Proposition de loi visant à limiter le trafic aérien substituable en train

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En France, le trafic intérieur a cru de 4 %. Faut-il se réjouir de cette croissance ?, et de son coût écologique ? Nous proposons de mettre fin aux vols courts lorsqu’il existe une substitution possible, évidente, par le train.

Proposition de loi présentée par Monsieur Francois Ruffin (LFI) et co-signée par Dominique Potier (SOC), Delphine Batho (NI), Sébastien Nadot (LREM), Sébastien Jumel (GDR), Muriel Ressiguier, Caroline Fiat, Bastien Lachaud, Sabine Rubin, Mathilde Panot, Alexis Corbière, Danièle Obono, Jean-Hugues Ratenon, Bénédicte Taurine et Loïc Prud’homme (LFI).

« Nous avons franchi pour la première fois le cap des 200 millions de voyages ». Le président de l’Union de l’Aviation Française, Thomas Juin, présentait ainsi, ravi, le bilan 2018 du trafic aérien français. Et le trafic intérieur, notamment, a cru de 4 %, dopé par les trajets transversaux ne passant pas par Paris. [1]

Faut-il s’en réjouir, pourtant ?
Faut-il se réjouir de cette croissance ?
Faut-il se réjouir, également, de son coût écologique ?
C’est pourquoi, dans une optique de justice climatique, nous proposons de mettre fin aux vols courts – notamment lorsqu’existe une substitution possible, évidente, par le train.

  1. Injustice climatique
  2. Injustice sociale
  3.  Injustice fiscale
  4. Injustice territoriale
  5. Une mesure forte à la hauteur des enjeux
  6. Explication du dispositif
  7. La proposition de loi
  8. Liste indicative (non-exhaustive) de trajets aériens courts et impact de la proposition de loi

Injustice climatique

Selon l’éco-calculateur de la direction de l’aviation civile, un aller-retour Paris-Marseille en avion émet 195 kg de C0² par passager[2]. Ce même aller-retour effectué en TGV en émet 4,14[3], soit près de 50 fois moins. Ces chiffres ne prennent même pas en compte les autres substances émises par l’aviation, qui augmentent substantiellement son forçage radiatif, c’est-à-dire son impact sur le changement climatique[4]. Samedi 6 avril, quatorze avions ont ainsi décollé de l’aéroport Marseille-Provence pour rallier les tarmacs parisiens, et pour gagner au mieux deux heures, tout au plus. Deux heures qui coûtent donc cinquante fois plus de CO².Plus de 20 % du trafic aérien en France est exclusivement métropolitain[5], et concerne majoritairement des villes bien reliées au réseau ferroviaire : les dix aéroports français les plus fréquentés sont situés dans des agglomérations desservies par des trains à grande vitesse.

Injustice sociale

Le transport aérien bénéficie surtout aux plus aisés. On estime qu’entre 5 et 15% seulement de la population mondiale a déjà pris l’avion. En France, la moitié des déplacements par avion est le fait des 20% de personnes dont les revenus par unité de consommation sont les plus élevés.[6] Les voyages pour motif professionnel sont aussi l’apanage des plus hauts revenus.Si l’on estime que le voyage en avion est un bien potentiel, pour le voyage, les découvertes, il est légitime que la collectivité répartisse leur opportunité de manière équitable et cohérente avec les politiques climatiques.

Injustice fiscale

Le privilège d’une minorité se construit grâce à l’effort économique de tous. Le transport aérien jouit d’une taxation des billets d’avion réduite, à hauteur de 10 % et de l’exonération de TVA sur les carburants. Les ONG estiment le manque à gagner fiscal à 3,6 milliards d’euros en 2019. Le gouvernement peut taxer le kérosène sur les vols intérieurs, il repousse néanmoins la mesure à une éventuelle décision européenne. Le maintien sous perfusion de liaisons aériennes par les exonérations fiscales et autres aides publiques est un choix politique écologiquement et socialement injuste : porté par tous, il profite à une élite qui fait payer au prix fort les conséquences environnementales de son mode de consommation sur toute la planète.[7]

Injustice territoriale

En parallèle, le réseau des chemins de fer français se dé-densifie : des petites gares, des lignes ferment. La croissance du transport aérien s’est faite parallèlement au détricotage du maillage ferroviaire. Le déclin du rail est renforcé par la libéralisation du marché des cars longue distance. Avec l’avion et le TGV, la primauté va aux grandes métropoles, renforçant les inégalités territoriales. Les métropolitains dans des avions, les pauvres et les ruraux dans des cars. L’évolution des temps de trajets en train depuis le début des années 1960[8] permet de montrer que, pour certains territoires, le temps de trajet en train a été augmenté – quand les lignes n’ont pas été simplement supprimées. Pour faire Paris-Amiens, le temps de trajet a augmenté de 8 minutes depuis 1973, 12 minutes pour faire Paris-Boulogne par rapport à l’an 2000, 20 minutes pour faire Paris – Cherbourg par rapport à 1996, 11 minutes pour faire Paris – Clermont-Ferrand par rapport à 2006, 16 minutes pour Paris – Limoges, etc.

