Presstalis : le grand n’importe quoi

12 février 2018

(Je préviens d’emblée: et de 1, Fakir se porte bien, et de 2, on passe par les MLP. Je n’ai donc, vraiment, comme rédac’chef, aucun intérêt dans le dossier Presstalis.)

Alors voilà, ce mercredi matin, au petit déjeuner, à la cafétéria de l’Assemblée, je recevais Franck Annese, la patron de Sopress (Sofoot, Sofilm, Society…). Nous ne sommes pas copains ni rien, on se rencontrait pour la première fois. Il venait m’alerter sur le grand n’importe quoi chez Presstalis, le distributeur qui achemine les journaux chez les marchands.

Franck Annese : Le contexte, d’abord. En gros, les trente plus gros éditeurs, Le Monde, le groupe Bauer,  Vanity Fair, etc., représentent 80 % du chiffre d’affaires, et ce sont eux qui tiennent le conseil d’administration.

Début 2017, ils nous annonçaient que tout allait bien, qu’on serait bénéficiaires de 5 millions d’euros. Et en novembre, branlebas de combat : il faut qu’on donne 2,25 % de notre chiffre d’affaires en plus. Ca a l’air de rien, mais c’est plus que notre marge. Ils n’utilisent pas l’expression “cessation de paiement”, à l’époque, c’est “juste un décalage de trésorerie”. Et ils nous rembourseront en décembre, ou en janvier.

Mais en janvier, au contraire, ils nous invitent à une réunion d’information, et là c’est le sketch : Presstalis a vingt millions de trou ! Et un besoin de financement à hauteur de 170 millions d’euros. C’est quand même beaucoup !

François Ruffin : Mais ils sont incompétents ? Passer de +5 millions à -20 ?

Franck Annese : Oui. Là, ils nous disent, à nous les petits: “On a un plan. L’Etat est prêt à mettre 90 millions d’€ sur la table si les éditeurs en mettent 50 millions.” Mais le truc le plus audacieux, c’est que, en bref, les gros prêtent de la thune et ils toucheront des intérêts dessus, tandis que les petits, nous, on laisse 2,25% et y a rien qui revient…

Et nous n’avons aucun accès aux chiffres.

F.R.: Surtout, le CA va changer ?

F.A.: Non, ce sont les mêmes qui restent à la manoeuvre! Ils ont quand même recruté une nouvelle directrice générale, qui vient de Hachette, et ma première impression c’est qu’elle est compétente.

F.R.: Mais comment on explique pareille débâcle ?

F.A.: Ils ont oublié leur mission première: transporter du papier. Ils se sont lancés dans des applications pour téléphone, un truc qui s’appelle Zeens par exemple, qui a foiré et qui aurait quand même coûté 12 millions d’euros. C’est toujours pareil, on n’a pas les chiffres.

F.R.: Donc vous demandez quoi ? De la démocratie dans la gestion? D’être associés au CA et aux décisions ?

F.A.: Oui, et de la transparence. On s’est rassemblés, avec le 1, avec L’Hebdo, avec Psychologies, pour avoir voix au chapitre. Mais les marchands de presse, eux non plus, jamais on ne leur demande leur avis. Ils sont quand même en première ligne, et ils sont complètement absents.

F.R.: Après, surtout, il faudrait s’interroger sur les aides à la presse. Parce que là, ça va juste être une cautère sur une jambe de bois…
Plutôt que de filer du pognon aux titres, je me demande si l’Etat ne devrait pas aider le réseau, la distribution. Tout comme l’Etat finance le réseau routier, ou le réseau ferroviaire…

F.A.: C’est une idée.

F.R.: Tu avais lu les papiers de Pierre Rimbert à ce sujet, dans le Monde diplomatique  ?

F.A.: Non.

F.R.: Bon, je collerai ça en fin d’article…

(Chose promise, chose due : Projet pour une presse libre, à lire dans Le Monde Diplomatique.)

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