Pourquoi mes livres sont en vente sur Amazon (et pourquoi je ne les retire pas)

Je crois plus aux règles communes qu’on se fixe et qu’on respecte, qu’aux gestes individuels. C’est par les luttes et les lois qu’on a obtenu l’interdiction du travail des enfants, le congé maternité et la journée de 8 heures. C’est par des luttes et des lois qu’on obtiendra les futures avancées sociales, fiscales, et environnementales.
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« Bonsoir François. Tes livres en vente sur Amazon, t’y es pour rien sans doute mais ça fait désordre. » C’est Didier, qui m’adresse ce SMS, et j’aime beaucoup Didier : c’est sur sa moto qu’on avait traversé ma circo, le premier samedi des Gilets jaunes, le 17 novembre 2018. Mon pote Mickaël me dit à peu près la même chose : « A Noël, ne vends rien sur Amazon ! Un peu de cohérence ! » Jusqu’à ma mère, ma première fan, qui s’interroge…

Alors, je vais leur répondre avec franchise.
Je pourrais prétendre que je n’y suis pour rien, que ce sont les maisons d’édition qui décident, etc. Ce serait faux-cul, et je ne veux pas mentir à ma mère ! Que je passe un coup de fil aux éditeurs et, j’en suis persuadé, ils les retireraient vite fait.
Donc, non : mes livres sont vendus sur Amazon par choix.
Par choix personnel.
Par choix financier ? Non. Depuis le début de mon mandat, je reverse à des associations la quasi-totalité de mes droits d’auteur. Nul goût de l’enrichissement, ici, c’est pire…
C’est par choix politique que mes ouvrages figurent sur la plate-forme.

Depuis le lancement du minuscule Fakir, il y a vingt ans, quel est mon combat ? Convaincre, et pour cela accéder aux gens, là où ils se trouvent, sur les marchés à la criée, à la sortie des cinémas, dans les bars-tabac, etc. Mais aussi dans les Relais, propriété de Lagardère, qui – comme je l’ai pas mal dénoncé – a vampirisé Airbus. Hier matin, je suis passé sur BFM, propriété de Drahi, champion de l’ « optimisation fiscale ». Ce petit texte sera publié sur ma page Facebook, propriété de Mark Zuckerberg, l’un des nouveaux seigneurs du numérique, qui échappe à l’impôt en Europe, qui pille nos données.
Que faut-il faire, alors ? Retirer Fakir des Relais ? Ne plus user des outils Facebook ou Twitter ? Ne plus passer sur BFM, ni LCI, ni TF1, ni Europe 1, ni RMC, ni Libération, ni Le Monde, bref, dans 90 % de ces médias qui sont entre les mains de dix milliardaires ? Dois-je retirer mes ouvrages de la FNAC, famille Pinault ? Des « Espaces Culturels », de Michel-Edouard Leclerc ?
Ou alors, par « cohérence », se taire et cesser de critiquer ces fortunes ?
Nous ne sommes déjà pas, loin de là, en position de force : doit-on en plus se couper les mains ? Se réfugier dans un ghetto, et refuser de parler au pays là où il se trouve ?
Eh bien, idem pour Amazon : je ne méprise pas les personnes qui, pour de bonnes raisons (l’éloignement des librairies, des difficultés à se déplacer…), ou par facilité, par gain de temps, commandent leurs livres sur cette plate-forme. Eux aussi, je veux les convaincre, à eux aussi je veux accéder.
C’est un choix politique, donc, que j’assume.

Et dans ma vie, de manière plus générale :
Hier soir, comme chaque vendredi, j’ai fait le plein de gnocchis, de crèmes dessert, de brioches, de soupes en briques, etc. au Carrefour City… propriété de mon ami Bernard Arnault, qui m’a fait espionner et vers qui, gentiment, sans rancune, je fais remonter mes euros. Et pour aggraver mon cas, je ne vais pas citer les marques, mais les gnocchis, les crèmes dessert, les brioches, les soupes en briques, etc. appartiennent bien souvent à des grands groupes, à l’industrie agro-alimentaire. A côté de ça, je fais de mon mieux : mes œufs, c’est de « poules élevées en plein air ». Je consomme peu de viande. J’irai au marché des hortillons, ce matin, pour une soupe maison… Mais enfin, ça reste marginal, une pincée d’éthique. Le gros de mes achats dépend du Capital.
Et mes habits ? Je suis partisan d’une relocalisation des vêtements. Mais je retourne mon sweat à capuche, là : « Made in China. » Mon tee-shirt, pourtant fourni par des militants italiens : « Made in Bengladesh. » Mon pantalon : bon, trop porté, l’étiquette s’est effacée, mais je suis sans illusion…
Et l’ordinateur Lenovo, sur lequel je tapote ces lignes ? « Conçu en Chine », m’indique un site Internet.

Est-ce qu’il faut, donc, pour n’avoir pas de contradiction, que je fasse grève de la faim ? Que je me balade à poil ? Que je cesse d’écrire, ou alors à la main ? Le moindre de mes actes est entaché, oui, de cette contradiction : un appel sur mon téléphone portable, un déplacement en voiture à la campagne, et à la limite, même quand j’allume ma gazinière (avec Engie) ou la lumière (avec l’uranium d’Areva)…
C’est ainsi : je baigne, nous baignons, dans un bain de capitalisme. On ne peut pas s’en extraire, sauf à devenir ermites. Au mieux, on peut en arracher quelques parcelles, retrouver de l’autonomie sur des bribes de nos vies.
C’est un reproche qu’on fera toujours à celles et ceux qui veulent changer le monde : oui, ils doivent composer, pactiser, s’arranger avec le monde existant, se débattre dedans, dans ces contradictions entre leurs idées et le concret. C’est un reproche qu’on ne fera jamais, en effet, à ceux qui acceptent le monde tel qu’il est, à ceux qui s’y complaisent.

Voilà pourquoi je ne crois pas aux gestes individuels. On peut les faire, parfois on le doit : pour soi, pour sa conscience. Mais pas dans l’espoir de transformer la société.
Je crois, moi, à des règles communes, qu’on se fixe et qu’on respecte.
Non pas un boycott d’Amazon (j’étais sceptique sur ce point, je l’ai dit à Mathieu Orphelin), mais à des lois fiscales qui, tout simplement, tout bêtement, lui feraient payer ses impôts en France, sans s’échapper par le Luxembourg et le Delaware. A des lois pour préserver nos terres, qui encadreraient la construction d’entrepôts géants, dont Amazon ne détient pas le monopole. A des lois, faites de taxes aux frontières, quotas d’importation, barrières douanières, pour ramener aliments, vêtements, médicaments près de chez nous.
C’est par des luttes et des lois, et non par des boycotts, par le caddy du consommateur, que nos ancêtres ont obtenu l’interdiction du travail des enfants, la journée de huit heures, le congé maternité, l’impôt sur le revenu, les congés payés, la sécurité sociale, etc. C’est par des luttes et des lois, et non par des boycotts, par le caddy du consommateur, qu’on obtiendra des avancées sociales, fiscales, environnementales.

Enfin, à titre personnel : je ne recherche pas la pureté.
J’ai mes zones d’ombre, mes tares, mes défauts énormes. Je l’ai déjà écrit ailleurs, je le répète ici. J’insiste. Pourquoi ? Parce que j’ai trop vu, déjà, des hommes, de gauche souvent, que l’on encensait, à qui l’on découvrait, ô surprise, une tache, ou plusieurs, et qui soudain passaient de saint à démon, dont on voyait plus, dont on ne voulait plus voir, la part de lumière.
Alors, je préfère prévenir d’avance : j’ai ma tache, mes taches.
Je ne prétends pas à la sainteté. Et c’est pour cette raison aussi, plus intime peut-être, que mes livres resteront sur Amazon : pour afficher mon imperfection, et même que je bois du Coca…

Il est possible que je les ôte, un jour.
Mais ce sera moins par conviction que par lassitude, par lâcheté : pour qu’on me laisse tranquille avec ça.

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107 réflexions sur “Pourquoi mes livres sont en vente sur Amazon (et pourquoi je ne les retire pas)”

  1. Jean Marc Bailleul

    tres interessant comme débat et comme réponse
    la question mérite d’etre posée: comment faire payer des impots à Amazon?
    il faut une majorité d’idée et une énorme pression.
    Est ce possible?
    La question est de savoir s’il est possible de permettre à tout le monde de faire du business dans le livre sachant que le commerce doit profiter à la fois à Amazon
    et aux libraires.
    Moi je boycotterai amazon puisque c’est parait il l’ennemi publocnuméro 1
    mais par curiosité je vais demander à mon libraire du 20eme s’il a les livres du sieur Ruffin,et comment ils’y prend pour les trouver
    JM Bailleul

  2. Bonjour François
    Très bonne mis au point.
    Je suis tout à fait avec vous, sur le fait que les gestes individuels sont inefficaces.
    C’est une maladie en France de vouloir faire vivre les gens de gauche, comme des moines.
    Vous n’aviez pas à vous justifier, le travail que vous faites avec la F.I. ne mérite que respect et admiration.
    Continuez.
    Merci.
    Serge Berjot

  3. frank fleismaher

    Bravo Monsieur Ruffin, pour moi c’est ça un VRAI discours de gauche. Ne pas se contenter de coups de comm’, mais pointer du doigt les vrais sujets (la fiscalité, les choix politiques, etc…). Le tout en argumentant ses contradictions, et pas juste avec la formule Macronienne « j’assume » devenue synonyme de « je t’emmerde »…

  4. Charrier Martine

    Merci François Ruffin !!!

    Tout est dit !!!

    Qu’on arrête de faire les hypocrites comme ces écolos bobos qui ne cessent de faire la morale au peuple et les culpabilisent toute la journée !!

    Le monde est tel qu’il est et ce n’est pas au peuple qu’il faut s’attaquer mais bel et bien au capitalisme !!!

    Extrait d’un article :
    PAS DE JUSTICE CLIMATIQUE SANS JUSTICE SOCIALE

    L’écologie est devenue tendance, et du coup on la dépolitise.

    Pourtant, toutes les hautes instances sont d’accord sur ce point : IL EST IMPOSSIBLE DE RECLAMER LA JUSTICE CLIMATIQUE SANS PARLER DE JUSTICE SOCIALE.

    D’un point de vue mondial, ce sont les personnes les plus pauvres, dans les pays les plus pauvres, qui souffriront en premier (et souffrent déjà, d’ailleurs), des conséquences du réchauffement climatique.
    Ledit réchauffement qui est de la responsabilité des pays riches, pour l’immense partie.

    Mais même à l’échelle locale, comment prôner l’écologie avec un discours manichéen et individualiste ?

    Dans tous les calculs en ligne générant une estimation de l’empreinte carbone individuelle, on calcule l’impact des logements.

    Ce sont les pauvres qui vivent dans des logements mal isolés, qui font grimper leur empreinte carbone.

    Est-ce que dans ce cas, c’est le poids de cette empreinte carbone qui devrait être important ?

    Plutôt que le fait que des milliers de pauvres vivent dans des logements où, injustice suprême, l’énergie qui devrait les chauffer et qui leur coûte tant d’argent, s’évapore littéralement par les interstices entre les fenêtres et les murs ?

    À la merci de propriétaires avares qui empochent des loyers toujours plus faramineux sur le dos de locataires toujours plus précaires ?

    Il est urgent de développer une conscience sociale plus large que le bout de notre nez pour pouvoir parler d’écologie plus intelligemment.

    Il est urgent qu’à notre angoisse grandissante face à l’urgence climatique et qui nous pousse à tirer toutes les sonnettes d’alarme, on ajoute une colère grondante contre un système et des politiques qui ne donnent pas à tout le monde les mêmes chances de faire leur part.

    On ne peut pas se contenter de distiller des conseils qui ne peuvent s’appliquer qu’à une frange de la population, et on ne peut pas s’étonner de récolter des commentaires désabusés quand on traite avec condescendance des comportements qu’on a eu le luxe de déconstruire.

    La réflexion écologique ne s’arrête pas non plus à un nouveau rapport à la consommation, ça doit aller plus loin.

    Pour que tout le monde puisse participer, il faut que le travail soit mieux réparti entre les populations, que les hommes prennent leur part — car comme le soulignait Julie, l’écologie individuelle est un travail domestique, qui incombe donc le plus souvent aux femmes. Mais aussi qu’on remette en question le modèle actuel du travail, qui monopolise la moitié de notre temps éveillé.

    Malgré ce qu’on veut bien croire, parce que ça nous donne l’impression de contrôler ce qui nous arrive, l’écologie est loin d’être uniquement une question de bonne volonté.

    La fable du colibri, tellement à la mode, elle me fait bien marrer.

    Laëtitia le rappelait dans un autre débat sur Twitter (décidément !) : à force de faire sa part face à une catastrophe bien plus grande que lui, et regardé d’un œil moqueur par le reste de la faune, le colibri ne peut que mourir d’épuisement.
    (Et oui c’est la fin de l’histoire du petit colibri que les écolos nous balancent à longueur de journée !! Ils oublient juste la fin !!)

    Cyniquement, c’est peut-être la meilleure métaphore pour parler des pauvres, les grands oubliés de l’écologie.

    Sans CESSE RABAISSES, JUGES, ILS N’EN FONT JAMAIS ASSEZ.

    Si on tenait les riches aux mêmes standards que les allocataires du RSA, peut-être que la catastrophe écologique pourrait être évitée.