Notre réseau ferroviaire est centré sur Paris, ce qui participe d’une dynamique néfaste d’égalité des territoires. Par ailleurs les quelques lignes transversales sont mises en difficulté, voire ne sont plus exploitées : il n’est par exemple plus possible de joindre Lyon et Bordeaux sans correspondance, alors qu’une ligne ferroviaire directe existe.

La chute du nombre de trains de nuit est un autre grand symbole : il n’existe aujourd’hui plus que deux lignes exploitées. En Suède pourtant, ces trains de nuit ont vu leur fréquentation croître de 63 % en 2017[9]. Ces lignes permettent de désenclaver, à un coût écologique soutenable, des territoires qui ne sont pas desservis par les lignes ferroviaires à grande vitesse. Le Sénat a d’ailleurs reconnu l’importance de développer ces services.

Une mesure forte à la hauteur des enjeux

Se féliciter de la croissance de l’activité des aéroports français répond toujours au même refrain : accélérer, accélérer, accélérer. Il est grand temps d’atterrir. Pour s’aligner sur une trajectoire compatible avec les 1,5°C en France, les émissions de CO2 doivent baisser d’au moins 55 % d’ici 2030. Ces objectifs sont incompatibles avec la croissance du transport aérien, ni même avec son maintien.

Ce n’est pas qu’une affaire de comportements individuels : la volonté politique doit suivre. La liberté de voyager n’est pas la liberté de polluer. Il faut une décroissance mondiale des vols, il faut que les vols soient utiles, il faut que la répartition des vols soit équitable.

Et on ne saurait attendre l’Europe pour agir. Des réflexions s’amorcent à Bruxelles, et tant mieux, pour instaurer des mesures fiscales sur le transport aérien, mais dans combien de décennies aboutiront-elles ? Dès maintenant, il nous faut des décisions nationales fortes, qui ouvrent un autre chemin. C’est pourquoi nous proposons, comme première étape, d’interdire les vols domestiques substituables par un trajet en train, sans correspondance, lorsque l’avion ne fait pas gagner beaucoup de temps, ce que nous quantifions à la durée du vol plus 2h30.

Avec des estimations les plus basses possibles, il faut en moyenne 1h pour faire le trajet entre l’aéroport et le cœur de ville, au départ et à l’arrivée. A cela s’ajoute un temps d’embarquement d’au moins 30 minutes. La perte de temps potentielle est donc en réalité de une heure.

Une telle mesure serait cohérente avec l’article 20 du règlement communautaire 1008/2008 qui précise : « 1. Lorsqu’il existe des problèmes graves en matière d’environnement, l’État membre responsable peut limiter ou refuser l’exercice des droits de trafic, notamment lorsque d’autres modes de transport fournissent un service satisfaisant. »

Nous rejoindrions le peloton des nations européennes qui prennent au sérieux cette question, les Pays-Bas, la Belgique ou la Suède. Début mars 2019, le parlement néerlandais a par exemple demandé à son gouvernement de mettre fin à la liaison Amsterdam-Bruxelles, aisément substituable en train.

Explication du dispositif :

Lorsqu’un trajet en train sans correspondance existe, qu’il permet un temps de trajet équivalent au temps de trajet en avion plus 2h30, l’autorité administrative ne délivrera pas d’autorisation d’exploiter une ligne régulière.

Cette interdiction prendra effet 2 ans à compter du vote de cette proposition de loi, ce qui laisse le temps aux compagnies et aéroports impactés d’anticiper cette régulation.

