Qu’est devenu le “name and shame” contre les fraudeurs fiscaux ?

Monsieur Ruffin interroge le Ministre de l’Action et des Comptes publics : qu’est devenu le “name and shame” promis en 2018 contre les fraudeurs fiscaux ?

“La réputation d’une entreprise qui organise l’échappée de son impôt mérite d’être connue des Français”. Voilà ce que disait Gérald Darmanin, alors ministre de l’Action et des Comptes publics, en 2018. A l’époque, il présentait déjà un grand plan de lutte contre la fraude fiscale. Et promettait donc que la France basculerait dans l’ère du “name and shame”, cette pratique anglo-saxonne qui consiste à nommer publiquement les entreprises condamnées pour fraude fiscale.

Le Parlement a donc voté une loi, la loi du 28 octobre 2018 relative à la lutte contre la fraude. Et cette loi créait un article spécifique dans le Code général des impôts, l’article 1729 A bis. Désormais, il est donc possible de publier sur le site internet de l’administration fiscale les amendes ou majorations appliquées aux entreprises pour des fraudes d’un minimum de 50 000 €. Plus de 4 ans après ce vote, où est cette page internet ? Où pouvons-nous consulter la liste des entreprises ayant fraudé le fisc ?

Il y aurait pourtant du beau monde à épingler sur cette liste de « name and shame », cette liste de la honte fiscale : Google et son amende de 500 millions d’euros payé en 2019, L’Oreal et son accord à 320 millions d’euros passé avec le fisc pour « résoudre un différend » lié au paiement de l’impôt sur les sociétés la même année, le groupe Kering et son redressement fiscal conclu en 2020, révélé par Mediapart et dont on ne connaît toujours pas le montant, ou encore McDonald’s qui vient de signer un chèque de 1,2 milliard d’euros au Trésor Public pour s’éviter un procès pour fraude fiscale. Et ceci n’est qu’un tout petit échantillon, au gré des indiscrétions glanées par la presse, puisque 5 ans après votre promesse de 2018, la liste des entreprises fraudant le fisc n’est toujours pas publique !

Début 2022, en réponse à une question écrite du député Romain Grau, le gouvernement reconnaissait que la “mise en oeuvre du dispositif n’est pas encore effective” mais promettait que ça aller démarrer courant 2022.

Alors, quand est-ce que ça démarre ? Aujourd’hui, vous promettez à nouveau un grand plan de lutte contre la fraude fiscale, mais où en est-on de la mise en œuvre de cette mesure centrale de votre plan précédent ?

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