« En même temps » : proclamer l’urgence climatique et importer du bœuf américain (nourri aux farines de sang)  ?

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Le parlement européen vient de réaliser cet exploit : proclamer à Bruxelles "l'état d'urgence climatique" et la même semaine doubler les importations de viandes américaines... nourries aux farines de sang !

Francois Ruffin interpelle M. le ministre de l’Europe à propos de cet exploit : proclamer à Bruxelles « l’état d’urgence climatique » et la même semaine doubler les importations de viandes américaines… nourries aux farines de sang !

« Nous allons faire voter un texte qui déclare l’état d’urgence climatique et environnemental en Europe. » Pascal Canfin, député européen En Marche, exprime sa détermination : « … parce que nous sommes deux semaines après que Trump a confirmé sa volonté de sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris. » Roulez tambours, sonnez trompettes.
Voilà pour les discours.

Mais qu’apprend-on ? La même semaine, à Bruxelles toujours, le même parlement européen doit valider un accord avec les Etats-Unis « visant à doubler les importations européennes, à droits de douane nuls, de viandes bovines étasuniennes. » Des viandes dites « de haute qualité », mais qui peuvent en vérité provenir de bovins nourris aux farines de sang, aux farines de porc, aux litières de volaille.
Jusqu’alors, les Etats-uniens n’exportaient qu’un volume limité de viandes bovines vers l’UE (17 000 tonnes en 2018). La révision de cet accord « Panel Hormones » va leur ouvrir un boulevard, sans aucun droit de douane ni aucune concurrence. Ce serait le prix à payer pour solder un long conflit nous opposant aux Etats-Unis sur l’interdiction du « bœuf aux hormones ».

Rarement le « en-même-temps », ici la même semaine, le même jour, n’aura autant relevé du grand accord. Donald Trump sort de l’accord de Paris, mais au fond, on le récompense. On promeut le mode d’élevage américain, ultra-productiviste, fortement émetteur de gaz à effet de serre, avec des modes d’alimentation (farines de sang, litières…) interdits en Europe. On mine ainsi les standards européens, tout en réclamant une « montée en gamme de l’agriculture française », voire une « relocalisation » ! Enfin, et surtout, vous poussez toujours plus loin le grand déménagement du monde, avec des flux de marchandises tous azimuts, et les émissions liées aux transports qui vont avec, qui ne diminuent pas, qui augmentent chaque année : tandis que vous facilitez les importations depuis le Canada, désormais les Etats-Unis, bientôt le Brésil ou l’Argentine avec le Mercosur, vous recommandez aux paysans français d’exporter en Chine ! Voilà vos « circuits courts » !

Une question simple : cet accord « Panel hormones », envisagez-vous de le présenter au Parlement français ? Ou comptez-vous contourner la représentation nationale ?

(Cette question, retravaillée, nous a été suggérée par la Fédération Nationale Bovine et son président, notre ami Bruno Dufayet. L’amitié n’interdisant pas des désaccords : non, pour nous, les exportations vers la Chine ne doivent pas être l’avenir de l’élevage français.)

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