Légion d’honneur à Serge Weinberg : « Comment osez-vous ? »

La fille de Sabine perd la vue à cause de la Dépakine et de Sanofi. Le gouvernement sévit-il ? Non, il récompense le PDG… qui fit entrer Emmanuel Macron à la banque Rothschild. Comment osez-vous ?
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Madame la Ministre, comment osez-vous ?

Vendredi dernier, je présentais mes vœux à Abbeville. Sabine est venue me trouver, le visage rougi. Epileptique, elle a pris de la Dépakine, y compris durant sa grossesse. Elle a donné naissance à Anne, vingt ans maintenant, qui souffre d’autisme, et qui, dernièrement, perd la vue, et qui risque de devenir aveugle : « Je suis tellement inquiète, je ne dors plus, me confiait donc la mère. Tellement stressée que ça me fait péter des muscles. Mon docteur ne croyait pas ça possible. Et tu as vu, ils ont remis la Légion d’honneur à Weinberg ? »

J’ai vérifié sur mon portable, aussitôt, et en effet : vous avez élevé Serge Weinberg, le président de Sanofi, au prestigieux grade de « grand Commandeur ».
Comment osez-vous ?

Depuis les années 80, au moins, Sanofi savait. Depuis le 1er janvier 1982, même, précisément, cela vient d’être reconnu par la Loi, grâce au combat incessant, depuis des années, de l’Apesac et de sa présidente, Marine Martin, mère courage. Sanofi savait que, prise chez la femme enceinte, la Dépakine engendrait des troubles, des malformations, des cas d’autisme, chez les bébés. Sanofi savait, et ne l’a indiqué que vingt ans plus tard, à partir de 2006. Entretemps, 16 600 à 30 400 enfants, selon l’étude de la Caisse nationale d’assurance maladie et de l’Agence nationale de sécurité du médicament, sont nés handicapés, très lourdement, à vie.
C’est le premier scandale, au passé : Sanofi savait.

Ce scandale en cache un deuxième, au présent : Sanofi refuse de payer.
Car l’Etat a pris sa part de responsabilité : il a mis en place un fonds d’indemnisation des victimes, via l’Oniam, bien imparfait, bien compliqué, mais il existe. Qu’a alors fait le laboratoire pharmaceutique ? Sanofi, premier responsable sanitaire, a refusé de verser son écot, pas un sou, pas un euro, « contestant fermement les estimations mentionnées dans le rapport de l’ANSM et de la Cnam », au motif que ces « rapports reposent sur des hypothèses invérifiables et vont ajouter de la confusion auprès des patients et des professionnels de santé ».

A l’automne 2015, Sanofi est condamné par la Justice, dans le cas de Camille, « présentant un syndrome malformatif général, anomalies des membres supérieurs et microphtalmie en particulier ». Que décide la firme ? De faire appel. Et quand la Cour d’appel d’Orléans, à son tour, confirme le jugement deux ans plus tard, condamne Sanofi à trois millions de dommages et intérêts, notant que « le produit n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre », que fait le laboratoire ? Il se pourvoit en cassation, et gagne. Pour un détail de procédure, de forme, même si la cour reconnaît sa faute sur le fond.

Fermons les yeux. Imaginons cette horreur : que vous, que moi, un jour, en voiture, renversions un enfant, qu’il en garde des séquelles à vie, handicapé, traumatisé… Rien que d’y songer, j’en tremble, comment vivre avec ce drame ? avec cette ombre au cœur ? Je ferais tout, alors, j’en suis convaincu, tout mon possible, pour réparer le peu qui soit réparable, pour guérir de ma honte, avec un chèque si besoin. Eux, sur leur conscience, mais quelle conscience?, en ont des milliers, des dizaines de milliers, de bébés, d’enfants, handicapés, traumatisés, avec des séquelles à vie, des « dysmorphies faciales », des « malformations des membres », des « problèmes cardiaques ». A genoux, on devrait les voir, à genoux devant Sabine !, à genoux devant Marine !, ces femmes qui méritent, elles, vraiment, la Légion d’honneur !à genoux devant Anne !, à genoux devant Camille !, à genoux et mendiant leur pardon. A la place de cette supplique, ils biaisent, ils rusent, avec des avocats et du blablabla. Ils fuient leur culpabilité.

