transport d’animaux vivants ou des abattoirs, d’exercer ou laisser exercer des mauvais traitements envers les animaux », de renforcer les « sanctions encourues en cas de mauvais traitements sur les animaux ».

Je refuse cette logique.
C’est un système, je le répète, qui est maltraitant.
Mais vous proposez, vous, de punir des individus déviants, des professionnels cruels, des agriculteurs, des camionneurs, des bouchers pervers.
Sans doute existent-ils.
Sans doute.
Comme partout.
Mais si peu.
Le but, mon but en tout cas, n’est pas là : non pas sanctionner des dysfonctionnements, mais transformer un fonctionnement. Non pas dénoncer des personnes, mais réformer une industrie.

C’est pourquoi, de mon éleveur qui a subi une panne informatique, je n’ai livré ni le nom ni l’adresse : était-il cruel ? Non, bien sûr que non. Je dirais presque malheureusement non : la cruauté, c’est un encore un rapport personnel à l’autre. Rien de personnel, là, tout d’impersonnel. Lui n’était qu’un rouage de cet immense système.

C’est pourquoi, je le dis, je suis réservé quant à la vidéo dans les abattoirs : j’y vois la traque, toujours, du salarié méchant. Nous aurons le débat tout à l’heure et, en toute franchise, j’ignore encore en quel sens, en mon âme et conscience, je vais le trancher.

C’est pourquoi, que des associations tournent des films dans un élevage en Bretagne, dans un abattoir du Sud, je le comprends : il faut des exemples pour marquer les esprits, il faut des scandales pour emporter l’opinion. Mais de ce système, on ne sortira pas par des accusations en série, par des procès à répétition.

Repousser l’horreur

Je propose quoi, alors ?
Je reprendrai simplement une promesse du candidat Emmanuel Macron : la fin des poules pondeuses élevées en cages.
Ca n’est qu’un début, je le sais bien.
Pourquoi les poules en cages, et pas les poulets en batteries?
Et pourquoi pas les porcs ?
Et pourquoi pas les vaches ?

Parce qu’il faut bien commencer par un bout.
Alors, dans les pas du candidat Macron, allons-y pour les poules. Car c’est sans doute le pire du pire, le plus cruel du système.

Faut-il en rappeler le calvaire ? A l’éclosion, les poussins sont triés, les mâles sont éliminés, soit gazés, soit broyés. Les femelles sont alors enserrées dans des cages, sans pouvoir se percher, picorer, se baigner de poussière. L’angoisse est permanente, avec, du coup, des troubles du comportement, des mouvements stéréotypés, de l’agressivité, voire du cannibalisme. On leur coupe le bec, pour éviter qu’elles ne se blessent. Leurs os, trop fragiles, atrophiés, car sans exercice, se brisent. Notamment à leur départ pour l’abattoir, lorsqu’elles sont ramassées et entassées dans des caisses. Là-bas, sur place, c’est conscientes qu’elles sont suspendues à des crochets sur une chaîne automatique. Mais comment, ensuite, leur mort, une plongée dans un bain électrifié, comment cette mort n’apparaîtrait pas comme une libération ?

Je ne dénonce pas, ici, qu’on tue pour manger.
Omnivore, carnivore, l’homme l’est depuis la préhistoire.
Je le suis également.
Et c’est parce que je le suis, carnivore, justement, que je vous interpelle aujourd’hui. Parce que manger un steack, boire du lait, me faire cuire un oeuf, je souhaite le faire sans honte, sans la crainte d’avoir engendré, derrière, tortures et souffrances, sans devoir me fermer la conscience.

Il faut mesurer le paradoxe sur le sujet.
La tension qui traverse la société, qui me traverse, qui nous traverse.
S’est développée, chez nous, en nous, une sensibilité, oui, pour les animaux, notamment domestiques. Et en même temps, jamais on ne les a aussi massivement, aussi industriellement maltraités.