[1]      Statistiques du trafic aérien – Ministère de la transition écologique et solidaire
[2]      Ce chiffre inclut les émissions associées au vol ainsi que les émissions associées à la production et la distribution de carburant https://eco-calculateur.dta.aviation-civile.gouv.fr/
[3]      https://ressources.data.sncf.com/explore/dataset/emission-co2-tgv/table/
[4]      Ainsi, l’Agence Fédérale pour l’Environnement Autrichienne propose par exemple d’assigner un indice de forçage radiatif de 2,7 à ces effets additionnels, c’est à dire un impact 2,7 fois plus important que le C02.
[5]      Bulletin statistique du trafic aérien commercial, Année 2017 – DGAC, avril 2018
[6]      Enquête nationale Transports et Déplacements 2008
[7] Les aides au transport aérien, dommageables au climat et injuste – Réseau Action Climat, 2017
[8] « SNCF, votre ligne s’est elle dégradée au fil du temps? » Le Monde, 30/04/2018
[9]« Les trains de nuit renaissent en Europe » – Reporterre, 24/24/2018

Proposition de loi

Article 1er
I. – Le chapitre II du Titre 1er du livre IV de la sixième partie du code des transports est ainsi modifié :
A l’article L6412-3 est ajouté un alinéa :
L’autorité administrative doit interdire ou limiter les services mentionnés au premier alinéa du présent article lorsqu’ils sont exécutés entre des arrêts dont la liaison est assurée sans correspondance par un service régulier de transport empruntant le réseau ferré défini à l’Article L2122-1, dans la mesure où ce service garantit un déplacement d’une durée au maximum supplémentaire de 2 heures 30 minutes en comparaison au temps prévu du trajet en avion. Dans le respect de l’article 20 du règlement (CE) 1008/2008 du 24 septembre 2008, ces limitations sont réévaluées tous les 3 ans.
Article 2
Ces dispositions entrent en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard le premier jour du 24eme mois suivant la publication de ladite loi.

Liste indicative (non-exhaustive) de trajets aériens courts et impact de la proposition de loi

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59 réflexions sur “Proposition de loi visant à limiter le trafic aérien substituable en train”

  1. Bonjour,
    Comment traitez vous le cas de la correspondance ?

    S’il n’y a plus d’avion entre Paris et Bordeaux , un Bordelais prendra obligatoirement le train pour se rendre à Roissy (3h30, rupture de charge avec bagages) mais l’avion sera autorisé pour aller à Francfort, Londres ou Dubaï

    1. Avant de proposer un tel projet de loi, commençons par exiger que le réseau ferré soit à la hauteur de la demande. C’est avec une offre attractive que les usagers changeront leurs comportements et modes de transport. Demandons des politiques intelligentes et des moyens pour que nos transports soient au minimum satisfaisants pour commencer.

  2. Méconnaissance totale du sujet.
    Le trafic aérien est composé de deux éléments importants : le trafic dit « point-à-point » et le trafic de correspondance.
    En voulant interdire les vols intérieurs, vous faites prendre le risque aux passagers de passer à la concurrence, c’est-à-dire, utiliser un avion de Lufthansa, British Airways, KLM ou encore Iberia pour prendre un vol long-courrier à Francfort, Munich, Londres, Amsterdam, Madrid, etc…
    Moins de vols intérieurs = pertes d’emplois chez Air France et dans les aéroports.

    1. Tout à fait d’accord avec vous, je propose à ce cher Mr Ruffin d’utiliser une Patinette électrique ….Pollution égale Zéro .

      1. patrick albert

        Vous croyez que la pollution ou le réchauffement sont des sujets pour faire de l’ humour et nous faire rigoler. RDV dans 20 ans

    2. Bonjour
      Quand allez vous comprendre que le choix n’est plus a savoir si oui ou non on prendra l’avion en interne avec tel ou tel opérateur? Il faut réduire les vols et c’est de toutes façons ce qui arrivera et sera réservé (encore) au plus aisés. Notre air est plus important que de savoir si on pourra ou pas aller en vacances a TOMBOUCTOU par avion. si on ne peux plus respirer ou même si il fait une chaleur insoutenable la question ne se posera plus, on sera tous mort. Voulez vous faire mourir vos enfants et ceux des autres par la même occasion mais pouvoir continuer à parti en vacances à des milliers de kilomètres pour votre PLAISIR égoïste . Ou bien voulez vous les voir vivre heureux et pouvoir respirer un air tempéré autour de vous, mais ne plus partir en vacances en Avion mais en train dans des endroit plus proches ?
      Je vous laisse réfléchir.

  3. JEAN PAUL CARSEL

    Je suis d’accord pour cette proposition de loi. Mais attention cher M Planel au jugement à l’emporte pièce. Un aéroport non rentable n’est généralement plus exploité par son gérant (Ville ,cci etc) sous peine de renflouer le déficit année par année ce qui ne dure jamais longtemps. Cet argent n’est de toute façon pas transférable au réseau ferré aussi facilement. Cordialement

  4. NOUZAREDE Pierre

    Il faudra bien, à moins de choisir la catastrophe, faire des choix courageux, les expliquer pour rechercher le soutien public. Toute la politique des transports axée sur la « concurrence libre et non faussée » (une mauvaise plaisanterie en regard des privilèges dont bénéficie le transport routier et les transports aériens.) doit être profondément transformée et amendée. Ce projet de loi qui réunit un large panel de parlementaire, va dans ce sens.
    Il doit faire l’objet d’un large débat public pour avoir des chances de prospérer.