Ce sont des psychopathes, des psychopathes du profit.
On devrait les trouver en garde à vue, leur ceinture leur cravate leurs lacets défaits.

Vous avez d’ailleurs assuré, Madame la ministre, il y a plus d’un an déjà, que « nous nous retournerons vers l’industriel, ça sera fait », que « l’urgence, c’est que les familles soient indemnisées pour être aidées, et Sanofi c’est le travail de l’État », parce que « c’est à l’État de se retourner vers les personnes en faute, évidemment ».

Alors, certes, l’Oniam s’est retourné vers le laboratoire. Qui a refusé, à nouveau, de payer. L’Oniam voit donc ses ressources fondre, et se retrouve incapable d’indemniser victimes… Mais comment vous faire confiance pour mener à bien cette procédure contre le laboratoire ? Comment vous croire ? Comment vous croire quand on retrouve les dirigeants de Sanofi dans les Palais de la République ?

Serge Weinberg, ami personnel d’Emmanuel Macron, qui le fit entrer à la banque Rothschild, assistait, dans les salons de l’Elysée, à l’intronisation du Président.
C’est dans les salons de l’Elysée, toujours, et en présence du Président, que le Dolder, le lobby de l’industrie pharmaceutique, Olivier Brandicourt et Sanofi en tête, tenait ses assises.

Edouard Philippe et Christophe Castaner nous font la leçon : « Il ne faut pas dénigrer une entreprise française, une entreprise qui fonctionne bien », « On ne doit pas critiquer des entreprises qui réussissent, comme Sanofi ».

Sanofi perçoit toujours, chaque année, plus de cent millions de Crédit impôt recherche, quand bien même ils la détruisent leur recherche, et des dizaines de millions de Crédit impôt compétitivité emploi, quand bien même ils en détruisent, des emplois.

Vous-même, en personne, Madame la ministre, assistiez, en février dernier, à une réunion de la Fondation Sanofi, qui prétend venir en aide aux personnes vulnérables… qu’ils commencent par indemniser leurs victimes !

Et enfin, donc, le clou de cette farce tragique : ce premier janvier, Serge Weinberg élevé au rang de « grand commandeur de la Légion d’honneur ». Quand tous les jours, avec les autres dirigeants de Sanofi, il devrait recevoir la légion du déshonneur, être privé de ses droits civiques, souffrir de l’indignité nationale.

D’où ma question, simple : comment osez-vous ?

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28 réponses

    1. Sont des salopards également ceux qui décorent de pareils criminels la complicité est évidente macron paie sa dette à Sanofi sans états d’âme ….

  1. Détail : « Grand commandeur » n’existe pas. L’Ordre compte 3 grades : chevalier, officier, commandeur, et 2 dignités : grand officier, grand-croix.

  2. Les criminels ça ose tout : même déshonorer la légion d’honneur comme si l’arborer les lavaient de leur crimes. Ils n’ont pas d’honneur, ils n’ont même pas d’âme. Ils ne retourneront même pas poussière, car ils sont d’une suie infâme qui salit tout ce qu’elle touche. Salir l’innocence est le Graal de ces démons : quand leur fin sera venue, ils sauront ce qu’il en coûte quand la lumière divine les consumera.

  3. Evidemment on ne peut que partager ce sentiment d’indignation de François Ruffin. Comment osent t’ils ? Comme ose t’IL ? Car c’est LUI, le Président qui a décidé ça avec cette incroyable arrogance, ce mépris affiché pour les humbles, les sans-grade, les sans-dent aussi. Un mot me vient, je l’ai inventé pour lui: ABJECTITUDE. Mon sieur Emmanuel Macron est un individu abject et sa posture préférée: l’abjectitude.

