
Sébastien Lecornu a récemment déploré une dérive des dépenses liées aux arrêts maladie : « Je ne parle pas des situations individuelles, évidemment, des Françaises et des Français qui sont touchés par la maladie, mais en macro, on a une dérive très préoccupante sur le terrain budgétaire des arrêts maladie ».
Et dans le viseur, malgré tout, malgré les précautions : les malades, les salariés malades. Avec la chasse aux arrêts maladies, la pression mise sur les médecins, la suspicion des complaisances, voire les « lundis matin » après la fête du week-end.
Mais que disent les chiffres ? D’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), le service statistique du ministère de la Santé, les arrêts longs, de plus de 30 jours, représentent l’écrasante majorité des dépenses : 82% des indemnités (pour 25% des arrêts). A contrario, les arrêts courts, de moins de 8 jours, représentent 50% des arrêts mais seulement 4% des indemnités (et sont déjà frappés par les journées de carence).
Quelle est la première cause de ces arrêts longs ? D’abord, les troubles psychiques. Suivi des troubles musculo-squelettiques. Puis viennent les cancers.
Il est grand temps de renverser la responsabilité : non pas dénoncer la prétendue paresse des salariés, mais des organisations malades et qui rendent malades. Et s’attaquer, enfin, à cette épidémie, à ce « nouvel amiante » : le burn-out.
J’interpelle la ministre de la Santé : le président de la République, sa première ministre de l’époque, avaient promis un « nouveau pacte de la vie au travail », mais rien, absolument rien n’est venu. Quand allez-vous, au moins, faire entrer les troubles psychiques dans le tableau des maladies professionnelles ? Que les broyeurs de salariés deviennent les payeurs.
François Ruffin