  5. Ping : Des députés veulent interdire certains vols intérieurs - Liberté News

  6. Analyse simpliste,

    La plupart de ces vols permettent de rejoindre les hubs de Air France et donc de partir dans d’autres pays

    L’interdicTion de ces vols c’est la suppression d’emploi français remplacé pas des emplois d’autres pays,

    De plus le train permet d’aller de centre ville a centre ville,
    Si vous habitez dans la banlieue sud de Bordeaux et souhaite aller dans le nord de la seine saint denis c’est bcp plus simple de prendre l’avion

    L’ecologie punitive ne sert a rien a part et diviser, quand a l’avion étant un moyen de déplacement de privilégier regardez les tarif de volotea, easyJet, ryanair et vous verrez que c’est moins cher que le train dans bcp de cas

    1. Est-ce que vous êtes conscient qu’il y a plus de choses accessibles en centre ville qu’en banlieue ? Et que par conséquent, se déplacer en train rend plus de choses accessibles facilement ?

  7. Ping : Des députés veulent interdire l’avion sur les courts trajets en France – franceinfo – UniverSmartphone

  8. Les députés ne savent plus quoi inventer. Ils ont voulu le progrès et maintenant il faut faire machine arrière. Quand je pense qui nous gouverne c’est triste.

  9. Super la solution comme ça le SNCF auras le monopole des trajets petite distance et pourront encore augmenter leur tarif , encore un projet de loi dirigé vers une société pour quelle se gave sur notre dos .

  10. Ping : Vers projet de loi pour interdire l'avion sur les courts trajets en France - Salute Fr

  11. Ping : Des députés veulent interdire certains vols intérieurs – RESEAU ACTU

  12. Ça vous derange tant que ça les bobos
    que le petit peuple puisse prendre l’avion. Nous avons des coqs, des cloches,mais pas de gare TGV. Nous sommes les oubliés de vos stupides idées à la noix.

    1. Alors déjà si on compte le nombre de gare TGV, il y en a légèrement plus que d’aéroports (sans compter les gares TER), en plus si vous vous déplacez en avion c’est que vous ne faites pas réellement parti du « petit peuple », quoi qu’en dise ça a un coût non négligeable…

  13. Je n’habite pas à Lyon mais à Grenoble et il m’arrive de prendre l’avion à Lyon pour aller à l’étranger, sauf qu’il y a une escale à Paris afin d’aller sur un gros porteur. Donc Ok, je ne prendrais plus Air France puisque faire Grenoble-Lyon en train, puis un train Lyon Paris, un taxi pour aller à Roissy et le tout en arrivant à l’heure (ce qui est compliqué avec un avion qui décolle à 10h de Paris et qu’il faut se présenter 3h avant l’embarquement). Si vous faites un loi comme ça je prendrais donc une compagnie aérienne étrangère. Merci de réfléchir avant de faire de telles propositions, encore une fois on s’en prend aux provinciaux, bravo pour les 6% mec vous ne méritiez pas plus!

    1. Il faut suivre l’évolution des transports. Air France a depuis longtemps compris l’intérêt de l’intermodalité TGV-Air et propose des solutions intéressantes. N’oubliez pas qu’il y a une gare TGV à Roissy, desservi en direct depuis Lyon par exemple.

      1. Air France a depuis longtemps supprimé le vol Strasbourg Paris pour le remplacer par un TGV Air
        Marrant de lire sur les tableaux de la gare que le vol Air France décolle à 6h de la gare

  14. Ping : Climat: des députés veulent mettre fin à certains vols domestiques trop polluants – Le Figaro – UniverSmartphone

  15. Enfin une bonne idée en matière environnementale, idée qui conjugue justice fiscale et sociale: c’est bien pour cela qu’elle n’a aucune chance d’être adoptée par le « nervis en habits de banquier » qui préside ce pays au profit exclusif de ceux qui volent tous les WE vers les nouvelles insignifiances de leur caste.

