Fonderies du Jura : les promesses trahies de l’État

Avant l'été, les promesses ont fleuri pour MBF, les fonderies du jura, pour les salariés. Six mois plus tard, c'est la trahison. Et l'Etat ? Il est absent.

François Ruffin interpelle le ministre de l’Économie à propos des promesses trahies concernant la fonderie MBF Aluminium dans le Jura.

Monsieur le ministre,

Avant l’été, les promesses ont fleuri pour l’entreprise MBF, dans le Jura, pour les salariés prêts à reprendre leur société en coopérative. Il y aurait, vous le garantissiez, un plan d’action de l’État pour aider les fonderies à « se réinventer ». Du côté  de PSA, l’engagement, c’était de maintenir les commandes comme prévu jusqu’à 2025. Renault aiderait également à la construction du projet. Tous ces engagements, les ex-salariés de MBF Aluminium y ont cru, lorsqu’ils portaient leur projet de SCOP.

Six mois plus tard c’est la trahison. PSA ne prévoit d’honorer que 30% des commandes prévues. Renault ne dit toujours pas quand et combien. Et l’État ? Il est absent.

Fonderies : la SCOP lâchée par l’Etat

L’État est absent alors que leur projet de SCOP, c’est 120 emplois et une industrie stratégique qui peuvent être sauvés. Les machines sont encore en état et l’usine peut rapidement reprendre son activité.

Ils ont besoin d’un coup de pouce. Dans cette affaire, l’Etat doit maintenant concrètement s’impliquer. Directement, avec votre ministère. Indirectement, comme actionnaire des constructeurs, donneurs d’ordres.

Le PDG de Renault explique que les fermetures de fonderies c’est « le sens de l’histoire », mais c’est faux. C’est le sens du business. Ces fermetures sont des délocalisations. Sur les six fonderies menacées ou fermées, cinq sont des fonderies aluminium, pourtant essentielles pour la transition énergétique. En vérité, la France est en train de se faire voler sa production. De plus en plus de voitures électriques sont faites à l’étranger. La Dacia Spring, voiture électrique la moins chère du marché est 100% chinoise. La Twingo électrique est faite en Slovénie. Chez PSA, 85% des modèles électriques sont produits hors de France.

Face à ces délocalisations, il existe deux choix : celui de l’intérêt national, qui veut sauver notre industrie et faire entrer la France dans la transition énergétique. Ou celui des profits, qui laisse Renault et PSA commander à l’étranger pour faire des économies et goinfrer les actionnaires.

De quel côté êtes-vous monsieur le ministre ?

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