Alors, avec pareille contradiction, comment le système tient-il ? Grâce à notre lâcheté organisée : nous avons éloigné la mort de nos vies et de nos vues. Les cimetières sont repoussés à l’écart des villes, et les abattoirs avec. Nous avons trouvé mille intermédiaires qui répandent le sang pour nous, puis qui découpent, qui emballent, qui cellophanisent, qui frigorifient, qui packagent, qui marketinneguent. Assez pour qu’on puisse oublier. Assez pour que, à l’arrivée, ces tranches de jambon, dans notre assiette, on puisse les croire végétales, quasiment, cueillies dans un arbre.
Mon voeu, c’est qu’on ne cache plus.
Qu’on ne se le cache plus à nous-mêmes.
Que, comme à Bruxelles, on remette l’abattoir au coeur de nos villes.
Qu’on puisse y entrer, le visiter, qu’il appartienne à nos vies.

Je ne dénonce pas, ici, je le disais, qu’on tue pour manger.
Pour ces poules, leur mort que je m’attaque, mais à leur vie avant cette minute.
A leur non-vie, plus exactement.
Car auront-elles vécu, même une minute ?
Auront-elles vu la lumière du soleil, la couleur de la terre ?

Quand je me souviens des poules qui suivaient mon grand-oncle, dans sa cour de ferme, presque comme des animaux domestiques…
On me répondra, on m’a déjà répondu : « Ca va coûter cher aux éleveurs. »
Eh bien, payons ! Que l’Etat aide, oui, et massivement, et il faudra bien en mettre, des milliards sur la table, pour transformer notre agriculture, pour la tourner vers l’agro-écologie, pour la mener vers un mieux-être animal, qu’on ne confie pas l’avenir de nos terres, de notre alimentation, à la main invisible du marché, une main seulement soucieuse de mini-coûts et de maxi-profits.

Et surtout, que ces éleveurs en soient payés, récompensés, qu’on leur garantisse un prix d’achat, que l’Etat pèse, et de tout son poids, pour eux face aux mastondontes de la grande distribution, qu’on les rassure, qu’on leur assure qu’ils n’auront pas à subir la concurrence libre et complètement faussée de fermes-usines ailleurs, de poules, mais de même pour les vaches, de même pour les cochons, gavés au doping et au dumping.

Nature, animaux, Hommes : le continuum

Mais on me répond autre chose, aussi, on m’accuse presque là : et les hommes ? et les salariés ? et les ouvriers ? Vous y pensez, à eux ?
Comme si, soudainement, pour les animaux, je changeais de camp.
Comme si, pour des poules, j’abandonnais l’humanisme, comme si je trahissais les travailleurs.
Mais au contraire.
Au contraire.
C’est un continuum.

Depuis le XIXème siècle, l’économie domine tout.
C’est la nature, d’abord, qu’elle maltraite, l’eau l’air la terre, les forêts, le sol et le sous-sol, comme si les océans, les forêts, étaient inépuisables, infiniment renouvelables, éternellement polluables, comme si les arbres la faune la flore n’étaient pas vivants, juste de la matière à profits, comptant peu dans l’équation des bénéfices.

Ce sont les animaux, ensuite, je l’ai dit, que cette économie maltraite, traite comme du « minerai ».
Mais comment ne pas voir que, ensuite, ce sont les hommes qu’elle maltraite ? Les salariés ? Les ouvriers ? Qui deviennent à leur tour une matière à profits, qu’on prend et qu’on jette au gré des caprices de la finance, une finance qui jette les paysans du sud hors de leurs terres et les travailleurs du nord hors de leurs usines.

La Nature.
Les animaux.
Les hommes.
C’est un continuum.
C’est une même bataille contre un même Léviathan.

Un mec a dit, il y a environ deux mille ans, ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.
Et même mieux, je dirais : ce que nous faisons aux plus petits d’entre les nôtres, c’est à nous que nous le faisons.
C’est notre âme qui se tarit, qui s’assèche, qui se racornit.
C’est notre tolérance à l’injustice, voire à l’horreur, qui s’accroît

François Ruffin

Né à Calais, j'ai grandi à Amiens. J'y ai fondé le journal Fakir, puis réalisé le film Merci patron !. Élu sous l'étiquette Picardie debout ! (FI, PCF, EELV, Ensemble), je continue à jouer tous les dimanche en vétéran avec l'Olympique amiénois et à m'occuper de mes deux enfants, de 5 et 8 ans, en garde alternée.