  16. Je trouve que cette analyse manque d’ampleur.
    Le temps de trajet ne peut justifier à lui seul qu’une loi s’engage à fermer des lignes intérieures.
    Cette loi non accompagnée d’une vraie loi de décentralisation économique et écologique (comme le transfert des sièges des entreprises du CAC 40 en province) ne provoquera qu’une croissance dans la désertification des campagnes.
    Exemple : pourquoi le transfert du siège de l’IFREMER à Brest a été si peu soutenu ? D’un point de vue écologique, cela fait pleinement sens …

  17. SANDRINE BORDES DUCLOS

    Bonjour,

    Je suis personnel au sol, salariée Air France à l’aéroport de Bordeaux depuis 20 ans.
    Moi et mes collègues nous battons depuis 2011 maintenant pour préserver nos emplois, tenter de nous éviter d’être remplacé par des sous traitants mal payés aux conditions de travail indignes ou par de la MOE avec l’aide du CICE..
    Nous luttons contre les low costs qui se développent à grand coup de subventions européennes et qui placent leur dividendes dans les paradis fiscaux.
    Nous luttons contre la mise en place d une concurrence subventionnée de la SNCF qui préfère se placer ( avec l aide et le lobbying de nos élus) sur le même marché que l’avion (BOD ORY) plutôt que de développer harmonise sécuriser les réseaux TER qui nous permettraient de limiter l’usage de la voiture, bien plus polluante.
    Nous nous battons contre une entreprise qui a décidé de faire du profit sur nos emplois en surfant sur la moindre idée qui les arrange.. Ces dirigeants ( F Parly : AF France, puis SNCF et maintenant ministre, A De Jugniac, AF. AF KLM et maintenant IATA.. etc etc..)
    Tous pavés de bonnes intentions qui se sont servis grassement sur les dividendes et qu’ils nous ont détruit petit à petit..
    Et maintenant, l affichage de principes écologiques.. Mais qui polluent le plus entre la voiture et le train ?
    Avant de s’attaquer à l’avion et aux personnels encore rémunérés normalement dans notre pays, ne vaudrait il pas mieux défendre un réseau local de qualité pour améliorer les transports urbains et régionaux et développer des emplois ?
    Il me semble bien que ce sont bien les priorités de Mr Melanchon.
    En attaquant les lignes province orly, vous être entrain de donner raison au 6 ème plan de départ volontaire d air France qui remplace ses salariés par de la sous traitance mais qui augmente son PDG canadien de 400 000 milles euros par an pour atteindre des niveaux de rémunération astronomique..
    Vous donnez raison au système capitaliste sans apporter aucune réponse aux besoins des usagers et vous participez à notre destruction..
    S’il vous plaît, nous salariés d’air France en province, sommes à votre disposition pour échanger sur ces sujets et vous démontrer la perversité de ce système..
    Bien cordialement
    S. D

  18. Quand vous devez prendre un vol international (ou transatlantique vers Martinique / Guadeloupe etc) à Orly en venant, par exemple de La Roche sur Yon, précisez moi 1) la ligne et les correspondances SNCF 2) le coût total du voyage devant nécessairement inclure une nuit d’hôtel sur Paris dont on sait le coût tellement abordable pour le provincial !

  19. Supprimer l’aérien au profit de la SNCF, c’est créer une situation de monopole absolu qui ne pourrait que déboucher sur une explosion du prix des billets.
    A la différence de l’aérien qui est une vache à lait pour le gouvernement, contrairement à ce qui est affirmé ici, le ferroviaire est en partie financé par les impôts des français….
    Supprimer ces lignes, c’est faire un cadeau énorme aux lowcoast et compagnies aériennes étrangères qui vont récupérer tous les passagers. Ils auraient leurs correspondances au départ de Londres, Madrid, Amsterdam ,…. La mort de notre compagnie nationale annoncée, sacrifiée au nom de l’écologie, mais sans le moindre impact sur cette dernière au final.
    Les incompétents utopistes sont vraiment toujours bien là…..

  20. Dans le même ordre d’idée, il est tout à fait aberrant de voir certains fruits, légumes ou autres biens, importés depuis l’autre bout du monde, être vendus moins chers en magasins que leurs équivalents locaux. Pour répondre à cette absurdité, ne serait-il pas envisageable de remplacer la TVA par une taxe kilométrique qui serait appliquée aux produits de consommation en suivant un barème progressif selon la valeur totale du produit (ex : 0,10 € tous les 100 kilomètres parcourus depuis l’unité de production pour un bien de faible valeur / 10 € tous les 100 kilomètres pour certains produits de plus forte valeur).

    Cela aurait l’avantage de lutter également contre l’empreinte carbone, de favoriser les circuits courts et les producteurs locaux face à la concurrence internationale, tout en encourageant potentiellement certains industriels soucieux de vendre sur le marché français à investir dans un outil productif situé en France.

