Industrie verte : pourquoi la lysine reste-t-elle exclue ?

Par une question écrite déposée à l’Assemblée nationale, François Ruffin attire l’attention du ministre chargé de l’Industrie sur l’exclusion de la lysine du dispositif de compensation indirecte carbone.

Ce mécanisme permet de compenser le coût élevé de l’électricité pour les industries européennes exposées à la concurrence internationale. Il vise à limiter les risques de fuite de carbone liés au système européen de quotas d’émission.

Dans une communication du 5 janvier 2026, la Commission européenne a réintroduit l’éligibilité des acides aminés à ce dispositif. Toutefois, la lysine demeure exclue.

Cette exclusion pénalise fortement l’entreprise Eurolysine. L’enjeu financier est estimé à 5 millions d’euros par an dès aujourd’hui. Il pourrait dépasser 10 millions d’euros par an à partir de 2029.

Cette échéance correspond à la mise en service d’une chaudière électrique innovante destinée à décarboner la production du site. Ce projet, soutenu par l’État dans le cadre des « Grands Projets Industriels de Décarbonation », permettra de réduire de plus de 40% les émissions de l’entreprise.

Les États membres peuvent ajouter des produits à la liste des secteurs éligibles, sous réserve du respect de critères précis. La lysine remplit ces critères.

Je demande au Gouvernement de notifier à la Commission européenne de l’ajout de la lysine à la liste des produits éligibles à la compensation indirecte carbone. Il souhaite également savoir si le Gouvernement prévoit d’intégrer formellement la lysine et les autres acides aminés produits par fermentation dans le dispositif français.

François Ruffin

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