
600 000 aides à domicile se lèvent tôt chaque matin pour s’occuper de nos parents et de nos grands-parents. Elles perçoivent bien souvent moins que le SMIC.
Syndicats et patrons du secteur avaient trouvé un accord : l’avenant 72 prévoyait une hausse de salaire d’environ 63 euros brut par mois pour un temps plein. Une mesure modeste, mais concrète. Il ne restait qu’à l’État, c’est-à-dire à vous, d’agréer. Vous avez refusé.
Pour quelle raison ? Car vous n’arrivez pas à décider qui doit payer. Les départements refusent, faute de compensation de l’État ; l’État se défausse sur les départements. C’est la troisième fois depuis 2025 que ces revalorisations sont bloquées pour les mêmes raisons, dans le même ping-pong. Et pendant ce temps-là, les salaires des aides à domicile ne bougent pas et les difficultés de recrutement s’aggravent.
Par votre pingrerie, vous ne fragilisez pas seulement l’existence de ces travailleuses auprès des personnes âgées. C’est tout le secteur que vous précarisez, que vous mettez en difficulté. Face au choc démographique en cours, il faudra pourtant recruter 300 000 aides à domicile supplémentaires d’ici 4 ans. Alors que les besoins augmentent, les moyens, eux, ne suivent pas.
Madame la ministre, que comptez-vous faire pour mettre fin à ce blocage et permettre enfin la revalorisation des aides à domicile, ces travailleuses essentielles ?
François Ruffin