Handicap : la voiture d’Odile, 10 ans de combat

HANDICAP : LA VOITURE D'ODILE, 10 ANS DE COMBAT !

"Pendant 10 ans, pour aller voir un copain, il fallait que je prévienne le service de transport 15 jours à l'avance, avec un horaire précis. Juste pour aller acheter du pain ! L'autonomie c'est un combat…"

Publiée par François Ruffin sur Lundi 1 avril 2019

« Avant pour aller voir un copain, il fallait que je prévienne le service de transport 15 jours à l’avance, avec un horaire précis. Juste pour aller acheter du pain ! L’autonomie c’est un combat… »

De vrais emplois pour les Assia !

J’ai rencontré Assia ce printemps, un samedi matin. J’accompagnais ma fille Ambre – elle a six ans – à un petit tournoi d’athlétisme inter-écoles à Amiens-Nord. Elle courait, elle sautait, elle lançait des poids, avec une quarantaine de gosses.

À la fin, on avait presque terminé, j’entends un chœur de « Assia ! Assia ! Assia ! » Une femme venait d’entrer dans la cour. Les gamins lui tournaient autour, s’accrochaient à son pantalon, comme des chiots qui font la fête à leur maître.

« Ben dites donc, je lui fais remarquer, vous êtes la star ici. »

« – Oui, on m’aime bien, elle me répond. Je voulais justement vous contacter, monsieur le député », elle ajoute. C’est évidemment une AVS, une auxiliaire de vie scolaire.

Depuis deux ans, elle s’occupe d’enfants handicapés, mais, à la rentrée, elle ignorait si elle serait maintenue.

Assia : « – Ça me ferait trop mal, parce que je m’occupe d’un petit garçon autiste, et je ne veux pas l’abandonner. La famille aussi voudrait me garder. »

C’est comme ça, parfois, à l’improviste, qu’un dossier vous tombe dessus. Alors, tandis que les instits distribuent des morceaux de brioche aux gamins, Assia m’a renseigné sur son métier, qui n’en est pas un, justement. Plutôt bouche-trou, pour l’instant.

Une responsable de l’académie les a d’ailleurs prévenus, avec franchise, durant une réunion : « – Si vous trouvez un autre travail ailleurs, n’hésitez pas à partir. »

Assia : « – Ça m’a retourné le sang. À la fin, je suis allée la voir dans le couloir : « – Pourquoi vous nous dites ça ? Si je fais ce métier, c’est que ça me plaît, que je me sens utile, que j’aime les enfants. »

Elle m’a répondu : « – Y a pas de budget. »

Dans la cour, les enfants siphonnaient leur brique de jus de pomme, et je poursuivais mon interview. « – Mais vous avez reçu une formation ? »

« – Non, on n’a rien. Le rectorat nous recrute, et on arrive dans l’école, on ne sait rien, rien de l’enfant, rien de son handicap. Moi, j’ai découvert l’autisme sur le tas, avec Joachim. Je me suis renseignée le soir, par internet… »

Je ne sais pas si vous imaginez le délire. Ces accompagnants – accompagnantes surtout – entrent en fonction sans la moindre formation ! Comment elles se débrouillent, alors ? Elles tapent « autisme » sur Google, ou « dyslexie », ou « trisomie ».

Assia : « – J’ai un enfant qui frappe beaucoup. Heureusement, j’ai du caractère, je ne me laisse pas faire, mais comment gérer cette violence ? Qu’est-ce que j’ai le droit de faire ou pas ? Comment le calmer ? Je n’en sais rien. »

Zéro formation, donc ; zéro information ; zéro contact avec les familles, également, ce qui est peut-être le plus humiliant.

Assia : « – On n’a pas de relation avec les parents, on n’a pas le droit ; c’est réservé à la maîtresse. On suit l’enfant toute la journée, mais on ne participe pas à son projet. »

Que dit-on, par là, à ces accompagnants, à ces accompagnantes ? Tout simplement qu’elles n’existent pas pour l’éducation nationale. Elles sont rendues invisibles, transparentes, sans statut. En toute logique, elles sont payées presque zéro : aux alentours de 700 euros, pour vingt heures par semaine.

