Psychiatrie : ma question écrite à Agnès Buzyn

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Madame la ministre,

A l’Assemblée nationale, je vous alertais le 27 octobre dernier sur la situation de l’hôpital psychiatrie Philippe Pinel à Amiens, et sur la psychiatrie en général : chambres sur-occupées, privation de liberté, soins réduits au minimum, détresse des soignants…

Solennellement, vous alors répondu aux parlementaires :

“Je le dis à tous les députés, les établissements psychiatriques sont extrêmement surveillés dans notre pays. Ils font l’objet d’une visite de certification tous les quatre ans. Quand ils n’atteignent pas le niveau ad hoc, ils ont des visites tous les six mois, voire tous les ans, avec des experts médicaux qui vérifient l’adéquation des moyens aux missions, la manière dont les patients sont traités, y compris sur le plan humain. Donc on ne peut pas raconter que dans nos hôpitaux aujourd’hui, des patients échappent complètement à une certification.”

Circulez, il n’y a rien à voir.

Depuis, Madame Barbara Pompili, députée En Marche! de la Somme, a à son tour visité cet hôpital. Voici le début de son témoignage, publié sur sa page Facebook :

“Je savais, on me l’avait dit. Mais je n’avais pas vu. Maintenant j’ai vu. Et je ne pourrai plus oublier. Je ne pourrai pas ne rien faire. C’est une question de civilisation. C’est une question d’humanité.”

Et elle conclut:

“Le pire, c’est qu’il semble que Pinel serait loin d’être un cas isolé. Un rapport de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a déjà pointé en 2016 les conditions révoltantes de contention et d’isolement.

Un système aveugle est en train de nous faire revenir en arrière sur la manière dont nous traitons nos plus vulnérables. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire des économies ici.”

Alors, Madame la ministre, l’aveuglement se poursuivra-t-il? Ou accepterez-vous d’ouvrir les yeux sur l’état de la psychiatrie dans ce pays ?

Nous portons, pour notre part, une proposition simple, qui tombe sous le sens : qu’a minima, la dotation pour les hôpitaux psychiatriques suivent la même évolution que pour les hôpitaux classiques. Alors qu’aujourd’hui ces crédits ne stagnent pas seulement, ils diminuent.

Nous sommes évidemment prêts à en discuter avec votre ministère.

Nous espérons que, pour que l’alarme d’un élu soit prise au sérieux, il ne faut pas qu’il porte la bonne étiquette, elle de la majorité.

Nous avons, évidemment, contacté Barbara Pompili, députée En Marche! de la Somme, pour mener des actions communes dans l’intérêt des patients et des soignants.

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3 réponses à “Psychiatrie : ma question écrite à Agnès Buzyn”

  1. Il y a beaucoup de personnes opprimés par ces établissements Une honte

    Répondre

  2. bonjour
    Je suis infirmier en psychiatrie depuis 13 ans. Dégoûté par les différentes dois disantes restructurations qui en fait ne servent qu’ a réorganiser les unités de soins avec le moins de personnel possible, je jette l éponge et arrête ce beau métier que j aime, il m’est en effet impossible de travailler en accord avec valeurs professionnelle et je ne peux plus accompagner la personne malade telle qu il le faudrait. La gouvernance hospitalière est à l’image de gouvernance d’État c’est a dire : ferme ta gueule et travaille. Aucune possibilité de dialogue lorsque l on évoque la maltraitance institutionnelle. J ai réellement mal au coeur de quitter ce métier qui n a plus aucun sens a mes yeux : nous sommes devenu des « garde malades » rien de plus. Plus de place à l accompagnement aux entretiens infirmiers….Du coup l agressivité des patients est exacerbée et la réponse hospitalière est de plus en plus carcérale..
    bref j ai des tas d exemples en tête ou souvent j ai l’impression que l’on marche sur la tête.
    Voilà je vais devoir trouver autre chose à faire de ma vie..

    Répondre

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