
Asalée incarne une autre idée du soin depuis plus de vingt ans : protéger les plus fragiles plutôt que de les laisser face au marché. Ce dispositif modèle permet aux infirmières de travailler en équipe avec les médecins généralistes pour accompagner les malades de longue durée et chroniques, en particulier dans les zones rurales. À l’opposé des objectifs de vingt consultations par jour, les infirmières partent des besoins des malades et peuvent prendre le temps pour écouter, rassurer, conseiller.
Dans son rapport de mai 2025, l’Igas pointe des dysfonctionnements dans la gestion administrative et financière de l’association, tout en soulignant le rôle essentiel du dispositif, qui « répond à de réels besoins de santé publique ».
Est-ce une raison suffisante pour couper brutalement les subventions à l’association ? C’est pourtant ce qu’a fait M. Thomas Fatome, directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) qui est le principal financeur de l’association, en décembre 2025.
Cette décision a des conséquences terribles pour 2 000 infirmières. Elles n’ont toujours pas pu être payées en février 2026.
Je demande donc à Mme la ministre de prendre de toute urgence l’ensemble des mesures nécessaires pour assurer le paiement des salaires des infirmières d’Asalée. Il lui demande également de garantir la préservation et le financement de l’association dans les prochaines années en mettant définitivement fin au conflit avec la Cnam.
Parce que soutenir Asalée, comme le disent les infirmières, ce n’est pas seulement soutenir une structure qui marche : c’est défendre l’idée même du soin et de l’humain.
François Ruffin