Total : des licenciements verts ?

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C'est nouveau : Total vire écolo ! Enfin, juste assez pour reverdir son plan social, une "plateforme sans pétrole" promouvant les "agrocarburants". Mais là, extra : à la place de tomber dans le piège, Greenpeace et la CGT se donnent la main ! On vous explique tout sur le projet "Galaxie".
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Le projet de Total s’appelle « Galaxie », mais c’est un plan social greenwashé qui vise à transformé la raffinerie de Grandpuits en « plateforme zéro pétrole », comme ils disent. C’est en fait un plan de licenciement « vert », avec la suppression de 207 emplois directs et plus de 500 emplois indirects.

Grandpuits est existe depuis 1966. La raffinerie abreuvait Paris en essence avec le pétrole sur place, puis avec celui du Havre, connecté par un pipeline. Et puis il y a eu deux fuites, une en 2015 et une autre en 2019, et il faudrait 600 millions d’euros pour le réparer. 600 millions sortis de ta poche, c’est sûr, c’est énorme. Mais sorti de la poche de Total, c’est autre chose. Ce matin, la multinationale a annoncé un nouveau versement de 6,38 milliards d’euros à ses actionnaires, nouveau record du CAC40. Eh bien à la place de débourser ces 600 millions, Total préfère organiser un plan de licenciement « vert » !

Aller plus loin : Total, « vous préparez un monde de merde pour nos enfants ! »

Pendant qu’on cause de tout ça, Total est en train de construire un autre pipeline en Ouganda, donc un truc de 1445 km de long qui traverse un parc naturel et priver 100 000 personnes d’accès à l’agriculture. Quatre rapporteurs de l’ONU ont demandé des comptes à Total et ont jugé qu’ils n’avaient pas anticipé la violation des droits humains. (Peut-être même qu’ils s’en fichaient bien, d’ailleurs)

Associé à Greenpeace, Attac, aux Amis de la Terre, à la Conf, au CNRS, la CGT a démonté le plan écolo de Total. Le « zéro pétrole » tout vert sera remplacé par des agrocarburants, or « depuis 2015, 90% de l’augmentation de la demande en huile végétale est liée aux biocarburants », expliquent les camarades.

Total : le piège évité ?

Le premier objectif de Total, c’est évidemment de licencier pour faire des profits et de ne pas investir les 600 millions d’euros dans la rénovation du pipeline du Havre. Mais il y a un deuxième objectif qui, pour moi, est beaucoup plus idéologique… Total veut rendre l’écologie anti-populaire. C’est-à-dire que si on fait rimer écologie avec chômage, avec licenciements, avec plans sociaux, qu’est-ce que ça produit ? Ça produit que les gens vont détester ça. Les ouvriers vont détester ça. Voilà, au fond, leur projet idéologique.

Ce qui est formidable, c’est que les salariés et les écolos, la CGT et les assos environnementales, les rouge et les verts se sont tendus la main pour éviter le piège qui leur était tendu, se sont associés, agissent ensemble, portent un contre-projet qui soit socialement et écologiquement juste.

Dernier truc : ce matin ils ont essayé de rentrer dans la tour Total, à La Défense. Les CRS les en ont empêché. J’espère qu’on regardera comme une aberration, bientôt, que les salariés de Total ne siègent pas au Conseil d’administration. Et, même, que les associations environnementales, les élus, les habitants, ne siègent pas une multinationale à 100% détenue par ses actionnaires, BlackRock le premier. J’espère qu’on regardera, bientôt, comme une aberration que ce groupe qui fait la politique énergétique du pays, soit entièrement confié entre les mains du capital.

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