    En attendant, on peut deviser tout ce qu’on veut sur nos cotons lavables, nos pailles en inox, et compter nos paires de chaussures véganes.

    Mais ce serait bien de penser, une fois de temps en temps, que certain•es, et ils sont plus nombreux•ses qu’on le croit, n’ont pas les moyens de remplacer leur seule paire de pompes quand elle lâche.

    Alors prendre l’avion…
    ________________________________________
    Notes
    1. Je parlerai donc ici de la pauvreté que je connais. Je ne pense pas qu’il soit impossible pour les pauvres de participer à l’effort écologique, mais mon propos n’est pas de pointer du doigt ce qui est infaisable, mais pourquoi ça l’est.
    2. Il y a d’autres facteurs qui entrent dans l’impact de la production d’un kilo de tomates hors-sol, on parle des pesticides, des conditions de travail… mais je me concentre sur l’aspect purement individuel, dans l’acte d’achat. L’utilisation des pesticides, jusqu’à preuve du contraire, c’est encore le gouvernement qui se lave les mains d’un problème qu’on essaye alors de faire devenir individuel.
    3. CELA DIT, AU PASSAGE, ON CONTINUE DE FAIRE MARCHER LE CAPITALISME. IL A MIS UN BEAU COSTUME VERT, MAIS N’EN RESTE PAS MOINS UN JEU QUE SEULS LES RICHES ONT UNE CHANCE DE GAGNER — LES PAUVRES, EUX, EN MEURENT.

    La totalité de l’article ici :

    https://uninvincibleete.com/2019/03/critique-ecologie-privileges/

    Cet article résume bien le fond de ma pensée !!

    Que les bobos arrêtent de nous faire la morale !!!

    1. Catherine Bonafé

      Votre réflexion est intéressante, mais de grâce, le fourre-tout « les écolos bobo », c’est de la facilité et de la méconnaissance d’une part des mouvements écologistes, d’autres part de la façon dont la majorité des gens cherchent à faire le mieux qu’ils peuvent individuellement ( et j’en connais qui viennent de comprendre ce qu’est Amazon et ont décidé de ne plus passer par cette plateforme), puis, se sentant impuissant.e.s ( on fait tout ce qu’on nous dit de faire, mais ça ne change pas beaucoup de choses) avancent vers la nécessité de faire ça collectivement , d’agir pour échapper à la culpabilité et transformer leur dégoût d’eux-mêmes en actions, quelles qu’elles soient…. Bien cordialement, Catherine

    2. Et bien une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec une partie de ton article. En effet je crois personnellement à toute la force de l’action individuelle. Ce qui n’exclut évidemment pas toutes les tentatives de réglementation et de législation pour faire évoluer la société. Mais aujourd’hui je crois que les exemples ne manquent pas de toute la force que nous avons entre nos mains individuelles. Les changements radicaux de ce qu’on nous propose dans les rayons alimentaires ne sont que le résultat des changements de consommation, des changements des exigences de nous, consommateurs. Carrefour, Leclerc et les autres ne proposeraient toujours pas un gramme de Bio ou d’équitable, si les consommateurs ne l’avais pas exigé. Je ne commande plus sur Amazon, je patiente, je m’arrange, je ne mange quasiment plus de viande, et c’est bon. Pour moi et pour la planète. Et c’est une manière essentielle de changer le monde en laquelle je crois avant tout. J’appelle de mes vœux de nouvelles politiques, une nouvelle Europe, une nouvelle répartition des richesses, et je compte aussi sur des changements politiques. Même si j’y crois de moins en moins. la révolution des consciences est celle qui prévaut pour moi.
      En respectant et en admirant ton combat celui de ce qui te ressemble,j’ai tout de même aujourd’hui beaucoup plus l’impression d’agir dans tous mes actes quotidiens qu’en allant manifester…
      Amicalement
      Eric

    3. Parce qu’on ne peut pas militer pour des lois, comme le fait François Ruffin, et agir à son niveau, pour mettre ses actes en accord avec sa pensée, et les moyens financiers dont chacun dispose.
      Bien trop faible pour beaucoup malheureusement.
      Enfin j’en connais pas mal qui ont un discours très social et écolo et qui continuent de ne pas acheter bio et et d’acheter des SUV…
      Croyez vous que la bio en France se développe par l’opération du saint esprit? c’est bien parce qu’il y a des consommateurs qui font ce choix!
      Depuis 40 ans que j’ai fait ce choix, avec une paie d’ouvrier, une partie de mon argent est allé à des producteurs qui n’utilisent pas de pesticides…. Combien ai-je évité de kilo d’épandage des ces poisons. C’est quand même très concret.
      Je pense que nous pouvons faire des choix individuels qui ont une grande importance et ça ne remet pas en cause les actions de changement collectif!
      Bien sûr nous avons tous nos contradictions et comme le dit M Ruffin il faudrait vivre en ermite pour être parfait, et encore…
      Mais éviter la voiture autant que possible, prendre comme fournisseur électrique Enercoop, manger bio, ne pas prendre l’avion…. est ce si difficile pour la plupart d’entre nous.
      Consommer n’importe quoi sous prétexte qu’il faut du changement collectif, c’est s’enlever une jambe pour tenir debout, et avancer.
      cordialement

    4. Tant que l’information quotidienne ou la culture peut-être partagée, peu importe la forme et la condition du partage, les moyens sont ceux pouvant être à disposition pour le plus grand nombre. Quand ceux qui diffusent sont principalement les mêmes ayant un monopole de distribution, il n’y a pas à se justifier du pourquoi nous les utilisons, d’autant que l’ensemble de ces distributeurs font partis d’une même chaine. Est-ce pour cela que nous sommes d’accord avec leur politique en général ? A défaut comment faire une promotion hors des chemins touchant le plus grand nombre de personnes.
      La Démonstration est claire : On ne nous offre pas d’alternative de distribution pouvant résister à ces groupes.
      Tous ceux qui s’essaient, meurent à petit feu. Se justifier face à la cohérence de réflexion des gens, à titre personnel, c’est s’exprimer pour ceux en marge d’une vision dont ils n’ont pas conscience dans quelle nasse ils sont, à défaut, ils seraient comme moi, en perpétuelle Révolution sur la volonté de ces types de gouvernements de fabriquer l’annihilation intellectuelle … Tous dans le couloir de la mort … Intellectuelle … C’est mon avis et conviction.

      Plus les gens maque de réflexion, plus ils peuvent être exploités sous toutes les Formes … La disparition de leur mémoire ou, leur manque de mémoire est flagrante de cette politique de ces castes dominantes ET dominante avec votre pognons (Trésor Public). W.H

  5. Hordé christophe

    Cher françois Tu ne peux pas enlever tes livres d’amazon. Car amazon commande chez le distributeur de ton éditeur et il ne peux pas refuser la vente à amazon. Le refus de vente n’est pas possible dans le cas d’espèce. Il faut avoir sinon un circuit spécifique de vente comme les produits pharmaceutiques, les produits de luxe ( parfums..etc) ce n’est pas le cas des livres tous les commerces peuvent commander même les bouchers si cela leur convient.
    fraternité

  6. J’aime infiniment cette sincérité, cette humilité de dire que non, quoi qu’on fasse ou qu’on professe, nul ne saurait être parfait, ni échapper à ce système dans lequel nous sommes tous intriqués, impliqués, malgré nos belles pensées et nos actes justes.
    François, tu t’honores de cette « mise au point » que je fais mienne, et dans laquelle nous nous retrouvons tous, y compris les Jadot, Hulot, Saporta, et autres multiples personnalités qui prêchent la bonne parole (à juste titre parfois mais pas toujours…)
    Avoir l’élégance de dire que l’on n’est pas exemplaire (parce que de toute façon personne ne peut l’être) relève d’une valeur humaine hors norme.

    Un immense bravo, et même si je ne suis pas toujours 100% d’accord avec toi (notamment sur l’immigration), tu as tout mon respect et mon admiration.
    Au 21e siècle, les hommes honnêtes et courageux sont si rares…

    1. Charrier Martine

      Au fond, politiser, ce serait montrer le lien entre le changement climatique et le capitalisme.

      Comment faire face au changement climatique sans changer de modèle économique ?

      Pour «digérer» la crise écologique et faire croire qu’un «capitalisme vert» est possible, plusieurs logiques sont mobilisées : l’innovation technique, le recours au marché (par la création des droits à polluer) ou encore la militarisation de l’accès aux ressources naturelles.

      Dans mon livre, je m’intéresse plus particulièrement à une quatrième tendance, qui consiste à dépeindre la question environnementale comme un problème de morale individuelle.

      Il reviendrait à chacun de nous de sauver la planète en changeant son comportement.

      Or c’est plutôt en imaginant et en luttant pour d’autres organisations sociales que nous rendrons possible l’adoption durable de styles de vie à la fois moins inégaux et plus respectueux des écosystèmes naturels.

      Pourtant, n’est-il pas exact que nous sommes tous un peu responsables de notre environnement ?

      On retrouve à propos de l’environnement le schéma du discours néolibéral: il n’existerait que des individus agissant rationnellement et vivant comme en apesanteur du social.

      Séparer ainsi l’individu du collectif n’a aucun sens et FINIT PAR DEFORMER LA REALITE.

      Par exemple, au milieu des années 2000, le ministère de l’Environnement a mis en avant une affirmation clairement discutable: «Les ménages sont responsables de 50% des émissions de gaz à effet de serre.»

      CE CHIFFRE A ETE FABRIQUE à partir d’une statistique qui calcule la part des grands secteurs producteurs de CO2: énergie, industrie manufacturière, agriculture, résidentiel-tertiaire, transport routier, autres transports, etc. L’astuce consiste à attribuer aux ménages toutes les émissions de CO2 qui ne viennent pas de l’énergie, de l’industrie et de l’agriculture.

      Ce qui revient à oublier que les avions et les trains transportent d’abord des hommes d’affaires ; que les camions sont en général affrétés par les entreprises ; que les déchets sont fabriqués par l’industrie…

      Surtout, en parlant des «ménages» en général, cette statistique laisse entendre que tous les individus ont la même part de responsabilité.

      OR, UN RICHE POLLUE GENERALEMENT PLUS QU’UN PAUVRE.

      Il n’est pas juste de mettre sur un pied d’égalité un cadre de direction qui possède deux voitures et prend l’avion trois fois par mois et une personne touchant le RSA qui circule principalement en bus.

      UN TEL DISCOURS OCCULTE LES INEGALITES SOCIALES.

      Que sait-on sur les inégalités sociales d’émissions de CO2 ?

      Les statisticiens commencent tout juste à construire des outils pour les mesurer rigoureusement.

      Une étude réalisée en 2010 par François Lenglart montre qu’un ouvrier produit 5 tonnes de CO2 par an et un cadre 8,1.

      Début octobre, les économistes Lucas Chancel et Thomas Piketty ont publié une étude qui montre que les 10% d’individus les plus polluants au niveau mondial (c’est-à-dire les classes moyennes et supérieurs des pays industrialisés et les classes supérieures des pays émergents), émettent 50% des gaz à effet de serre, tandis que les 50% les moins polluants n’en produisent que 10%.

      Mais il y a encore beaucoup de travail pour évaluer et expliquer de façon scientifique la contribution des groupes sociaux à la dégradation de l’environnement.

      Pour autant, n’allons-nous pas devoir en effet changer nos comportements, y compris sur un plan individuel ? Ces messages permettent peut-être d’amorcer une prise de conscience ?

      Dans mon travail, j’ai aussi mené des entretiens collectifs et analysé des données statistiques pour étudier comment les personnes, en fonction de leurs milieux sociaux, pensent, discutent et se comportent vis-à-vis de ces enjeux.

      Cela permet de comprendre le paradoxe suivant:
      Si les classes supérieures sont les plus disposées à faire valoir leur attitude «ECO FRIENDLY», CE SONT AUSSI ELLES QUI TENDENT A POLLUER LE PLUS.

      Partageant les valeurs véhiculées par les campagnes de «sensibilisation», elles seront plus facilement portées à mettre en œuvre UNE BONNE CONSCIENCE ECOLOGIQUE EN TRIANT LEURS DECHETS OU EN FERMANT LE ROBINET.

      Mais ces quelques gestes et ce verdissement partiel de leur quotidien, dont elles peuvent tirer une certaine reconnaissance sociale, ne remettront pas en cause leur mode de vie et ELLES CONTINUERONT A POLLUER PLUS QU’UN OUVRIER.

      Et l’on remarquera que la morale écocitoyenne, si prompte à nous dire qu’il faut éteindre la lumière, s’abstient de dévaloriser par exemple le fait de rouler en 4×4 en ville, un comportement pourtant très énergivore.

      Tout cela explique, du reste, l’agacement de plus en plus vif suscité par ces injonctions écocitoyennes:
      ON NOUS VEND COMME UNE MORALE UNIVERSELLE CE QUI N’EST QU’UNE MORALE DE CLASSE.

      Dans mes entretiens, je constate que de nombreuses personnes, plutôt au sein des milieux populaires, DEMASQUENT INTUITIVEMENT CETTE HYPOCRISIE.

      https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151125.OBS0152/comment-le-discours-mediatique-sur-l-ecologie-est-devenu-une-morale-de-classe.html

  7. Merci de cette parole vraie et Doc courageuse.
    Tu réponds à la critique avant qu’elle ne prenne de l’importance.
    Ton positionnement et courageux et je comprend.

