Lévothyrox, tous cobayes ?

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Monsieur le député François Ruffin attire l’attention de Madame la ministre de la Santé sur la crise sanitaire du Lévothyrox.

Aujourd’hui, pas moins de trois millions de personnes en France dépendent de médicaments à base de lévothyroxine, principalement le Lévothyrox, produit par le laboratoire Merck, en situation de quasi-monopole en France jusqu’ici. En mars 2017, la formule de ce produit a été modifiée suite à une demande  de l’AFSAPS  pour améliorer la stabilité  du Lévothyrox.

Effet nocébo

Suite à ce changement de formule, partout en France, des patients se sont plaints d’effets secondaires indésirables suite au changement de formule. Certains leaders d’opinion, liés à l’industrie ont fait appel à un prétendu « effet nocébo » : les patients seraient hystériques, et imagineraient des effets secondaires. Mais, le 10 octobre 2017 un premier rapport du centre de pharmacovigilance de Rennes, validé par l’ANSM, montre de manière indiscutable que les effets secondaires sont bien réels, très nombreux et inexpliqués.

Face à la colère des malades et des associations, Madame la ministre de la Santé a d’abord ordonné l’importation en urgence de 190 000 boîtes de 100 comprimés de l’ancienne formule, en provenance d’Allemagne, peu avant d’annoncer la mise à disposition de quatre médicaments différents à partir de la mi-novembre 2017. Pourtant, malgré ce revirement, elle continue d’affirmer qu’il n’y a aucun problème. En effet, en réponse à une question sur le même sujet adressé par mon collègue Dominique Watrin, Madame la ministre affirme le 25 janvier 2018, envers et contre tout, que « cette nouvelle formule, aujourd’hui largement dispensée, présente une meilleure stabilité tout en ayant strictement la même substance active. Elle apparaît comme étant parfaitement tolérée par une très grande majorité de patients. ».  Aucune donnée scientifique ne permet pourtant d’affirmer cette « meilleure stabilité… ».

Malgré l’arrivée des alternatives,  sur le marché français, des centaines de milliers de patients français souffrant d’effets secondaires importants vont toujours à l’étranger se procurer  l’ancienne formule, tandis que d’autres peinent à s’adapter à la nouvelle formule ou aux nouveaux médicaments sur le marché.

Effets secondaires redoutables

Le 14 juin 2018, l’AFMT (l’Association Française des malades de la Thyroïde) a publié les résultats de ses propres analyses, révélant un sous-dosage de thyroxine, ainsi que la présence d’une autre molécule, non commercialisée en France, qui pourrait être de la dextrothyroxine, aux effets secondaires redoutables.

Pourquoi ni l’ANSM, ni le ministère de la Santé, n’ont-ils lancé une enquête sur ce changement de formule, manifestement dangereux pour de nombreux patients ? Selon Gerard Bapt, médecin-cardiologue et ancien député, « Nul dans les institutions sanitaires ou politiques ne se pose de question sur les véritables raisons ayant conduit au transfert aventureux de mars 2017. C’est pourtant l’intérêt commercial de la firme et de ses investissements en Chine qui ont primé sur l’intérêt des patients. » (La nouvelle formule n’utilise plus de lactose comme excipient, afin de répondre à la demande croissante venant d’Asie, où près de 80% de la population y est intolérante).

Des cobayes des labos ?

La crise n’est pas finie. Les malades demandent des explications. Le député François Ruffin interroge Madame la Ministre : les Français seraient-ils donc des cobayes pour les laboratoires pharmaceutiques ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’enquête de l’inspection des affaires sociales, l’IGAS, ou d’une commission scientifique indépendante, comme le réclamait le Centre Régional de Pharmacologie de Rennes pour comprendre le déclenchement de cette crise sanitaire, et expliquer les inconnues scientifiques existantes ?

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