Biogroup : à quand le partage des bénéfices ?

François Ruffin interroge le ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention sur les bénéfices de Biogroup, et surtout sur leur partage.

« Ma fille voudrait faire de l’équitation, mais c’est non. Pareil sur le ciné, il faut se serrer. Comment je pourrais me permettre ? Cinq ans sans relever les salaires, le Smic me rattrape presque. Ce n’est jamais le bon moment pour nous augmenter, c’est ce que le groupe nous dit chaque année ». Le groupe en question, c’est Biogroup, leader des laboratoires médicaux.

Selon le site spécialisé viedebio.com, « la croissance externe de Biogroup se confirme comme exponentielle. En effet, en l’espace de 4 ans, le groupe est passé de 215 millions de chiffre d’affaires à 1,3 milliard en 2020. […] Début d’année 2021, Biogroup a levé sur les marchés financiers dans la quasi indifférence générale la somme astronomique de 2,8 milliards d’euros. »

Le groupe enregistre d’excellent résultats : « On a calculé, relate Annabelle, de la CGT, c’est 12 000 € de bénéfices par salarié. Et l’année du Covid, c’était 38 000 €. » Il y aurait de quoi reverser aux 785 salariés qui travaillent dans les plus de 70 sites de Biogroup Lorraine. C’est de là qu’est parti le mouvement de grève qui s’étend à d’autres régions.

Pendant que c’est le jackpot pour les actionnaires, du côté des petites mains, des laborantines, des techniciennes, ces métiers essentiellement féminins, c’est le rationnement sans fin : « Même après le Covid, ils nous ont accordés une prime, mais pas d’augmentation. Alors qu’on en a fait des nuits travaillées pendant la pandémie au nom de la santé publique », explique Valentine, déléguée syndicale FO. « Là, c’est le ras-le-bol. Et c’est aussi une question de fierté : nous n’avons jamais vu notre directeur général, il est aux abonnés absents. Avec nous, ils ne négocient pas vraiment. »

Monsieur le Ministre, remplissez votre rôle : entre le fort et le faible, l’Etat se doit d’intervenir, de rétablir les plateaux de la balance. Alors, vos services en région, Dreets, préfecture, vont-ils réunir employeur et employés en une « tripartite » ? Au national, votre ministère va-t-il s’en mêler, appeler la direction, mette la pression à ce groupe ? Enfin, votre gouvernement va-t-il indexer les salaires sur l’inflation ?

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