Des idées, on en a !

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Durant mes premiers mois, j’ai fait trois propositions de loi écrites, j’en ai signé vingt autres, j’ai rédigé un rapport, porté 67 amendements (sur tous ces points, je figure parmi les plus actifs). À chaque fois, tout ça est parti de vos témoignages, de la proximité.

Financement de la psychiatrie

Après une longue enquête à l’établissement Philippe Pinel, j’ai déposé une « proposition de loi sur le financement des hôpitaux psychiatriques ». Elle a été signée par des membres de tous les groupes, Les Républicains, l’UDI, le Modem, les socialistes, les communistes, France insoumise, vraiment tous les groupes, sauf En Marche ! (Les députés macronistes ont l’interdiction d’approuver un texte qui n’émane pas de leur rang…).

Ma proposition s’ouvrait sur le témoignage de Sébastien Bil, président de l’Unafam dans la Somme : « Le plus gros souci, c’est le manque de psychiatres. C’est très difficile d’avoir un rendez-vous, il faut attendre des semaines, des mois. Si les malades étaient atteints du cancer, et qu’il s’agissait de cancérologues, ça choquerait. Mais pour des malades mentaux, non. »

C’est le président de l’Unafam 80, dont le frère souffre de schizophrénie, qui témoigne ainsi : « Les services sont surchargés. Il n’y a plus de temps pour la parole : c’est remplacé par les médicaments, la contention. Il faut mesurer notre déception. Déjà, le malade est dans le déni, “non, je ne suis pas malade”. L’amener vers le soin, c’est un combat. Mon frère s’est désocialisé, il est devenu SDF, s’est alcoolisé, et lorsqu’on parvient enfin à le conduire à l’hôpital : il ne reçoit pas de soin ! Faut être honnête, ma mère est morte d’un cancer, mon père d’une maladie rare, j’aime mes parents, mais je n’ai pas souffert comme je souffre, là, avec la psychiatrie. Pour un aidant, c’est dix ans d’espérance de vie en moins. Quand la famille est forte, on tient bon, on l’amène vers des structures, on cherche. Mais sinon, le malade finit dans la rue. »

Burn-out

J’ai rendu un long rapport « visant le burn-out », pour « la reconnaissance des troubles psychiques liés au travail comme maladies professionnelles ». Pour ça, nous avons procédé à des semaines d’auditions : de médecins, de syndicalistes, de responsables de la Caisse d’Assurance maladie, etc. (Seul le Médef a refusé la rencontre.) Mais comme toujours, nous sommes partis d’un cas très concret, près de chez nous : c’est David, un ancien directeur de Lidl à Longueau, un copain de foot en fait, cramé par son boulot, qui est venu me voir un jour…

« Ils vous écrasent, vous détruisent le cerveau. Moi, avant d’abandonner, durant trois ou quatre mois, je ne dormais plus la nuit, j’avais la boule au ventre pour aller au travail. Ma responsable de réseau ne me parlait plus, elle me faisait des listes de tâches, des pages entières, je ne pouvais même pas réussir. […] Alors que moi, là, je suis broyé. Ca va un peu mieux, mais ce sont des cachets, toujours, j’arrive au bout de mon chômage… Et vous trouvez ça normal que ce soient la collectivité, la Sécurité sociale, les Assedic, qui paient les dégâts de Lidl ? Dans le reportage de Cash Investigation, il y a une phrase très juste : “C’est une machine à fabriquer des chômeurs de longue durée”, alors je n’ai toujours pas compris cette difficulté, cette impossibilité, à me faire reconnaître en maladie professionnelle. Pour que ce soit Lidl qui paie. Mais tous les médecins m’ont dit: “Ne vous lancez pas là-dedans, c’est ‘hors tableau’, ça va être très très compliqué.” Et mon avocate pareil. Donc, aujourd’hui, se faire reconnaître, c’est mission quasi-impossible. »

Nos amendements

Nos amendements

Depuis un an, le groupe France insoumise a déposé 2495 amendements (dont 30 ont été adoptés, souvent les plus bénins). Voici mes préférés…

Conseil d’administration

Nous réclamons que les salariés siègent au Conseil d’administration des grandes sociétés. Et même : que les élus et habitants, que les associations de consommateurs, que les ONG en charge de l’environnement y aient aussi leur place : l’entreprise est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls actionnaires !

Égalité

Cet amendement vise à limiter à un rapport de 1 à 20 entre les salaires dans l’entreprise. Le PDG aura le choix entre limiter ses revenus, ou relever le salaire de base dans sa société.

Lafarge

Lorsqu’une société, comme Lafarge, commerce avec des terroristes, ou en finance des activités, nous voulons que ses biens soient saisis.

Etat terroriste

Lorsqu’un État, comme le Qatar, finance ou protège le terrorisme, il faut que ses investissements soient interdits sur le sol français.

Déserts médicaux

Nous demandons la mise en place d’une École Normale de Médecine qui formera un corps de médecin-fonctionnaires déployables sur l’ensemble du territoire.

Verrou de Bercy

Aujourd’hui, les fraudeurs fiscaux et les exilés ne peuvent être poursuivis par la Justice sans, d’abord, l’accord du ministère de l’Économie (et du président de la République). C’est une justice à deux vitesses, avec des exceptions pour les puissants et les copains. Nous exigeons que ce verrou soit levé.

Radars

Les recettes issues des amendes payées par les automobilistes doivent servir à développer les transports en commun.

Héritage

Afin de favoriser l’égalité des chances, nous souhaitons la taxation à 100% des héritages au-delà de 33 millions d’€ (les 0,01% les plus riches).

Vote blanc

La reconnaissance spécifique du vote blanc comme suffrage exprimé, choix politique à part entière, est un progrès démocratique à mettre en oeuvre.

Parité sociale

Tout comme les partis ont été contraints de procéder à une parité de genre, nous souhaitons qu’ils tendent à une parité sociale. Les candidatures doivent refléter la diversité de la société française. Avec cet amendement, la population active comptant 22 % d’employés, il faudrait par exemple un minimum de 11 % d’employés parmi les candidats. Avec 18 % d’ouvriers ce seuil serait à 9 % de candidats ouvriers. Avec 4,5 % d’artisans, commerçants, chefs d’entreprise il faudrait au minimum 2,25 de candidats, etc. Alors que l’Assemblée ne compte, aujourd’hui, pas un seul ouvrier !

François Ruffin

François Ruffin

Né à Calais, j'ai grandi à Amiens. J'y ai fondé le journal Fakir, puis réalisé le film Merci patron !. Élu sous l'étiquette Picardie debout ! (FI, PCF, EELV, Ensemble), je continue à jouer tous les dimanches en vétéran avec l'Olympique amiénois et à m'occuper de mes deux enfants, de 5 et 8 ans, en garde alternée.

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Je ne vous promets pas la lune, mais face aux puissants, je m’engage à ça : ne pas courber l’échine, me tenir droit.

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