Lycée Delambre : ma question au Ministre de l’Éducation nationale

12 décembre 2017

M. François Ruffin interroge Monsieur le Ministre de l’Education nationale sur la situation du lycée Delambre, et également sur la situation des lycées en zone prioritaire.

Ce vendredi 8 décembre, les élèves du lycée Delambre, à Amiens, ont bloqué leur établissement, défilé dans les rues, manifesté en centre-ville, alors que les enseignants avaient déjà fait grève la veille. Les causes de leur mécontentement? Elles sont simples, nullement idéologiques: “Nous sommes 35 par classe. Nous n’arrivons plus à travailler.”

Entre 2009 et 2015, c’est l’équivalent de 23 postes qui a été supprimé, dont un poste de CPE.

Ce lycée a perdu ses contrats aidés.

Il est situé en zone prioritaire.

Madame la rectrice, Valérie Cabuil, a reçu une délégation de six élèves, une représentante de Sud-Éducation et moi-même. Lors de cette réunion, elle s’est engagée sur le recrutement, dès la rentrée de janvier, d’un poste d’Assistant d’Education supplémentaire, et de cinq services civique pour permettre une “co-présence” dans les classes de seconde.

Mais nous en sommes surtout sortis avec des constats partagés. D’abord, ces mesures relèvent du “colmatage”: on pare au plus pressé, avec un personnel non-formé. Ensuite, une erreur d’appréciation a été commise: comme l’a admis la rectrice, “nous avions mal évalué la hausse des effectifs”. Comme le réclamaient les enseignants, il aurait fallu ajouter au moins une classe de seconde, les élèves en souhaitent deux aujourd’hui. Aussi, ces jeunes viennent de collèges prioritaires, et subissent à l’entrée au lycée, comme l’a énoncé Madame la rectrice, “un vrai choc du nombre d’élèves.” Enfin, le flou demeure quant à la rentrée 2018: “Je ne sais pas quels seront vos moyens l’année prochaine.”

Alors, Monsieur le ministre, pour le lycée Delambre en particulier: quels moyens comptez-vous débloquer en urgence pour corriger l’erreur d’appréciation? Et pour la rentrée 2018?

Pour les lycées, plus largement: comment pourront-ils étudier dignement, alors que votre gouvernement supprime 2600 postes d’enseignants dans le second degré? Et enfin: pourquoi ne pas rétablir les lycées prioritaires, tout comme il existe des écoles et des collèges prioritaires?

Un dédoublement des classes dans les matières principales ne serait pas un luxe.

Djamila, Nahide, Ghali, Théophile, Hyzia, Fatma et les camarades attendent vos réponses : il en va de leur avenir, de leur chance de réussir.

En l’état, l’égalité des chances n’est absolument pas assurée.

La réponse du gouvernement

Une révision nationale de la carte de l’éducation prioritaire a été déployée pour la rentrée 2015. Il convient de rappeler les principes qui ont présidé à cette révision : – appui sur des données sociales objectives avec quatre indicateurs retenus pour les collèges : professions et catégories sociales défavorisées, boursiers, résidence en ZUS (zone urbaine sensible) et retard scolaire à l’entrée en sixième ; – pour les écoles, d’autres indicateurs ont été retenus : indicateurs de l’INSEE à l’IRIS (Ilots Regroupés pour l’Information Statistique : 2 000 habitants par maille élémentaire), d’implantation de l’école (taux de chômage, taux de sans diplômes, revenus médians) mais aussi le taux de PCS défavorisées en CM2 des élèves entrant en sixième. En outre, pour déterminer la composition des réseaux ont été pris en compte les flux d’élèves entre l’école et le collège et la géographie des quartiers prioritaires de la ville (QPV) alors en cours de définition. La dynamique de l’éducation prioritaire repose sur une continuité école-collège qui permet de vraiment renforcer l’action pédagogique dans la durée. C’est en effet, depuis 2005, le sens du socle commun qui concerne l’école élémentaire et le collège. C’est également le sens du conseil école-collège et du cycle 3 qui visent à assurer une meilleure continuité des apprentissages et un meilleur suivi des élèves. Aussi, l’éducation prioritaire est-elle mise en œuvre dans des secteurs de collège qui présentent une homogénéité sociale très défavorable à l’égalité des chances. Toutefois, il peut exister des situations où des écoles n’ont pas été concernées du fait que leurs élèves poursuivent leur scolarité dans des collèges favorisés ou plus mixtes ne relevant pas de l’éducation prioritaire. Ces écoles ont vocation à faire l’objet d’un travail local pour qu’elles soient particulièrement soutenues dans le cadre de l’allocation progressive des moyens, qui tient compte des catégories socioprofessionnelles des parents. Les écoles évoquées entrent bien dans ces cas de figure. À Abbeville, le collège Millevoye a été maintenu hors éducation prioritaire compte tenu d’indicateurs qui y signalent une mixité sociale. L’école élémentaire Alain Détré, qui appartient à son secteur, est une école défavorisée qui est soutenue par un encadrement comparable à celui des écoles en éducation prioritaire. Il en va de même pour l’école maternelle du Soleil Levant. Cette politique a été conduite en bonne intelligence avec les deux collectivités territoriales concernées. La situation est comparable à Amiens où les écoles Marivaux et Beauvillé sont rattachées au collège de Rivery et non aux deux collèges d’Amiens Nord (Arthur Rimbaud et César Franck) dans le souci de la mixité de ce collège, qui accueille également d’autres écoliers de quartiers périphériques et de quelques communes du canton. Une attention toute particulière est apportée à la situation de ces écoles. La carte de l’éducation prioritaire a vocation à être revue régulièrement tous les quatre ans. Aussi, une prochaine révision de la carte de l’éducation prioritaire devrait-elle avoir lieu au cours de l’année scolaire 2018-2019 en vue de la préparation de la rentrée 2019.

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