Alors, quand Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, fait de la retape, sur France Bleu Normandie – « Je profite de votre antenne, s’il y a des personnes qui ont envie de devenir accompagnants, ce sont des contrats à 1 350 euros de salaire mensuel » –, on se demande sur quelle planète il vit ! Sans doute sur Jupiter

Et il ajoute : « Ce ne sont plus des contrats précaires ». Mais comment appelez-vous ça ? Six CDD d’un an, six ans avant de prétendre à un poste de titulaire ! Si c’est pas de la précarité, ça, c’est du poulet ?

Dans le car, en rentrant, pendant que ma fille jouait à « pierre-feuille-ciseaux », la question m’a taraudé : comment on en fait un métier reconnu ? Voilà des gens qui se dévouent, qui sont prêts à soigner les plus fragiles, les plus malades, pour un salaire de pacotille, et on les prend, et on les jette ? « Au suivant ! Au suivant ! » « À la suivante ! », plus exactement, parce que ce sont très largement des femmes. Ce sont des femmes, tout comme les assistantes maternelles pour nos bébés, tout comme les ATSEM – agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles – dans les écoles, tout comme les auxiliaires de vie sociale pour les personnes âgées. Et toutes sont sous-payées, précarisées, parce que ce sont des femmes, parce que, durant des siècles, c’était leur travail, leur travail domestique, leur travail gratuit, de s’occuper des enfants, des malades, des vieux.

Voilà qu’elles sortent de la maison. Voilà qu’elles exercent cette activité ailleurs. On ne va pas, tout de même, en faire de vrais emplois, avec de vrais horaires, de vrais salaires ! Eh bien si, et c’est une urgence, même : une urgence de justice, une urgence sociale, mais aussi une urgence écologique. Ce sont ces métiers du tendre, du lien, de la relation, que nous devons placer au cœur de la cité. Il est là, pour notre société, le chemin du progrès : dans les Assia plutôt que dans les téléphones 4G.

C’est pour cette raison que je remercie notre collègue, Aurélien Pradié, d’avoir mis ce sujet à notre ordre du jour. Contrairement aux déclarations du ministre de l’éducation nationale, ce matin, aucun projet de loi sur les AESH n’est inscrit au calendrier, rien, pas l’ombre d’un texte venant de la majorité : voilà la vérité. Je vous remercie donc de mettre ce sujet à l’ordre du jour.

« Je les avais prévenus que ce serait scandaleux »

J’étais ce lundi matin l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. L’occasion de rappeler que je les avais prévenus.

Une semaine avant en Commission (retrouvez notre travail et nos amendements ici), je les avais prévenus : « Si vous interdisez le débat dans l’hémicycle sur l’accompagnement des enfants handicapés, je vous assure que ce sera scandaleux. Ce sera scandaleux pour moi. Et ce sera scandaleux pour le pays. »

Redécouvrez mon discours à l’Assemblée nationale en ligne ici.

Bulletin de Ruffin n°37

Bonjour tertoutes et tertous ! Au menu de ce 37e Bulletin vidéo, retour sur mon discours hier à l’Assemblée nationale et sur la constante interdiction du débat par les députés playmobiles de la Majorité !

Un bon visionnage !

« Ce vote vous collera à la peau comme une infamie ! »

Chers collègues marcheurs,
 je vous le demande avec solennité :
 Vous n’avez pas honte ?
 Honte de votre paresse ?
 Honte de votre sectarisme ?

Je vais résumer, pas seulement pour les citoyens dehors, mais pour vous ici : pour que vous mesuriez votre déshonneur.
Nous avons, dans le pays, des femmes, des milliers de femmes,
qui accompagnent les enfants handicapés dans les écoles.
 Pour ce métier, elles sont sous-payées, 600€, 700€, sous le seuil de pauvreté, avec des contrats ultra-précaires, sans formation, sans qualification.
Pour changer ça, depuis le début de votre mandat, quelle proposition de loi avez-vous portée ?
RIEN. AUCUNE.
Et le ministère, quel projet de loi ?
RIEN. AUCUN.

