Coulées de boue : demain, le responsable, ce sera vous

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M. François Ruffin interpelle Mme Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique : combien de coulées de boue pour que vous réagissiez ?

Madame la ministre,

Se tenait le 1er février, à la préfecture d’Amiens, une réunion sur les « risques d’inondation et d’érosion », après les coulées de boue, l’an dernier, dans les villages de Bussus-Bussuel, Vauchelles, L’Etoile, Bouchon, etc. Et, alors que je l’avais réclamé, j’ai regretté l’absence de votre ministère autour de la table, j’ai regretté l’absence du ministère de l’Agriculture, l’absence d’un membre de vos cabinets. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène local, mais national : ce sont dix tonnes de terre par hectare et par an qui glissent, qui coulent, vers les villages parfois, mais le plus souvent vers les rivières. Et comme réponse, comme solution, des petits aménagements ne peuvent suffire. Quelle agriculture on promeut, quel type d’environnement ? Quelle place pour le labour, pour les haies, pour les pâtures ?

« Malheureusement, déclariez-vous cet automne après les inondations dans le Gard, on sait qu’avec le changement climatique ces épisodes risquent d’être de plus en plus fréquents et de plus en plus violents et donc face à cela il faut qu’on se prépare pour que nos territoires sachent mieux résister. »

« Il faut qu’on se prépare… » Mais quelle est la place de l’Etat, là-dedans ? Aux abonnés absents.

Le constat partagé, hier, dans la Somme, était accablant : sur cent cinquante aménagements programmés, il y a dix ans, seuls trois ont abouti, et encore, avec une extrême lenteur… Tous les acteurs témoignent d’une multitude de – je les cite – « petites actions », « au coup par coup », avec du « morcellement », toujours « ponctuelles ». C’est-à-dire que les communes font des choses, les communautés de communes au-dessus, les agences de l’eau, les chambres d’agriculture parfois, les conseils départementaux… mais tout cela, de façon désordonnée, parcellaires, sans pilote. Il y a besoin d’un pilote dans la transition. Et ce pilote ne pourra être que l’État. L’Etat qui, par les temps qui courent, se montre si puissant pour fermer les restaurants, pour mettre en distanciel les étudiants, pour imposer aux citoyens le confinement, et qui là, sur ce dossier, ne montre aucune volonté. Qui laisse les multiples acteurs, le mille-feuille administratif, se débrouiller.

Je vous le proposais, cet automne, lors du budget : la Wallonie a mis en place un « plan haies », avec quatre mille kilomètres d’arbustes à replanter dans les champs. Sans en faire une solution miracle, pourquoi pas nous ? Qu’en dites-vous ?

Faute d’un engagement de l’Etat, pour fixer un cap, pour guider tous les acteurs dans une même direction, rien ne se fera.

Plus immédiatement, plus concrètement : il y a quatre mois, en septembre, je vous questionnais sur « la nécessité de rendre obligatoire l’item 4 de la compétence GEMAPI pour les communautés de communes ». C’est une demande qui, vous le savez, émane régulièrement des maires. En gros, pour les non-initiés : que des com’ de com’ soient chargées de prévenir les coulées de boue, comme elles le sont déjà pour les inondations, afin de coordonner les efforts d’un territoire, de dégager des ressources supplémentaires pour affronter ce danger.

Depuis quatre mois, donc, vous réfléchissez aux tenants et aux aboutissants de cette proposition ? Quatre mois que vos juristes, géologues, experts divers ? Ou bien quatre mois que juste le dossier sommeille ?

J’ai prévenu, ce lundi, en préfecture.

L’an dernier, alors que les villages étaient envahis par la boue, nous avons maudit la pluie et des cieux peu cléments. Mais si la même chose reproduit, aux mêmes endroits, à Bussus-Bussuel, Buigny-l’Abbé, Cocquerel, Yaucourt-Bussus, Vauchelles-lès-Quesnoy, L’Etoile ou Bouchon, si, entre temps, rien n’a changé, rien n’a été fait, si votre ministère n’a pas montré le bout de son nez, la catastrophe ne sera plus naturelle. Elle aura des responsables, qui n’agissent pas, qui laissent faire.

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