Scopelec : L’Etat fera-t-il tenir sa parole à Orange ?

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C’est vous, Monsieur le ministre, l’Etat, premier actionnaire de Orange, qui tranchez en dernier ressort : contraindrez-vous la firme à tenir parole ? Ou les laisserez-vous détruire Scopelec ?

Monsieur le ministre de l’Economie,

Devant la Justice, devant les juges-commissaires, Orange vient de se dédire. Orange met en péril la première Scop de France, et des milliers d’emplois chez Scopelec. Orange dont l’Etat, vous, êtes le principal actionnaire, à hauteur de 23%.

Cette volte-face réclame, bien sûr, un flashback :

Depuis cinquante ans, Scopelec, la première coopérative de France, travaille pour les PTT, puis France Télécom, puis Orange. Ses salariés ont posé le cuivre du téléphone, les câbles d’Internet, la fibre optique, et maintenant la 5G (et le débat n’est pas ici de son utilité).

Mais le 16 novembre 2021, malgré des décennies de partenariat, Orange annonce, d’un coup, sans prévenir, que le contrat sera rompu au 1er avril. Pourquoi ? Pour cause de prix : la firme peut trouver moins cher ailleurs, et notamment par des auto-entrepreneurs.

Avec cette rupture, brutale, Scopelec est placée en « procédure de sauvegarde ». 3600 employés, techniciens, sont plongés dans l’incertitude : leur entreprise n’aura même pas les moyens de payer un gigantesque plan social. A quelle sauce seront-ils mangés ? Seront-ils repris par la concurrence ? Avec quel salaire, quelle ancienneté, quels acquis ? Ou devront-ils monter leur micro-entreprise ?

Pendant des mois, l’Etat, c’est-à-dire vous, ne bougez, indifférent. Puis la présidentielle approche, cette affaire remue un peu, et l’Etat, enfin, intervient. Le Ciri, le Comité interministériel de Restructuration Industrielle, s’en mêle : les dettes de Scopolec, et notamment liées au PGE (Prêt Garanti par l’Etat), seront apurées. Et Orange s’engage, d’une part, sur 43 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les deux prochaines années, et d’autre part, sur 20 millions d’euros de cash (correspondant aux dettes contractées auprès des sous-traitants, durant la période de sauvegarde). C’est un ouf de soulagement, au moins temporaire.

Mais voilà que, ce 22 juillet, devant les juges-commissaires, Orange reprend sa parole ! Par la voix de Madame Fabienne Dulac, le donneur d’ordre ne garantit plus les 43 millions de chiffres d’affaires. Et n’apporterait plus, au mieux, que 10 millions de cash. Ceci, en prétextant une dégradation de la qualité : c’est une réalité, en effet, mais quelle entreprise, ainsi secouée, en sortirait intacte ? Alors que des collaborateurs, et jusqu’au sommet, sont bien sûr partis ?

Le compte-rendu de l’audience marque la stupéfaction des parties présentes :

« Madame Delphine MAURIN, Juge-commissaire, invite les représentants d’ORANGE à apprécier sérieusement les conséquences opérationnelles et financières que génèrerait la conversion des procédures de sauvegarde en redressement judiciaire.

Maître Eric ETIENNE-MARTIN rejoint ces observations et invite Madame Fabienne DULAC à reconsidérer la proposition initialement formulée tenant notamment en l’obtention de volumes complémentaires pour 40 m€ sur 2022 et 2023, ainsi que sur le soutien financier à hauteur de 20 m€.

Madame Fabienne DULAC confirme que cette proposition n’est plus tenable en l’état. »

C’est bien sûr vous, Monsieur le ministre, l’Etat, premier actionnaire de Orange, qui tranchez en dernier ressort : contraindrez-vous la firme à tenir parole ? Ou les laisserez-vous détruire leur sous-traitant ?

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