Surpêche : l’argent public finance la mort de nos océans

L’océan devrait être un sanctuaire, non un cimetière.
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Monsieur François Ruffin interpelle M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation à propos du soutien de la France à la surpêche en mer.

Le mercredi 12 juin dans son discours à l’Assemblée nationale, le Premier ministre promettait un virage, une « accélération écologique ». Et dès le mardi suivant, le 18 juin au Conseil de l’Union européenne, la France promouvait le pire du pire de la surpêche ! A peine évoqué que le contrat environnemental est déjà déchiré.

Le Conseil de l’Union européenne vient en effet de réintroduire des subventions toxiques qui favorisent la surpêche. Alors que depuis plus de vingt ans, les scientifiques, les ONG et la communauté internationale (ONU, OMC…) alertent sur la destruction des fonds marins, appellent à l’arrêt de ces aides. Les ministres européens, Didier Guillaume en tête de proue, ont alloué les six milliards d’euros du « Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche » (FEAMP) à la pêche industrielle : par de l’argent public, vous financez la mort de nos océans.

Concrètement, les ministres ont décidé de soutenir la construction de gros chalutiers, de maintenir des aides à la modernisation des moteurs, de supprimer le contrôle de leur puissance. De fait, d’encourager la surpêche et le pillage des océans. Ces mêmes ministres s’étaient pourtant engagés à mettre fin à la surpêche d’ici 2020. Et vous, M. Guillaume, en tant que ministre de l’agriculture et de l’alimentation, vous vous y étiez engagé également. Mais entre vos paroles et vos actes, il y a un fossé, un gouffre, un océan. Un océan qui se meurt.

« Cette position du Conseil risque de compromettre la durabilité des pêches européennes et la crédibilité internationale de l’UE ». Ces mots, ce ne sont pas ceux d’un militant de l’écologie radicale. C’est la réaction de Karmenu Vella, le Commissaire européen à la pêche. Si même la Commission européenne entre en rébellion contre la position du Conseil…

Dans ces négociations européennes, la France n’a pas brillé par son activisme en faveur de la protection des fonds marins. Au contraire même. Main dans la main avec les gros pêcheurs européens, l’Italie de Salvini et l’Espagne, la France par la voix de M. Guillaume, s’est attachée à détricoter les maigres avancées qui avaient été faites jusque-là. A maintenir le statu quo pour que, surtout, les chalutiers puissent continuer à piller les océans. Les lobbies pourront vous féliciter pour les services rendus.

Sur la scène internationale, Emmanuel Macron se fait le héraut de l’écologie mais ses beaux discours restent lettre morte. Le 26 juin, le Haut Conseil pour le Climat (créé par le président lui-même) a épinglé le gouvernement pour ses « actions insuffisantes » dans la lutte contre le réchauffement climatique. Depuis le G20 de Tokyo, Emmanuel Macron a répliqué : le climat est sa « ligne rouge ». « Le Haut Conseil nous dit qu’on ne va pas assez loin. Nous, on va continuer à avancer. A changer nos méthodes ».

Alors oui, changez vos méthodes. Je vous demande donc quelles actions vous envisagez pour stopper les subventions à la pêche industrielle et réorienter l’argent public vers la pêche artisanale. L’océan devrait être un sanctuaire, non un cimetière.

Question écrite par mon collab’ Hector, relue et validée par moi.

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11 réflexions sur “Surpêche : l’argent public finance la mort de nos océans”

  1. Ce n’est pas en mon nom et je refuse que mes impôts servent à ça !

    En complément du soutien qu’on vous apporte, quelle peut être l’action de citoyens lambdas?

  2. CANCEL Jacqueline

    A ce niveau de saloperie, d’hypocrisie et quand même aussi d’incompétence et de manque de vision d’avenir (pourtant de plus en plus proche !) ,on peut raisonnablement se demander si tous ces gens ne sont pas complètement et irrémédiablement fous à lier !
    Y compris dans leur amour viscéral du Dieu Fric, l’alpha et l’omega de tout.
    Aux fous !
    Il va bien falloir tout de même arriver à arracher à tous ces Attila leurs pouvoirs exorbitants , sauf à en crever tous, eux avec nous d’ailleurs …
    Au feu ! Aux fous !
    Mobilisation générale !

  3. Bonjour !
    « Nos océanS » ! (pluriel)
    Les fautes d’orthographe c’est pas terrible, mais dans un titre c’est vraiment pas bien.
    Sinon, pour le fond du sujet traité, je suis d’accord et vous remercie.
    Pascal

  4. Excellent article ! Plutôt que de financer la surpêche de nos océans, nos ministres feraient mieux de dépenser l’argent public pour le développement de piscicultures dans toutes nos régions où l’eau ne manque pas !

    1. li est dommage de constater que le consommateur ignore d’où proviennent les aliments des poissons d’élevage. En effet, vous pourrez le vérifiez sur source fiable (donc pas chez le poissonnier qui a intéret à vous rassurer en détournant votre question), les poissons carnivores, tels que le saumon pour ne parler que de lui, sont élevés à grand coups de farines… de poisson ! oui, il faut en moyenne 8 Kg de poisson pour en « produire » un…. bon appétit!

  5. Dominique Hervy

    Heureusement que face à la rouerie incommensurable de nos dirigeants, collab’ Hector fait un excellent travail d’alerte! Merci!
    Question à l’adresse des Décideurs: Comment pouvez-vous, Vous, qui êtes en charge de protéger notre BIEN COMMUN, vous regarder chaque matin dans la glace, sans que votre cynisme, votre irresponsabilité vis à vis des générations à venir (dont les vôtres font partie – petit rappel au passage!) ne vous altèrent ni le teint, ni l’appétit, ni la conscience? C’est là un grand mystère…

  6. Patrick Sourbier

    Bravo François. Il faut mettre en face de leurs contradictions, tous ces politiques formatés à la langue de bois et à la croissance

  7. Ping : Talus du 14 juillet, la revue de pressqu’hebdomadaire – Gilets Jaunes Cantal

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