L’Etat va-t-il abandonner les ambulanciers ?

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François Ruffin interpelle M. Braun, ministre de la Santé : dans la chaîne de soin, les ambulanciers tiennent bon. Ce maillon, le laisserez-vous craquer, ou le renforcerez-vous ? Allez-vous revoir la grille tarifaire des ambulances pour l’indexer sur l’inflation ?

« On en a marre d’être sous perfusion. »

Bruno Villapando, patron des ambulances Sainte-Anne à Amiens, a serré les dents pendant la crise Covid :

« Je n’ai pas fait de chômage partiel, ni de prêt garanti par l’État. Mon entreprise a perdu un million d’euros. Forcément, on ne faisait plus que du transport de patient Covid, conventionné 89 euros. Parfois ça pouvait prendre 1h45 par patient, avec la désinfection. Mais on nous a dit que c’était la « guerre », alors on est allés en première ligne comme on nous l’a demandé. En remerciement, qu’est-ce qu’on a eu ? On a eu droit à un beau discours d’Olivier Véran le 13 juillet 2020 au Grand palais, des remerciements du Président de la République le 14 juillet, mais c’est pas ça qui fait bouillir la marmite. Aujourd’hui on se sent abandonnés. »

Même constat chez ses collègues, dirigeants des ambulances Besancourt à Molliens-Dreuil et Pétain à Domart : « Depuis 2011, on fonctionne avec la même grille tarifaire pour le transport couché. Aucune revalorisation depuis 9 ans, alors que tout augmente : les salaires conventionnels de nos ambulanciers, le matériel, l’entretien des véhicules pour correspondre aux normes sanitaires… Pendant le Covid, avec les ruptures de stock et la ruée sur les produits sanitaires, les prix de certaines fournitures comme les combinaisons ont été multipliés par 10 ! »

Après la crise Covid, c’est maintenant celle des carburants : « A plus de 2 euros le litre, on se retrouve face à des choix impossibles. Des salariés hésitent à continuer de travailler quand toute leur paye part dans l’essence. Mais même pour nous, au-delà de 20 kilomètres, ce n’est plus rentable de partir en intervention. On refuse de se rendre dans des zones reculées. On est en train de créer un désert sanitaire. Ça va poser un problème dans l’accès aux soins des patients. »

Monsieur le ministre, votre tâche est, je le sais, colossale. L’hôpital public est par terre, les soignants sont à bout, les EHPAD sont en crise, la psychiatrie en lambeaux, les déserts médicaux s’étendent. Dans cette chaîne du soin mal en point, les ambulanciers, pour l’instant, tiennent bon. Ce maillon, allons-nous le renforcer ou, à son tour, le laisser craquer ? Et le regretter quand il sera trop tard ? Aussi, nous vous demandons d’indexer la grille tarifaire des ambulanciers sur l’inflation – pour que eux, leurs entreprises, leurs salariés, puissent vivre de leur travail, tout simplement, et non d’aides successives ?

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