Votre député, votre voix !

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30 Comments

  1. Marcou sur 28 mai 2018 à 11:03

    Merci,tout simplement

  2. LAVIGNE Maria sur 28 mai 2018 à 12:03

    Bravo pour les luttes menées, toutes au nom du bon sens, de l’humanisme, de la solidarité. Comme j’aimerais avoir un député pareil !

  3. Jo sur 28 mai 2018 à 12:08

    Je comprends qu’ il fasse peur à certains FR. Un concentré d intelligence et d humanité. À saluer chaleureusement cette voix d homme responsable.

  4. Joale sur 28 mai 2018 à 12:29

    Je comprends qu’ il fasse peur François Ruffin. Intelligence et humanité avec une pensée structurée. D aucuns devraient se méfier d un tel homme responsable.

  5. Ruoma sur 28 mai 2018 à 12:53

    Eh bien ? Il n’y a pas de commentaire ?… Les gens n’ont pas le temps, il n’y a rien à redire ?…
    Tout d’abord, bravo pour cette prise de position, mesurée, pragmatique, et courageuse.
    J’approuve évidemment, même si, en végétarien de conviction, je trouve ça bien timide…
    Par contre, je regrette que notre impuissance politique, gravée dans le marbre des traités européens et occultée de ce discours, ne soit pas abordée.
    En effet, « l’union » €uropéenne est avant tout un « « marché » où la concurrence est (soi-disant) libre et non faussée ».
    Et, dans son article 39, elle affirme que le but de l’agriculture est « …d’accroître la productivité. » !
    Autrement dit, l’orientation (libérale) de l’agriculture selon l’UE, est à l’antipode de ce désir de respecter l’environnement : les plantes, les animaux, les hommes (dans cette chaîne) et les « consommateurs ».
    Et d’ailleurs, logiquement, l’UE distribue la PAC en fonction de cet objectif, son objectif, alors même que ce sont les Français qui la financent…
    On ne peut donc pas prétendre vouloir prendre des mesures pour le respect de l’environnement en France, alors que nous sommes soumis aux impératifs et contraintes européens.
    C’est une lutte vaine.
    La seule et unique possibilité pour pouvoir le faire vraiment consiste à faire d’abord sortir la France légalement de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.
    C’est le #Frexit, à l’image de ce que les Britanniques ont décidé.
    Toutes les autres options sont immanquablement vouées à l’échec…

    • Yvel Bergé sur 28 mai 2018 à 17:08

      Bonjour. Sortie de l’Europe, ok. Question : est-ce que cela résoudra le problème? c’est mondialement que l’économie du profit seul et sans âme prévaut.
      Ce sont les consciences qu’il est vital de transformer. Et cela prend du temps, hélas, 3x hélas.

      • Ruoma sur 30 mai 2018 à 18:33

        Merci pour votre réponse, avec laquelle, cependant, je suis en désaccord.
        La vraie question n’est pas « est-ce que cela résoudra le problème ? », mais « peut-on continuer avec ? ».
        Autrement dit, on n’a rien à gagner à se contraindre à continuer de subir les obligations européennes, on les désapprouve et elles ne font que nous nuire et nous pénaliser…
        Donc, on les dénonce en déclenchant le #Frexit.

        J’ajoute que s’en remettre à l’illusion d’attendre une transformation des consciences, c’est :
        – d’une part repousser les échéances à des lustres, autrement dit ne rien faire,
        – d’autre part, faire l’amalgame entre les choix des dirigeants, politiciens, fédérations, multinationales, banques et ce que veut la population.
        Or il y a un grand écart entre ce que veut la population et ce que « le système » lui impose.
        Le seul choix de la population se résume à acheter tel ou tel produit ou pas. C’est peu.
        C’est pourquoi d’ailleurs elle est tenue dans l’ignorance des coulisses du fonctionnement du business.
        En réalité, la population est donc plutôt victime qu’actrice de cette situation.
        Il faut donc bien une solution politique, un choix de société qui rompt avec ce système libéral mercantile qui exploite tout au mépris de tout.
        Et la première étape consiste déjà à couper le lien de subordination de la France à « l’union » €uropéenne qui est le carcan qui nous l’impose.

