Cadeaux de Noël : rendez-moi mon micro-ondes !

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Par Dimitri, mon attaché parlementaire en circonscription, à Amiens.

Comment j’en suis arrivé là ? Je ne peux même plus faire réchauffer mes pâtes. Je dois me résoudre à manger froid. Déjà que c’est pas la joie, avec le confinement, le virus, Darmanin, mais maintenant on m’empêche de manger un plat chaud !

C’est la faute du Covid… et du chef ! Avec le reconfinement, il a voulu qu’on se rende utiles. Il m’a dit : « Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour les gens ? Et nos militants, qu’est-ce qu’ils ont envie de faire ? Si besoin, on utilise le local pour faire des colis alimentaires, stocker des fringues, des masques… » Peu convaincu, je lance un appel aux bonnes volontés picardes.

Mais voilà que ça réagit : Nathalie me parle d’une action de solidarité pour Noël. Une collecte de jouets d’occasion, qu’on pourrait réparer, nettoyer, emballer et donner à des associations qui les offriront ensuite à des familles sans trop de moyens. Je ne vois pas trop ce que je peux faire pour elle, mais je lui propose quand même d’utiliser le local…

Laure pond un texte pour inciter les gens à donner leurs jouets, j’en fais un flyer avec mon numéro dessus, pour simplifier la collecte, centraliser les dons. On en imprime quelques centaines, que Lynda, Hélène, Valérie et les autres vont distribuer à la sortie des écoles. Et Martine et Francis vont les boiter à 1 km autour de chez eux, dans les beaux quartiers. C’était ça, la clé : cibler Henriville ! le quartier un peu plus bourgeois d’Amiens !

Et là, tout s’emballe. En même pas une semaine, les jouets affluent au local, et il faut bien que je les stocke quelque part, parce qu’on a quand même des rendez-vous sérieux parfois ici. Donc tout ça part au sous-sol et, de sacs en sacs, cartons après cartons, mon micro-ondes disparait… Planqué derrière les piles de puzzles, l’avion de Barbie et les peluches, je ne pourrai plus jamais y accéder. C’est peut-être ce qui me fera dire, voire radoter : « Il faut arrêter de produire des jouets dans ce monde ! »

Mais c’est pas le tout de les stocker. Il faut bien en faire quelque chose maintenant. Alors Hayat, Mehdi et Malika débarquent un samedi et, avec leur bonne humeur, ils m’enrôlent dans cet atelier clandestin. Hayat commence les paquets à même le sol, Malika m’explique comment faire des lots qui plairont aux gamins, Mehdi répartit les cadeaux dans des grands cartons qui débordent vite. Car ça dépote, y a pas à dire, le travail à la chaîne a fait ses preuves ! Le chef a même le toupet de venir voir comment ça se passe.

Après avoir déplacé un ou deux sacs histoire de dire qu’il nous aide, il nous gratifie de ses petites remarques sur la qualité du papier cadeau, sur l’importance de bien contrôler que les jeux de société sont complets, que les jouets fonctionnent… Enfin, il a l’air content de voir que la solidarité, elle, fonctionne. Même en temps de crise, même avec le confinement, même quand tout semble bouché à l’horizon, cette fine équipe aura permis de rendre quelques gamins heureux.

L’objectif était de réaliser 300 paquets cadeaux, à répartir entre trois associations d’Amiens Nord, d’Etouvie et du quartier Salamandre. Même si ça peut sembler une goutte d’eau un peu dérisoire, ça fait du bien, dans la période. Je n’attends maintenant plus qu’une chose : que Noël arrive pour qu’on les distribue vite, ces cadeaux. Qu’on débarrasse mon sous-sol, pour que je puisse, enfin, réchauffer mes pâtes.

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