Monsieur le ministre de l’Education : avez-vous décidé d’en finir avec les Rep + ?

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François Ruffin interpelle Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale : avez-vous décidé d’en finir avec les Rep + ?

Monsieur le ministre,

Je viens de recevoir un tableau plein de chiffres, la « Dotation Horaire des Collèges de la Somme ». Tout en haut, dans les premières lignes, figurent les établissements qui vont perdre le plus d’heures. En 1, médaille d’or : « Rosa Parks ». En 2, argent : « César Franck ». En 3, en bronze : « Arthur Rimbaud ». Et juste au pied du podium, en 4 : « Guy Maréschal ».

Ca ne vous dit rien, ces noms-là. A moi, si. Les quatre se trouvent à Amiens, et les quatre dans des « quartiers populaires », « en difficultés », « politiques de la ville », dites-le comme vous voulez : Etouvie, Amiens-Nord, Guy Mareschal. Tous les quatre sont d’ailleurs notés « Rep + », et eux vont perdre 95 h, soit l’équivalent de cinq postes.

Je les connais d’autant mieux, ces établissements, que c’était déjà le même classement, à peu près, l’année d’avant. Et la même chose, en fait, l’année d’avant, scénario qui se répète depuis que vous êtes arrivé au ministère et moi à l’Assemblée :   les « Rep + » en première ligne pour la fonte des heures. Avec les enseignants, donc, et des parents d’élèves, j’ai participé à des manifestations, assisté à des AG, et même à une « Nuit des collèges », avec matelas, sacs de couchage et machine à café dans une salle de classe.

« Il y a encore quatre ans, avant l’arrivée d’Emmanuel Macron, me décrivait un prof de Guy Mareschal cette après-midi, c’était 18 ou 19 élèves par classe, jamais au-delà de 20. Maintenant, on monte à 24. Et ils parlent de relever le plafond à 26. Comment on peut avoir un accompagnement individualisé, dans des classes, avec des gamins formidables, mais quand même pas faciles, des Ulis, des allophones, des dyslexiques, avec des troubles de lecture qui persistent, comment on peut adapter notre enseignement dans une classe de vingt quatre ? Y a pas de miracle : on ne peut pas. »

Et un enseignant de Rosa Parks m’alertait par courriel : « Est-il nécessaire de rappeler que notre établissement scolarise les élèves dont les difficultés scolaires sont les plus aigües ? 15 élèves de 6ème ayant une notification Ulis sont scolarisés dans les classes-type faute de place. Certains ne savent pas lire. Les scores de fluence font apparaître que 41.9% de nos élèves de 6 ème n’ont que les attendus de fin de CE2 (contre 15% dans l’échantillon national). Seuls 23.8% d’entre eux ont les attendus de début de 6 ème (contre 54% dans l’échantillon national). Le taux de maîtrise insuffisante ou fragile aux évaluations 6 ème en Français et en mathématiques n’a fait que croître entre 2017 et 2020 (43% en Français et 64% en mathématiques). L’écart aux valeurs départementales aussi. Évidemment, les autres cohortes éprouvent elles aussi des difficultés très marquées. »

Et devant ces soucis cumulés, il ne faudrait pas plus de moyens, pour redresser la barre ? Ou alors, vous considérez qu’en sixième, il est déjà trop tard ?

Tel semble l’implicite, le non-dit, de votre politique : miser sur le primaire, c’est vrai, le dédoublement des classes. Et ensuite, ce serait fichu, le destin scolaire, et même professionnel, serait tracé… Du coup, autant sacrifier les collèges Rep +, avec une érosion des dotations. Si c’est votre projet, dites-le, affichez-le, débattons-en, plutôt que de le mener en douce, sans le dire. Ma question, enfin : dans ces établissements, jusqu’à quel effectif imaginez-vous monter ? 24 ? 25 ? 26 ? Avez-vous un plafond ?

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