Une lycéenne m'écrit : "Faut-il être riche pour réussir ?

Mes parents m'ont toujours dit de profiter car les années lycée seraient les plus belles de ma vie. J'espère que ce sont les pires, sinon, ça doit être vraiment triste d’être un adulte. Je crois qu’elle est en train de me détruire.
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Je suis en première générale. J’ai 16 ans, des parents aimants, des ami.e.s fidèles et pourtant, que mon quotidien est violent ! Que de larmes versées pour une même cause : l’école ! J’ai toujours été une bonne élève, pas excellente mais sans difficultés. Mais cette année c’est différent, l’école ne m’aime pas ! On me parle de bienveillance, mais est-ce vraiment de la bienveillance en spécialité (physique chimie) de nous faire étudier un chapitre par semaine de peur de ne pas terminer le programme et de ne pas avoir le temps de faire assez d’exercices. Puis de faire un contrôle où nous sommes devant un mur car les connaissances n’ont pas été assez consolidées, de passer d’une moyenne de 14 en seconde à 7 en première ?

J’ai l’impression de passer ma vie à travailler mais ça ne suffit pas !
Est-ce vraiment de la bienveillance d’être dans l’ignorance des épreuves qui vont nous être proposées très prochainement ?

Est-ce vraiment de la bienveillance d’avoir devant nous des profs qui ne connaissent pas totalement le contenu des épreuves, des profs qui ne sont donc pas toujours capables de répondre à nos questions, des profs stressés et fatigués ?

Est-ce vraiment de la bienveillance de n’avoir jamais les mêmes camarades de classe. Nous avons 4 classes différentes avec très peu d’heures dans chacune d’elles. Il est donc difficile de lier des liens de confiance et de solidarité. Il n’y a aucune cohésion et aucune aide entre nous, chacun se retrouve seul face à ses difficultés.

Il est aussi très difficile de retrouver ses amis pendant les pauses de midi puisque tous nos emplois du temps sont différents et notre temps de repas très court ne nous permet pas de nous attendre.

Ah mais oui, pardonnez-moi ! Nous ne sommes pas là pour nous aimer, pour faire de nouvelles connaissances, nous sommes là pour travailler ! Malgré tout, il est très dur d’avancer seul sans soutien !

Nous sommes des pions dans un jeu où les règles ne sont pas claires.Plus personne ne porte notre parole, puisqu’il n’y a pas de délégués dans les classes de spécialités. On remarque aussi qu’à cause du rythme plus que soutenu dans les spécialités scientifiques, une majorité d’élèves a des cours particuliers.

Faut-il être riche pour réussir ?

J’ai toujours adoré les maths et j’ai toujours eu de bonnes notes et aujourd’hui, le ciel me tombe sur la tête ! Je me pensais bonne mais les notes cette année me montrent que je suis nulle.

Je me sens terriblement mal à l’école car le rythme est trop soutenu. On nous met trop de pression, on ne sait pas ce qui nous attend et on a l’impression qu’on nous lâche sans avoir les cartes en mains pour réussir.

Les E3C nous font très peur car les profs déplorent la difficulté des épreuves que nous allons avoir, ne nous sentent pas prêts et ne trouvent pas bienveillant de nous conduire à l’échec.

Mes parents m’ont toujours dit de profiter car les années lycée seraient les plus belles de ma vie. Mais j’espère que ce sont les pires, sinon, si la vie est faite d’autant de violences, ça doit être vraiment triste d’être un adulte !
On m’a toujours appris que l’école était là pour m’aider à me construire mais je crois qu’elle est en train de me détruire.

Une élève de première en détresse scolaire »

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4 réponses

  1. Tellement vrai ! L’application à l’échelle de base de la doctrine de Trump : stupéfier l’adversaire (le futur citoyen) pour qu’il ne sache plus se défendre. L’abrutir. Et toujours cette vieille doctrine du diviser pour régner. Pas de liens sociaux aux lycées -> individus plus malléables. Ajouter à cela la perte d’estime de soi.
    Voici en cours de recréation la société idéale d’esclaves serviles rêvées par Aristote. Malléables et corvéables à merci pour servir ses oligarques qui se prétendent aristocrates.

  2. Notre fille de 16 ans en première a craqué hier soir, elle ne pouvait plus s’arrêter de pleurer. Nous l’avons consolée longtemps puis je suis restée avec elle. Ce midi, elle nous a expliqué que c’était la pression permanente de l’institution scolaire qui ne fait que leur parler d’infosup, des notes qu’elle ne juge pas assez bonnes eu regard à tout le travail qu’elle fournit, et en plus c’est le bazar avec la nouvelle réforme du bac. Comme leur a dit un enseignant : »vous êtes les crash tests » et il ne le disait pas méchamment mais malheureusement il n’est pas loin du compte.

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