  8. C’est bien vrai mon François !
    On est bourré de contradictions l’essentiel étant de le savoir de le dire mais de ne surtout pas baisser les bras.
    Bravos et bon courage

  9. Très d’accord avec vous, donc quel plaisir de lire votre réponse… Merci de garder tete froide, humanité, mesure et sens des réalités. Par les temps qui galopent, la denrée se raréfie… Gratitude et tout de bon !

  10. Ça fait du bien de déculpabiliser le populo de temps en temps, des décroissants nous reprochent notre voiture quand on habite en petite montagne à 8km des courses ou bien l’usage d’internet quand journaux et médias généralement sont à nous abêtir par des textes et programmes indigents où nous gaver de pub donc merci Ruffin pour votre bon sens à recarder la lutte

    1. Certains décroissants qui font le reproche au « populo » n’ont pas en tête la complexité (les tenants et les aboutissants). Ils n’ont pas en vue que tous les humains ne sont pas dans la même situation. Plus un humain à un revenu élevé (en général), plus il a un impact sur l’environnement car il peut dépenser plus. Ce sont ceux-là en changeant individuellement peuvent avoir aussi un impact sur l’environnement et sur les politiques (exemple : le bio).
      De plus, il est plus à même de pouvoir changer qu’une personne qui vit par exemple au smic. La taxe carbone n’est pas idéal par exemple. Puis, chacun ne peut changer la même chose qu’une autre personne selon encore sa situation. Votre exemple « prendre la voiture pour faire les courses » : Est-ce qu’il y a une alternative (coût ?), quel est l’âge de la personne, le magasin propose une livraison (coût ?)…

      Bien sûr, la lutte collectivement a fait changé des lois. Par contre, cela n’empêche pas que chacun agisse individuellement, en conscience de la situation de notre environnement, à sa manière.

  11. Bonjour François,

    je te comprends, et ne critiquerai pas. Ta position est cohérente et lucide, d’ailleurs je fais un peu comme toi. Tu peux parfaitement laisser tes livres sur Amazon, et aller chez Carrefour.

    Je voudrais toutefois ajouter un élément : Les actes individuels ont aussi leur utilité. Quand les premiers paysans ont renoncé aux pesticides, et sont devenus bio, c’était individuel. La labellisation a suivi, puis l’engouement.
    « Terre de liens » est une agglomération d’actes individuels. Les liens s’étendent… ils progressent.
    Foodwatch fait des actes individuels, et obtient des résultats.
    On pourrait multiplier les exemples.

    Je ne dis pas que tu dois faire ces actes individuels. Encore une fois, je te comprends très bien.
    Je dis juste qu’il ne faut pas généraliser, au risque de mépriser les actes individuels. Tes livres sur Amazon sont utiles, les actes individuels aussi. Comme avec les médicaments, tout est affaire de rapport bénéfice/risque.

    Voila, il m’a semblé que ton message t’avait emporté un peu loin dans une forme de mépris (passif) des actes individuels.

    Solidairement,
    N.
    fakirophile

  12. Merci pour votre brillante défense pour vos livres sur Amazon. Qu’importe le média -on est obligé de passer par là – Ce qui compte c’est le message que l’on défend ainsi moi avec des affiches sur les vitres de ma véranda contre la 5 g j’ai même reçu des félicitations d’oser afficher mes convictions … et encore je me retiens !
    norbert.houguenagueàwanadoo.fr

  13. Limpide! … en espérant que tous les « colibris » qui nous assaillent de leurs leçons de morale individuelle lisent votre texte, et reviennent à une forme de lutte enfin efficace.

  14. Bonjour François Ruffin, je partage votre philosophie de l’imperfection mais aussi des luttes et des lois. Je pense que pour faire passer des messages, des idées et à fortiori des idéaux, il faut aussi utiliser les moyens ou medias de masse, même s’ils sont la propriété de ceux contre qui on lutte. Mais il faut aussi, individuellement « faire sa part » et acheter vos livres au libraire indépendant et peut être essayer de se passer de coca…En tous cas, j’admire votre détermination et partage la majorité de vos convictions. Michel

    1. Bonjour,

      Je lis et j’écoute régulièrement les bulletins et vidéos de François Ruffin.

      Et pour la 1ère fois, je me sens franchement en désaccord sur le fond avec lui.

      Je précise :
      Oui, pour un député de gauche de croire aux avancées sociales par le combat politique et la Loi. Les exemples cités nous le montre

      Oui, pour ne pas prendre les hommes politiques pour des Sauveurs irréprochables car la Démocratie c’est justement comme le fait François Ruffin de donner la parole et le pouvoir aux gens

      Mais, franchement :

      Non, quand il existe des alternatives possibles et compatibles avec son mode de vie pour alimenter les GAFA et autres monstres qui profitent allègrement du système économique et financier actuel.

      La vigilance et la cohérence autant que possible, entre ce qu’on dit et ce qu’on fait me paraissent fondamentales pour être crédibles en politique et faire progresser la société pour une meilleure défense des Droits Humains et du Vivant.

      Sinon on passe pour un Cahuzac… et ça me ferait mal que ceux qui sont opposés à François Ruffin et à la France Insoumise s’en saisissent.

      François Ruffin porte une parole à l’AN qui pour moi marquera l’Histoire de l’AN. Pas envie, Nan nan, pas envie du tout de fournir des billes aux contradicteurs pour dire que François Ruffin ne croyait pas un mot à ce qu’il disait et qu’il faisait son cinéma.

  15. Merci, François, vous êtes parfaitement cohérent et surtout très lucide, c’est bien pourquoi je vous fais confiance, ainsi qu’à vos analyses.
    Vous êtes pour moi une référence, et surtout une raison de garder le moral, malgré tout…..
    Personnellement je n’achète pas sur Amazone, c’est mon choix, mais il est presque sans courage puisque je peux faire autrement.
    Par contre, Starbucks, c’est facile de ne pas y aller (surtout en ce moment😏)

  16. Bertrand Monier

    Merci François, cela a le mérite d’être clair et je vois au moins que le questionnement a lieu et même que tout ceci peut évoluer. Je salue donc votre cohérence, qui est d’ailleurs votre plus grande qualité.

    Et puis dire ici aussi que j’en ai un peu marre du fait que dans ce pays chacun y va de son opinion sur tout, toujours en mode expert multi-tout. Il faut s’attendre à ce que l’on vous dise: « Ah… Ok… tes bouquins sont pas disponibles chez Decathlon??? Donc… ça vaut dire que t’es d’accord avec CNews??? t’es un agent de Nadine Morano en fait… etc. etc. » , bref je me demande si l’on est pas en train de devenir une nation de trolls…

  17. Bertrand Monier

    Merci François, cela a le mérite d’être clair et je vois au moins que le questionnement a lieu et même que tout ceci peut évoluer. Je salue donc votre cohérence, qui est d’ailleurs votre plus grande qualité.

    Et puis dire ici aussi que j’en ai un peu marre du fait que dans ce pays chacun y va de son opinion sur tout, toujours en mode expert multi-tout. Il faut s’attendre à ce que l’on vous dise: « Ah… Ok… tes bouquins sont pas disponibles chez Decathlon??? Donc… ça vaut dire que t’es d’accord avec CNews??? t’es un agent de Nadine Morano en fait… etc. etc. » , bref je me demande si l’on est pas en train de devenir une nation de trolls…

  18. Entièrement d’accord avec ce message ,merci François pour ton combat politique il est plus que temps que nous nous attaquons aux vrais pollueurs en taxant, interdisant, obligeant c’est pollueurs avec des lois qui obligent ces pollueurs à respecter la planète

  19. Patrick LE ROLLAND

    Je me suis parfaitement retrouvé dans cette « autocritique » ! Non pas pour me justifier moi-même mais pour être… meilleur, enfin j’espère !

    Je perçois aussi quelques modestes droits d’auteur. Oh, j’ai calculé que j’ai travaillé pour mon ouvrage au tarif horaire de 2 euros ! Et cet ouvrage, un guide de vulgarisation juridique, est a priori surtout acheté et lu par des salarié(e)s qui ont perdu leur emploi, c’est-à-dire bien souvent tout perdu !

    Mais autre chose, François, tu prends ta voiture ? Moi aussi !

    Te souviens-tu (oups, tu n’étais pas né !) que René Dumont, le père de l’écologie politique, a expliqué en 1974 que prendre sa voiture « cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton » (il comptait tous les impacts !).

    Je me souviens aussi du porte parole d’un parti radical à gauche auquel le présentateur costard cravate, premier de la classe, d’une émission sur un plateau de télévision lui faisait remarquer qu’il portait des chaussures N**e (pas de pub !). Il répondit, du tact au tact : « on a tous nos contradictions ».

    Il suffit juste d’assumer ces contradictions pour… être meilleur.

  20. Gilles Kujawski

    Bonjour
    Je ne suis ni bobo, ni gauchiste, juste un républicain de base de Seine Saint-Denis (Sevran) qui voit chaque jour ce que François affiche, à savoir nos collusions inévitables avec le capitalisme, mais aussi ce qu’il n’affiche pas : la collusion entre notre liberté théorique à l’intérieur du capitalisme (y compris de le contester, par les livres, le cinéma ou le théâtre, et par l’art en général), et, simultanément, la réduction progressive, aux allures d’inexorable, de cette liberté et de notre autonomie, autant matérielle que de pensée, vis-à-vis de ce système.

    Au nom de quoi je m’élève à la fois contre le simplisme du seul boycott d’Amazon, et contre ce texte de François.
    Je lui oppose la démarche de l’éditeur belge Zones sensibles, dont « Actualitté » a publié le témoignage. Le CA de Zones sensibles, petit éditeur « alternatif », sa diffusion et sa distributiion, reposent largement sur Amazon, et pourtant l’éditeur propose, chiffres et statistiques à l’appui… de se passer d’Amazon.
    Rien ne dit qu’il y arrivera, ni que son modèle soit exportable vers d’autres éditeurs.
    Peu importe. Zones sensibles essaye, quand François renonce, pour des raisons aussi honorables qu’à mon avis insuffisantes.

    Oui, pour moi, au-delà du simple boycott, il faut au minimum l’étayer, le faire reposer sur une base économique, sociale et philosophique solide (François ne parle pas des conditions de travail des employés d’Amazon), ou y renoncer. Un slogan ne vaudra jamais une démonstration. Mais, au moins, pas de message de type « qu’est-ce que j’y peux ».
    Ou bien la « mélancolie de gauche » d’Enzo Traverso sera notre seule bible.

    Tout celà dit, fraternellement au Député, pas du haut de mes diplômes puisque je n’en ai aucun, de la part d’un Insoumis lambda de Sevran.

  21. Martial DUMONTIER-ELIE

    Bonjour monsieur le député de la Nation. J’ai bien lu votre article à propos des groupes capitalistes. Je suis en partie en accord avec vous. Dans une société repliée sur elle-même et très individualisée, c’est devenu très difficile pour évoluer. Je suis d ‘accord, seul le nombre fera bouger les choses et encore. En 1995, nous avions stoppé le plan Juppé mais en 2003, tout est passé avec Fillon, Raffarin et leurs sbires. Je sais que vous êtes un homme sincère et très humain, ce qui est un véritable plus en politique. Ce qui me pose problème, c’est le mouvement égocentrique de monsieur Melanchon qui vient de s ‘autoproclamer candidat pour 2022. Je suis consterné, la gauche en miette et torpillée en cale sèche avant même de se réunir. La Gauche, c’est un mouvement, des idées progressistes qui fédèrent des gens simples épris de libertés et de justice sociale pour toutes et tous. La Gauche n ‘appartient pas à un seul homme, un seul tribun.
    J’ ai juste 63 ans, syndicaliste au Snu-ipp /Fsu depuis toujours et en retraite depuis septembre dernier après 42 ans de carrière.

    En 2022, je ne soutiendrai pas Melanchon et je ne suis pas le seul à gauche. Je ne soutiendrai pas plus Yannick Jadot, le fils spirituel de Cohn Bendit.

    En attendant, je vous adresse mes félicitations pour votre courage politique.

    Recevez mes salutations les meilleures. Cordialement.
    Martial DUMONTIER-ELIE

  22. BROUQUISSE François

    Le texte de F. Ruffin est convaincant …. oui nous baignons dans le capitalisme et nous ne pouvons pas nous en extraire.
    Il n’en demeure pas moins que la question – probablement insoluble – est : la fin justifie-t-elle les moyens ?
    Toucher les gens, leur faire partager ses idées, veut dire aller les chercher là où ils sont : imparable… donc utiliser Internet, Farcebouc et autres « réseaux sociaux ». Je n’ai pas vraiment de réponse mais c’est quand même le serpent qui se mord la queue. Pour Amazon c’est pareil.
    Chacun doit plus ou moins mettre son fil rouge entre ce qu’il accepte de faire et ce qui le révulse. Le compromis pour les uns est la compromission pour les autres.
    Ca traverse le champ politique comme le domaine associatif.
    Avoir des députés ou non, aller voter ou non, faire du « marketing » pour les ONG ou pas :
    on peut finir comme MDM, il y a déjà quelques années, qui avait réussi le tour de force, sous prétexte de « connaitre » ses donateurs de laisser faire une étude de marché à une boîte privée en utilisant son fichier, et à la même époque, sous prétexte d’être indépendant financièrement, des pouvoirs politiques (confondus d’ailleurs avec les pouvoirs publics) de justifier le mécénat d’entreprise et de faire paraître dans son magazine la liste des boîtes – bien privées elles, et bien sûr dans arrières-pensées – qui aidaient MDM : dans la liste il y avait (de mémoire) Matra ou équivalent, qui produisait des équipements militaires, utilisés contre les populations civiles dans des conflits où MDM allait précisément essayer de secourir les populations….. La boucle est bouclée, cherchez l’erreur….
    Ca veut simplement dire qu’on ne peut se contenter de dire simplement : « oui, mais si on ne fait pas comme ça, on se coupe de la population que l’on veut convaincre et défendre ».