  21. C’est complétement stupide. C’est une vue exclusivement parisienne du problème. Une partie des gens prennent l’avion pour avoir une correspondance à Roissy ou Orly pour aller à l’étranger. Vous les voyez prendre le train, arriver gare de Lyon ou Montparnasse et ensuite aller à Roissy, par quel moyen?
    C’est de l’idéologie écologique soyez plus pragmatique.

    1. Le TGV va jusqu’à Roissy et vous dépose au milieu des terminaux. Désolé mais il faut aussi se renseigner

      1. Ca dépend de la provenance…… 1 par jour en venant de Rennes, en début d’après-midi….. c’est suffisant?

  22. génial merci! cette loi donne un peu d’espoir pour l’avenir. Bon courage pour la faire passer! C’est difficile aujourd’hui d’être jeune dans la société et de voir le monde s’effondrer, ce genre de choses permet de rester positive.

  23. Ping : La Relève et La Peste

  24. Monsieur Ruffin,

    Alors pour le populisme, vous voilà champion des Hauts-de-France…
    Comme dans les posts précédents, comment pensez-vous traiter du cas de la correspondance passager sur le hub de CDG?
    Pensez-vous vraiment que les passagers choisiront la SNCF avec les incertitudes qui en découlent régulièrement?
    Votre loi ne fera que livrer les passagers AF à British Airways et Lufthansa qui desservent la plupart des aéroports visés par votre proposition de loi…
    Si cette loi est théoriquement honorable, la gare SNCF de CDG est elle minable et pour en faire une vraie plate-forme multimodale, il lui faudrait être beaucoup plus grande, quid de la durée des travaux et des coûts monsieur?
    Le sacro-saint train une fois de plus, car en remontant la chaîne de production d’énergie, nous avons en France des rames diesel ou nucléaires et je vous pose donc la question du traitement des déchets nucléaires liés à l’augmentation du trafic de train,que proposez-vous?

    Le train électrique, oui en Scandinavie…NON en France, encore pire en Allemagne, le TGV allemand roule au charbon en remontant la chaîne…
    Quel est votre point de vue?

    Les progrés technologiques des motoristes aériens sont colossaux, encore insuffisant certes mais au regard de l’évolution du trafic aérien, les résultats sont honorables.
    Avez-vous aussi fait une étude préalable de marché sur la perte potentielle de trafic pour AF sur ces lignes? Combien de passagers en moins, combien de ligne et surtout l’impact au niveau de l’emploi sur les escales concernées dont certaines sont déjà dans le viseur d’un PDV chez AF?
    La sncf s’engage t-elle a reprendre des ex-AF?

    Certes le carburant n’est pas taxé comme il devrait l’être, en revanche puis-je connaître votre avis sur le fait que la recherche UNITAID soit financée par les billets d’avion alors que les multi-nationales de l’industrie pharmaceutique se gavent?
    Est-ce juste?
    Alors le train devrait lui aussi y contribuer pour plus d’équité?!

    Seules les CSP prennent l’avion? Ah bon? Quid de Ryanair qui base de nouveau du personnel à Marseille remunéré de manière scandaleuse?

    Monsieur, pour un journaliste qui écrit au monde diplomatique, vous tombez hélas dans la bfmisation de l’info…Vous n’êtes pas mieux que les autres et proposant des lois stupides, dont l’efficacité est nulle et qui amènerait au même résultat qu’à chaque fois que l’Etat se mêle aux solutions industrielles, un fiasco!

    Remettre le rail en état est aussi honorable, pouvez-vous préciser vo sintentions sur le financement, une nouvelle taxe comme le proposent toujours les députés en manque d’idées? En quoi le contribuable français devrait de nouveau payer pour un réseau vétuste que l’entreprise d’Etat n’a pas su gérer? Le financement des voies rapides pour TGV est déjà un scandale et vous souhaitez continuer là où les infrastructures aériennes coûtent bien moins cher aux contribuables français…

    Quel serait l’impact écologique et énergétique des chantiers colossaux de remise en état des lignes ferroviaires afin de les rendre utilisables de efficaces de surcroît?

    Vous êtes tombés dans le populisme ferroviaire.

    Pouvez-vous Monsieur égayer ma curiosité en répondant à ces quelques interogations matinales?

    Bien à vous,

  25. Monsieur Ruffin,
    pourquoi ne pas interdire prioritairement les cars Macron lorsqu’ils sont en concurrence directe avec le train ?