  4. Ils osent tout. Ils sont sans conscience c est sans doute leur force et ce qui nous déroute. Mais le peuplpeuplee s éveille nous devrons sans esprit de vengeance, juste pour l honneur et le respect des êtres leur demander LES COMPTES

  5. Oui comment oser vous ??? LE FRIC seulement le FRiC !!!
    Mon beau frère travaillait chez sanofi, au service qui s’occupait des chiens afin de leurs donner là nourritures et nettoyer leurs cages après expériences faite par des personnes pour les recherches.
    Dans les années 80 aucune sécurité pour le personnel.
    Tout le service qui suivait les chiens sont mort du cancer ou sont en traitement et en fin de vie.
    Mon beau frère avait 30 ans et aujourd’hui il en a 62 et a combattu 4 cancers.
    La vie de ce Monsieur et de sa famille a été complètement gâché.
    Nous sommes tous très tristes.
    Pour nous Sanofi est coupable et cette légion d’honneur devrait être remise à sont personnels qui a risqué leur vie pour un salaire de misère.
    Nous arrêtons d’écrire, car nous avons beaucoup de chagrins !

  6. Bonjour
    Je suis soignante, médecin.
    Je suis compétente honnête et sans réseau : autant dire que je n’existe pas.
    On est en train de détruire l’hôpital public , de façon certaine.
    Que faire?
    Bien respectueusement
    Florence

  7. Bientôt à ce rythme là légion d honneur sera le signe distinctif de toutes les pourritures. Et moi, qui ais bossé, élever de mon mieux mes trois enfants. Payé mes impôts sans ronchonner. Payé mes pv, payé payé… Je pourrais m ennorgueillir de n avoir eu aucune médaille au cours de mon existence de prolétaire.

    1. Très juste mais ….le « jour du besoin » …il suffira de reprendre la liste et……zou….. chez la soeur à guillotin !!!….En attendant …la faute a ceux qui, en periode de « greve generale  » , se plaignent de ne pas pouvoir se rendre à leur travail en transports en commun !!!! le « peuple français » VAUT IL tous les louables efforts des deputés F I ou proches de la F I ?

      Pour ma part je suis pour une mise à la retraite(active!) de melenchon et de ses « humeurs » …. au profit d une candidature feminine (mathilde panot ou clementine autin ?) … DE LA FI ; ON LACHE RIEN !!

  8. La déstitution du président Macron et de son gouvernement devrait être demandée par le parlement et le sénat, le peuple aurait ainsi une victoire sur ce cancer national qui détruit tout sur son passage, faut un gouvernement provisoire élu par le peuple en attendant de trouver le président qui convient à la France.

  9. Je suis d’accord avec vous tous, les « gros » ne pensent qu’à se foutre dans les poches sur le compte de tout les autres, salariés, retraités, étudiants, meme animaux ils n’ont rien à foutre si on crève avec leurs conneries, tout ce qui compte pour eux c’est le pouvoir et l’ARGENT, comme MULLER l’a dit il faudrait destituer Macron et de son gouvernement mais malheureusement « le parlement et le sénat » ne feront rien car il y en a trop qui sont comme les « gros » avides de pouvoir et d’ARGENT c’est malheureusement au peuple de le faire, je n’aime pas dire ca car j’ai horreur de la violence mais il faudrait faire comme 1789, c’est triste d’en arriver là, mais si on ne fait rien c’est nos enfants qui payeront

  10. BRAVO Monsieur Ruffin pour dénoncer le trafic d’influence du régime Macron qui utilise les décorations de la République pour récompenser ses associés dans le crime.

    Vous êtes d’une trop rare qualité dans l’hémicycle et dans le monde. Si notre récompensait les qualités, vous seriez sans doute le premier d’entre nous.

  11. Abjectitude, ce mot lui va comme un gant! Je cherchais comment le définir ce petit président, mais oui, abjectitude, c’est bien!…

  12. Une petite précision: le « de cujus » a été élevé au grade de commandeur. Il n’y a pas de « grand commandeur ». Sinon, autre précision, infiniment plus grave: il n’est pas le seul Rothschild de la promo : notez Grégoire Chertok, négociateur de la vente d’Alstom Énergie à General Electric. Voilà, voilà. Bravo pour votre travail !

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