Nos agriculteurs ou le Mercosur ? Ma question à Stéphane Travert

12 février 2018

Monsieur François Ruffin, député de la Somme, interroge Monsieur Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture.

A Rungis, le 12 octobre 2017, Emmanuel Macron déclarait : « Je ne suis pas favorable à ce que nous nous précipitions pour conclure des négociations commerciales dont le mandat a été donné en 1999 », allusion claire au Mercosur.

Pourtant, le 26 janvier 2018, il déclarait « Nous partageons la même vision stratégique sur cet accord entre l’Union européenne et le Mercosur, qui peut être bon pour les deux parties et qu’il est pertinent d’essayer de finaliser rapidement. » C’est une étrange valse puisque, cinq jours plus tard, le 31 janvier 2018, le ministre de l’agriculture passait la marche arrière : « En matière de droits de douane sur les biens agricoles transformés, en particulier sur le secteur laitier, et au-delà sur le secteur agricole, les biens industriels, les services et les marchés publics, les ouvertures que nous attendions du Mercosur en décembre n’ont pas été faites. Nous n’avons pas non plus, à ce stade, d’engagement crédible du Mercosur sur la mise en œuvre effective de ses obligations légales en matière sanitaire, suite aux manquements identifiés l’année dernière, notamment au Brésil, en matière de sécurité sanitaire des aliments. » Une semaine plus tard, dans l’hémicycle, M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, se montrait fort sibyllin, décrivant à demi-mot un troc contre des exportations de vin et d’automobiles…

Au-delà des craintes et des chiffres avancés par les éleveurs de vaches bovines (baisse des prix de 10%, leur marge de 30%, soit 25 000 à 30 000 emplois perdus dans la filière), au-delà même des contradictions dans les discours (de “la viande n’est pas concernée” jusqu’à 70 000 tonnes, et désormais 99 000), c’est la cohérence de la politique du gouvernement que nous souhaitons interroger : d’un côté, trois mois d’Etats généraux de l’alimentation, pour assurer un revenu aux producteurs et de la qualité aux productions. Voilà pour les paroles.

De l’autre, des accords de libre-échange qui vont manifestement à l’encontre de ces objectifs, avec des revenus minés, et surtout de la viande possiblement shootée aux hormones, voire avariée. Voilà pour les actes.

Interrogé à l’école AgroParisTech, Olivier Allain, coordinateur des EGA déplorait lui-même ces “incohérences”. Alors, malgré les alarmes environnementales et sociales, confirmez-vous qu’un accord avec le Mercosur soit sur le point d’aboutir ?

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