Pour supprimer des impôts aux actionnaires,
pour offrir aux firmes le secret des affaires,
là, c’est urgent et sur ces bancs vous répondez tous présents.
Mais pour ces travailleuses pauvres, rien, rien de rien, personne.

Aujourd’hui, notre collègue, de droite… mais moi je m’en fiche qu’il soit de droite, il pourrait bien être du centre, du Sud ou de l’Est, qu’importe…. Notre collègue Aurélien Pradié propose d’élever un peu leur statut.

Son texte n’est pas parfait, loin de là. 
Il est nettement améliorable.
 Et nous avons, nous, les Insoumis, mais également les communistes,
les socialistes, les UDI, les républicains, nous avons déposé des tas d’amendements en Commission.

Vous, les Marcheurs ? AUCUN.
 Vous n’avez même pas participé aux échanges.
 Vous vous êtes contentés, en groupe, en troupeau, de voter contre,
contre, contre, contre,
de lever la main en cadence, comme des Playmobils.

Mais aujourd’hui, dans cet hémicycle, c’est pire encore.
Vous allez voter une « motion de rejet préalable ». 
Ca porte bien son nom, « rejet préalable ».
C’est-à-dire que la discussion n’aura même pas lieu.
 Que le texte ne sera même pas examiné.
 Vous empêchez carrément le débat, vous l’interdisez.
Sur ce thème, les enfants handicapés, leurs accompagnants,
j’espère que le pays ne vous le pardonnera pas.

Nous demandons un scrutin public !
Les noms des votants seront publics !
Je les publierai sur ma page Facebook.
Ils circuleront à travers la France.
Et ce vote, j’en suis convaincu, ce vote vous collera à la peau comme une infamie.

Chose promise, chose due. Voici les noms des 70 députés qui ont empêché qu’un débat ait lieu sur le statut des accompagnant.es pour enfants handicapés. Nulle délation, juste de l’information sur les choix de vos élus.

LREM : 
Damien Adam
Aude Amadou
Didier Baichère
Aurore Bergé
Pascal Bois
Céline Calvez
Émilie Cariou
Lionel Causse
Jean-René Cazeneuve
Sylvie Charrière
Fannette Charvier
Fabienne Colboc
François Cormier-Bouligeon
Dominique David
Marc Delatte
Nicolas Démoulin
Jacqueline Dubois
Laurence Gayte
Perrine Goulet
Véronique Hammerer
Pierre Henriet
Sacha Houlié
Yannick Kerlogot
Rodrigue Kokouendo
Aina Kuric
Frédérique Lardet
Célia de Lavergne
Fiona Lazaar
Gaël Le Bohec
Fabrice Le Vigoureux
Jean-Claude Leclabart
Roland Lescure
Monique Limon
Richard Lioger
Didier Martin
Thomas Mesnier
Amélie de Montchalin
Sandrine Mörch
Zivka Park
Patrice Perrot
Béatrice Piron
Pierre-Alain Raphan
Cécile Rilhac
Véronique Riotton
Stéphanie Rist
Mireille Robert
Laurianne Rossi
Laurent Saint-Martin
Jean-Bernard Sempastous
Bertrand Sorre
Bruno Studer
Marie Tamarelle-Verhaeghe
Adrien Taquet
Stéphane Testé
Huguette Tiegna
Laurence Vanceunebrock-Mialon
Annie Vidal
Patrick Vignal

Modem : 
Philippe Berta
Marguerite Deprez-Audebert
Marc Fesneau
Isabelle Florennes
Jean-Luc Lagleize
Fabien Lainé
Philippe Latombe
Jean-Paul Mattéi
Philippe Michel-Kleisbauer
Bruno Millienne
Michèle de Vaucouleurs

Accompagnement des enfants handicapés : notre travail en Commission

En Commission, je soutenais la proposition du député LR Aurélien Pradié pour améliorer le statut des accompagnants des enfants handicapés dans les écoles. J’apportais huit amendements, la plupart acceptés par le rapporteur. Les Marcheurs eux n’ont rien déposé, n’ont pas participé au débat et se sont bornés à tout rejeter en bloc…

Merci à Mathilde et Vincent pour leur travail sur ces amendements.

