Engie : l’État-actionnaire brade Endel… et l’écologie ?

Endel est le leader français de la maintenance industrielle. Et pourtant, Engie, sa maison mère, 2,8 milliards de dividendes versés en 2019, un Etat actionnaire à 24%, décide de supprimer 5000 des 6500 emplois. Quand reprendrons-nous le contrôle ?
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M. François Ruffin interpelle M. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances sur la cession d’Endel par Engie : alors que, dans ses discours, le président de la République s’engageait à « reprendre le contrôle », allez-vous au contraire, comme premier actionnaire, à nouveau ne rien faire ?

Vendredi dernier, je me rendais sur le site Endel de Poulainville, près d’Amiens. Une cinquantaine de salariés y travaillent, à l’atelier, ou en chantier dans les usines du coin. Frédérik Conseil et Mehdi Matboua, les délégués syndicaux, m’ont fait visiter : « Il reste un bel outil industriel. Mais ils font pourrir la situation, on nous laisse mourir. Regardez ». Et de me montrer une machine abandonnée, un panneau HS sur sa façade, encerclée d’un ruban de plastique rouge et blanc.

« Ça fait combien de temps qu’elle est hors service ?
– Huit ans. Et celle-là, pareil. Ils ne remplacent pas le matériel, ni les bonhommes, ils veulent se débarrasser de nous. Tout est fait pour qu’on perde de l’argent ».

Endel emploie 6 200 salariés en France, qui interviennent dans l’énergie, l’industrie, le nucléaire, l’aérien, l’agroalimentaire, le naval civil et militaire… Avec 2 500 clients et 750 millions de chiffre d’affaires, c’est le leader français de la maintenance industrielle.

Et pourtant Engie, la maison-mère, veut s’en débarrasser. Les salariés le craignaient depuis longtemps, le couperet est tombé le 11 mai, le jour du déconfinement. Dans un communiqué, Engie annonçait son « intention de rationaliser davantage ses activités dans les Solutions Clients, en se retirant des activités à faible rentabilité ou non essentielles dans le cadre de sa stratégie ». Les « Solution Clients », c’est Endel.

Dans le même communiqué, la directrice financière d’Engie, Judith Hartmann, se félicitait d’un « bon premier trimestre malgré un contexte économique très perturbé » avec, au 31 mars 2020, un chiffre d’affaires de 16,5 milliards et un résultat d’exploitation de 3,1 milliards. « Engie dispose toujours de l’un des bilans les plus solides du secteur, avec 19,2 milliards d’euros de liquidité » lit-on ensuite. Le groupe est en bonne santé, donc. Et pour preuve : en 2019, Engie a versé 2,8 milliards de dividendes à ses actionnaires.

5 000 salariés d’Endel sont concernés par ce plan de « recentrage ». En Bourse, au lendemain de l’annonce, le titre Engie a bondi, l’une des plus fortes hausses du CAC 40. L’Etat, premier actionnaire d’Engie avec 24% du capital et 34% des droits de vote, n’a pas bougé d’un petit doigt. Depuis des années, l’Etat siège au conseil d’administration moins en stratège, « de quoi la nation a-t-elle besoin ? », qu’en financier, en rentier.

Frédérik nous explique : « Si ça passe en CA, c’est que c’est déjà validé par l’Etat : ils laissent faire. L’ancienne PDG d’Engie, Isabelle Kocher, qui s’est fait débarquer, elle voulait parier sur nous. Son axe, c’était la décarbonation, et comme on avait un pied dans plein d’usines, c’est nous qui devions leur apporter des solutions pour baisser des émissions. Ils l’ont virée, et ils reviennent à du plus classique : se recentrer sur le gaz. Et on dirait que l’Etat s’en fout. Pourtant, l’audit commandé à Mc Kinsey a dit qu’on était viable, alors pourquoi ? ». La CGT et Mc Kinsey, même combat ?