    Sur le geste individuel limité ou illusoire par rapport à l’action collective, oui bien sûr, mais ce n’est pas l’un ou l’autre.
    Quant à l’exemple du boycott vs loi, c’est du même tabac : juste une chose que F. Ruffin est bien placé pour savoir : les lois c’est qui qui les fait ? Alors heureusement que le boycott existe (davantage chez les anglo-saxons que chez nous d’ailleurs où ce n’est pas trop dans les habitudes) car si on attend les lois, on risque d’attendre encore longtemps. Les lois sont faites par ceux qui ont le pouvoir et non ceux qui le subissent…

    Enfin, le jour où en face (par exemple chez Amazon), on estime que les bouquins (et les idées) de F. Ruffin , ça commence à déranger et éventuellement à être dangereux, hé bien : censuré, terminé, bloqué, interdit.
    Comme pour les médias : que F. Ruffin, comme beaucoup d’autres, passent sur les médias contrôlés par les grands groupes, castes, oligarques, bourgeois, et tout ce que vous voulez, c’est sans doute bien … tant que ça marche… mais c’est parce que ça ne les gêne pas vraiment.
    Le jour où ils siffleront la fin de la récré, il faudra passer à autre chose et pas faire du « bisounoursing » .
    Et en attendant, vu ce qui se passe actuellement (loi Sécurité globale et tutti quanti) qu’attendent les députés de la FI, du PC et assimilés, de EELV (si tant est qu’ils n’aient pas tous été récupérés par les dorures des strapontins) pour appeler à la désobéissance civile généralisée ?
    La question de savoir si c’est nécessaire, ,gentil, ou pas d’utiliser Amazon est largement dépassée.

    Cordialement,
    François

  23. BRAVO et MERCI François ! Ce billet confirme tout le bien que je pensais de toi… mais il montre aussi le mur qui s’élève devant nous. Être conscient de ses contradictions, « faire avec » et ne pas prétendre détenir LA vérité… comment veux-tu entraîner les foules avec ça ?
    Comme le bon soldat (je sens que je vais me faire des amis…), le bon militant ne doit pas douter. Car dès qu’il réalise la complexité du monde et de sa propre psyché, il est obligé de reconnaître que ses « analyses » sont biaisées et subjectives… ce qui le rend inévitablement méfiant vis à vis des idées univoques.
    J’ai une admiration sincère pour ceux qui savent dépasser cette contradiction… et leur expérience m’intéresse.

  24. Bertrand WOLFF

    Cher François,
    « Je crois plus aux règles communes qu’on se fixe et qu’on respecte, qu’aux gestes individuels. « . Oui, totalement d’accord sur le fond, sur tous les exemples donnés… avec tout de même un gros bémol sur Amazon :
    « les personnes qui, pour de bonnes raisons (l’éloignement des librairies, des difficultés à se déplacer…), ou par facilité, par gain de temps, commandent leurs livres sur cette plate-forme. »
    est-ce vraiment comme ça que ça se passe ?
    Ce n’est pas Amazon qui fait que ces personnes ont connaissance de ton livre (amis, vu au cours d’une émission, ?). Quand elles cherchent alors à le commander et se le faire livrer, elles ont bien d’autres propositions qu’Amazon, un peu moins toxiques pour les libraires… Je me trompe ?

  25. Bravo et merci pour cette mise au point. Etre plus royaliste que le roi : c’est toujours la réponse de ceux qui ne se politisent que dans l’espace réduit de leur quant à soi. Vous avez raison : nous ne pouvons nous faire entendre qu’en empruntant les seuls chemins qui nous sont ouverts. Ne changez rien à votre façon d’intervenir sur l’espace public : c’est la bonne ! Personne n’est plus populaire que vous l’êtes. Même nos pires ennemis de classe sont obligés de vous mentionner parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement que vous entendre, et, ils sont, à chaque fois, obligés, de recevoir leur image en pleine poire.

    1. Pas d’accord avec l’argumentation développée et triste de vous voir vous dédouaner aussi facilement via le combat politique. Pour moi le combat est à mener sur les 2 jambes : le combat politique classique ET la mise en cohérence progressive, dans la limite de ses moyens financiers bien sûr, de ses actes à ses valeurs, ses choix politiques. Premier bénéfice : une grande joie, une certaine paix intérieure de se sentir de plus en plus cohérent. (non ce n’est pas du masochisme ).
      2ème vertu : démontrer que c’est possible aux autres par l’exemple.
      3eme vertu : protéger sa santé et celle de sa famille en mangeant local, bio ou paysan, en utilisant de l’énergie verte (Enercoop et pas engie).
      4eme vertu : réorienter ses consommations vers du durable, de l’éthique, du bio, du local et diminuer ses consol artificielles c’est concrètement permettre aux acteurs de ces nouvelles productions d’exister et de se développer au détriment de l’économie mortifère
      Il faut donc encourager les gens à s’impliquer individuellement dans la rupture du modèle de société dominant en la mettant en oeuvre le plus possible dans ses actes du quotidien, ce qui est le complément nécessaire et crédible du combat politique classique. C’est se priver d’accélérer la rupture que de rejeter aussi facilement le changement personnel et le boycot bien ciblé qui est aussi une arme pouvant frappé fort.La stratégie gagnante n’est pas celle du ou mais du et .De plus il n’est pas vrai qu’on ne peut pas changer grand chose dans son quotidien. Le problème relève plutôt d’un manque de volonté réelle par paresse?, facilité? , addiction?, manque d’envie?. Bien sûr c’est du boulot, il faut chercher mais petit à petit on trouve on découvre on augmente son champs de connaissance et des possibles. Bien sûr d’accord avec vous pour que vous alliez sur les médias dominants mais ne rejettez pas le boycott par principe. Il ne faut pas trop jouer avec le manque de crédibilité. Le coca cola une fois en passant OK mais souvent il y a un probléme tout comme les achats chez Carrefour

  26. Merci pour cette mise au point. Elle éclaire magnifiquement un dicton que je me répète souvent: une somme d d’intérêts individuels ne fera jamais un intérêt collectif.

  27. Bonjour François Ruffin
    Je suis un petit éditeur et pourtant mes livres ne sont pas sur Amazon. Tout simplement parce que le consommateur peut parfaitement, s’il veut les commander en ligne, le faire sur les sites des librairies, sur Decitre, chapitre.com, et Fnac qui a tout de même de vrais magasins encore que leur système de référencement fait tout pour éviter les petits éditeurs.
    Non nous ne sommes pas obligés de participer à la casse des librairies et pourtant le sujet pour lequel je suis éditeur m’est cher.

  28. Bonjour,
    Merci pour cette explication !
    Effectivement, dur d’être complètement « pur » dans ce monde et de ne financer par nos achats que des entreprises et organisations qui sont en cohérence avec nos valeurs.

    Pour porter ces valeurs, il y a effectivement « les luttes et les lois » qui sont importantes, et j’aimerais ici défendre aussi la complémentarité de l’autre stratégie  » [les] boycotts [… et] le caddy du consommateur ».

    J’ai tendance à voir mes actes d’achat comme des votes : au lieu de mettre un bulletin de papier dans un urne, j’envoie quelques bulletins monnétaires dans le compte en banque d’une organisation, d’une filière, d’un secteur économique. Ces bulletins monétaires font, au final, que certains patrons, certaines entreprises, certains secteurs économiques, se retrouvent in fine avec un fort poids économique et une forte contribution au PIB et à l’emploi en France. Et c’est un grand pouvoir politique. Je me dis parfois même que quel que soit le bulletin que je peux mettre dans l’urne une fois tous les 5 ou 6 ans, même si c’est mon candidat favori qui sort, à la fin, si les votent monnérairent ne bougent pas, quand il voudra passer des lois il va se retrouver avec les lobbies qui auront les votent monnétaires et qui auront un fort pouvoir d’influence ou de découragement de lois qui m’intéressent : « vous n’y pensez pas ! et l’impact économiques de vos lois ? Notre branche va perdre 10 milliards de chiffre d’affaire, nous allons perdre 20 000 emplois, etc. », ce sont des arguments qui ne peuvent être ignorés par n’importe quel.le femme/homme politique.

    Pour moi, nos achats quotidiens ont un impact plus important que celui qu’on met derrière le consom’acteur (éviter l’impact environnemental « immédiat » de l’objet que j’achète) : dans notre monde actuel (et peut-être étais-ce moins le cas en 1936 et 1945 lors de grandes avancées) nous somme aussi des « consom’électeurs » : on vote avec nos sous et ça influence fortement (indirectement par le relai des pouvoirs économiques et financiers mis au pouvoir) les décisions des décideurs politiques.
    Ce vote de consom’électeurs est même très intéressant en cela qu’il demande un réel engagement de la personne : quand je vote à des élections classiques, je peux voter pour le candidat qui me promet la révolution sociale et écologique dans l’urne et râler après les élections si ces mesures augmentent mes impôts, ou baissent mon pouvoir d’achat, etc. Quand je vote comme consom’électeur, je fais le choix conscient de payer parfois un peu plus cher (selon mes moyens bien sûr !), ou de perdre un peu plus de temps sur un achat qui ne se fait pas en 2 clics, pour défendre des entreprises cohérentes avec mes valeurs. Il y a une forme d’engagement personnel dans ce vote (tout comme le salarié qui perd un jour de salaire en grêve).

    Bien sûr, je n’imagine pas qu’on puisse attendre que 20 % des français changent leurs modes de consommation pour tenter de faire avancer des lois, ne serait que pour des questions de fins de mois. Mais tout va ensemble, et chaque stratégie se complète :
    – si 1 % de la population achète un peu moins à Amazon et en grands centres commerciaux et un peu plus à des commerçants de proximité, avec un peu moins de poids économique et d’emplois pour le 1er et un peu plus pour les seconds, peut-être le législateur sera-t-il plus à l’aise pour passer des lois favorisant les petits commerces ?
    – si 1 % de la population achète davantage bio (d’ailleurs c’est le cas), sans doute le législateur sera un peu plus à l’aise pour favoriser le bio (d’ailleurs, c’est le cas),
    – si 1 % de la population achète un peu moins de voitures, consomme un peu moins d’essence et fait un peu plus de marche, de vélo, et de transport en commun, peut être le législateur sera plus à l’aise pour faire passer des lois favorisant la mobilité douce ?
    – si 1 % de la population achète davantage des objets (vêtements ? jouets ? électroménager ?) dans des pays proches ou avec des garanties sociales correctes, peut-être le législateur…

    Au plaisir de vous lire,

  29. Je n’ai pas de soucis avec le fait que tes bouquins soient sur amazon. Je suis d’accord qu’il faut se battre sur tous les fronts.

    Je suis moins d’accord sur l’inutilité des actions individuelles. Il y a des tas d’initiatives pour la bouffe, les fringues, etc. qui évitent de nourrir le grand capital. Ces petites structures ont désespérément besoin de tous les soutiens possibles pour continuer à résister aux grandes enseignes à bas coûts.
    Quand la loi aura changé, on sera bien content d’avoir déjà tout un terreau d’alternatives prêtes à prendre le relai. Pourquoi attendre d’avoir changé la loi pour les soutenir? Si on ne les soutiens pas dès à présent, nombre d’entre elles s’arrêtent, par difficultés financières ou fatigue des entrepreneurs-militants.
    On trouve des boutiques en SCOP, et ça c’est quand-même une super manière de limiter les dérives des grosses boites.

    Je comprends le besoin d’aller faire ses courses à Carrefour pour rester au contact de la part importante de la population qui ne va pas dans les épiceries bio-locales (en plus, on dirait qu’Amiens n’est pas très bien pourvue dans ce domaine). Mais peut-être pas besoin d’y aller toutes les semaines, si?
    Pour les fringues, ça se trouve aussi. 1083 ou autres.
    Pour l’électricité, encore plus facile! Quelques clics et tu passes chez Enercoop en coopérative et en 100% renouvelable, adieu Areva!

    Bien-sûr, tout ça coûte un peu plus cher. Mais ça coûtera tout autant plus cher quand la loi aura changé, et il n’y aura plus le choix, alors autant s’y mettre tout de suite 🙂
    Ça prend pas plus de temps. Tu trouves des gnocchis et de la crème bio. Les ouvriers qui les produisent ne sont peut-être pas mieux traités que les autres, mais au moins ça pourrit un peu moins la planète et la santé des agriculteurs.

    Je suis tout à fait ok pour que tu gardes une partie des droits d’auteurs, non pas pour augmenter ton niveau de vie (ce serait une terrible dérive bourgeoise!) mais pour soutenir tout ce tissu économique local et solidaire.

