Placement familial en crise : quelle réponse de l’Etat ?

Par une question écrite déposée à l'Assemblée nationale, François Ruffin interroge la ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles sur l’effondrement du placement familial dans notre pays. 

Sur le terrain, dans le Pas-de-Calais où je me suis rendu dernièrement, la situation est particulièrement alarmante. En sept ans, le nombre d’assistants familiaux y a chuté de plus de 12 %, passant de 2 028 à 1 789, alors même que les besoins de prise en charge ne cessent d’augmenter. 

Ce département ne fait pas exception, il rend visible une faillite de l’Etat au niveau national : la part des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance accueillis par une assistante familiale est passée de 56 % en 2006 à seulement 36 % fin 2023. Pour la deuxième année consécutive, l’accueil en établissement est devenu le premier mode de placement (41 % des enfants confiés à l’ASE).

Pourtant, le placement familial assure un encadrement solide, une stabilité indispensable et un soutien affectif vital pour les enfants. À l’inverse, les foyers sont aujourd’hui saturés, et la surcharge empêche les équipes de répondre aux besoins des enfants. Fin 2023, près de 60 % des établissements dépassaient leurs capacités d’accueil. Le taux d’encadrement atteint parfois jusqu’à 25 enfants pour un seul adulte, un ratio incompatible avec un accompagnement digne, individualisé et respectueux des besoins fondamentaux des enfants. Cette situation est aussi aggravée par le manque de formation spécifique d’une partie des personnels en foyer, qui fragilise la qualité de l’accompagnement proposé aux enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance.

Je demande donc quelle politique le Gouvernement entend mener pour enrayer la baisse des recrutements et revaloriser le métier d’assistant familial. Une étape indispensable pour remettre le placement familial au cœur de la protection de l’enfance.

François Ruffin

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