Alors oui : pourquoi ? « Les actionnaires, c’est comme des enfants, énonçait déjà un responsable de votre ministère. Quand ils veulent casser leur jouet, on ne peut pas les empêcher ». Allez-vous laisser, à nouveau, les financiers casser l’industrie ? Sacrifier un outil qui pourrait être essentiel à la transition énergétique ? Vous êtes le premier actionnaire, c’est vous qui décidez.

Dans son discours du 12 mars 2020, en plein covid-19, le président de la République Emmanuel Macron indiquait gravement : « Il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour. […] Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai ».

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8 réponses

  1. Je comprend pas pourquoi , depuis le temps que l’on sait que la vie d’une entreprise n’est pas éternelle , pourquoi la loi n’oblige pas ces entreprises à cotiser une forme d’assurance pour le jour où elles déposent le bilan.?
    Pourquoi on laisse l’Etat prendre en charge seul les dégâts qui arrivent tôt ou tard , c’est à dire le chômage des salariés mis sur le carreaux?
    Le montant de cette assurance pourrait être pris sur la rémunération des actionnaires qui , jusqu’en 2019, va de record en record.Et le montant et les intérêts ( colossal avec le temps) de ces cotisations d’assurances pourrait financer la formation , la Recherche et développement que le pays a tant besoin vu la période de conversion qui s’annonce . Cela serait même à terme une bonne affaire pour tous , entrepreneurs , salariés , actionnaires.
    Enfin , bon , moi , je dis ça , je dis rien ,Je retourne biner les patates.
    Je sais , vu de mon jardin , les choses sont simples.

    1. Et vous avez bien raison, selon moi, de continuer à biner votre jardin, tout en vous interrogeant sur le pourquoi du comment. La « zen attitude » qui ferait du bien à pas mal de monde, en ce moment. Les gens se compliquent la vie… Et pourtant, elle pourrait être si simple…

  2. Je suis convoyeur de fonds victime d’un accident de la circulation dans le cadre de mon travail. Jai eu de multiples opérations et suis encore à ce jour en accident du travail. Ma conjointe de 37 ans à fais deux cancer consécutif en deux ans lors de mon accident nous devions nous installer ensemble mais moi étant en maladie et en instance judiciaire et mon amie étant dans un long combat avec la maladie nous n’avons eu d’autre solution que de revoir notre installation à plus tard mais nous avons ommis de changer les adresses de certains organismes
    Ma conjointe ses fais contrôler par la caf qui a décidé de lui supprimer tous ses droits et nous a déclaré fraudeur hors je vis chez ma mère ne l aide pas financierement
    J’ai eu beau voir des assistantes sociales
    Demander de l’aide à la député du jura montrer tous nos justificatifs personnes ne nous vient en aide elle vas se retrouver a la rue malade avec deux enfants sous le bras je ne sais plus quoi faire et j’aimerais parler aux plus hautes institutions car nous nous sommes bien rendu compte que nous ne sommes pas grand chose
    J’aimerai avoir la chance de parler de cette histoire à monsieur ruffin qui est hallucinante de méchanceté de corruption et de non non-respect de la dignité humaine
    Bien cordialement

