« Telle la cigale vous avez chanté tout l’été, et soudain… confinement ! »

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur telegram
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
Telle la cigale, vous avez chanté tout l'été. Vous étiez "prêts". Vous dirigiez seuls, sans l'Assemblée, sans la société. Et soudain : confinement.
YouTube video

« Oui, nous serons prêts. »
C’est le président de la République qui s’exprimait ainsi, le 14 juillet : « Nous serons pour la deuxième vague, cela a été préparé sous l’autorité du Premier ministre. » Le ministre de l’Education approuvait, en Dupont « T » : « Nous sommes préparés à tout », et sa Dupond « D » en charge de l’enseignement supérieur : « Les établissements sont prêts. »

Sans compter le La Palisse qui nous sert de Premier ministre, qui en septembre préconisait de « nous laver régulièrement les mains », qui ce samedi encore recommandait : « Le meilleur moyen de soulager l’hôpital, c’est de ne pas tomber malade. »

Confinement !

Tout allait bien, Madame la marquise.
Et soudain, le couvre-feu, l’Etat d’urgence, les ordonnances.
Et bientôt, ce vendredi, le re confinement.
L’hibernation avant l’hiver.
La police en première ligne, à nouveau, à délivrer des amendes de 135 €, 6 mois de prison après trois infractions…
« Des restrictions de libertés inédites en temps de paix », pointe le président du Comité des Droits de l’Homme.

Ce printemps, encore, le confinement se comprenait : nous étions pris par surprise, par un virus inconnu, débarqué de Chine. Vous agissiez, réagissiez, dans l’urgence. D’où notre clémence.
Mais cet automne.
Six mois après.
Six mois pour se préparer.
Et rebelote.
Les hôpitaux pleins.
Le manque de lits.
La pénurie de soignants.
De gants, et qui sait de médicaments.
Et confinement à nouveau.

Ce tweet, qu’un médecin vient de publier :

Bonjour Christophe
j’ai besoin de toi urgent. Mon beau père 82 ans hospitalisé pour Covid-19 sous 6l oxygène il est asmatique l’hôpital vient de nous dire qui pourront pas le mettre en réa vu son âge priorité au jeune met franchemoent c’est honteu
Peut tu m’appeler stp on a besoin d’aide on c’est pas quoi faire Urgent merc

Telle la cigale de la fable, vous avez chanté tout l’été, et nous voilà fort dépourvus quand la bise fut venue.
Vous avez chanté : « croissance ».
Vous avez chanté : « Faites-nous confiance. »
Vous avez chanté : « Laissez-nous gérer. »

Pleins pouvoirs et état d’urgence

Et c’est pour ça, justement, pour cette raison, que nous sommes dans la mouise aujourd’hui : parce qu’on vous a obéi.
Parce qu’on vous a fait confiance.
Parce qu’on vous a laissé gérer.
Et gérer seul, avec les pleins pouvoirs, les décisions qui tombent d’en haut, depuis l’Elysée ou Matignon. L’état d’urgence, au nom de l’urgence, pour les urgences, le couvre-feu, le confinement maintenant.
La démocratie, ça aurait ralenti.
Ca aurait entravé vos mesures.
« Nous n’avons pas besoin d’un colloque », comme on me l’a dit ici samedi.

En une formule, tout est dit.

Notre France compte une intelligence énorme, d’infectiologues, d’épidémiologistes, d’ambassadeurs, d’anthropologues, de journalistes scientifiques, de chercheurs en tous genres, de statisticiens, d’agences régionales de santé, de responsables d’ONG, de grands reporters, de médecins, de parlementaires pourquoi pas, d’élus locaux, d’enseignants, de soignants, d’étudiants, de commerçants, mais toute cette intelligence ne compte pour rien : « Nous n’avons pas besoin d’un colloque. »

Vous savez.
Vous savez seuls.
Pas besoin de nous, pas besoin des Français.
C’est le prix de votre suffisance, de votre arrogance, que nous payons aujourd’hui.

Un autre chemin est possible

L’autre chemin, l’alternative à votre solitude, c’est la démocratie.
Mais comment ?

Ici, d’abord. Chaque semaine, et en fait je pense chaque jour, vous auriez dû, vous devriez, rendre des comptes, sur les ouvertures et fermetures de lits, sur les places restantes, sur les stocks de gants de respirateurs de médicaments, sur les ressources en personnel.

Avec, oui, à affronter les questions rugueuses de l’opposition, avec de la contradiction, mais qui vous aurait fait réfléchir, avancer, des coups de pied au derrière. Et le débat que vous prévoyez jeudi, moi, je vous le dis d’avance, ne me suffit pas : ce n’est pas une fois, mais dix fois, cent fois, c’est tous les jours qu’il devrait se dérouler ici…

Quand on se sent, parfois, dans un univers parallèle, dans une cinquième dimension, discutant pépère dans l’hémicycle de la TVA sur les produits de bio-contrôle tandis que, dehors, est déclaré le couvre-feu, sans contrôle.

L’Assemblée ne suffit plus

Mais l’Assemblée ne suffit plus.
Elle n’incarne plus la démocratie, elle ne représente plus, plus à elle seule, le peuple français.
Il faut une autre instance, plus vaste, plus neuve.

Et je souhaiterais, pour ma part, une Convention Citoyenne sur le Coronavirus, où se mêleraient infectiologues, épidémiologistes, ambassadeurs, anthropologues, journalistes scientifiques, chercheurs en tous genres, statisticiens, historiens, responsables d’ONG, grands reporters, médecins, enseignants, soignants, étudiants, commerçants… avec des séances filmées, diffusées en direct sur Internet, informant le peuple, l’éclairant, fort de cette intelligence collective, qui envisagera mille fois plus d’options, qui imaginera mille fois plus de solutions, que vous seul, là, ou le Président seul dans son palais.

Quand bien même, à la fin, ce serait à vous, à lui, de trancher.

C’est curieux comme vous vantez le « numérique » partout, comme vous mettez du « digital » à toutes les lignes de crédit, comme vous vous revendiquez « disruptif », mais concernant votre pouvoir, c’est à l’ancienne, voire archaïque : autorité et verticalité.

On le pressent.
On le devine.
On le sait, intimement.

« Mettre de côté la démocratie »

Ce Covid-19 n’est qu’un prémisse, une répétition générale, un échauffement avant le réchauffement. Inondations, tornades, sécheresses, vont se succéder. Les dix plaies d’Egypte seront pour nous. La nature est déréglée, elle va se venger, elle se venge déjà.

Aussi, comment répond-on à cette secousse ?
C’est un indice de la suite.
Choisit-on la démocratie, le débat, la confiance, l’échange entre les citoyens ?
Ou préfère-t-on l’arbitraire, le bâton, la réponse policière à une crise sanitaire ?

Le scientifique James Lovelock l’envisageait : « Face à la crise écologique, il peut être nécessaire de mettre la démocratie de côté pour un moment. »
C’est pour l’instant la voie que vous avez choisie.

Partager :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur telegram
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print