    PS: le cola bio pourrit tout autant les dents que le coca…

  30. Merci François pour votre sincérité qui va de pair avec une analyse politique juste de la situation.
    SI nous faisons la révolution, un jour, ce ne sera pas pour arrêter de vivre avec notre environnement, mais bien pour le soumettre à nos besoins et nos désirs (le communisme est au bout du chemin…). Donc il faut continuer à se battre pour qu’Amazon et tous les autres soient mis au service du peuple, c’est à dire payent des impôts en proportion de leur C.A. On peut aller plus loin en disant que si ça c’est obtenu, alors l’affectation de l’argent des impôts changera de nature. Et, pour ceux qui craignent de ruiner tous les petits libraires, soyons assurés que, correctement taxée, Amazon trouvera peut-être moins d’intérêt au marché français, y laissant nécessairement revenir les « petits ».

  31. Vous pouvez très bien faire placer tous vos ouvrages dans les petites librairies de proximité, puis chez Amazon pour les personnes qui vivent éloignées de toute librairie. N’acheter chez Carrefour que ce que vous ne trouvez pas dans les petits commerces de proximité, en privilégiant les petites structures qui font du bio ou du raisonné. Pour les fringues, idem avec les magasins d’Amiens, sinon les puces et les fripes pour donner une seconde vie aux vêtements d’occasion, ce qui permet de protéger l’environnement. Donc Amazon et les plates-formes, cela doit venir en dernier ressort… Enfin j’ajoute qu’ancienne abonnée à « Fakir », j’ai mis un terme à mon abonnement car j’ai été furax du fait que « vous avez eu foot » le jour de la manif indispensable contre cette hydre hideuse qu’est l’islamophobie. Idem bien sûr de l’antisémitisme. J’attends un mea culpa sans ambiguïté. Dernier point, et non des moindres, qui celui-là s’adresse principalement à JLM : pour avoir la preuve que la FI n’a pas pactisé avec le deep state, j’attends que, comme la communauté scientifique, pour opposition à big pharma, en tout cas dans ce qu’elle compte de gens non corrompus, j’attends donc de JLM : 1. qu’il recommande l’usage du traitement du Pr Raoult dès lors que l’OMS dénonce la dangerosité et l’inefficacité du Remdésivir, 2. que JLM rappelle que les virus mutant, aucun vaccin ne peut être efficace car il sera systématiquement dépassé (cf. l’absence de vaccin contre le VIH depuis 1981), 3. qu’il rappelle, après vérification auprès de personnes compétentes, la dangerosité des vaccins à ARN messager dès lors qu’ils peuvent déclencher une tempête cytokinique même chez les personnes ne souffrant pas d’une maladie auto-immune.
    Voilà, tout cela fait, je me réabonnerai illico presto sur-le champ à Fakir et revoterai pour JLM en 2022. Sinon, le dimanche du 1er tour, c’est sûr, moi aussi j’aurai foot. A moins bien sûr que le grand reset nous prive d’électricité et de moyens de communication pour que nous puissions aller voter.

    1. Bonjour Annie, je suis dans la même réflexion que vous au sujet du traitement médiatique de la France Insoumise au sujet du Covid –
      (F.I que j’ai toujours soutenu pour son excellent programme, idem quand c’était le FDG)
      Cordialement

  32. Discours franc et convaincant. D’autant qu’un boycott bien organisé d’Amazone ne changerait pas grand chose. Tout le temps que nous alimenterons le moteur du système, les profits, avec notre surconsommation, tous nos achats inutiles et dévastateurs pour la planète et les pays pauvres, rien ne changera. Réinventer l’avenir, c’est changer profondément notre rapport à la consommation et dont au pouvoir d’achat. Quel homme politique aura le courage de s’y lancer avant qu’il ne soit trop tard et que cette déconsommation nous soit imposée par l’effondrement du système ?

  33. Merci pour cette tranche de sincérité…vous ne cessez de vous interroger sur vos actes et c’est ce qui est le plus important à mon sens. Histoire de ne pas perdre le fil de ce vers quoi nous désirons tendre. Ou pas.
    Il n’est pas aisé de se conformer à tout instant à nos valeurs profondes. Le principal est qu’elles ne nous quittent jamais.
    Nous serons toujours sujet aux critiques, parce que faisant, prêchant et critiquant.
    A chacun de se voir devant son miroir avec ce qu’il peut être et veut être.
    Merci M. Ruffin

  34. Rien à ajouter !
    Merci François Ruffin pour cet argumentaire imparable. D’accord à 100% sur la problématique des contradictions du consommateur que nous sommes et sur la vanité ou l’escroquerie intellectuelle de croire aux comportements individuels face à des problèmes que seul le combat collectif peut tenter de résoudre.
    Continuez !

  35. Bonjour…enfin l’article que j’attendais. Cette ruée sur le boycott d’Amazon….les français sont bien des moutons. J’achète chez Amazon….oui….mes enfants et petits-enfants sont loin, à l’étranger, et c’est le seul moyen que j’ai pour leur offrir leur cadeau de Noël car rajouter un port de 80€ minimum n’est pas dans mes moyens. Par contre la question que je me pose c’est : qui fait les lois ? qui leur permet de ne pas payer leurs impôts en France ?..c’est ça les vrais questions. Et c’est ça qu’il faut régler et vite…

  36. JEAN LEQUERTIER

    Bonjour François,
    je suis d’accord sur le fond que c’est par les luttes que nous avons eu et obtenons des acquis sociaux et malheureusement de moins en moins de droits économiques tant notre dépendance dans ce système est énorme comme tu le soulignes et décris si bien et en toute franchise.
    Tu parles du boycott par le caddy comme n’étant pas un moyen de lutte et pourtant je dis si. Il est même parmi les moyens de la lutte de concrétiser collectivement ce à quoi nous tenons et nous nous opposons.
    l’Afrique du Sud a subit un long boycott pour son apartheid et sur plusieurs niveaux et à long terme cela à finit par craquer. plus loin encore Gandhi initiait le retour au rouet pour que les indiens fassent eux-mêmes leur tissu et ainsi ne plus commercer avec l’empire colonial anglais. plus près nous pourrions ne plus accepter de consommer les produits d’Israël pour leur politique néfaste envers les palestiniens etc….. c’est une force que d’opposer par nos achats une action éthique et de participer à la mise en place d’initiatives de plus en plus proche de nos intérêts et valeurs comme l’économie sociale et solidaire. comme la métaphore du Colibri chacun et de plus en plus apportant sa goutte d’eau et créant aussi des fleuves et des rivières nous apportons notre part qui si grandissante peut apporter avec les luttes de véritables changement. j’entends souvent le mot convergence alors convergeons François.
    merci pour ton propos toujours soucieux de respecter ceux qui se joint à ton combat et aussi soucieux de ton propre respect. solidairement

  37. Ayant la chance d’avoir une super librairie près de chez moi, c’est chez eux que j’achète tous tes bouquins … mais je comprends parfaitement ton point de vue, et j’apprécie globalement les qualités de ton intervention, comme la plupart du temps !

  38. « C’est un reproche qu’on fera toujours à celles et ceux qui veulent changer le monde : oui, ils doivent composer, pactiser, s’arranger avec le monde existant, se débattre dedans, dans ces contradictions entre leurs idées et le concret. C’est un reproche qu’on ne fera jamais, en effet, à ceux qui acceptent le monde tel qu’il est, à ceux qui s’y complaisent. »

    Sans prosélytisme aucun, mais comme en écho :
    https://www.youtube.com/watch?v=vloHG0e1vio

  39. saint-maxent Hervé

    Salut François
    j’ai apprécié moi aussi cette analyse clairvoyante et ta sincérité ( c’est la première fois que je tutoie un député ! )
    mais pour l’électricité tu pourrais faire un effort quand même ! il y a Enercoop …..
    Salutations cordiales et citoyennes

    Hervé

  40. C’est triste …
    C’est triste comme le bon journal Fakir devenu un outil de ‘propagande/promotion’ personnel
    C’est triste comme dire que comme certain·e·s font pire, je peux me permettre
    C’est triste comme attendre que le politique soulève le social
    C’est triste comme nourrir ceux que nous combattons
    C’est triste comme un 23 novembre

  41. Sauf que :
    Militant depuis 50 ans, j’en ai vu des militants de gauche qui déclinaient toutes les analyses énoncées (cf Rufin) et que je partage. Mais 50 ans plus loin on voit où on en est en France et dans le monde. A revenus identiques , il n’y a pas de différences dans le mode de vie ( je prends ma part) , entre les militants de gauche et les blaireaux de droite. Continuer le combat des idées, bien sûr, mais de toutes évidences il va bien falloir se mouiller les fesses à titre individuel .

  42. Bravo, Vous avez des soutiens.. Et même on a droit à la classique insulte de bobos, c’est sans doute pas le but recherché mais ça en est une conséquence.
    En tous cas je continue à Boycotter les produits des colonies Palestiniennes vendus par Israël qui d’ailleurs est obligé par la loi d’afficher l’origine, mais qui ne le fait pas. L’Afrique du Sud sous apartheid a fini par céder sous le poids international du boycott de ses oranges Outspan. Et les librairies peuvent commander les livres qu’elles n’ont pas en rayon. Les cadeaux de Noël peuvent fort bien attendre Pâques ou la trinité.. ou être autre chose que le produit décidé dans la fièvre du Noël soir, envoyé en urgence par vos ennemis de classe ! Il y a des marchés de Noël pour les fans. Il y a autre chose à faire comme cadeaux, des promenades, des invitations au resto, et même un petit billet peut être accepté pour cause de confinement.. Sans compter que tout le monde s’en accommode très bien.
    Quant au Coca, aux soupes en cartons au micro onde et aux bouilloires électriques.. cafetières itou et autres nuisances malsaines, je ne suis pas surprise outre mesure. Mais je trouve tout ça bien dommage, il y a des contradictions qui frisent la schizophrénie..
    Quand il s’agit de vote vous savez fort bien nous dire que si tout le monde faisait le petit geste qu’il faut et mettait son p’tit bulletin dans la nu-nurne on trouverait une sortie à la macronie, et vous dites avec vos pairs que les petits ruisseaux font les grosses rivières.. mais quand il s’agit du petit geste écolo alors là Haro sur le baudet ! Tout le monde est d’accord : ça ne sert à rien !!! Allons donc ..
    La bobo écolo elle trouve que votre ‘raisonnement’ ça arrange bien les beaufs ! Et la bobo elle vit avec 900€/mois, alors elle doit pas être trop bobo non plus.. Mais les beaufs, eux-elles, sont bien des beaufs ! Et d’ailleurs c’est ce qu’ils-elles disent hein ? : bof… !
    Et avant d’envoyer des insultes sur ces tristes EELV je précise que je n’en suis pas.. 😉 D’ailleurs ils n’aiment pas les écolos ils aiment les écologistes.. Ils ne voudraient pas de moi, et moi non plus donc tout va bien !
    Ce qui ne va pas c’est de voir un gars, un député, relativement écouté, arguer qu’il met ses bouquins sur Amazone pour que tout le monde y ait accès ! C’est quand même gonflé ! Moi je les ai achetés chez ma libraire vos livres : IL EST OÙ, LE BONHEUR et CHEZ BIG PHARMA !
    Mais les autres je les lirai quand ils seront au Secours Pop.. Ça laisse le temps.

  43. Cher député insoumis,
    C’est votre statut de député qui vous pousse à penser comme ça. Légiférer, etc. Et il ne faut négliger ce genre d’action. Mais nous, nous croyons aussi, malgré tout, aux gestes individuels. Un bon boycott comme le BDS sur les produits israéliens en provenance de Palestine, ça fait plaisir pour soi, pour sa conscience, bien sûr. Et ceci dans l’espoir de transformer la société…

  44. Michel CHENEBEAU

    Nous sommes effectivement tous pris dans nos contradictions. Il faut manifestement un rapport de force adéquat pour faire bouger les choses, mais les actions de grouppes n’empêchent pas à mon avis les actions individuelles. Comme pour toi François, c’est la cohérence qui compte, et tes propos le sont.
    Continues.

  45. Bonjour François RUFFIN, bonjour aux commentateur.e.s,

    Je ne crois pas qu’on s’en sortira en se stigmatisant les un.e.s les autres, @Martine Charrier : c’est pas en traitant les autres de bobos qu’on règlera cette question complexe soulevée par le billet de François. La moindre des choses à apprendre, face au rouleau compresseur ultra-libéral, c’est déjà de ne pas se tirer dans les pattes entre nous. Les « bobos », comme vous dites, ce sont aussi des gens qui luttent dans leur coin, et qui luttent autant pour vous que pour eux. D’une autre façon que vous, peut-être, d’un autre point de vue, peut-être. So what ? On peut ne pas être d’accord sur le boycott d’Amazon sans pour autant disqualifier celles et ceux qui le demandent.

    @François : oui, c’est difficile de slalomer entre ses convictions et les nécessités de la vie dans ce monde, qui n’a pas été fait par nous, qu’on subit et dans lequel il faut malgré tout exister – d’autant plus lorsqu’on a un message à délivrer. Si la présence sur Amazon de vos bouquins est nécessaire à leur bonne diffusion alors OK.

    Se souvenir aussi que les libraires qui se battent quotidiennement pour exister face à Amazon, font le max pour que les bouquins arrivent au plus vite chez vous. Alors c’est pas interdit de questionner son libraire, on peut être agréablement surpris.e par ce qu’ils ont mis en place pour nous faire avoir nos bouquins.