  26. Vu la minable implication de la SNCF pour rendre possible les trajets en train en Bretagne, venant de la Bretagne ou allant en Bretagne, je ne vois pas comment remplacer un Rennes-Roissy sans tranfert à Paris. La SNCF a supprimé en septembre dernier, les TER qui permettaient d’aller travailler, pour aligner le traffic « grandes lignes » sur des horaires qui ne correspondent à personne. L’électrification de la ligne entre Rennes et Brest est une arlésienne. Entre Rennes et Nantes, il n’y a que des liaisons calamiteuses. Moralité, ne pas mettre la charrue avant les boeufs. Quand on habite Dinan et qu’on veut aller à Colmar c’est déjà un parcours du combattant et une journée de voyageen train, et 2h en avion…. alors partir en Guadeloupe avec 2 enfants et des valises, sans liaison inter-aéroport c’est de la folie sans alternative correcte.

  27. Ping : Des députés français veulent interdire les petits trajets en avion pour combattre la pollution

  28. La vraie solution, c’est de rester chez vous ou de prendre un cheval ou un vélo. Vous êtes trop pressés. La vie nécessite de ralentir, cette croissance de tout ne peut plus durer. Il a raison Ruffin, et ce n’est que le début. Les gisements d’emploi ils sont dans l’agriculture bio, pas dans le transport aérien. Vous devrez vous bouger un peu la couenne.

  29. Ping : Interdire l'avion là où un train fait le même trajet en moins de 5h, est-ce bannir l'avion en France, comme l'affirme de Rugy? – AMB Conseils

  30. C’est commme pour les 80km/h en milieu rural, il y a une déconnection de l’administration parisienne avec les régions dont la Bretagne. Cela aurait pu être une bonne. Idée si on avait eu notre dame des Landes comme aéroport international, cela nous aurait épargné de passer par paris.
    C’est avant qu’il fallait réfléchir.

  31. A propos du Paris-Brest et inversement :
    comparer les temps de trajet, c’est bien… mais il faut aussi regarder :
    – le nombre de places proposées/disponibles dans les TGV,
    – l’organisation des correspondances TER,
    – la capacité des gares parisiennes, et Montparnasse en particulier, à absorber une croissance du trafic,
    – mettre en place un train de nuit (couchettes) Brest-Paris qui roulerait sur la ligne classique.

  32. Fabrice Ragaj

    Mr Ruffin,

    Vos données sur les durées de trajet Brest Paris sont inexactes. Vous annoncez 3h25 de temps de trajet, le site SNCF propose différent trajets, le plus court étant de 3h39 et le plus long de 4h04 pour la journée de vendredi 7 juin par exemple.

    Les compagnies aériennes «bricolent» régulièrement les horaires de vol prévus pour se donner une marge de manœuvre et donner l’impression d’être à l’heure. Le temps de vol effectif d’un Brest – Paris est de 50 minutes…
    Il serait souhaitable de revoir votre copie Mr Ruffin.
    Salutations

  33. Ping : Des ambitions écologiques gouvernementales à l’Assemblée: climat et mobilité – Revue de presse pour "Albi Vert Demain"

  34. Encore une fausse bonne idée de dogmatiques bobos habitant le centre de Paris.
    Résident dans les Yvelines, il me faut une bonne heure pour rejoindre la Gare de Lyon, à Paris (quand le service de banlieue fonctionne correctement) mais une petite demi-heure pour rejoindre Orly.
    En outre, contrairement aux idées largement diffusées, le transport domestique en avion peut coûter (beaucoup) moins cher que le TGV. Si la SNCF a le monopole du transport « court courrier » on imagine bien l’augmentation des prix. A moins, bien sûr, que le projet de loi ne s’accompagne d’une très grande ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, ce qui, venant de LFI, étonnerait quelque peu…

  35. Ping : Aérien, climat et fiscalité : un petit manuel d’auto-défense intellectuelle – Enjeux énergies et environnement

  36. Chaque député veut laisser une trace de son passage en mettant son nom sur une loi (question d’ego) !
    Et vas-y que je te saisis la balle au bond parce que notre planète va disparaître. Que je taxe l’essence, j’augmente moultes et moultes taxes « punitives » pour soi-disant financer une action écologique. Et voilà qu’on nous en remet une couche avec cette hypothétique loi à coucher dehors. Quand cesserez-vous, Mesdames et Messieurs les députés de nous dicter ce que nous devons faire ? A quand la loi qui nous dira ce que nous devons manger, comment nous devons faire le ménage et conduire notre voiture pour préserver la planète ?

    Avant de penser cette loi il aurait mieux valu se poser la question sur la SNCF, sur son fonctionnement :
    On va donc privilégier des liaisons directes entre grandes gares pour remplacer les lignes aériennes intérieures. Celles-ci vont donc s’ajouter aux liaisons existantes et ne feront qu’augmenter la saturation des voies et des gares.
    Alors j’imagine que la SNCF va donc supprimer encore plus des lignes qu’elle ne juge pas rentables.

