Aéronautique : nos trois demandes à l’Etat

Nous souhaitons une décroissance organisée du trafic aérien dans la durée, sans brutalité, et qui ne laisse pas ça dans la main terrible du marché, broyant les salariés.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Se déroulait ce vendredi après-midi, à la Préfecture de la Somme à Amiens, une table ronde réunissant employeurs et employés de l’aéronautique.

Nous avons rappelé la responsabilité de l’Etat, à la fois premier actionnaire du donneur d’ordre Airbus, et financeur de la filière à hauteur de 15 milliards d’euros dans le plan de relance.

Avec trois demandes :

1 – Des plans sociaux dignes

« Le plan social est tellement délirant, on ne croyait même pas que ça pouvait exister, témoigne Maître Ducrocq, avocat de la CFDT 3A. Pour le congé de reclassement, ils proposent quatre mois, à 65 % du salaire. Aussi bas, c’est du jamais vu ! »

Ça, dans une filière prospère depuis trente ans, avec un Etat qui lâche des milliards. Et alors qu’Airbus signe des « Chartes » de bon comportement à l’endroit de ses sous-traitants. C’est une honte.

Nous demandons que ces plans ne se règlent pas, en bilatéral, entre patrons et syndicats du sous-traitant. Mais avec autour de la table un représentant de l’Etat-Bercy, et un autre de Stelia-Airbus.

Et à vrai dire, nous posons ce principe : les salariés des sous-traitants devraient partir dans les mêmes conditions, avec les mêmes droits, que les salariés licenciés par Airbus.

2 – Un audit

Sous couvert de Covid, est-ce que Airbus-Stelia en profite pour délocaliser sa sous-traitance au Portugal, au Maroc, en Tunisie ? Est-ce que la crise sanitaire sert d’accélérateur pour des départs vers pays « best cost » ? Et est-ce que, alors, avec ses aides publiques, l’Etat apporte des subventions aux délocalisations ?

Nous demandons qu’un audit, objectif, soit réalisé, qui mette en évidence la stratégie de Airbus-Stelia.

3 – Compétences

Nous demandons, enfin, que soit effectué un relevé de compétences, des hommes comme des ateliers. Ces compétences, précieuses, acquises dans le cluster albertin au long de décennies, voire de générations, ces compétences ne doivent s’évaporer, partir dans la nature.

D’abord, parce qu’à l’avenir nous aurons encore besoin d’avions. Surtout, que pourraient produire d’autre ces travailleurs que des avions ? Une telle analyse, menée en Angleterre, avait montré que les savoir-faire dans l’aéronautique étaient convertibles en fabrication de pompes à chaleur, éoliennes, rail-route, etc. L’Etat doit aider le bassin d’Albert à sortir de la mono-industrie.

Voilà nos trois demandes.

Enfin, nous avons réaffirmé notre position : nous souhaitons une diminution du trafic aérien, non sa disparition. Une décroissance organisée dans la durée, sans brutalité, et qui ne laisse pas ça dans la main terrible du marché, broyant les salariés.

Sur le même thème

Pourquoi mes livres sont en vente sur Amazon (et pourquoi je ne les retire pas)

Je crois plus aux règles communes qu’on se fixe et qu’on respecte, qu’aux gestes individuels. C’est par les luttes et les lois qu’on a obtenu l’interdiction du travail des enfants, le congé maternité et la journée de 8 heures. C’est par des luttes et des lois qu’on obtiendra les futures avancées sociales, fiscales, et environnementales.

bfm ruffin impot covid

Pour un impôt Covid sur les profiteurs de la crise

Les profiteurs de « guerre » sont connus : c’est l’industrie pharmaceutique, les assureurs, la grande distribution et les plateformes numériques. Peut-on moralement accepter que des firmes tirent des bénéfices de cette crise quand des malades, l’hôpital, les commerces, le million de pauvre en plus cette année, en souffrent. Les profiteurs du Covid doivent payer !

Commentez

5 réflexions sur “Aéronautique : nos trois demandes à l’Etat”

  1. Solange VINCENT

    Bonjour, Monsieur Ruffin,
    Si je partage les idées de fond de vos « demandes à l’Etat », la forme me gêne sur un point : « (…) acquises dans le CLUSTER albertin (…) » ; qu’est-ce que ce « cluster albertin » ? le bassin d’emploi de cette région ? Et si tel est la bonne traduction, pour quelle raison employer cet anglicisme dont nombre de Français (dont je fais partie) ne connaissait même pas le sens avant le début de l’épidémie de Covid ? Pourquoi employer des « mots » abscons pour le plus grand nombre ?
    Lorsque je travaillais, je prenais un malin plaisir à demander à mes directeurs la significations de tous ces termes, sigles ou abréviations destinés à nous « rabaisser », faute de compréhension. Et mon plaisir était décuplé lorsqu’ils étaient incapables de traduire en langage commun.
    Ceci étant dit, je respecte profondément l’homme que vous semblez être. Et je me verrais bien glisser un bulletin « François RUFFIN » dans l’enveloppe lors des prochaines présidentielles.

    1. Je pense qu’il nous serait possible d’upgrader en se sens M Ruffin déjà fort bien fité à notre temps si complexe qui à besoin de tout ce bon sens partagé. Ruffin ministre ou plus?… Trop « raisonnable », comme vous aimez à dire, je pense.

  2. Lozahic Guillaume

    Je pense qu’il nous serait possible d’ »upgrader » en ce sens M Ruffin déjà fort bien « fité » à notre temps si complexe qui a besoin de tout ce bon sens partagé. Ruffin ministre ! ou plus?… Trop « raisonnable », comme vous aimez à dire, je pense… À moins d’une évidente 6eme République déverticalisée.

  3. Brillant. Vous souhaitez la disparition de l’un des derniers fleurons de l’industrie française et pour les employés d’Airbus (et de ses sous-traitants) n’avez rien de mieux à proposer que des plans sociaux ou la reconversion… dans la fabrication d’éoliennes (ces éoliennes aux performances si merveilleuses qu’elles ont obligé récemment à recourir à nouveau… aux centrales à charbon).
    Finalement l’idéologie est la plus forte. Le catastrophisme vert vous conduit à sacrifier de bon cœur des milliers d’emplois et notre avenir industriel au profit d’une classe parasitaire qui tire beaucoup de profits des marchés subventionnés des énergies dites « renouvelables » et également très représentée dans tout les secteurs de la communication publique et parapublique.

    1. @ Thibault
      Il y a encore des gens pour parler de «  catastrophisme «  vert ?

      Veuillez vous renseigner auprès des médias en qui vous avez confiance sur LA VITESSE de disparition du vivant depuis une trentaine d’années( vertébrés , insectes , oiseaux ), sur la pollution de l’air et de l’eau . Et allumez votre télé pour voir en direct les conséquences du réchauffement climatique avant que celui ci impacte , vous ou votre descendance , et ce très précisément.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *