Amiens-Nord : en finir avec les promesses en l’air

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Ce jeudi après-midi, je me suis rendu devant l'Atrium, à Amiens-Nord, occupé par des habitants du quartier depuis deux jours.

Ce jeudi après-midi, je me suis rendu devant l’Atrium, à Amiens-Nord, occupé par des habitants du quartier depuis deux jours.

Je les ai longuement écoutés : « On nous avait promis des emplois, des logements. » « Avant l’élection, le maire de secteur nous a reçus dans son bureau, nous a garanti des boulots chez Procter, à la Ville, et on n’a rien vu venir. » « Shopping Promenade devait embaucher trente pourcents de gens d’ici, on attend toujours. Je ne connais personne qui travaille-là-bas. » « Et le Colvert, est-ce qu’ils vont embaucher des ouvriers du quartier pour le refaire? Je me lève le matin, ça travaille devant moi mais y a aucun boulot pour nous. » « Celle qu’on veut voir, c’est Madame le maire, pas son pantin d’adjoint… »

Au vu de cette situation, plusieurs choses :
D’abord, quand les gens se bougent, réagissent, ne se laissent plus faire, j’encourage. J’accueille donc avec sympathie ce mouvement naissant. A la condition, évidente, rappelée, que ces actions demeurent non-violentes. Et avec l’espoir que ces personnes mobilisées trouveront la manière d’exprimer, au-delà de leur désarroi, celui de leur quartier.
Ensuite, dans le Courrier picard, l’adjoint de secteur lui-même l’affirme : « C’est vrai, il y a eu une convention avec Shopping Promenade pour que 30% des salariés soient du quartier. » Nous demandons à Madame le maire de faire respecter cet engagement. Et de veiller à ce que des chômeurs du quartier soient embauchés sur les chantiers en cours.
Aussi, il faut en finir avec le clientélisme électoral. Notre campagne législative, nous l’avons menée sans promettre le moindre emploi, le moindre logement. Mais sur le quartier nord, c’est une pratique qui dure depuis plus de trente années maintenant… qui conduit forcément à la déception, et au cynisme. Je vais le dire comme je le pense : c’est un héritage post-colonial. Les habitants d’Amiens-Nord méritent d’être traités comme des citoyens ordinaires, qui votent avec le souci de l’intérêt général, de la France, des travailleurs. Et non en achetant leur voix avec des promesses de pacotille.

Enfin et surtout, ce mouvement compte quelques dizaines de manifestants. Mais il semble bien refléter le malaise d’un quartier qui, des habitants aux commerçants, s’interroge, dans le doute : que veut-on faire de nous ? Quel avenir pour Amiens-Nord ?

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