La France installe des éoliennes… produites ailleurs

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur reddit
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
« L'écologie, c'est dans l'air du temps mais personne ne vient nous voir. On est à l'abandon. » C'est Imad qui le déplore, à Longvic, près de Dijon. Chez le seul fabricant de mâts d'éoliennes en France.

M. François Ruffin interpelle le M. le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, à propos du dépôt de bilan de FrancEole Industrie et de l’étonnante passivité de l’Etat à ce propos.

« On a eu trois redressements judiciaires et on n’a jamais vu personne bouger ! ». C’est Imad, les dents serrées, qui m’interpellait devant sa direction en mars dernier. Avec ses 65 salariés, il fabrique pourtant un produit d’avenir : des mâts d’éoliennes, pour la société FrancEole, à Longvic, près de Dijon.

Trois redressements judiciaires en cinq ans. Une lente agonie industrielle ponctuée, comme souvent, de sursauts d’espoir. En septembre 2017, l’usine est rachetée par Nimbus, un fonds d’investissement néerlandais. Qui promet monts et merveilles : la totalité des emplois préservés, et surtout, ils vont investir. La fatalité semble s’enrayer, l’éolien français n’a pas dit son dernier mot.

Mais un an et demi plus tard, rebelote. Nimbus a certes investi, mais seulement 300 000€. L’équivalent d’une semaine de production. Le prix d’un seul segment de mât. 1% du chiffre d’affaires de 2016. « Ça nous a permis de tenir dix-huit mois » me confie Sophie Haag, la directrice, aux côtés de ses ouvriers. « Notre carnet de commande est rempli jusqu’en juillet. Après, on n’a plus rien ».

FrancEole est pourtant le seul producteur de mâts d’éoliennes français. Ne couvre que 15 % du marché national. Le reste est importé, importé d’Espagne, du Portugal, voire d’Asie. Et c’est bien sûr le souci : les coûts de production sont 10 % moins chers. Quand FrancEole prend un marché, s’aligne sur ses concurrents étrangers, c’est à perte…

FrancEole n’est pas reconnue comme une PME. Elle ne rentre pas dans vos cases, et ne pas rentrer dans vos cases la condamne à la mort sociale. Et l’Etat reste muet. Et FrancEole meurt dans son coin. Le bilan est déposé en janvier. Depuis, c’est le chômage technique.

 « Mais s’il y a un marché pour dix boîtes comme FrancEole, je les interrogeais, pourquoi l’État n’a pas voulu vous aider ? ». Réponse de la directrice : « Ça ne faisait pas partie de ses priorités. On espère que ça va changer très vite ! ». C’était le mois dernier. Depuis, une centaine de salariés est au chômage technique, dans une industrie d’avenir.

Le dossier est entre vos mains.

Depuis longtemps, maintenant.

Votre gouvernement se vante de se reverdir, déclare sa volonté « de développer les énergies renouvelables ».

Mais pendant cette agonie industrielle, vous restez muet. Vous n’intervenez pas. Vous ne mettez en place aucun protectionnisme d’une industrie naissante. Pour que les centaines d’éoliennes installées ici soient, en partie, produites ici. Alors que nous n’avons aucune fabrique de pâles. Et que cette unique fabrique de mâts en acier va disparaître.

Comme le dit Imad, « l’écologie, c’est dans l’air du temps mais personne ne vient nous voir. On est à l’abandon ». La transition écologique réclame une volonté de l’Etat, et pas seulement de laisser-faire le marché. Dans ce dossier, emblématique, qui allie industrie et écologie, votre silence est parlant. Votre inaction est un choix politique.

Partagez cet article :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur reddit
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print

Restez informés !

Le dernier bulletin de ruffin

Dans la même catégorie...

pompiers

Pompiers : pas un « métier à risques » ??

Chaque fois qu’un pompier décédé est évoqué à l’Assemblée Nationale, tous les députés se lèvent en un hommage unanime et mérité. Ces applaudissements ne suffisent pas : que cette profession soit enfin reconnue comme métier à risque.

VOIR LA SUITE

5 réflexions sur “La France installe des éoliennes… produites ailleurs”

  1. Comment se fait-il qu’une telle entreprise ne soit pas considérée comme prioritaire, ne bénéficie pas d’aides à l’innovation technologique, à la réindustrialisation de notre pays ?
    Pourquoi ne pas lancer un emprunt national pour soutenir les industries françaises qui ont un savoir-faire et des perspectives de développement, donc d’emplois ?

  2. Bernard Lebas

    Il est clairement dit que ce sont les coûts de production qui affectent l’entreprise.
    Nul besoin de palabrer, de crier à l’injustice, il faut très vite baisser les charges des entreprises et les transférer sur une TVA sociale dont l’un des avantages est de faire payer les robots !

