L’inclusion low cost… et maintenant selon le carnet de chèques !

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Vous faisiez déjà de "l'école inclusive low cost". Mais voilà votre dernière trouvaille : l'inclusion selon le compte en banque ?
https://www.youtube.com/watch?v=9smuoVswMO8

Je vais commencer par une devinette sur l’inclusion Monsieur le Ministre. Qui a déclaré : « On a mutualisé les Accompagnantes d’enfants en situation de handicap, et les associations viennent me dire : ‘Ca ne marche pas.’ » Qui dresse ce constat ? Qui dit que votre mutualisation ça ne marche pas ? Vous ne savez pas ?

Le président de la République. Oui, votre chef, Monsieur Macron lui-même, en visite à Amiens. Mais votre « mutualisation », ce n’est pas seulement un échec : c’est une catastrophe. C’est une maltraitance, à la fois des accompagnantes et des enfants. Ce scandale, je veux l’expliquer ici au pays.

Enfants handicapés à l’école : pour François Ruffin, « on fait de l’inclusion low cost »

Inclusion low cost

Auparavant, Sandra suivait un ou deux enfants : « Je l’accompagnais pour de vrai. Je le voyais progresser au fil de l’année. Il a d’abord écrit son prénom, et puis après Noël il s’est mis à lire. Ses parents trouvaient ça formidable, ils n’auraient jamais cru ça possible. Et son enseignante me félicitait : ‘C’est grâce à vous, Sandra’. » Elle était mal payées, certes, 827 €, très mal payée, en revanche, son utilité, le sens de son métier, ne faisait aucun doute.

Mais voilà, vous manquiez de bras. Trop d’élèves avec des dys-, des dysgraphies, des dyslexies, des troubles de l’autisme, trop d’élèves affluaient dans les écoles. Du coup, à la rentrée, les rectorats étaient débordés. Dans les classes, les enfants attendaient leur accompagnantes durant des semaines, voire des mois. Les familles n’étaient pas contentes.

AESH : De vrais emplois pour les Assia !

La mutualisation c’est du bidon

Quelle solution avez-vous trouvé, alors ? Alliez-vous garantir aux accompagnantes, pour les attirer, un salaire, des horaires, une carrière ? Non. Il vous fallait de l’école inclusive, mais low cost.

Vous avez donc décidé de leur faire suivre, non plus un ou deux enfants, mais quatre, cinq, six, sept… jusque onze ! J’ai rencontré ça, jusque onze enfants. Vous avez explosé leurs emplois du temps. Désormais, Sandra fait – comme elle dit – du saute-mouton : « Je saute d’un élève à l’autre, d’une classe à l’autre, d’un établissement à l’autre. Ca n’a plus de sens. »

Mais ce saucissonnage, ce bas de gamme, cette casse du métier, vous l’avez rebaptisé d’un noble nom : « mutualisation ». Ca fait solidaire, progressiste, « mutualisation ». Mais c’est bidon. C’est juste une politique du chiffre, une politique d’affichage.

Et derrière la façade, c’est une catastrophe. C’est une catastrophe pour les accompagnantes. C’est une catastrophe pour les enfants.

Aline, dans la Somme : « Parfois, on se retrouve à s’occuper, dans une même classe, de quatre gamins différents, avec quatre problèmes différents. Je fais comment ? Je ne suis pas Wonder Woman. »

Valérie, maman : « En deux ans d’école maternelle, mon fils a vu quinze accompagnants. Avec la mutualisation, elles changent tout le temps. »

Olivia Cattan, la présidente de SOS Autisme : « Les ministres ont mutualisé des AESH qui passent leur temps à démissionner. Dans leur journée, elles suivent quatre, cinq, six gamins, avec des handicaps différents, dans plusieurs écoles. Elles courent, elles courent. Les enfants ne font aucun progrès, les parents ne sont pas contents, les profs non plus. À un moment, elles craquent. »

Les témoignages affluent de partout, ils paraissent dans La Dépêche de Toulouse, dans Le Populaire de Limoges, dans La Montagne de Clermont-Ferrand, dans le Midi libre d’Avignon, dans la Nouvelle République, dans Le Courrier de l’Eure

Le déni de Jean-Michel Blanquer

On vous rapporte tout ça, et vous répondez quoi ? Ici même, cet automne, lors du Budget, vous parlez – je vous cite – de « quelques cas particulier », et vous assurez : « Nous essayons de résoudre ces problèmes au cas par cas. » et vous nous dites : « Faites-nous remonter les dossiers. »

Mais non, c’est du pur déni. Avec ces « cas », comme vous dites, il ne s’agit pas de dysfonctionnements. Mais le souci, c’est bien le fonctionnement, cette « mutualisation » que vous avez choisie, ce taylorisme du handicap que vous avez imposé.

Alors, puisque « ça ne marche pas », allez-vous renoncer à votre mutualisation ? Non, vous avez trouvé pire encore. Votre nouvelle cochonnerie – et je suis poli – votre nouvelle cochonnerie, la voici. Qu’est-ce donc ?

Eh bien voilà, dans le métro, je croise un jeune homme qui me dit : « Je suis AESH, mais moi, ce sont les parents qui me paient directement…
– Oui, c’est nouveau, mais moi je suis mieux payé comme ça.
– Exactement. C’est pas très juste, mais c’est comme ça. »

L’inclusion au carnet de chèque

Ce document vient confirmer ce bref échange dans le métro. De quoi s’agit-il ? C’est une note. Une note pondue par votre ministère, et titrée : « Intervention de personnels libéraux à l’école pour les élèves en situation de handicap ».

La voilà, votre école inclusive ? L’école inclusive selon le porte-monnaie ? Comme le service public n’offre, aux enfants, qu’une inclusion low cost, eh bien, c’est le sauve-qui-peut, et les parents se débrouillent avec leur compte en banque.

L’inclusion, c’est une noble ambition. Mais elle ne peut se faire, comme avec vous, à moindre coût. A moindre coût, avec des salariées sous le seuil de pauvreté… Et à moindre coût pour les parents, que vous trompez, à moindre coût pour les enfants, que vous perdez.

Vous Monsieur Blanquer, vous avez de l’égalité républicaine plein la bouche. Mais où est-elle lorsque pour avoir son enfant accompagné, il faut sortir le chéquier.

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