« Les enfants voulaient voir Paris… »

Billet de Dimitri, mon collab' en circonscription.

« Tenez voici un petit cadeau, pour le travail fourni ! »

J’étais tranquille dans la permanence d’Abbeville, le nez dans un tableau Excel. Il m’a surpris, Antoine, quand il m’a tendu son paquet de chocolats.

« – Vous êtes monsieur Brard ?
– Oui c’est ça, je voulais quand même vous remercier.
– Je n’ai pas pas fait grand-chose, vous savez.
– Non je sais bien mais quand même, ça vous a pris du temps. »

Certes, j’avais passé quelques minutes par-ci par-là pour organiser sa visite de l’Assemblée. Mais bon, franchement, ça ne méritait pas cette débauche de sucreries. Surtout qu’il a dû annuler au dernier moment…

« – Mais pourquoi vous avez annulé la visite au final ?
– C’est la SNCF qui nous a menés en bateau. Et c’est pas la première fois que ça arrive, au moins la troisième. A cause des problèmes sur la ligne Calais-Amiens-Paris, ils privilégient les déplacements des travailleurs. Donc pour les groupes, ils ne font plus.
– Comment ça ? Ils ne veulent pas vous vendre de billets ?
– C’est ça. Mais le pire c’est qu’ils ne nous le disent pas tout de suite. Ils prennent notre demande au guichet, j’ai vu comment ils font. Ils mettent le papier sur un tableau et ils nous disent qu’ils vont nous tenir au courant. Mais en fait il faut y retourner si on veut une réponse. Et là ils nous disent que c’est mort, pas de tarifs de groupe, pas de billet, pas de voyage à Paris !
– Et vous avez pensé au bus ?
– Oui mais ce n’est pas vraiment le projet. On voulait partir avec une classe de STMG. Des ados avec qui on voulait profiter de la sortie à l’Assemblée pour aborder des sujets comme l’écologie. D’où l’envie d’y aller en train. C’est vraiment dommage que la SNCF ne nous facilite pas la tâche, car ce sont des gamins qui ont très peu l’occasion de sortir de chez eux. Aller à Amiens, c’est déjà l’aventure, alors ils étaient hyper enthousiastes à l’idée d’aller à Paris. Encore un exemple de la dégradation du service public, vous voyez, vous pourrez le dire à Monsieur Ruffin, ça lui fera un élément supplémentaire. »

Ca c’est sûr, le coup de refuser de vendre des billets à des groupes scolaires sous prétexte de manque de train, on ne le connaissait pas encore. On en apprend tous les jours sur la gestion des TER Hauts-de-France…

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