Pompiers : pas un « métier à risques »… pour des « raisons budgétaires » !

Chaque fois qu’un pompier décédé est évoqué à l’Assemblée, les députés se lèvent en un hommage unanime et mérité. Ces applaudissements ne suffisent pas : que cette profession soit enfin reconnue comme métier à risque.
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François Ruffin interpelle Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur : les pompiers sont-ils oui ou non un métier à risque ?

Chaque fois qu’un pompier blessé ou décédé est évoqué à l’Assemblée Nationale, tous les députés se lèvent en un hommage unanime et mérité. Mais ces applaudissements ne suffisent pas et doivent aujourd’hui être suivis d’un acte : que cette profession soit reconnue comme métier à risque.

En effet, à notre permanence, nous avons reçu des représentants syndicaux. Et ils nous l’ont appris, nous en étions abasourdis : les pompiers ne figurent dans les métiers à risque ! Les gendarmes, les policiers, les contrôleurs aériens, les égoutiers ou les surveillants pénitenciers, oui. Cela est parfaitement légitime. Mais les hommes qui vont affronter le feu ou la folie, qui se retrouvent pris au milieu des conflits et des incendies, n’exercent donc pas un métier à risque ? Tout cela, en vérité, parce que votre gouvernement, comme vos prédécesseurs, refuse de mettre la main au carnet de chèque. Pour éviter la prime qui en découlerait.

Entre 2014 et 2018, le nombre d’interventions a augmenté de 15 % dans la Somme. Partout en France, les pompiers interviennent de plus en plus fréquemment. Pourquoi cette hausse ? Parce qu’ils comblent les carences du public et du privé : ils remplacent les médecins de garde, ou les ambulances, parfois même les sociétés d’ascenseur, et surtout police secours, notamment pour les ivresses sur voie publique, voire pour les conflits familiaux.

Composer le 18 est devenu un réflexe chez les Français. Mais également chez les régulateurs des urgences, qui renvoient vers les pompiers pour se « couvrir ». Leur saturation s’accompagne d’un sentiment de non-reconnaissance : ne pas être écouté alors qu’eux sont toujours à l’écoute. Ne pas être écouté par votre gouvernement.

Ce sont aujourd’hui les sept syndicats de pompiers (du FA/SPP-PATS et du Spasdis-CFTC, CGT, Avenir-Secours, FO SIS, CFDT Interco, UNSA-SDIS de France) qui ont déclaré une grève nationale, allant du mercredi 26 juin au samedi 31 août. Soit 85 % des pompiers, y compris officiers et sous-officiers. Cette union, rare, en témoigne clairement : si leur devise « efficience, altruisme, discrétion », en dit long sur leur dévouement, ils ne veulent néanmoins pas être les dindons d’une farce budgétaire.

Question rédigée par mon collab’ Angelo Tonolli, relue et validée par moi.

Voici la réponse de Christophe Castaner (le 15 octobre 2019) :

Les organisations syndicales représentant les sapeurs-pompiers professionnels ont exprimé le souhait que la profession de sapeurs-pompiers soit davantage valorisée. Le Gouvernement a parfaitement conscience de l’importance de notre modèle de sécurité civile et du rôle déterminant qu’y jouent les sapeurs-pompiers, parfois au péril de leur vie.

Les événements récents suffisent à prendre la pleine mesure des risques qu’ils encourent pour sauver la vie des autres. Le caractère dangereux du métier et des missions qu’exercent les sapeurs-pompiers est notamment reconnu par l’article L.723-1 du code de la sécurité intérieure.

Le classement en catégorie active des emplois de sapeurs-pompiers professionnels ou encore le régime indemnitaire spécifique qui leur est alloué font partie des éléments concrets de la reconnaissance de ce caractère dangereux et ce depuis de nombreuses années.

Il est donc incontestable que l’État reconnaît cette profession comme un engagement comportant des risques et s’efforce de mettre en œuvre tous les instruments pour en valoriser l’exercice. Ces dispositions, prises dans leur globalité, s’avèrent ainsi comparables avec celles des autres forces de sécurité. Ainsi, le fait d’occuper un emploi de catégorie active ouvre droit, pour les sapeurs-pompiers professionnels à un départ anticipé à la retraite par rapport à l’âge normal et à une bonification, pour la liquidation de leur pension, égale à un cinquième du temps passé en catégorie active.

De même, les sapeurs-pompiers professionnels perçoivent une indemnité de feu de 19% du traitement soumis à retenue pour pension, dont le montant est entièrement pris en compte dans le calcul de la pension de retraite, à la différence des éléments de régime indemnitaire des autres fonctionnaires.

La demande de revalorisation de cette indemnité de feu, portée par les organisations syndicales, aurait un impact budgétaire significatif, qui pourrait être de nature à affecter les budgets des services d’incendie et de secours, dans lesquels l’État n’intervient pas directement.

En conséquence, le Gouvernement prendra acte des propositions que porteront les représentants des présidents des conseils d’administration des services d’incendie et de secours et des principaux financeurs de ces établissements publics (conseils départementaux, communes et établissements publics de coopération intercommunale) et déclinera dans les textes réglementaires nécessaires les éléments issus des négociations actuellement en cours.

S’agissant enfin de l’augmentation de l’activité des services d’incendie et de secours, il est évident qu’elle met de plus en plus ces services sous tension, lorsque l’on constate qu’en 10 ans le volume annuel d’interventions dans le domaine du secours et de l’assistance aux personnes a augmenté de 50% en raison de facteurs multiples.

Le ministre de l’intérieur a identifié, avec la ministre des solidarités et de la santé, une première série de mesures visant à faire face à cette situation.

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3 réflexions sur “Pompiers : pas un « métier à risques »… pour des « raisons budgétaires » !”

  1. Mr Ruffin , vous êtes toujours juste ….même dans votre Marseillaise, merci pour ce moment d’humour musicale.
    Ne changez rien !!
    Amitié. Dô

    1. Pour précision, la bonification n est pas égale à un cinquième de la carrière active puisqu’elle est limitée à 5 ans pour une carrière complète de 37 ans effectifs. De plus, ce n est pas un cadeau puisqu’il nous en coûte une surcotisation mensuelle durant tout notre actif à hauteur de 3.8% du traitement brut en supplément de la cotisation de base de 10.83%. Quant aux parts employeurs, elles sont respectivement de 3.6 et 30.65%. On est très loin des cadeaux estimés par notre cher ministre.

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