Benjamin a perdu sa mère. C’était en février, d’un cancer. Un diagnostic tardif. Des délais de plusieurs semaines, plusieurs mois, entre les rendez-vous, entre les examens. Des annonces brutales, sans douceur pour la famille. De sa douleur, il aurait pu faire de la colère contre les soignants, peut-être même intenter un procès. A la place, il les comprend : « Ils font ce qu’ils peuvent, on le voit… Ils ont vraiment du courage, par rapport aux moyens qu’ils ont, de pouvoir tenir comme ça… On les sent un peu désemparés aussi. »
Alors, plutôt que de se battre contre les soignants, il a décidé de lutter pour l’hôpital. Il en a fait une pétition, en songeant à sa fille également : « Je veux qu’on lui laisse de belles choses, le droit à la santé pour tous. Je vois, quand j’étais enfant, on était malade, ma mère appelait le médecin et on le voyait dans l’après-midi. Là, je me suis senti mal, il n’y avait personne de disponible à moins d’une heure de route. Il a fallu que je passe à la pharmacie pour une téléconsultation à distance. C’est quand même un pansement. »
Et depuis, il reçoit des témoignages de toute la France : des personnes, comme lui, mal soignées, elles ou leurs parents, et pourtant solidaires des soignants.
Et c’est une idée qui nous est venue : les rassembler, les mal-soignés et les soignants. Pour ensemble sauver l’hôpital, pilier de l’Etat social.