    Moi aussi – nous tou.te.s – nous consommons des aliments non vertueux parce qu’ils sont moins chers, nous tou.te.s faisons des efforts pour manger moins de viande mais un peu tout de même, pour ne pas entrer dans les circuits de l’hyper-conso.

    C’est sûr que pour manger total bio et circuit court, mieux vaut avoir un revenu confortable sinon ben, on va un peu à Lidl, quoi…

    La question, me semble-t-il, c’est pas tant de devoir se justifier de ceci ou cela : pour diffuser pensée et convictions, vos bouquins sont sur Amazon ? Très bien, c’est aussi une caisse de résonance.
    Que celleux qui sont « purs » jettent la première pierre (dans leur jardin 🙂

    L’équation ne peut pas pour autant se résoudre à geste individuel vs règles communes. Il faut lutter sur les deux fronts. Non, les gestes individuels ne sont pas inutiles, parce qu’en fait ils sont légion. Non, ils ne sont pas inutiles lorsqu’on les diffuse, lorsqu’on convainc autour de soi. Les gestes individuels peuvent s’assortir aussi de messages, de relais de pensée.

    Le combat pour que changent les règles, il est à tous les niveaux : lorsque le Réseau pour les Alternatives Forestières se dresse contre la filière bois (qui réduit la forêt à un espace agricole surmené où le turn-over d’arbres de gros rapport et de faible temps de croissance).

    Lorsque RAF se bat pour faire changer l’article 33 de la loi ASAP (Accélération de la Simplification de l’Action Administrative, fallait la trouver celle-là), ils font d’une somme de gestes individuels une lutte collective.

    Opposer l’un à l’autre serait stérile, disqualifier les gestes individuels n’est pas une bonne stratégie.

    On crève de ça, en France, de raisonner toujours en termes dichotomiques ou par oppositions entre… et…

    Apprenons le « co »- : coexister, coopérer, collaborer, collecter, co-construire… Après, si j’ai un.e « bobo » en face de moi, peut-être aller voir un peu derrière l’étiquette et savoir identifier ce qui nous rassemble dans la lutte plutôt que ce qui nous sépare dans nos pratiques.

    1. Je suis bien d’accord avec toi. Ne raisonnons pas en termes binaires, outrageusement simplificateurs, comme s’il n’y avait qu’une voie unique, qu’un chemin pour progresser. Ce qui ne veut pas dire que toutes les démarches aient la même efficacité ! 😉

    2. Bonjour,
      Il y a un point que je voudrais préciser dans votre commentaire : il n’est pas nécessaire d’avoir de gros moyens financiers pour manger bio et acheter les produits ménagers courants (lessive, vaisselle, entretien) à la biocoop du coin, par exemple. Je peux vous assurer du contraire. Je mange bio depuis très longtemps mais j’ai eu des revenus plus conséquents qu’aujourd’hui, il n’empêche qu’à présent avec une retraite minimum (900 € mensuels, pour être précise) je ne me sers qu’à la biocoop locale et au marché. Il m’arrive d’aller à Inter pour les croquettes de ma ma minette. J’achète de la viande sur le marché à des producteurs que je connais dont j’ai vu l’élevage, principalement du poulet, mais j’en mange peu. Et le poisson au poissonnier local qui m’assure d’une pêche relativement respectueuse. Je n’achète pas de plats cuisinés, j’ai le temps de cuisiner moi-même. J’entretiens le réseau local, des liens sociaux sympa, et ça fait du bien à tout le monde, parce que contribuer à ce système, on le fait suffisamment hélas avec GDF, EdF et les opérateurs internet, le carburant etc. Je ne vois pas pourquoi j’irais enrichir Jeff Besos qui envoie des fusées dans l’espace alors que ma libraire est modeste, vit en montagne et nous procure tous les bouquins disponibles dans des délais très acceptables. Et que sur le marché il y a 2 grands stands de livres d’occasion. En ce qui me concerne j’arrive même à économiser sans contrainte.
      Et l’on ne peut pas même me répondre que c’est du fait que je vis seule, car lorsque j’avais mes enfants avec moi, il y a eu une époque où nous avions des revenus proportionnellement équivalents. Donc ça n’est pas non plus une question de nombre de bouches à nourrir. On peut manger bio ! Avec un jardin et du temps c’est plus facile, mais on peut aussi sans.
      Bien à vous
      Andrée

  46. Dans cette nécessaire mise au point , vous précisez ne pas être un saint .Il est bon de le préciser à tous ceux qui vous prendraient pour un gourou ou pour un Dieu. Vos contradictions vous honorent car c’ est votre part d’ humanité .Les auréoles n’ existent que pour ceux qui ne tolèrent aucune discussion , ne souffrent d’ aucune opposition car leur parole serait « divine ». Nul chef de parti ne doit se prévaloir d’ être irréprochable et détenteur de la vérité . Le Peuple est là aussi pour remettre en question leurs certitudes.
    Dans une vraie démocratie, vous n’ êtes pas « le messie » , vous essayez de répondre aux besoins des gens pour une meilleure vie avec eux , pour eux. C’ est bien là l’ essentiel .
    Il n’ y a pas de disciples partisans bornés mais des participants ouverts à une meilleure répartition des richesses , pour le bien de l’ Humanité. Votre œuvre sera la notre sans autre exigence que notre bien commun. C’ est une erreur de se détourner de l’ essentiel et ériger des principes de vie qui à l’ excès pourrait reproduire des procès sous forme de tribunal populaire.
    Je vous soutiens donc Monsieur Ruffin malgré vos défauts (et bien hypocrite celui qui dirait qu’ il n’ en a pas) tant que vos combats seront les miens bien sûr.

  47. Mon cher François ton choix d’Amazon pour publier tes bouquins est une faute que tu le veuilles ou non…. Le boycott est un choix de combat complémentaire à toutes les autres luttes…. Il ne doit pas être vilipender et surtout la raison que tu évoques n’est pas très sérieuse… De nombreuses plateformes proposent de le faire et tu as le choix de participer comme nous au boycott… On attendait de ta part une autre position sur le boycott…. Les palestiniens pourraient
    t’en parler et te justifier que cela fait partie entière de leur lutte contre l’occupant…

  48. Gwenaëlle Baudoin

    Bonjour François,

    Je me permets de te répondre car j’ai eu une discussion assez vive avec des collègues la semaine dernière sur cette même question d’Amazon.
    Je suis tout à fait d’accord sur le fait que le changement de paradigme doit se faire au niveau politique, national et international. Que c’est la loi qui encadre et fait changer les choses à grande échelle.

    Par contre, je ne suis pas d’accord avec l’abandon de la lutte au niveau individuel. Oui, le politique ne fait pas son boulot. Non, ce n’est pas une raison pour ne rien tenter de notre côté pour faire autrement. Car c’est aussi par l’impulsion des citoyens que le politique évolue. Et si on ne commence pas à se poser des questions et à entamer la transition au niveau individuel, comment savoir si le politique ira dans la « bonne » direction ?

    Alors, non pour essayer de réduire les « taches », mais pour porter à connaissance des solutions autres sur des questions que tu abordes :
    – passer chez Enercoop plutôt que rester chez EDF, c’est financer concrètement de nouvelles centrales de production d’énergies renouvelables et citoyennes,
    – passer au Fairphone, c’est acheter un smartphone équitable (autant que possible, étant donné les matériaux utilisés) et réparable à la maison (avec un seul petit tournevis),
    – acheter français, équitable, recyclé et/ou zéro déchets en ligne, c’est possible sur https://dreamact.eu/fr/

    Les riches ont un impact (beaucoup !) plus grand que les pauvres sur l’environnement, on est d’accord. Le changement de mode de vie pour diminuer son impact environnemental n’est pas (du tout) possible dans les mêmes proportions pour tous, on est d’accord. Tout faire peser sur le citoyen-consommateur en niant la responsabilité collective et politique, c’est parfaitement dégueulasse. Mais refuser l’information et la sensibilisation sur l’impact de nos modes de vie et de consommation sur l’environnement, je ne suis pas d’accord. Car sans informations, sans compréhension des liens de cause à effet, des chaînes de conséquences, on se prive d’armes intellectuelles, y compris sur les comportements iniques des plus riches et de nos dirigeants.

    Alors, bien évidement, continue d’informer par tous les canaux à disposition, utilisé tous les outils à porter de main pour porter une parole différente car ce sont des outils de communication au plus grand nombre. Quant à la consommation, pour moi, il est essentiel d’avoir conscience de ce qu’il y a derrière ce que l’on l’achète. Car si c’est culpabilisant, c’est le prix à payer pour comprendre le monde.

    Signé : une animatrice environnement et développement durable qui est pour culpabiliser les riches et informer les pauvres

  49. Très cher Ruffin, faisons casquer Amazon!!
    Merci de demander a Bruno Le Maire de prélever l’impôt que Amazon ne paie sur chaque achat.
    J’ai acheté pour 38€ + 5€ de livraison = 43€. Quand je paie en ligne avec ma carte bancaire, la banque ajoute 31% que devrait payer Amazon soit 13,33€ que la banque transfère au Trésor Public sur le compte « amazonevasionfiscale » avec la référence que la banque m’a attribuée pour mon paiement en ligne.

    1. Cette idée est totalement …GÉNIALE !
      Une belle façon de lutter contre la concentration des richesses afin de remettre l’argent où il fait besoin.
      Bon, il faudrait pour cela que les états aient envie de reprendre le pouvoir aux multinationales.

    2. Très bien ça ! C’est quelle banque qui fait ça ? Le crédit coopératif de la Nef ? Ou bien une autre ?
      C’est vous qui avez demandé à ce qu’apparaisse le montant de l’impôt sur ce qui ers réglé à Amazone ?
      Merci pour votre réponse.

  50. J’ai apprécié ce mot. Il est sincère et cohérent. Mais je ne suis pas d’accord avec tout. Oui, nous sommes tous pris dans des contradictions. Et parfois, nos petits gestes servent surtout à nous donner une bonne conscience à peu de frais. Et ces gestes sont les premiers récupérés par le commerce, avec le greenwashing, le téléthon, les aliments invendus (qui sont assurés et défiscalisés) refilés aux associations, par exemple.
    Mais parfois, ils ont un sens, souvent non reconnu : c’est le cas du boycott, toujours dénigré au départ, mais qui peut avoir de l’effet. Ou de faire ses achats au marché ou auprès de producteurs locaux. Il y a une idée de coopération, de partenariat avec la lutte. Et aussi : le pouvoir ne se renverse pas uniquement aux élections. Et il faut bien des luttes, pour que la « conscience » (pas la bonne conscience) des gens évolue, et ainsi le rapport de forces.

  51. Merci François Ruffin !
    D’abord pour cette franchise et ce développement.
    Et puis merci aussi parce que d’un coup, à la lecture de ce texte, je me sens moins coupable de mes comportements de consommateur.
    Je ne bois pas de Coca, je m’interdis de commander quoique ce soit sur Amazon, mais à côté de ça mes achats alimentaires, vestimentaires, mon ordi, le carburant qui me sert à me déplacer, toutes ces choses auxquelles on ne peut échapper – sauf à devenir, comme vous le dites, un ermite – pesaient sur ma conscience.
    Moins maintenant.
    Donc merci !
    Et merci pour tout le reste, mais là ça serait trop long et hors sujet.

  52. Bravo tout d’abord à toutes celles et tous ceux qui essaient de mettre en rapport leurs gestes et comportements individuels avec leurs valeurs, leurs revendications. Etre aussi cohérent que possible à l’échelle individuelle entre ses propres actes et ses revendications, c’est quand même pas mal !
    Simultanément, je suis complètement d’accord avec François. Ce sont les règles communes, collectives que nous nous donnons, qui sont ou seront les plus efficaces pour faire changer massivement, et de façon plus juste, nos pratiques, notre empreinte climatique, etc.
    La fiscalité est notamment un outil potentiellement puissant.
    Pour conclure, je pense qu’il ne faut surtout pas opposer les choix individuels de sobriété, responsabilité .. et les revendications, les luttes pour obtenir de nouvelles règles partagées, plus justes socialement, plus responsables écologiquement. En revanche, il me semble justifié de dénoncer le discours de celles ou ceux qui voudraient nous faire croire que c’est au consommateur que revient l’entièreté de la responsabilité de façonner notre avenir.
    Bonne soirée !
    Thierry

  53. Bonsoir,
    Je devine que les mails son triés tant ils vont tous dans le même sens… bravo François ! Et bien moi, je ne suis pas contente de votre position, je trouve ce billet bien triste et son effet, sur tous ceux qui se cherchent sans cesse un prétexte pour ne rien faire, dévastateur. On entend, en lisant les commentaires, que vous en avez libéré pas mal de leur culpabilité… Je ne trouve pas ça excessivement positif-« si même Ruffin n’est pas cohérent, alors roule en voiture Simone, Amazon, Carrefour, nous revoilà ! »… EVIDEMMENT que le mieux c’est des lois pour tous, mais ça ne s’oppose pas au içi et maintenant, place aux alternatives !!! il faut qu’elles existent, qu’elles soient soutenues, promues, qu’elles fassent envie ! Alors, non je ne vais pas à Carrefour (je suis instit, j’ai les moyens, c’est un fait ! mais par ailleurs je n’ai pas de bagnole, ni d’équipements techno très coûteux…), non je n’achète pas, je n’acheterai jamais sur Amazon. Oui je suis dans une amap, je paye mon électricité à enercoop, je ne chauffe que très peu ma maison, je ne voyage qu’en train et en vélo et ce n’est pas une vie atroce, et ce n’est pas une vie de bobo-elle n’est pas très confortable-, et je vote france insoumise, je veux les deux, je veux des gens admirables, qui gagnent en cohérence, et je veux des lois. Mais je ne connais pas ce plaisir de reconnaître, avec un petit clin d’oeil complice que « j’ai des tâches, je profite d’amazon et je fais mes courses à carrefour en achetant de produits industriels de merde, comme vous les amis, et c’est pas si grave, c’est pas not’faute, on changera quand tout changera !… » mais on sera juste tous morts du réchauffement ! dans une mare crado de coca. J’étais fan, je suis déçue. Juste pour vous dire que je suis militante climatique à ANV-COP21, je ne sais pas si je suis représentative mais j’ai été touchée au coeur par ce que je considère comme une vile lâcheté. Merci pour le reste. Cordialement.