    A-t-on pensé à la qualité du matériel roulant vieillissant ? Au matériel inutilisé qui dort dans les gares de triage cause suppression de lignes ?

    La SNCF supprime des lignes car non rentables ? Et pourquoi ne sont-elles pas rentables ? A cause des lignes aériennes ? La belle affaire ! Matériel vieillissant et non fiable, service inexistant, horaires inadaptés, pannes du matériel roulant trop fréquentes, Aucune sécurité (voyager debout dans un TGV à plus de 300 km/h : j’ai donné une fois, pas deux), prix exorbitants, grèves beaucoup trop fréquentes,

    Y-a-t-il une différence avec l’avion ? Très peu, à vrai dire : Avions de qualité dotés des dernières technologies, qualité du service à bord, respect des horaires, sécurité à bord (et au sol), tarifs inférieures à la SNCF (certains vols transatlantiques sont moins chers que certaines liaisons Paris Province en TGV) trois fois rien quoi !
    Alors …
    Penchez-vous d’abord sur la SNCF, mettez tout à plat et quand vous y serez arrivés, quand vous nous aurez redonné l’envie de reprendre le train nous en reparlerons.
    C’est donc ce que vous avez trouvé pour sortir la SNCF de son marasme ? Couler les aéroports et détruire Air France ? Mais j’y pense : plus personne ne va vouloir acheter ADP !!!!

  37. Ping : Le vrai du faux. Les approximations autour de l'impact du transport aérien sur le climat - Sustainable Development News Portal | Open Team

  38. Bon ben tant pis, on baisse les bras et on laisse le marché se réguler tout seul. Je suis sûr que le marché va prendre en compte les émissions de CO2, les dépenses énergétiques, l’origine de cette énergie… Je suis sûr que le marché va sauver la planète, le climat et la biodiversité… C’est même sa spécialité, au marché.

    Plus sérieusement, évidemment que cette loi ne suffit pas. Évidemment qu’il faut re-densifier le réseau ferroviaire. Mais est-ce l’objet d’une loi sur le trafic aérien ? On peut imaginer que cela fasse l’objet d’une autre loi, non ? Quant à l’idée que donner un monopole à la SNCF ferait augmenter les prix, ma foi, il va falloir reconnaître que rien ne fait jamais baisser les prix: ni le monopole, ni la concurrence. Les prix se contentent d’augmenter à la moindre occasion.

    Si vraiment vous avez peur pour votre correspondance (celle qui vous envoie à l’autre bout du monde sans que votre bilan carbone ne vous émeuve), le projet de loi vise des trajets faisables en train en un temps raisonnable. Et les grands aéroports de France sont relativement bien desservis par le train. Mais bon, si vous préférez poireauter deux (voire trois) heures à l’aéroport plutôt que de prendre un train…

    Mais au fond, vous sentez bien qu’il s’agit de plus que de quelques vols intérieurs, non ? C’est même plus que le monde de l’aviation qui est en cause. C’est le monde de la vitesse qui est attaqué. Mais êtes-vous prêts à l’accepter ? Êtes-vous prêts à reconnaître que notre mode de vie complet n’est pas soutenable ? Que si vous prenez l’avion vous ne pouvez déjà plus vous considérer comme si différents de ces bobos parisiens que vous êtes si prompts à critiquer ? Que s’attaquer à ces quelques vols intérieurs, c’est très insuffisant, mais nécessaire ? Sinon, on n’a plus qu’à continuer comme si de rien n’était en attendant de se prendre le mur climatique.

  39. Ping : Ruffin (FI) : nous allons vous faire préférer le train — de force | Contrepoints

  40. Combien de vols interieurs les deputes insoumis ont ils utilise depuis deux ans? Et vous mon cher Ruffin? Vous tentez simplement de prendre « le train en marche », comme d’habitude car vous n’etes qu’un demagogue. Sur le plan scientifique, de tres nombreux savants et specialistes du climat affirment aue le CO2 n’a strictement aucun impact sur le rechauffement climatique, ce aui meriterait a tout le moins de les ecouter et de permettre un debat au lieu de l’espece de totalitarisme catastrophiste qui s’est installe et sur lequel vous surfez.
    Autre chose, Monsieur Ruffin, vous aviez affirme qu’a mi mandat, bous demissionneriez de votre mandat de depute pour demander aux electeurs s’ils etaient d’accord pour vous voir continuer…. C’est qudn l’heureux evenement?

  41. Ping : Quels trajets intérieurs en avion pourraient être interdits en cas d’alternative en train ? - Sunuinfos

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