Faire de Julian Assange un citoyen d’honneur ?

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Hier à Paris, je rencontrais Stella Moris, la compagne de Julian Assange. Alors qu'il risque jusqu'à 175 années de prison aux Etats-Unis, la France se tait. Plutôt que de le faire citoyen d'honneur...

Hier soir, à Paris, je rencontrais Stella Morris, la compagne de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, en prison en Grande-Bretagne, qui risque l’extradition aux Etats-Unis, et jusqu’à 175 années d’enfermement.
Quel est son crime, pour rappel ?

Il a notamment révélé que les Etats-Unis, la CIA, ont espionné trois de nos présidents : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande. Que deux ministres de l’Economie, François Baroin et Pierre Moscovici, ont fait l’objet, également, d’espionnage économique. Et les grandes firmes tricolores avec eux.

Je veux dire, d’emblée, ma première motivation, dans ce dossier : elle est patriotique. Elle est de souveraineté nationale. Comment comprendre, déjà, que la France ait réagi aussi faiblement, aussi timidement, face à Washington ?

Julian Assange : la France se tait

Mais voilà que, depuis onze ans, plutôt que de faire amende honorable, plutôt que de présenter des excuses à leurs alliés, les dirigeants américains veulent punir le journaliste qui a rendu public leurs méfaits ! Qui nous a rendu service !

Et nous, depuis Paris, nous regardons faire, sans agir, sans intervenir. Nous n’apportons aucun secours à notre ami, presque gênés. Notre chef de l’Etat, notre gouvernement, devraient protester. Ne serait-ce que par décence vis-à-vis de nous-mêmes, pour n’être pas d’éternelles carpettes.

Ma seconde motivation va de soi : elle découle des Droits de l’Homme, « la France pays des », en défense de la libre expression. Comment ne pas voir en Julian Assange, dans sa Bastille anglaise, une nouvelle victime des « lettres de cachet » ?

« En Allemagne, nous a appris Stella Morris, un groupe interparlementaire s’est constitué pour soutenir le cas de Julian Assange. Avec des députés de droite, de gauche, du centre, des verts… Et ça a pesé pour que le gouvernement se prononce, sorte de son silence. Vous pourriez en faire de même en France.

– Ca ne me pose bien sûr aucun souci. On pourrait commencer par une proposition de résolution, avec derrière une conférence de presse. Mais on demanderait quoi ?

– Il faut demander à Biden d’abandonner les poursuites. Obama n’avait pas poursuivi Assange, parce que ça aurait créé un précédent, d’un journaliste attaqué. Mais Trump l’a poursuivi, justement parce que ça créait un précédent. Il faut demander à Biden d’en revenir à la ligne d’Obama.

– C’est logique. Le seul truc, c’est qu’on va demander à Macron de demander à Biden… C’est très indirect.- Sinon, une autre idée, vous pouvez demander d’en faire un citoyen d’honneur…

– Oui, c’est pas bête. Même si ça n’est que symbolique, ça envoie un signal diplomatique, ça garantit une protection. »

En route pour ça : la légion d’honneur pour Assange…

PS : « C’est pas la légion, qu’il lui faut. C’est l’asile politique ! », me dit-on. Allons-y pour l’asile. De toute façon, ça revient au même : l’impératif, c’est un geste de la France pour Assange, qui adresse un message aux Etats-Unis.

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