Valeo-Amiens : on innove ici, on produit au loin ?

L’État est le premier actionnaire de Valeo. Pourtant, les millions versés pour l’innovation ne servent pas à la production ici…
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M. François Ruffin interpelle M. le ministre de l’économie et des finances à propos des innovations conçues sur le site Valeo d’Amiens et produites ailleurs.

Le directeur de Valeo-Amiens l’a annoncé en réunion : en 2018, après plusieurs années dans le rouge, le site picard aurait de nouveau subi un déficit de quinze millions d’euros. L’usine compterait « une centaine de structures en trop », c’est-à-dire une centaine de personnes employées dans l’encadrement, dans la maitrise, dans les fonctions de support technique. En guise de reclassement, la direction proposerait de les « mettre en production », ce qui parait peu réaliste pour des salariés fortement qualifiés. Le PSE est imminent, 120 licenciements seraient en vue. Mais au-delà, c’est tout l’avenir du site amiénois qui paraît bien sombre.

Surtout, depuis plusieurs années, hormis le projet « Self Adjusting Technology », aucune nouvelle production n’est proposée à Amiens. Le site périclite, avec des « embrayages » historiques, vieillissants. Ceci, alors que de nombreuses innovations sont conçues au centre de recherche Valeo-Amiens, mais sont produites ailleurs : la « Clutche Assistance » partie en Corée, le « pendule » parti à Mondovi en Italie, le « volant flexible » et plusieurs embrayages plus classiques partis à Bursa en Turquie. Bizarrement, ces innovations sont envoyées à travers le monde, mais elles ne franchissent pas la rue qui sépare le centre de recherche de l’usine de production. Qui périclite, elle, avec les embrayages.

Quant aux « embrayages » justement, Amiens était la « maison-mère » et le site turc de Bursa, la « fille », selon la terminologie de Valeo. La donne s’est inversée. Désormais, le site turc fait figure de « maison-mère » et Amiens de « fille ». Et c’est très volontairement que la production est discrètement diminuée, délocalisée, de la Picardie vers une Turquie à la main d’œuvre moins coûteuse.

Enfin, pour les boîtes automatiques, 4000 sont importées de Chine chaque semaine en avion-cargo, plutôt que d’investir à Amiens et de relocaliser la production.

La France accorde, depuis des années, du Crédit Impôt Recherche au groupe Valeo, en plus du CICE et autres allègements de cotisations. La recherche se porte bien à Valeo. Plus de mille demandes de brevets ont été déposées par le groupe à l’INPI en 2018, en tête du classement national. Pour le seul centre de R&D Valeo d’Amiens, ce sont 165 demandes, là aussi en tête du classement régional. Mais cette recherche, subventionnée ici, est délocalisée au loin.

L’État, détenteur de 7,34% du capital, est le premier actionnaire de Valeo. Le gouvernement pourrait donc veiller à ce que ces produits conçus au pays, soient aussi fabriqués ici. Pour assurer un avenir aux sites français. En l’occurrence, à Amiens.

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3 réflexions sur “Valeo-Amiens : on innove ici, on produit au loin ?”

  1. Bjorn H. M. Hagtorn

    J’ai travaillé au sein de l’équipe de developpement et je suis le mouvement depuis 1979….
    Depuis il s’est passé beaucoup de choses- mais Valeo Embrayage s’en est toujours sortie la tête haute ( même si « Valeoman » à fait de sérieux dégâts..).
    De faire la cure d’amaigrissement sera suicidaire: à l’instar de la médecine qui se, sur ce point a su se ressaisir, il faut arrêter les curés hypocaliriques – et augmenter la consommation calorifique, cad intensifier le recherche et développement!
    A court terme il y aura toujours de variations de production automobile – mais à long terme il faut être a la pointe de progrès: de même que le service développement s’est installé à Amiens dans les annees- 80, il est maintenant temps de resaissir la situation.
    Svp M Ruffin, faites en sorte que Valeo récupéré des dirigeants un brin ingénieur!

  2. Jean-Claude Laloubere

    Bonjour
    La loi sur les brevets de 1968 n’a toujours pas été appliquée.
    Le gouvernement délivre les brevets sans aucune garantie, ce qui génère des difficultés pour les petits déposants français.
    La loi de 1978 sur le statut de l’inventeur salarié est bafouée.
    Le salarié devient esclave de l’entreprise au bénéfice de la mondialisation.
    Il faut revenir à la règle du 1er inventeur, règle de notre législateur révolutionnaire de 1789, devenue loi le 07 janvier 1791.
    A votre disposition, mais soyez indulgent, le sujet est difficile et les esprits trop formatés pour que je puisse vous en dire plus. Je suis tout seul à tout faire et … à avoir tout fait.
    Jean-Claude LALOUBÈRE

  3. Bonjour j ai lu que lors de sa visite à Amiens François à fait l l’apologie de l expérience Grenobloise, je pense qu’il fait une lourde erreur. Il ferait bien de bien se renseigner sur la gestion calamiteuse en terme démocratique et social de cette ville . Politiquement tous les mouvements de gauche et les vrais militants de FI, Génération, Ensemble,… sont opposés à des alliances avec Mr Piolle.

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