  54. Pour ma part, tout en étant dans un monde qui me contraint à beaucoup de choses ni socialement justes ni écologiques, je trouve juste pertinent de faire ce que je peux à chaque que je le peux pour avoir une consommation un peu plus vertueuse, car je ne crois pas qu’il y a les ‘petits gestes’ d’un côté, et les grandes actions politiques de l’autre. Les petits gestes engagent, c’est un état d’esprit, une prolongation concrête de nos prises de conscience, de nos révoltes. Je fais de la politique en militant et en votant, je fais aussi de la politique en achetant mes bouquins ailleurs que sur Amazon, en choisissant mes légumes bios cultivés par des petits producteurs locaux avec qui je cause sur le marché, en me fournissant en éléctricité renouvelable Enercoop et si je la paye un peu plus cher j’évite à côté de cela des dépenses inutiles et je mets un gilet plutôt que de monter le chauffage. Je suis de tout coeur solidaire avec tous ceux qui ont des tout petits moyens, et je crois au fait qu’ils comprennent autant que les gens plus aisés pourquoi le Coca c’est de la merde quand on le leur explique . Nous avons bien sûr tous des contradictions et j’en ai aussi, mais j’aime bien aussi avoir une certaine cohérence dans ma vie de tous les jours, d’autant que si l’électeur a le pouvoir des urnes, le consommateur a celui du porte monnaie, et comme disait Coluche « et dire que si on n’achetait pas certaines choses ça ne se vendrait pas »… Je crois surtout qu’à côté des grands changements, il y a des ‘transformations silencieuses’ qui passent par le quotidien et que celles ci amènent aux premiers tout autant que l’inverse. N’opposons pas, ne clivons pas des démarches qui ont tout à faire ensemble. Bien cordialement.

  55. Bonjour,
    merci pour cette honnêteté.
    J’aurais envie de réabiliter la stratégie du « caddy » en complément de la stratégie des urnes. Pour moi, on a besoin de toutes ces approches en parallèle, elles sont complémentaires pour défendre un monde qui respecte nos valeurs.

    La manière dont on « consomme » me semble avoir une influence aussi importante qu’un vote : au-delà de la notion de consom’acteur (quand j’achète « mieux », je maîtrise l’impact écologique ou social immédiat du produit que j’achète), je pense qu’on est tous de facto des consom’électeurs : chaque euro dépensé est une forme de vote monnétaire pour une entreprise, un filière, un secteur économique qui correspond ou pas à nos valeurs. Avec tous ces votes monnétaires, ces organisations gagnent un poids économique, une part plus importante dans le PIB et dans l’emploi national. Et du coup, quelles que soient les personnes qu’on a élues avec nos votes papier dans l’urne, elles se retrouvent, lorsqu’elles proposent des lois, avec ses lobbies en face, lobbies à qui on a donné plus de pouvoir économique, qui leur disent « attention, vous aller réduire le PIB, vous allez nous faire perdre des milliards de bénéfices et détruire des centaines ou milliers d’emplois dans notre branche », et ça un.e élu.e quell.le qu’il.elle soit, ça compte pour lui.

    Si je vote dans les urnes je ne suis qu’une voix sur 60 millions de français. Si je vote avec mes achats je suis tout autant une voix parmi 60 millions (avec des gens plus ou moins égaux que les autres en fonction de leur niveau de revenus).
    Si tous les français boycottent amazon, les grands centres commerciaux et n’achètent plus que dans les petits commerces, le lobby des petits commerces va avoir un poids phénoménal par rapport aux lobbies d’amazon et des grands centres commerciaux et les gouvernants et députés auront un boulevard pour passer des lois en faveur des petits commerces.

    Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit, bien sûr, chacun fait ce qu’il peut en fonction de ses revenus et moyens. Mais la stratégie du consom’électeur n’est pas à négliger à mon sens en plus de la stratégie des urnes. Et quand on fait grève, on perd aussi financièrement, c’est un choix engageant dans les 2 cas.

    (j’avais publié un commentaire plus détaillé cet après-midi que je ne retrouve plus : un bug ?)

  56. Bonjour François
    Je crois aux gestes individuels de me rendre en librairie plutôt que de l’acheter sur une plateforme internet … Le droit évolue avec les faits de société et ce n’est pas en continuant à consommer comme on le fait que le modèle changera … Je ne vois plus de coca, je ne vais plus chez Mac do, je roule a velo, j ai un fournisseur d’énergie verte, et je crois a une consommation citoyenne. Les luttes dont tu parles sont acquises mais a une autre époque les moyens de lutte ont changé et passent justement par la consommation qu elle soit culturelle, sportive … Que l’on cesse de nous prendre seulement pour des consommateurs mais des consomm’acteurs …

  57. do Paço Véronique

    Bonjour Monsieur Ruffin,
    Ca ne va pas être facile de faire participer Amazon, mais c’est bien cela qu’il faut faire. Bien sûr le boycott, c’est pas mal, sauf pour les travailleurs d’Amazon. En même temps, ils ne gagnent pas tant que ça. Et il n’y a plus de travail, en ce moment. Presque plus.
    Alors pour l’instant, évidemment… Merci pour vos explications et votre combat.

  58. Bonjour,
    qu’un auteur vende ses livres partout où il le peut, c’est assez compréhensible. Mais pour ma part je n’achète ni à Amazone ni à la Fnac. Plutôt à des librairies moins connues , en ligne ou non, qui fermeront si comme de gentils moutons nous allons tous brouter au même endroit. Quand les gros auront éliminé les petits, la librairie industrielle aura gagné et, comme pour l’agriculture industrielle, ce sera la fin de la diversité et un danger pour la liberté et la créativité.
    Alors oui je boycotte. En attendant mieux.

  59. Je suis celle qui boycot à tour de bras . C’est ma lutte , avec mon âge et ma trouiardise. Aucun combat n’est nul . Je ne suis pas une sainte non plus . Je vais au supermarket du coin , km , et peu de moyen , je suis » pauvre  » . entre guillemets car il y a plus pauvres , ici et ailleurs . Pour l’instant si on gère , et avec un peu de chance , ça va . De plus la pauvreté est la condition du partage . Donc pas de problème . Pourquoi exclure des combats ? faut-il que ça saigne ? Le combat de Ruffin est , soit . Mais nous , devons nous nous contenter des manifs même pas sympa dans mon coin ? Non . Agir permet de ne pas oublier , c’est un lien constant . Acheter c’est voter . Et marre des critiques méprisantes pour ceux qui font autrement . Écolo , anarchiste qui vote …et agit en sa conscience ,je suis .Banque , alimentation , énergie , y’a tant à faire . consom’actrice .

  60. Alors là cher François Ruffin, je ne partage pas votre opinion, je vous rappel que il y a de nombreuses années , contre l’apartheid en afrique du sud le boycott des oranges ouspan, a eu un grand impact. Il y a un appel de l’AFPS pour le boycott des produits des colonies israéliennes, il faut voir comment le gouvernement israélien s’y oppose pour comprendre que cette action est importante. Voilà je n’achéterais vos livres ni aucun sur cette plateforme. Il est possible d’acheter dans une libraire par internet

  61. DANIEL FAILLET - Ain

    Alors, François ? Est-ce à dire que tu ne prendras pas part à l’action d’ATTAC contre Amazon ? « C’est dommage !!!!! On est nombreux, tu sais ; peut-être plus que tes soutiens, dont je suis.
    Tu évoques « Fakir », j’y suis abonné depuis bien des années.
    Tu ne vas quand même pas profiter du fameux « black friday ?! Y’a des limites !
    Je partage en tous points l’avis d’Andrée (un peu plus haut)

  62. Merci à Carmen, Heidi, Stéphanoise, Andrée et Bertrand (tant de femmes! Est-ce un signe?) pour le poil à gratter et les propositions alternatives.
    Je viens de regarder le documentaire « Thanatos, l’ultime passage » et cela conforte ma réflexion et mon parcours de plusieurs décennies: il nous faut rapidement sortir de l’esprit de séparativité qui nous fait nous opposer et nous cliver, et arriver à penser notre vie différemment. Le fait que certains soient (gravement) malades [je parle ici des psychopathes qui gouvernent par et pour l’argent] n’est – hypothèse – que le symptôme d’une maladie sociale d’ordre spirituel (cf. l’entretien du Dr Louis Fouché avec Mr Moine) qui nous affecte tous à des degrés divers et dont la cause ultime est selon toute probabilité cette passion de la séparation, du cloisonnement, du manichéisme mal compris (Mani enseignait tout autre chose que ce qu’on a fait de son enseignement). Lutter (contre soi-même) pour élargir son horizon de conscience et essayer de partager avec d’autres ce qui en a résulté dans sa propre vie, juste pour le plaisir et l’offrande, me paraît juste et harmonieux, en phase avec les lois de la vie, infiniment plus que des prescriptions de comportement, quel qu’il soit, ou l’encensement de ce qui est conforme à sa propre vision du monde.

  63. Tu dis « J’ai mes zones d’ombre, mes tares, mes défauts énormes. »
    MAIS PAS DU TOUT !
    Tu es juste comme tout le monde.
    Qui, ici, peut se prévaloir de creuser ses sources pour amener l’eau à son robinet, avoir des capteurs solaires pour son eau chaude, photo voltaïques pour alimenter son ordinateur et toutes ses prises électriques, brûler les bouses de sa vache pour cuire ses aliments, jardiner tous ses légumes, bref être autonome du système global ? Mais personne. Tu es donc un député normal, ordinaire, comme tout le monde, populaire ! Tu représentes les gens d’aujourd’hui et contrairement à beaucoup d’autres, tu ne fais pas des « voyages » à toutes les vacances scolaires. Tu es plutôt bien situé.

    Aux gens : on peut commander ses livres en librairie ou directement chez certains éditeurs. La Brèche, Le temps des cerises, EPM, la boutique militante, Robin des bois, Reporterre, les Mutins de Pangée, Fakir…

  64. Oui, nous avons chacun·e nos zones d’ombres. N »est-ce pas ça « être humain » ?
    Oui, c’est compliqué de rester cohérent d’un bout à l’autre dans un monde de folie.
    Tu vends tes livres via Amazon, ok, c’est ton choix et tu le justifies.
    Je fais néanmoins une grosse différence entre « culpabiliser les gens qui achètent là où ils peuvent » et « demander à une personne qui vend son produit de faire attention à son circuit de distribution ».
    A la différence de l’auteur auto-édité ou de la petite maison d’édition, il me semble que tu as suffisamment de notoriété pour faire connaître ton livre sans Amazon.
    Que ton livre soit ou pas sur Amazon, la personne qui le cherche saura sans problème le trouver. Ce n’est pas Amazon qui lui aura fait connaître mais la télé, la radio, un article ou des amis.
    Entre temps, chaque livre vendu par Amazon, c’est environ 35 % du prix qui n’ira pas à un libraire.
    Pour le reste, je ne peux qu’être d’accord avec toi. Merci pour ces combats que tu mènes et ceux que tu mets en lumière. Merci d’être celui que tu es.

  65. Bonjour,
    Merci pour cette explication et cette transparence. Je comprends que tenter de faire avancer ses idéaux par un livre sans passer par Amazon aujourd’hui c’est un peu comme chercher à grimper l’Everest en gardant un pied nu : ça ne va pas être très efficace.

    Je rejoins également sur le fait que les « luttes [et les] lois » sont utiles pour faire advenir un monde respectant certaines valeurs. J’aimerais ajouter que, pour moi, les « boycotts, [et] le caddy du consommateur » sont des stratégies complémentaires. Ne pas les utiliser c’est aussi garder un pied nu dans la montée de l’Everest.
    Pour moi, le pouvoir du caddy, ce n’est pas que le pouvoir du consom’acteur (au sens de peser sur l’offre du marché et l’impact environnement de ma consommation), mais aussi un pouvoir de « consom’électeur » : pour moi, les achats, c’est comme un vote, on donne nos bulletins monnétaires à une entreprise, une filières, un secteur économique qui ensuite vont voir nos élu.e.s avec ces votes (on appelle ça « poids économique », « PIB », « chiffre d’affaire », « nombre d’emplois », etc.) pour influencer (fortement ?) les lois qu’ils écrivent. j’aurais beau avoir voté pour qui que ce soit avec mon bulletin papier dans l’urne une fois tous les 5 ou 6 ans, si tous les jours je vote différement avec mes sous par mes achats, la/le politique que j’ai élu va être bien embêté quand il voudra passer ses lois et qu’en fasse mes autres élu.e.s monnétaires vont lui dire « vous n’y pensez pas, risque de crise économique, de récession, de chute de PIB, de perte de 10 miliards de chiffre d’affaire dans notre branche, de suppression de 1 000 emplois, etc. ».

