Marie Brizard : le milliardaire qui ne veut pas payer

Licencié sans raison, Antoine ne touchera pas d’indemnités de Marie Brizard. Même si son actionnaire principal, Cayard, 17e fortune française, se porte bien
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François Ruffin interpelle Bruno Le Maire Ministre de l’Economie et des Finances à propos de licenciements en cours chez Marie Brizard.

Jean-Pierre Cayard, l’actionnaire principal, 17e fortune de France, numéro 2 des spiritueux, n’a pas d’argent pour un plan social ! On a du mal à y croire.

J’ai reçu Antoine, commercial pour la société Marie Brizard depuis 14 ans, à ma permanence d’Amiens. Sa mission consiste à placer les bouteilles de whisky William Peel, la vodka Sobiesky, l’anisette Marie Brizard, etc., dans les rayons des hypermarchés du Nord de la France. Il se lève plusieurs fois par semaine à 4h du matin, toujours sur la route, découchant plusieurs fois par mois.

Jeudi 27 juin, à 17 h 36, il a reçu un message de la direction sur son téléphone. Il était convoqué à une réunion téléphonique 9 minutes plus tard. A travers les ondes, la direction lui a alors lu le communiqué du groupe : « l’adaptation de notre organisation commerciale entraînerait 51 suppressions de postes de commerciaux sur le terrain ». Le conditionnel semble superflu : la décision est déjà prise, ferme, définitive.

En réunion, le lendemain, la directrice des ressources humaines lui a simplement stipulé : « secteur 410 – Antoine Monet – supprimé ». Après 14 ans de bons et loyaux services. La DRH a poursuivi : « le groupe n’a plus d’argent, on ne parlera donc pas d’indemnités supra-légales ». En faisant lui-même ses comptes sur le site du ministère du travail, en incluant toutes ses primes, Antoine estime qu’il va percevoir 8000 euros.

Et pourtant, l’actionnaire majoritaire à 50,97 % de la société est Jean Pierre Cayard, le numéro 2 des spiritueux en France, 17ème fortune du pays d’après Forbes, un patrimoine estimé à 4 milliards d’euros. 4 milliards d’euros. Mais « on ne parlera pas d’indemnités supra-légales », bien sûr. Depuis qu’il est entré au conseil d’administration, il y a 4 ans, la société n’a cessé de se dégrader au profit, semble-t-il, de son groupe historique, La Martiniquaise. Comme avec Sudzucker, comme avec Luxfer, on sabote un tissu économique pour renforcer une position hégémonique. Et l’État laisse faire.

Aussi, M. le ministre, je vous demande de faire la lumière sur la situation de la société Marie Brizard, de sortir les crocs face aux abus de position dominante. Et d’agir, c’est bien le minimum, pour que ce milliardaire des spiritueux offre des reclassements, ou un plan de départ, dignes de ses salariés.

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3 réponses

  1. Bravo François Ruffin,

    Vous faites partie de ceux qui, à contre courant, tant elle est dégradée par ceux qui nous « gouvernent » (nous humilient?) donne de la valeur, voire même de la noblesse à la politique.

    Ne changez pas, même si, un jour, et j’espère bien qu’il arrivera, vous êtes aux manettes.

  2. Bonjour Monsieur Ruffin,

    Oui la situation de la société Marie Brizard est une société peu reluisante et dirigée depuis peu par M. Cayard.
    Cependant on est passé d’un cours fin 2010 de 56€ à un cours fin 2016 de 17€.
    Puis de 17€ à 2€ fin 2019.
    Ne peut on pas considérer que la société est mal gérée depuis des années, que les produits ne sont pas de bonnes qualités/inadaptés. Ou bien même de trouver normal qu’une société évoluant sur un milieu sans cesse taxé et mis à l’opprobre éprouve des difficultés, non?

    1. Bonjour Haie,
      Le problème n’est même pas de savoir si la société a été bien ou mal géré, si les produits sont de bonnes quantités! Le problème est de savoir à qui profite cette situation? et pourquoi ce qui on été de « bons petits soldats » pendant des années on été mis à la porte sans indemnités convenables!!!
      Pour rappel (puisque vous semblez connaître le dossier), en 2010 Cayard avait proposé 170M€ uniquement pour la partie france, aujourd’hui la capitalisation total du groupe dest de 44M€, qui est gagnant? Sans oublié qu’il est maintenant le principal fournisseur de MBWS et que c’est sa force de vente qui remplace la plus part des licenciés! il gagne sur tout les lignes…

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