L’État va-t-il garantir notre indépendance industrielle ?

Par une question écrite déposée à l'Assemblée nationale, François Ruffin interroge le Ministre de l’Economie sur la vente d’Aluminium Dunkerque par le fonds d’investissement American Industrial Partners.

“Le fonds américain AIP étudie une cession ou une mise en Bourse du fabricant d’aluminium français”, titraient Les Echos le 20 novembre dernier.

Suite à cette annonce, la CGT de l’entreprise m’a exprimé une crainte et un souhait : “On ne doit pas passer entre les mains d’un fonds d’investissement étranger qui viendrait tout dépecer. C’est hors de question. L’usine est structurée pour fonctionner de manière autonome : les métiers supports sont internalisés, ce qui garantit de la cohérence dans la production mais aussi la souveraineté. Il nous faut un consortium avec les reins solides pour investir. Notre direction est sur la même ligne.”

L’an dernier, nous alertions le gouvernement sur la nécessité pour Aluminium Dunkerque d’obtenir un contrat à long terme sur leur électricité. Une demande entendue par votre Ministère et satisfaite par EDF. La visibilité garantie par ce contrat a ouvert la voie à la mise en vente de ce fleuron.

Rappelons qu’au départ il s’agissait de l’entreprise Péchiney, qui a été vendue à la découpe au canadien Alcan, puis revendue à Rio Tinto. Il nous reste un bout, nous ne devons pas le perdre. Pour éviter de laisser tomber Aluminium Dunkerque dans les mains de financiers étrangers, il est proposé de créer un consortium  avec une part de fonds publics, piloté par la BPI. Le but : préserver l’emploi local et garantir des investissements en recherche et développement pour décarboner totalement le site. A terme, l’objectif est de faire d’Aluminium Dunkerque le premier site d’électrolyse d’aluminium décarboné au monde. Et donc un outil majeur pour notre pays et notre souveraineté industrielle.

Monsieur le Ministre, je vous demande de faire confiance à ceux qui font tourner cette usine, l’ont entretenue contre vents et marées, lui ont permis de se transformer. Allez-vous mettre sur pied un consortium pour garantir notre indépendance sur cette filière stratégique ?

François Ruffin

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