        En effet, c’est un système mondial.
        Là aussi, on n’a que deux postures : accepter, renoncer, subir ou refuser et résister.
        C’est ce qu’avait tenté Mitterrand en 1982-1983. Il n’a pas tenu longtemps et en 1984, c’était « Vive la crise ! » et le « Tournant de la rigueur ».
        On n’en est pas sortis et c’était il y a 35 ans…
        Cependant, qui peut prédire ce qui se passerait si la France refusait ?
        Et jusqu’à quel point cette décision pourrait influencer d’autres pays dans le monde ?
        En effet, il faut avoir à l’esprit que les choses sont en train de changer au niveau mondial.
        Il commence à y avoir des prises de position de pays rétifs au système actuel.
        Les populations sont lasses de ces questions de guerres, pauvreté, famines, pollution, disparition de la biodiversité, réchauffement climatique, etc. qui cohabitent avec des richesses insensées détenues par une infime fraction de la population mondiale.
        Il serait temps qu’on s’attaque vraiment à ces problèmes et qu’on change de cap.

  6. Luc dominique sur 28 mai 2018 à 14:11

    Je ne sais que dire tant votre discours est rempli de bon sens et comme j’aimerai aussi vous avoir comme député de ma scirconcription. Merci Mr Ruffin

  7. guetemme- guiziou sur 28 mai 2018 à 14:44

    Comment oser ne pas abonder dans le sens…dans l’ humanité….de ce discours ?
    Comment ne pas reconnaître la souffrance animale ? Ah ! Si ! En se bouchant les yeux et les oreilles ! C’ est tellement plus confortable !
    Nous sommes devenus les prédateurs les plus féroces de notre univers au nom de l’ argent, ! Merci à toi, François pour oser braver l’ arogance imbécile, pour défendre les petits, les sans noms, les sans paroles, tu es courageux et tu peux rester tête haute face aux quolibets des médiocres, tu es notre oxygène , notre parole, notre conscience et notre espoir.

  8. Desnouveaux Florence sur 28 mai 2018 à 15:27

    C’est un soulagement de vous entendre. Je me demande bien si vous êtes le premier à dire notre lien à tout ce qui vit dans cet hémicycle ? En tout cas, vous le dites bien et vous le portez bien. Merci pour toute cette nourriture de mots et de convictions. J’en redemande encore et encore, jusqu’à ce que cela fasse bouger le système.

  9. CL sur 28 mai 2018 à 15:42

    Eh bien, bravo et merci pour cette intervention. Tout à coup, vous m’êtes très très sympathique.

  10. Carnaroli Martine sur 28 mai 2018 à 16:25

    Ma vieille tante YO, « héririère » d’immigrés ritals, s’est éteinte à 89 ans en décembre dernier.
    Elle avait passé les 20 dernières années de sa vie en dépression gravissimes avec internements périodiques.
    Mais elle avait passé aussi les trente années précédentes comme ouvrière dans un abattoir à poulets !!!
    Merci François !!!

  11. nathalie LECHAT sur 28 mai 2018 à 17:14

    Merci

  12. Aurèche sur 28 mai 2018 à 17:56

    Merci on ne peut pas mieux le dire!

  13. Alain PELLORCE sur 28 mai 2018 à 18:26

    Bravo François, toujours aussi pertinent et courageux pour parler des vrais problèmes…
    Je te suis depuis tes débuts à France Inter chez Mermet, et je t’apprécie de plus en plus… tu te bonifies avec le temps, comme le bon vin !
    Continue nous sommes derrière toi !

