Whirlpool : Muriel Pénicaud complice ?

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En 2018, l'Inspection du travail refusait le licenciement pour "motif économique" des salariés protégés de Whirlpool à Amiens : la multinationale réalisait 815 millions de bénéfices la même année. C'était sans compter sur Muriel Pénicaud...

M. François Ruffin interroge Muriel Pénicaud, ministre du travail, à propos de l’usine Whirlpool à Amiens : pourquoi avez-vous servi la multinationale, licencié des syndicalistes, contre l’avis de votre propre administration ?

Il y a trois mois, le 22 novembre 2019, le président Emmanuel Macron se rendait pour la troisième fois sur le site de l’ancienne usine Whirlpool à Amiens.

Sa première visite remonte à l’entre-deux tour de l’élection présidentielle, le 26 avril 2017. En pleine campagne, l’annonce de la délocalisation de la production des lave-linges vers la Pologne avait fait de l’usine Whirlpool d’Amiens (et de ses 279 salariés) les symboles de la mondialisation malheureuse. Le candidat Macron s’était alors engagé à « se battre pour [trouver] un repreneur » et à ce qu’il n’y ait « aucune homologation de PSE qui n’est pas à la hauteur ».

Cinq mois plus tard en octobre 2017, Emmanuel Macron, devenu président, revenait en grande pompe sur le site d’Amiens : « Il y a un projet, celui de M. Decayeux, qui donne un avenir à l’entreprise puisque c’est autour de 270 salariés qui seront repris, c’est à dire quasiment toutes celles et ceux qui le souhaitent, hormis les départs à la retraite légitimes ». Alléluia ! Et l’État, confiant, ouvrait grand les vannes pour ce « projet d’avenir », y injectant plusieurs millions d’euros d’aides publiques.

En juin 2018, la société WN de Nicolas Decayeux reprenait 162 salariés. Mais les figures de proue du conflit Whirlpool, les syndicalistes notamment, sont soigneusement mises à l’écart, exclues de la reprise. Une « liste noire » circule, des salariés grandes-gueules, des durs à cuire, des indociles. Comme si on leur faisait payer leur grève.

La production partie en Pologne, Whirlpool lance alors une procédure de licenciement de ces salariés restants, tous « protégés », qui ne peuvent être licenciés qu’en cas de motif économique avéré.

C’est à ce titre qu’en août 2018, l’Inspection du Travail a refusé leur licenciement, considérant que le groupe Whirlpool était « sain financièrement », que « la délocalisation de l’usine d’Amiens dans un pays à bas coûts n’est pas réalisée dans le but de sauvegarder la compétitivité du groupe », et qu’ainsi « la réalité du motif économique n’était pas établie ». La DIRECCTE Hauts-de-France, également, réfutait l’argument économique des licenciements.

La loi qui viendrait entraver les plans de Whirlpool ? Qui viendrait s’interposer face à une multinationale ? Comme un caillou dans la chaussure du Capital ? Et quoi encore. Heureusement, Whirlpool s’est trouvé un allié de poids pour se débarrasser des derniers salariés : vous.

En mai 2019, c’est vous en effet qui avez autorisé, Mme Pénicaud, leur licenciement « économique ». Alors que l’année de la fermeture, le groupe engrangeait 815 millions de bénéfices et augmentait de 10 % les dividendes versés à ses actionnaires. Entre l’intérêt général et celui des multinationales, le gouvernement n’hésite jamais…

Comment, alors, comment expliquez-vous ce motif « économique » ? Pourquoi êtes-vous passée par-dessus votre propre administration ? Pouvez-vous remettre aux salariés concernés un rapport, qui justifie ce choix ?

Depuis bientôt un an, les syndicalistes le réclament, en vain. Emmanuel Macron est revenu à Amiens le 22 novembre 2019, il y a exactement trois mois, donc. Interpellé à ce sujet, le président de la République a pris un « engagement de vérité », a promis que ce document leur serait transmis. Mais rien, depuis. Ils n’ont rien reçu.

Alors, Mme Pénicaud, pouvez-vous expliquer votre décision ? Transmettre un dossier qui justifie ces licenciements ?

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