 

Amendement n°AC23

Comme le souligne le collectif des Accompagnants des élèves en situation de handicap, le terme d’« aidant » est impropre : les enfants en situation de handicap sont constamment considérés comme malades, ce qui les enferme dans une image d’eux-même négative. Or, les AESH n’ont pas vocation à apporter des soins – mais bien d’éduquer les élèves en situation de handicap, de les accompagner dans un cursus qui n’a pas été pensé pour elles et eux. Pour cette raison, nous préférerions que le terme « d’accompagnant » subsiste, plus valorisant et plus proche des réalités.

Article premier : Supprimer les alinéas 1 à 3.

 

Amendement n°AC37

Les accompagnantes et accompagnants des élèves en situation de handicap ont vocation à accompagner les élèves en situation de handicap dans leur quotidien. Les enseignant·e·s, elles et eux aussi doivent être formés, régulièrement, aux enjeux du handicap. Ils et elles doivent connaître les spécificités de chaque handicap, pour pouvoir, au mieux, adapter leur enseignement à ces élèves. Pour cette raison, nous souhaitons qu’un enseignement dédié leur soit délivré lors de leurs formations initiales et continues.

Article 5 : Compléter cet article par les deux alinéas suivants :
« II. – L’article L. 112‑5 du code de l’éducation est complété par un alinéa ainsi rédigé :  « Cette formation spécifique comprend des modules sur les enjeux éthiques et sociétaux propres au handicap, une formation sur les différents types de handicaps et sur les méthodes pédagogiques adaptées ainsi que sur le cadre juridique applicable. »

Amendement n°AC26

Il n’est pas sérieux de confier à des établissements privés la formation si importante des accompagnantes et accompagnants des élèves en situation de handicap. Au contraire, nous considérons qu’il est essentiel de confier ces formations à des établissements publics, gratuits, avec un enseignement uniforme, qui délivreront des diplômes identiques, et qui dépendent de l’éducation nationale.

Article 2 : À l’alinéa 8, après le mot : « supérieur » insérer le mot : « public ».

 

Amendement n°AC29

Par cet amendement, nous proposons de créer un régime légal de responsabilité sans faute de l’État en cas de manquement à son obligation d’accompagner les enfats en situation de handicap dans leur scolarité. Nous pensons qu’en effet, le manque de moyen fait souvent faire des choix à l’État qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt supérieur de l’enfant, tel que défini dans la Convention Internationale relative aux droits de l’enfant de 1989

Article 4 : I. – Compléter cet article par l’alinéa suivant : « La responsabilité de l’État peut être engagée, même sans faute, dès lors qu’aucune aide n’est apportée à un enfant en situation de handicap qui en a fait la demande ».

II. – En conséquence, à l’alinéa 1, substituer aux mots : « un alinéa ainsi rédigé » les mots : « deux alinéas ainsi rédigés ».

 

Amendement n°AC35

Par cet amendement, nous proposons que les accompagnantes et accompagnants désigné·e·s pour s’occuper de l’élève en situation de handicap soient associés à la mise en place de son parcours indivisualisé. Nous pensons en effet que c’est en ayant connaissance des objectifs fixés pour la scolarité de l’enfant que l’accompagnant peut remplir au mieux sa fonction. Actuellement, on constate qu’ils et elles sont associés à la marge à la détermination du parcours pédagogique, alors même que cela renforcera leur rôle auprès de l’enfant.

Article 5 : À l’alinéa 3, après le mot : « légal » insérer les mots : « les accompagnantes et accompagnants des élèves en situation de handicap ».