  3. Comme toujours, à qualité égale, je pense qu’il faut diriger les achats vers des entreprises locales, ou tout au moins leur accorder dans le cadre des appels d’offres un delta leur permettant de concurrencer la prestation étrangère, il en va du maintien des emplois dans notre pays et de son tissu industriel.
    Est ce que c’est eurocompatible ?…

  4. Pas sûr que donner de l’argent public à des entrepreneurs soit l’Idée du siècle.
    Pas sûr que soutenir les buralistes soit l’Idée du siècle.
    Sûr que se compromettre avec les agriculteurs de droite était une mauvaise idée.
    C’est bien joli de vouloir être gentil avec tout le monde mais il faut voir les conséquences à long terme de toutes ces impulsions émotionnelles. C’est l’argent du peuple qui finance le patrimoine privé. Et ça ne ruisselle que peu. François, contente-toi de soutenir les droits des salariés !

    Tiens, pour changer d’échelle, ici on construit des éoliennes à taille humaine, en dehors du capitalisme industriel : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lozere/lozere-apprenez-construire-votre-eolienne-pigott-vous-meme-florac-1682384.html :

  5. LOCHE bernard

    La centrale nucléaire de Gravelines produit 6 gigawatts soit 6 000.000.000 de Watts une excellente éolienne, quand il y a du vent, avec un rendement de 100% produit 6 000 000 de watts pour égaler la centrale nucléaire il va falloir 6GW/6MW soit 1000 éoliennes et comme le rendement sera nettement inférieur à 100% probablement 2000 éoliennes …quant au calcul économique installation connexion amortissement renouvellement entretien. Il n’y a plus grand monde qui ose y penser …Quant aux capteurs solaires, brut de pomme, notre centrale de 6 GW est en compétition avec 1000 Watt possible de rayonnement au mètre carré ( au Sahara !!) supposons pour être vraiment gentil 500 watts au mètre carré possible il va falloir 6 000 000 000 / 500 =12 millions de M2 de capteurs soit 12 km2 soit fastoche 500 Km2 pour 50 centrales et nos écologistes qui veulent tellement préserver les surfaces agricoles à notre Dame des Landes ..MDR

    Eh oui !! Un grand pas vers le renouveau inéluctable du NUCLÉAIRE pour succéder aux impasses du RENOUVELABLE intégral..Sachant ( mais qui le sait chez les politiques analphabètes écologistes du Boulevard Saint Germain HULOT INCLUS Mélenchonisé dans l’anti nucléaire maladif) Que pour produire 1 KW/heure équivalent énergétique d’un bon repas quotidien il faut dans l’hydraulique faire tomber 10 tonnes d’eau de 40 mètres ,et pour une éolienne, il faut brasser 20 000 mètres cubes d’air à 60 KM /heure. Mais c’est son grand succès, polluant à mort ,avec 100 grammes d’essence on obtient ce fameux KW /H qui permet à un individu en forme d’escalader le Mont Blanc sans problème. Maintenant pour obtenir ce résultat il suffit de 10 milligramme d’Uranium dans nos centrales actuelles et si l’ineffable Jospino mélenchonisé macqué avec GREENPEACE ET LES PETROLIERS AMERICAINS n’avait pas mis un terme aux centrales sur régénératrices susceptibles de brûler les déchets radioactifs il aurait suffi pour le même résultat de …1 seul milligramme !!! ..quant à la fusion nucléaire en gestation il suffirait de 1 micro gramme pour 1 KW/H 0,OO1 gramme . Ainsi pour un adulte pour une année de nourriture il faut en fusion nucléaire 1,1 gramme de lithium et 320 grammes de deutérium extraits de 10 litres d’eau de mer … ça vaut la peine de persévérer dans la recherche et la sécurisation des nombreuses filières possibles pour utiliser l’énergie de l’atome INÉPUISABLE …rien à voir avec les millions de tonne de déchets dangereux de la combustion du charbon qui s’entassent à ciel ouvert après avoir craché la mort dans l’atmosphère. Plus de morts en une journée de pollution atmosphérique quand 50 ans d’exploitation des centrales nucléaires..Et c’est le nucléaire qui ne crache que de la vapeur d’eau de ses cheminées et pas un gramme de CO2 qui est le plus dangereux …Le lobby américain du pétrole est puissant pour anesthésier toute raison ..merci Hulot Greenpeace ,Royale ..j’en passe et des sublimes COHN BENDIT conseillé de Merkel pour substituer le charbon au nucléaire ..il n’y a pas que Tchernobyl pour nous expédier le malheur par-dessus les frontières sauf que c’est tous les jours et toutes les nuits

    naturellement Tchernobyl ,Fukushima..Hiroshima remettent en cause les systèmes sociaux qui ne sont pas à même de maîtriser la science .MAIS CERTAINEMENT PAS LA SCIENCE ELLE MÊME et l’impérieuse nécessité de domestiquer l’énergie inépuisable de l’ATOME. Les pétroliers/charbonniers ne VEULENT PAS admettre qu’ils sont a l’origine de l’effet de serre.et que le grand cirque autour des « énergies renouvelables » ne vise qu’à RETARDER LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE la sécurisation des différentes filières possibles de la production d’électricité d’origine nucléaire jusqu’à LA FUSION ..Bien avant les accidents TOUT LE MONDE SAVAIT QUE Tchernobyl était dangereux et Fukushima aussi ….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Secouer l'Assemblée !

Avec un fil conducteur : moins pour l’argent, plus pour les gens ! Plus pour les hôpitaux, plus pour les petits clubs de foot, plus pour les femmes de ménage.

Nous suivre