Aéronautique : nos trois demandes à l’Etat

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Nous souhaitons une décroissance organisée du trafic aérien dans la durée, sans brutalité, et qui ne laisse pas ça dans la main terrible du marché, broyant les salariés.

Se déroulait ce vendredi après-midi, à la Préfecture de la Somme à Amiens, une table ronde réunissant employeurs et employés de l’aéronautique.

Nous avons rappelé la responsabilité de l’Etat, à la fois premier actionnaire du donneur d’ordre Airbus, et financeur de la filière à hauteur de 15 milliards d’euros dans le plan de relance.

Avec trois demandes :

1 – Des plans sociaux dignes

« Le plan social est tellement délirant, on ne croyait même pas que ça pouvait exister, témoigne Maître Ducrocq, avocat de la CFDT 3A. Pour le congé de reclassement, ils proposent quatre mois, à 65 % du salaire. Aussi bas, c’est du jamais vu ! »

Ça, dans une filière prospère depuis trente ans, avec un Etat qui lâche des milliards. Et alors qu’Airbus signe des « Chartes » de bon comportement à l’endroit de ses sous-traitants. C’est une honte.

Nous demandons que ces plans ne se règlent pas, en bilatéral, entre patrons et syndicats du sous-traitant. Mais avec autour de la table un représentant de l’Etat-Bercy, et un autre de Stelia-Airbus.

Et à vrai dire, nous posons ce principe : les salariés des sous-traitants devraient partir dans les mêmes conditions, avec les mêmes droits, que les salariés licenciés par Airbus.

2 – Un audit

Sous couvert de Covid, est-ce que Airbus-Stelia en profite pour délocaliser sa sous-traitance au Portugal, au Maroc, en Tunisie ? Est-ce que la crise sanitaire sert d’accélérateur pour des départs vers pays « best cost » ? Et est-ce que, alors, avec ses aides publiques, l’Etat apporte des subventions aux délocalisations ?

Nous demandons qu’un audit, objectif, soit réalisé, qui mette en évidence la stratégie de Airbus-Stelia.

3 – Compétences

Nous demandons, enfin, que soit effectué un relevé de compétences, des hommes comme des ateliers. Ces compétences, précieuses, acquises dans le cluster albertin au long de décennies, voire de générations, ces compétences ne doivent s’évaporer, partir dans la nature.

D’abord, parce qu’à l’avenir nous aurons encore besoin d’avions. Surtout, que pourraient produire d’autre ces travailleurs que des avions ? Une telle analyse, menée en Angleterre, avait montré que les savoir-faire dans l’aéronautique étaient convertibles en fabrication de pompes à chaleur, éoliennes, rail-route, etc. L’Etat doit aider le bassin d’Albert à sortir de la mono-industrie.

Voilà nos trois demandes.

Enfin, nous avons réaffirmé notre position : nous souhaitons une diminution du trafic aérien, non sa disparition. Une décroissance organisée dans la durée, sans brutalité, et qui ne laisse pas ça dans la main terrible du marché, broyant les salariés.

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