    Le vote par les achats est aussi plus engageant que le vote dans l’urne : dans cette dernière je peux voter pour un.e candidat.e qui veut faire des réformes sociales, écologiques, etc. puis après l’élection, aller râler contre les contraintes que cette politique peut générer. Le consom’électeur, lui, fait des choix plus engageant : il est obligé d’assumer par son porte monnaie ses choix. On n’est plus dans le sondage d’opinion « 80 % des français disent être prêts à acheter des produits français même si un peu plus cher » (alors qu’ils ne le font sans doute pas en pratique), on est dans le condret. Il y a un engagement personnel comme dans une grève où on perd un jour de salaire pour défendre ses idées.

    Bref, votons pour les entreprises qui portent nos valeurs autant que faire ce peut. Bien sûr, dans la limite de nos moyens, chacun fait ce qu’il peut ! (comme pour les grèves).

    Un gouvernement, un député, ne sera-t-il pas plus à l’aise pour passer des lois :
    – de protection des entreprises nationales si un peu plus de consom’électeurs votaient pour elles dans leurs achats et un peu moins pour les importateurs ?
    – d’indépendance de la presse si un peu plus de consom’électeurs votaient pour des journaux indépendants par leurs abonnements ?
    – de protection des droits sociaux si un peu plus de cosom’électeurs votaient pour des entreprises avancées sur le sujet ?
    – de développement de la mobilité douce si un peu plus de consom’électeurs votaient pour le vélo, la marche, les transports en commun plutôt que la voiture ?

    Ne nous privons pas de cette stratégie pour pousser nos valeurs, ceux qui les combattent et qui ont déjà de gros moyens financier ne se privent pas d’utiliser leur force de frappe financière (et en plus ils peuvent défiscaliser les dons à certains organismes !).

    Toutes les stratégies sont bienvenues.

    Est-ce que vendre vos livres sur Amazon nuit à la cause plutôt que de l’aider ? Je ne pense pas que ça lui nuise. Si quelqu’un achète votre libre sur Amazon car dur de faire autrement, tant pis, je ne vais pas dire non plus que ça nuit à la cause. Par contre, tous ceux qui pourront l’acheter dans une petite librairie auront fait 2 coups en un : participer à la diffusion de ces idées + soutenir un libraire et son poids/pouvoir économique.

  66. bon, Mélenchon n’était pas ma tasse de thé ( je le trouvai trop tribun) mais voilà que force est de constater qu’il est bien entouré et qu’il y a un réel cerveau collectif du côté de la FI.

    Force est de constater que le pouvoir en place et ses alliés médiatiques utilisent des techniques de marketing pour discréditer l’opposition, tentant à travers la construction d’une mauvaise image d’influencer le vote des citoyens.
    Cela va des députés qui font des grimaces de réprobation , voir d’intimidation , lors des interventions des députés , à l’absence de droit de réponses avalent orchestré . En effet , le discrédit de l’image semble un but fort recherché et techniquement travaillé.
    Pour exemple , l’émission de Yan Barthes subventionnée par TF1 , qui ne se présente pas comme temps de parole politique mais comme émission humoristique .
    Force est de constatée que la technique du harcèlement qui détruit tant de jeunes y est pratiquée sans retenue , avec son «  tous les soirs «  de Mélenchon.
    Toujours la même vanne , pendant des mois . Où s’arrête l’humour et où commence la violence ?. Les ados harceleurs trouvent dans ces djingles innocents de quoi justifier leurs comportements.

    1. Le correcteur automatique a mis «  avalent «  au lieu de «  savamment « 😊.
      C’est pas si faux dans le sens où l’on se nourrit d’informations et que propagande et marketing consistent à faire avaler n’importe quoi.

  67. Gallienne Florence

    Ah c’est pas le moment d’aller faire ses courses chez Carrefour Mr. Ruffin ! Après ce que leur service de sécurité à fait subir à un homme de couleur au Brésil, même Que le pauvre n’a plus pu retrouver sa vie. La population est même descendue dans la rue, scandalisée par cet acte qui n’etait apparemment pas le premier.
    Trêve de plaisanterie, et cela n’en ai pas une, par respect pour la vie humaine, Il fait de moins en moins bon d’aller s’accoquiner avec ces géants, qu’ils se nomment Carrefour, Amazon ou autres. Ne trouvez-vous pas, Mr. Ruffin?

  68. Sauf que …:
    Depuis 50 ans que je milite …j’en ai écouté des militants qui développaient ces analyses ….que je partage.
    Mais 50 ans après on voit où l’on en est …pas de quoi se gonfler les chevilles sur notre efficacité !
    IL NY A PAS DE DIFFERENCE , à revenus identiques , entre les militants de gauche et les blaireaux de droite, QUAND A NOTRE MODE DE VIE !! ( et je prends ma part ).
    Continuer le combat des idées, …bien sûr,…. mais de toute évidence, ce n’est pas suffisant …et il va bien falloir que l’on se « mouille les fesses » à titre individuel …!!

  69. Faute avouée à moitié pardonnée ? Personne n’est parfait, même pas moi, mais respect pour votre franchise. Pour tout le reste, je vous ai déjà gratifié de louanges des centaines fois…
    J’ai signé la pétition avant le piratage « parce qu’il y a d’autres solutions » !
    Pourtant, comme beaucoup de gens, j’ai cédé à la facilité (surtout quand on habite dans la pampa !) et j’avais commandé quelques bricoles (cartouches d’encre, vêtements, linge de maison…) mais « ça c’était avant »… depuis que je sais, c’est fini !
    D’ailleurs, en cherchant (en comparant) j’ai souvent trouvé les mêmes produits, au même prix, voire moins chers… ailleurs !!! Bien sur (et hélas) il faut du temps, mais bon sang, la plupart des produits vendus (contrairement à l’alimentation et la santé) n’ont aucun caractère d’urgence « vitale » !
    Bientôt les livraisons dans l’heure par des drones ?
    « C’est par des luttes et des lois et non par des boycotts, par le caddy du consommateur, qu’on obtiendra des avancées sociales, fiscales, environnementales. »… L’un n’empêche pas l’autre ! Pourquoi il n’y aurait pas complémentarité ?
    « Si tout le monde faisait le petit geste qu’il faut… « , « les petits ruisseaux sont les grandes rivières… » Les comportements individuels peuvent déteindre sur le collectif et vice versa.
    Comme disait Coluche « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas ! « . Alors, tant pis si on se moque de moi, si on me traite de « bobo écolo », je boycotte autant que je peux (dans la limite de mes moyens financiers et possibilités locales) non « pas dans l’espoir de transformer la société » mais d’y apporter ma modeste contribution… faute de pouvoir entrainer un collectif ou de participer, concrètement, au niveau des lois !
    Juste une banale « citoyenne », comme des millions, qu’on ne courtise QUE lorsqu’il s’agit de mettre un bout de papier dans une boite…

  70. 2 fois non publié
    bravo la modération ….
    seule la langue de bois « de gauche » peut être entendue …
    ça fait pas rêver … ..
    j’irai pas jusqu’à dire que cela rappelle de sombres heures …mais ça y fait penser

    1. Relisez TOUS les commentaires et vous trouverez les vôtres. Merci de ne pas crier avant d’avoir fait le moindre effort.

  71. François, vous êtes un héros.
    D’autres que moi sauront mieux que moi dire pourquoi ce texte est si parfait.

    Juste. Merci.

  72. DANIEL FAILLET - Ain

    Alors ?! Même ici, la censure sévit ?!
    Mon commentaire a été … oublié ?!
    Celui-ci le sera sans doute aussi. Décevant.
    Le montant de mon abonnement à Fakir (dix ans, déjà) … je vais peut-être le transposer à ATTAC, ça me fera un deuxième abonnement chez ceux qui boycottent AMAZON et que je soutiens aussi depuis plus de dix ans.

      1. au modérateur « chien de garde » (voir le film de Carles)
        il a fallu que j’envoie un mel à …communication@ruffin-depute.fr … pour que mon texte ré-apparaise …!!
        si si si
        Par contre pour faire plus vrai , du coup, vous avez même mis mon texte de protestation !! ce qui me fait passer pour un parano ….
        ce que vous gagnez en intelligence et respect de l’avis d’autrui vous le perdez en perversité !!
        ça fait fait toujours pas rêver …

  73. Quelle déception …

    Il faut être cohérent …

    Le combat n’est plus crédible …

    Dommage, j’aimais beaucoup Mr Ruffin

  74. … plein de gnocchis, de crèmes dessert, de brioches, de soupes en briques, et tu gardes la ligne malgré toutes ces saloperies ? Tu es toujours MON HÉROS.

  75. Parmi les ventes de tes bouquins, quel pourcentage provient d’Amazon ? Ce serait intéressant de voir la proportion de gens qui sont dans la dissonance cognitive car personne n’est obligé d’acheter tes livres sur Amazon. Ceux qui le font, c’est de leur plein gré. Aussi bien, ton stock sur Amazon pourrait y rester sans jamais sortir des entrepôts…

  76. Non. Tant qu un produit est en vente sur Amazon, les commentaires continuent appara tre. Cependant, nous supprimons les commentaires qui vont l encontre de nos instructions. Les acheteurs peuvent galement retirer leurs propres commentaires.

  77. Laurent Pagnier

    Bonjour M. Ruffin,
    Intéressante prise de position et difficile exercice d’assumer ses actions. Plusieurs questions me viennent :

    1 Vous vous placer en même temps du côté du producteur (celui qui vend un livre) que de celui du consommateur (celui qui achète). Ne pensez-vous pas que cela porte à confusion ? D’un côté vous chercher des débouchés pour votre livre qui permettraient de toucher un large public. Pourquoi pas. Mais côté consommation, pourquoi porter l’attention sur Amazon ?

    2 Je souscris au fait que faire plier Amazon à des impératifs éthiques (en terme d’écologie, de fiscalité, de droit du travail…) il faudra en passer par la loi, donc par l’action commune. Mais Amazon est loin d’être le seul à vendre livres par internet, donc à permettre à toute personne éloignée d’une librairie de se procurer des livres. Il me semble que les librairies indépendantes mettent au point des sites collaboratifs, de véritable portail donnant accès à leurs fonds (librairiesindépendantes.fr ; librest ; chez-mon-libraire…). Il y a également les bibliothèques municipales… La volonté d’Amazon est d’écraser toutes concurence et d’être le point de vente unique de tout. Ne croyez-vous pas qu’il faille un miminum de résistance consumériste à cela ? Quand est-ce qu’une action collective pourra renverser la donne ?

    3 N’est-ce pas plutôt parce que les gens vous aurons vu à la télé qu’ils voudront acheter vos livres ?

    4 Quand vous écrivez qu’on trouve vos ouvrages dans des Relais, vous pensez bien aux « Relay » ?

    Pour les gnocchis, les vêtements et autres, je vous l’accorde, il faut faire un certain effort pour consommer local et éthique. Mais il y a un élan dans ce sens, notons-le et profitons-en !

  78. C’est un point compliqué et votre réponse est compliquée dans le sens où elle met en avant plusieurs raisons qui semblent se contredire. Il me semble que ce n’est pas parce que dans 99% des cas, nous baignons dans des compromis quasiment inévitables avec le capitalisme qu’il faut s’interdire de refuser le compromis sur le 1% restant. Ca n’est pas une recherche de pureté, simplement il n’y a pas qu’une seule recette pour changer le monde, il ne faut pas s’interdire, de manière pragmatique ou tactique, d’aller dans telle ou telle direction, même si on y est seul, au prétexte que ce serait inefficace. Qui sait ? Cordialement,

  79. Merci François pour ce point de vue très riche, comme d’habitude. J’adore ;o) ! On apprend à réfléchir avec vous et ça fait du bien.
    Globalement, je comprends et j’adhère à la réflexion.
    Le seul point sur lequel je ne suis pas tout à fait d’accord, c’est sur ça : « Voilà pourquoi je ne crois pas aux gestes individuels. On peut les faire, parfois on le doit : pour soi, pour sa conscience. Mais pas dans l’espoir de transformer la société. ».
    OK je suis sûrement une incorrigible optimiste : je crois que l’océan est rempli de gouttes d’eau ;o) ! Alors je m’efforce de faire ma part et oui je boycotte Amazon, au moins jusqu’à ce qu’ils payent leurs impôts en France et là, on se rejoint à fond pour obtenir les lois qui vont bien ! Je pense que nos caddies peuvent aider à changer ça ! Un peu comme le bio qui a débarqué dans le grandes surfaces (c’est sûrement pas l’écologie qui les guide ;o, !). J’espère que le fait de fonctionner en changeant ce que je peux à mon niveau (fingues, élec et autres..) et en le partageant tout autour de moi pourra faire tâche d’huile et de ce que j’en vois, ça fonctionne un peu (j’ai pas dis raz de marée !!). Si on va dans la même direction ensemble, c’est sûr, à la fin, c’est nous qu’on va gagner ;o) !
    Merci à vous et vive le gris !!

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