
La Fonderie de Bretagne située près de Lorient a produit pour l’industrie automobile, et pour Renault, durant des décennies. Mais à partir de 2024, ce donneur d’ordre, pourtant à l’origine de la Fonderie, l’a abandonné, pour délocaliser sa sous-traitance. Résultat : un redressement judiciaire et la mise au chômage technique de près de 300 salariés.
Un repreneur est apparu : Europlasma, arrivé grâce à l’aide de l’Etat et des collectivités locales. Avec un projet, soutenu par votre ministère : convertir cet outil pour l’industrie de Défense, notamment pour la fabrication d’obus.
Ce repreneur promettait des investissements de 15 millions d’euros sur trois ans, et la production de 250.000 dès 2025. Or depuis la reprise en avril 2025, les salariés ne voient rien venir : « Depuis plusieurs semaines, nos doutes se confirment. Nous n’avons produit aucun obus, zéro », nous alerte la CGT du site. « On est encore en activité très partielle. Et on ne voit pas la volonté d’Europlasma de véritablement investir dans l’outil industriel. »
Nous parlons là d’un secteur hautement stratégique. A l’heure où le mot de « souveraineté » est dans toutes les bouches, se retrouve dans tous les discours, l’Etat devrait s’inquiéter de la situation de la Fonderie de Bretagne et de ses 260 salariés : doit-on laisser leur sort entre les mains de financiers ? Pourquoi ne mettre cette entreprise dans le giron de Thalès, le nouveau donneur d’ordre ? Pourquoi ne pas nationaliser, au moins temporairement, pour (re)construire la filière ?
A minima : allez-vous mettre en place un comité de suivi des investissements promis par le repreneur Europlasma ?
François Ruffin