Noam Anouar : « défaut d’exemplarité » ou policier exemplaire ?

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Noam Anouar, policier, syndicaliste à Vigi passait en conseil de de discipline pour "défaut d'exemplarité". Je l'accompagne comme témoin à son conseil de discipline, à la préfecture de Paris. Pour interroger sa hiérarchie: n'est-il pas, au contraire, un policier exemplaire ?
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Aussi, le même jour, une Maman nous a écrit. Son fils, lycéen, est emmené en garde à vue, pour un feu de poubelle (« c’est pas malin », admet-elle). Mais au commissariat du XXème, s’ensuit un calvaire, avec des humiliations semble-t-il ordinaires.
Ces policiers seront-ils traduits, eux, en conseil de discipline ?

Voici son témoignage, que j’ai lu lors de l’audience de Noam :

Les enfants se sont donc retrouvés à partir de la fin d’après-midi, seuls dans des cellules sans aucune information de ce qui allait se passer. Cellules où l’odeur est insupportable. Ils n’ont pas été informés qu’ils allaient rester la nuit. A chaque fois qu’ils ont demandé l’heure, on leur répondait « après ». Mon fils a demandé du papier toilette, le flic lui a dit « je reviens », il n’est jamais revenu. Lorsqu’on lui a amené son repas le vendredi soir, le flic lui a dit « fais attention c’est brûlant », en fait le plat n’était même pas décongelé. Ils sont réveillés la nuit toutes les deux-trois heures pour être fouillés. Mon fils avait enlevé son tee-shirt et son sous pantalon pour se faire un oreiller et se protéger de la lumière pour essayer de dormir, un flic est venu dans la nuit et lui a demandé s’il avait froid. Il lui a répondu oui, et ce dernier lui a pris son tee-shirt et son pantalon. Mon fils a vomi pendant la nuit à plusieurs reprises, il a sonné longtemps, très longtemps (ce fameux bouton comme à l’hôpital où on appelle quand on a besoin d’aide), personne n’est jamais venu. Il s’est alors mis à taper contre les murs pour que quelqu’un vienne enfin. Un flic est venu et lui a dit d’arrêter et de fermer sa gueule, sans même lui demander ce qu’il se passait. Lorsqu’ils ont été déférés, les enfants n’avaient aucune info d’où ils étaient emmenés

Pouvez-vous me dire quel être humain mérite à ce point de ne plus être considéré ? De quel droit, ces agents de police peuvent ne pas amener du papier toilette à un gardé à vue qui en réclame ?

Quand les enfants ont été déférés au tribunal, ils n’avaient aucune idée d’où ils partaient. Quand l’un d’entre eux a osé demander dans le fourgon où ils allaient, un des agents de police leur a répondu : « Ferme ta gueule, j’ai envie de taper alors ne me cherche pas ». La situation est très préoccupante et là ce ne sont que quelques-unes des premières remarques que mon fils a pu nous faire hier soir. Quelle image donne-t-on aux mineurs de la Police ? C’est le système lui-même qui est en train de braquer les jeunes contre la Police. Quel être humain mérite d’être traité avec autant d’humiliation ? Où est le respect des droits de l’Homme ?

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