Amendement n°AC32

Si aucun texte n’empêche formellement la rencontre entre Accompagnantes ou accompagnants et les parents, le guide du ministère sur les AVS précise que « L’enseignant est responsable de
l’élève et de la mise en œuvre du projet personnalisé de scolarisation de l’élève accompagné. Les échanges entre les familles et l’AVS, dans le cadre du projet, se feront toujours en concertation avec l’enseignant ou le directeur. L’enseignant est la personne ressource pour les difficultés de toute nature rencontrées dans l’accompagnement. » Cette rédaction traduit une mise à l’écart assez fréquente des AVS/ AESH dans la construction du parcours pédagogique, alors même qu’elles et ils sont souvent les mieux placé·e·s pour discuter de la situation de l’élève, de ses progrès et de ses difficultés.

Article 5 : Les accompagnants des élèves en situation de handicap rencontrent régulièrement les représentants légaux des élèves afin d’assurer un suivi optimal de ces derniers.

Amendement n°AC29

Les AESH sont actuellement prévenues au dernier moment de la situation de handicap de l’élève qu’elles auront à accompagner. Cette situation génère du stress et atteint dans certains cas l’accompagnement que les élèves reçoivent. Il est essentiel que ces personnels soient associés plus étroitement à la scolarité de l’enfant, afin de pouvoir adapter l’accompagnement délivré.

Article 5 : Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont informés en amont du type de handicap de l’élève qu’ils auront à accompagner. Ils reçoivent en conséquence une formation adaptée.

 

Par cet amendement nous voulons rappeler que l’inclusion de l’enfant, si elle produit le plus souvent des effets positifs, ne doit pas toujours être obligatoire et se faire au détriment d’institutions extérieures comme les Instituts médico-educatifs (IME). 

Simple comme un coup de fil…

Cet automne,
Madame la ministre,
des milliers d’enfants handicapés se retrouvent sans accompagnant, de fait
exclus de l’école.

A leurs parents,
inquiets, vous avez apporté ce remède,
il y a quinze jours, ici même :
« Notez ce numéro : le 0800 730 123.
80% des cas sont résolus dans les 24 heures.
C’est ça, la réalité de terrain. »

Ca serait
plus rapide que La Redoute.

L’auxiliaire
de vie scolaire, même précaire, même sous-payée,
même sous le seuil de pauvreté, serait livrée dans la journée.

Ce numéro, Cathy,
chez moi, à Abbeville, l’avait déjà noté.

Son petit
garçon est atteint d’autisme.
Depuis la rentrée, elle se bagarre pour obtenir un accompagnant.
Au rectorat, qui ne répond pas, elle adresse des courriers,
bientôt des recommandés.

Alors, votre 0 800, c’était sa bouée.
J’ai là sa facture Freebox.
Elle a appelé le 7 septembre à 15 h 02.
Personne n’a décroché.
Elle a essayé, de nouveau, à 15 h 38.
Puis à 16 h 49.
Le 11 septembre à 14 h 02.
A 14 h 42.
A 17 h 02.
Le 12 septembre à 10 h 28.
Le 13 septembre à 10 h 04.

Toutes ces tentatives, au milieu des rendez-vous avec l’orthophoniste, le neurologue, le psychomotricien.
Enfin, le 21 septembre à 9 h 51, un téléconseiller a décroché.
Cathy a rempli un énième dossier.
Mais depuis deux semaines, plus rien.
Aucune nouvelle, encore moins d’accompagnant pour son enfant.

La voilà, la « réalité de terrain », comme vous dites.
Le voilà, le fossé entre le pays et votre baratin.
Yann Arthus Bertrand a fait, en photo, Le monde vu d’en haut.
Vous, c’est le monde social vu d’en haut.
Vous planez.
Et comme il paraît lisse, le pays, vu depuis vos palais.
Pour les enfants handicapés, un numéro vert, et tout est réglé.
Côté pauvreté, des grands mots, quelques euros,
et en trois coups de cuillère à pot, vous l’éradiquez.
Pour les hôpitaux, paf, un plan Santé.
Pour les retraités, la méthode Coué:
« Vous n’avez rien perdu ! Vous n’avez rien perdu ! »
Et aux cinq millions de chômeurs, le banquier de l’Elysée délivre son secret : « traverser la rue. »

Alors, chers amis de Jupiter,
quand remettrez-vous les pieds sur Terre ?