  14. Piard nicole sur 28 mai 2018 à 23:27

    Bravo y a t il des députés qui réagissent a ce genre de beau plaidoyer ou bien restent ils pétris dans leur conviction qu’il ne faut tjs pas avancer sur ce sujet, c’est pourtant clair et juste ce que dis fr. Ruffin. Je l’embrasse

  15. GORON sur 28 mai 2018 à 23:34

    Une prise de parole transversale…. qui fait du Bien. Arrêter de tout segmenter dans notre société c’est sortir la tête du sable et mettre en relation des notions interdépendantes qu’on s’efforce de cloisonner pour nous empêcher de les analyser de façon honnête et impartiale. Il faut arrêter d’opposer mais plutôt associer les forces.
    Il y a plus a gagner pour tous. Les défenseurs des animaux et les agriculteurs, les écologistes et ces mêmes agriculteurs… sont plus à même de réfléchir et de faire coïncider leurs idées et même leurs intérêts.
    En revanche, le profit, le gain d’argent rapide s’accommodent mieux de l’anonymat et des non-dits.
    On peut prendre le problème dans tous les sens, mais axer la politique et même plus généralement la vie sur l’accumulation de richesse ne peut mener qu’au chaos.
    Si la vie a un sens pour chacun d’entre nous, quel est-il?

    Jadis les grands-pères plantaient des arbres fruitiers dont la récolte profiterait à leurs enfants…. On s’étonne de ce comportement altruiste et désintéressé quand aujourd’hui le profit et l’accumulation de richesse est un objectif commun quelle que soit sa condition sociale. Mais dans quel but. Nos placards, nos caves et nos greniers sont pleins de ces « richesses » accumulées. Est-ce pour cela que nous sommes là, est-ce cette trace là que nous voulons laisser? Les déchetteries qui fleurissent un peu partout autour de nos villes sont un symbole intéressant…. bien éloigné du pommier de notre grand-père!

    • Arlette Knoepflin sur 29 mai 2018 à 12:28

      Les agriculteurs plantaient aussi des arbres fruitiers dans les haies la communauté européenne a décrétée la destruction des haies avec le résultat que l’on sait. Quant à l’élevage en batterie ,univers concentrationaire; lire Georges Seiner « Dans le château de Barbe-Bleue » le chapitre « une saison en enfer »page 60″Amorphe, envahissante, notrès familiarité avec l’horreur représente pour l’humanité une défaite absolue. » Écrit en septembre 1970 – janvier 1971.Essaie sur la culture. Cette découverte et cette conscience de la mal traitance des animaux que nous découvrons et contre quoi nous devons lutter ne doit pas nous faire oublier le drame des émigrants même economiques engloutis dans l’océan de notre indifférence.

  16. Thierry R. sur 29 mai 2018 à 07:22

    Merci pour ce beau discours, intelligent, qui souligne bien que notre sensibilité est constitutive de notre humanité et que c’est bien un système organisé qui nous conduit à accepter l’inacceptable par le jeu de l’éloignement et de la concentration des lieux d’élevage et d’abattage des animaux, de la spécialisation des tâches des intervenants, et par celui de la nécessité de « gagner sa vie », gagner sa croûte, histoire de faire face aux exigences matérielles de nos vies dans notre société.
    A nous tous consommateurs, autant que nous le pouvons, de boycotter ce système et de soutenir d’autres orientations. Reste à mon avis que l’action politique est nécessaire en complément des actions citoyennes. Merci encore, donc !
    Thierry

  17. Humain d'ailleurs sur 29 mai 2018 à 15:01

    Générosité, cohérence, sensibilité, audace, imagination… qu’est-ce qu’on attend ? Ruffin président !

  18. Céline sur 29 mai 2018 à 18:48

    Tout est dit…merci ! Puisse ce plaidoyer atteindre les esprits de tous les protagonistes pouvant jouer un rôle dans la fin de la souffrance animale…
    Qu’enfin notre société évolue dans ce domaine ! civilisons nous !!
    Merci encore M Ruffin !