  3. Il m’arrive de laisser un commentaire et peut-être l’ai-je déjà dit ici. Pas mélenchonien pour un sou (je n’ai plus 20 ans depuis longtemps et j’ai un peu connaissance de son parcours, à commencer par sa participation active à la construction de Cette Europe), j’ai néanmoins mis son nom dans l’urne des présidentielles car il pouvait y avoir une bribe d’espoir que puisse renaître un mouvement transformateur après des décennies de soumission idéologique des directions politiques et syndicales. Mais pour qu’un tel mouvement prenne réellement forme et capacité d’action, encore faut-il qu’il détermine des lignes de force bien définies. Or la clarté est peu souvent de mise chez LFI.
    Prenons le grand vent d’écologisme qui souffle sur tous les partis et dont les bouffées passent par rafales dans l’air ambiant et les discours. Se prétendre écolo sans remettre en cause fondamentalement le système capitaliste, ce n’est qu’aller à la pêche aux voix et nager dans l’arrivisme politicien. Mais être conscient de l’immondialisation financière qui exploite sans limites la nature et toute forme de vie, à commencer par les humains, devrait impliquer de reconnaître qu’elle sévit chez nous (en nos colonies) grâce à son bras armée qu’est l’UE. Aussi, quel que puisse être le programme proposé, s’il n’intègre pas ces éléments et n’y associe pas la nécessité de reconquérir souverainetés populaire et nationale, indépendance, liberté et un peu de démocratie autre que décor de carton-pâte…aucune transformation ne saurait advenir. La question est : est-ce qu’un courant politique, ou quelques personnes, peuvent être capables d’assumer cela? Serait-ce, actuellement, suffisamment rentable…électoralement? Mais, aussi, est-ce bien là la question première?…
    Méc-créant.
    (Blog: « Immondialisation: peuples en solde! » )

  4. Bonjour,

    Je ne laisse JAMAIS de commentaires mais cet article est truffé de fausses informations. Est-ce que quelu’un se pose des questions parfois ou bien faut-il toujours tout expliquer et prendre un peu de recul. Pour information :
    – Cession d’ENDEL : ENGIE se pose des questions mais la cession d’ENDEL n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui est normal pour une branche qui engloutit 1 M€ en perte chaque année. Mais Bouygues à fait la même chose avec sa filière française passée CAMOM puis SAIPEM.
    – Poulainville : Messieurs Conseil et Matboua sont syndicalistes, c’est à noter. A quand remonte la dernière fois que l’on a entendu un syndicaliste dire que tout va bien, qu’il est heureux et fier de travailler pour sa société? Ils veulent se séparer de vous? Mais qui ENDEL ou ENGIE? ce sont 2 entités à part entière. Qu’ENDEL n’entretienne pas son outil est une chose, qu’ENGIE en soit responsable en est une autre. Est-ce que le responsable d’activités du site est à même d’amener des réponses ? Est-ce que le directeur régional peut le faire aussi ? Est-ce que même la remise en état a été budgetée? Quelle est la raison de cet abandon? Ce n’est pas précisé.
    – ENGIE veut se débarrasser d’ENDEL : Ah bon? Mais pourquoi avoir mandaté Mc Kinsey pour un audit quelques mois avant?
    – Les salariés le craignaient : Oui, comme depuis 2008, date depuis laquelle ENDEL est vendue environ tous les ans.
    – Dans un communiqué d’ENGIE : FAUUUUUUXXXXXXX. C’est un journaliste qui a écrit un article dont les sources, les informations et les dires sont invérifiables. ENGIE n’a jamais communiqué sur ce sujet (cession d’ENDEL en particulier).
    Pourquoi agiter des drapeaux rouges alors qu’il faut juste remotiver les gens. Vous pensez qu’en alarmant les salariés ils vont contribuer au redressement financier de la société ou baisser les bras?
    Et si ENDEL était vendue, qui la reprendrait? Eiffage? Ponticelli ? Ce serait peut-être un mal pour un bien?
    Pour finir, l’audit Mc Kinsey a fait ressortir qu’il y avait trop de fonctions de direction chez ENDEL car Mc Kinsey a été mandaté par ENDEL et non ENGIE. Résultat : la direction est passée de 9 directeurs régionaux à 5 et a supprimé 1 poste de directeur intermédiaire. Par contre, pas de licenciement de compagnons.
    Il a aussi fait ressortir qu’il y a trop d’actifs (atelier en particulier) chez ENDEL qui ne servent pas à 100%, réduction des actifs en les recentrant. Pas de réduction de personnel, juste une relocalisation.
    Vérifiez vos informations. Ne secouez pas le cocotier avant que le fruit ne soit mûr. Il y a des compagnons que vous inquiétez pour rien. Interrogez les bonnes personnes.

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