Brune Poirson : l’assistanat en Macronie

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Le gouvernement tape avec ardeur sur un prétendu assistanat pour refuser le RSA aux jeunes, flique les chômeurs, mais installe tranquillement "l'assistanat de la Macronie". Après Pénicaud, Buzyn, N'diaye ou Besson, voilà que Castex confie une fonction sur mesure pour assurer la transition de Brune Poirson...

« Brune Poirson, 38 ans, ne souhaite « plus formellement » faire de la politique aujourd’hui ».

C’est bien la première fois que l’existence de Brune Poirson me préoccupe, mais cette dépêche de l’AFP attire mon attention. On apprend que l’ex-secrétaire d’État, redevenue députée du Vaucluse, souhaite se « tourner vers d’autres horizons » que la politique et « agir en faveur de la transition écologique ».

Franchement, je peux comprendre qu’on soit fatigué de la politique. Ca me traverse régulièrement : sauter d’un sujet à l’autre, de la commission à la séance, à une audition, au train, à la circo, à la préf, et ainsi de suite, on perd parfois le fil, le sens de son action. Alors, soit, Brune Poirson est fatiguée de la politique (ce qui m’étonne un peu, puisqu’elle n’est venue que quatre fois à l’Assemblée depuis le mois d’août dernier).

Jean Castex aux petits oignons

Mais l’AFP indique que son suppléant prend sa place. Ah bon ? Normalement, c’est interdit. Je m’étais renseigné, pour mon cas : seule la mort ou « des fonctions gouvernementales » impliquent que le suppléant prenne la suite. Sinon, une seule solution : démissionner et remettre en jeu l’élection du binôme. D’ailleurs, j’avais déposé des amendements pour une réforme de l’Assemblée, pour que les députés soient remplacés plus facilement, provisoirement, par leur suppléant, une semaine sur deux, par exemple, ça m’irait. Mais aujourd’hui, même en cas de maladie, même pour un congé maternité ou paternité, impossible de laisser son siège.

Pourquoi ça lui est autorisé, à elle, alors ? La lettre A, un média spécialisé, a débusqué le truc : « Jean Castex vient d’avoir recours à une astuce pour éviter la tenue d’une élection législative partielle dans [la] circonscription du Vaucluse [de Brune Poirson]. Le premier ministre a prolongé de six mois sa mission gouvernementale consacrée à « l’éducation au développement durable », soit jusqu’à fin 2021. Selon le code électoral, toute mission de plus de six mois d’un député entraîne son remplacement automatique par son suppléant à l’Assemblée nationale. »

Discret scandale : on lui crée une fonction sur mesure pour assurer sa transition, et ne pas remettre en jeu un siège d’En Marche ! Deux jours plus tard, alors qu’elle déclarait ne « pas encore » savoir quelles seront ses « nouvelles fonctions », on apprend qu’elle devient « directrice du développement durable » chez Accor, grand groupe hôtelier, qui licencie à tours de bras.

Brune Poirson, mais avant-elle : Buzyn, Pénicaud, Besson…

Le gouvernement tape avec ardeur sur un prétendu assistanat, refuse le RSA aux 18-25 ans, flique les chômeurs, mais installe tranquillement « l’assistanat de la Macronie ». Poirson veut quitter son siège pour bosser dans le privé ? On lui trouve une petite mission payé par nos impôts ni vu ni connu. Pénicaud perd son poste de ministre du Travail ? Hop, on lui dégote un poste « d’ambassadrice à l’OCDE ».

Buzyn quitte le gouvernement en pleine crise sanitaire pour briguer la ville de Paris, échoue lamentablement, est poursuivie par la Cour de justice de la République ? C’est pas grave ! Elle ira bosser au cabinet du directeur de l’OMS ! Vous vous souvenez de Sibeth N’diaye, porte-parole du gouvernement et gaffeuse invétérée ? Malgré un avis mitigé de la HATVP (haute autorité pour la transparence de la vie publique), elle ira défendre la méga-boite d’intérim Adecco, lobbyiste auprès de ses anciens collègues.

Macron s’est même piqué de nommer personnellement Philippe Besson, romancier et authentique flagorneur/hagiographe de notre Jupiter national, au poste de Consul général de France à Los Angeles ! Nomination finalement retoquée par le Conseil d’État : il y a des limites (juridiques) à ne pas dépasser.

S’il n’y avait que leurs mensonges, s’il n’y avait que leurs erreurs… Mais en plus ils ne respectent rien. Plutôt que de vivre avec les même lois, les mêmes contraintes, que tout le monde, ils s’autorisent à jouer avec la loi, pour eux-mêmes, pour les copains. Mais pour les autres, les pauvres, les chômeurs, les petits fonctionnaires, les ouvriers : toute désobéissance sera durement sanctionnée.

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