  19. Isabelle Meunier-Grelet sur 29 mai 2018 à 21:30

    Bravo pour ce plaidoyer pour les animaux. Il faut mettre fin à cette ignoble exploitation d’êtres vivants, sensibles, il faut réveiller les consciences, éduquer les enfants au respect de toute vie, et lutter contre le profit à tout prix. Il y a du pain sur la planche !

  20. Charra sur 30 mai 2018 à 00:31

    Un peu de sentiment dans un monde de brutes

  21. Lina Tes sur 4 juin 2018 à 00:37

    Ce discours vaut un prix Nobel

  22. Blanchard sur 4 juin 2018 à 02:32

    Avec ce discourt intelligent et sensible, j’ai l’impression tout à coup d’appartenir à un genre nouveau d’humain, de ne plus avoir à baisser la tête pour passer par la petite porte, de renouer tout à coup mon corps et mon esprit à l’Humanité, à l’Humanisme.
    Vian écrivait dans « l’écume des jours », ce ne sont pas les gens qui changent mais les chose autour d’eux qui changent…alors changeons – comme le propose F.Ruffin ces choses, ce système dégueulasse qui opprime la Vie en général.
    Le monde – et l’Europe en particulier – s’occupent de laver les mains des citoyens du sang et des souffrances qu’elles engendrent : La politique œuvre pour nous cacher le vraie visage de l’horreur, par une communication bien orchestrée et qui nous pousse à croire que nous n’avons pas d’autres choix… Ce choix, nous l’avons tous, en particulier par notre acceptation ou refus de ce système, et collectivement en appuyant des hommes et des femmes comme Monsieur François Ruffin : Nous avons une chance inouïe d’avoir encore la liberté d’écouter ce genre de plaidoyer…on peut avoir peur à raison, d’être à l’avenir muselé et écarté de ce genre d’intervention : l’extra libéralisme est une machine infernale, absurde, puissante et mortifère. Nous n’avons plus beaucoup de temps pour réagir et nous mobiliser. Merci les insoumis, merci monsieur Ruffin !

  23. ALAIN FEDERICI sur 6 juin 2018 à 10:34

    Salut,

    Où est passé mon commentaire (non publié) de début juin?

    Merci de pratiquer des recherches archéologiques.
    Cordialement

  24. […] ce qu’il dit dans ce texte, mais je crois qu’on avance au moins un peu si des élus en viennent à faire ce type d’intervention… Une phrase m’a semblée pertinente en particulier, évoquant la condition des ouvriers […]

  25. Christelle M sur 10 juin 2018 à 20:39

    « Si la cruauté humaine s’est tant exercée contre l’homme, c’est trop souvent qu’elle s’était fait la main sur les animaux », permettez-moi d’emprunter à Marguerite Yourcenar pour débuter mes félicitations pour ce plaidoyer.
    Pourquoi l’Homme, qui se dit « supérieur », met-il son intelligence au service du toujours plus au détriment du toujours mieux ? Comment vivre dans une société où il normal de broyer des poussins vivants sous prétexte que ce sont des mâles ? L’horreur de l’eugénisme poussée à son paroxysme sous des prétextes économiques. Le jour où l’expression « traiter l’homme comme du bétail » n’aura plus aucun sens parce que ce dernier sera bien traité, alors le mot Humanité prendra enfin tout son sens. La mort fait partie de la vie, la souffrance, non, surtout à notre époque où l’on peut l’amoindrir. Nous n’avons aucune excuse. Vous n’êtes pas mon député car je ne suis pas de votre circonscription et croyez bien que je le regrette…
    J’espère que vous arriverez à lire cet article : http://www.lunion.fr/95312/article/2018-06-07/aina-kuric-je-n-ai-pas-vote-pour-le-broyage-des-poussins
    car j’ai honte devant tant d’hypocrisie !
    On traîne occasionnellement une personne devant les tribunaux pour avoir maltraité son chien ou son chat (normal !) mais on en martyrise des millions à longueur d’année en toute impunité. Si ça ne ressemble pas à la folie…
    MERCI de continuer à défendre les valeurs d’une société où le RESPECT de l’autre (quel qu’il soit, humain ou animal) prime sur le reste.

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