« Monsieur Macron doit maintenant partir »

Depuis vendredi, j’ai circulé dans mon département.
Je me suis rendu sur les ronds-points d’Amiens, de Flixecourt, d’Albert.
J’ai discuté durant des heures avec des « Gilets jaunes ».

Conformément à mon mandat, je viens rapporter ici, à Paris, devant l’Elysée, l’état d’esprit de mes concitoyens.
De la colère, on est passé à la rage.
L’orgueil du président de la République, sa surdité, son obstination, son absence de concessions sont une machine à haine.
Qu’ai-je entendu, durant deux jours ?

« Il va terminer comme Kennedy. »
« Si je le croise, tant pis, je monterai en prison. »
« Vous voyez la croix sur le terre-plein ? Il va finir pareil ».
Ces mots sont prononcés par des intérimaires, des retraités paisibles, des habitants ordinaires.

Et durant deux jours, je me suis appliqué à les tempérer.
A argumenter, à modérer : la violence ne mène à rien.

Mais c’est lui, le président de la République,
qui depuis dix-huit mois déchire la République.
C’est lui qui avec son arrogance déchire la France.
C’est lui qui met notre pays à feu et à sang.

« Macron démission! » : c’est le mot d’ordre entonné partout.
« Macron démission! », c’est proclamé en choeur sur tous les ronds-points.
« Macron démission », c’est inscrit au feutre sur des milliers de gilets.
« Macron démission », c’est réclamé par des pétitions.
Cette exigence de notre peuple, c’est mon mandat, c’est ma mission,
je viens la relayer ici, devant l’Elysée :

Que disent les Français que j’ai rencontrés ? Que Monsieur Emmanuel Macron doit maintenant partir.
Qu’il doit partir en auto, en moto, à cheval, en trottinette, en hélicoptère,
comme il veut, mais qu’il doit partir.
Qu’il doit partir avant de rendre notre pays fou, fou de rage, complètement fou.
Qu’il doit partir pour ramener la paix sociale, la concorde nationale.

« Vous déchirez la France »

Voici donc, Monsieur le président, votre budget de la honte.Voici votre budget de la colère.

Ce fut, l’année dernière, votre geste inaugural, votre entrée en matière : pour vos amis millionnaires, vous avez supprimé l’Impôt de Solidarité sur la Fortune.
C’était une promesse de campagne, pour la financer, justement, votre campagne. J’en ai recueilli le témoignage : que garantissiez-vous à vos généreux mécènes, à tout bout de champ, d’un dîner lucratif au suivant ?

La fin de l’ISF. En échange, les financiers vous signaient à tire-larigot des chèques de 7 500 €. Dès votre entrée à l’Elysée, vous teniez cet engagement, et assuriez à vos donateurs un retour sur investissement.
Avec l’ISF, mais pas seulement. Avec également la flat tax. Avec aussi la taxe sur les hauts salaires effacée. Avec encore une ristourne « spéciale Brexit » pour les banquiers. Avec enfin une baisse de l’impôt sur les sociétés.

A vos copains et coquins, vous avez distribué les milliards, les yeux fermés, sans compter.

Et en même temps, en même temps, dès qu’on vous parle del’hôpital abandonné, des EHPAD sous-dotés, des élèves handicapés, des tribunauxengorgés, des commissariats délabrés, dès qu’on plaide pour la santé, pour l’éducation,pour la police, pour la justice,
vous répondez : « déficit public ». Vous brandissez ce spectreterrifiant : « Quelle dette allons-nous laisser à nos enfants? »
Hypocrite que vous êtes ! Charlatan de l’endettement !
Elles sont bien sélectives, vos pudeurs de père-la-rigueur.

En même temps, en même temps surtout, pour enrichir les riches, comment avez-vous procédé ? Vous avez appauvri les pauvres,
ou les modestes. Vous avez gratté cinq euros sur les APL des locataires, vous avez éliminé 240 000 contrats aidés,
vous avez relevé la CSG des retraités.
Il fallait oser.
A ce point, il fallait oser.

Une injustice aussi évidente, aussi criante, il fallait oser.
Mais vous osez tout, et c’est à ça qu’on vous reconnaît.

Cette année, vous pouviez corriger le tir.
Vous pouviez rectifier votre budget.
Au contraire, vous creusez le même sillon, le sillon de l’injustice : pour les pauvres, ce sera le gel des pensions, des allocations, et cette taxe sur l’essence. Pour les riches, pour leurs firmes, ce sera la suppression de l’exit tax, et le CICE doublé.

C’est si excessif, tellement abusif.
Ca touche au porte-monnaie, certes, au « pouvoir d’achat », mais pas seulement.

C’est l’orgueil d’un peuple qui en est blessé, son honneur : on se moque de lui, son propre chef de l’Etat se moque de lui. Car à cette injustice, à cette évidence de l’injustice, comme on jette du sel sur une plaie, vous ajoutez l’arrogance de l’injustice, à grand renfort de « gens qui ne sont rien », de « feignants », de « Gaulois réfractaires », de « vous n’avez qu’à traverser la rue » et autres « pognon de dingue », comme des provocations renouvelées.

Vous avez déchiré le contrat social.
Vous vous êtes assis dessus.
Vous l’avez piétiné.
Vous en avez fait des confettis.
Et c’est la France que, aujourd’hui, vous déchirez.

Avant même votre élection, à la veille du second tour, je vous adressais – je cite – une « Lettre ouverte à un président déjà haï » :

« Vous êtes haï, je vous écrivais, vous êtes haï, vous êtes haï.
Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale. Vous n’entendez pas le grondement : votre heure, houleuse, sur le parking des Whirlpool, n’était qu’un avant-goût. C’est un fossé de classe qui, face à vous, se creuse. »

Avec douze fois « vous êtes haï » en une trentaine de lignes, je vous prévenais avec un rien d’insistance. Et stylistiquement parlant, je ne porte pas ce texte en bandoulière, comme une fierté littéraire. Sur le fond, néanmoins, je n’en renie rien, l’avertissement sonnait juste:

 Vous êtes aujourd’hui haï, massivement haï.
C’était en germe hier, on assiste désormais à la moisson. Le fossé s’esttransformé en gouffre.

Vous l’avez palpée par vous-même, cette haine, de la Lorraine aux Ardennes, de la Marne à la Somme, lors de votre semaine d’ « itinérance mémorielle ». Vous avez fait le jovial, « j’aime aller au contact », « je reviendrai plus souvent », mais ce ressentiment, dans votre propre peuple, a bien dû vous meurtrir.
Et je l’espère : vous alerter
Depuis dix jours, surtout, qu’est-ce qui rassemble les « gilets jaunes » ? Qu’est-ce qui les unit, bien plus que le gasoil ? Qu’est-ce qui, par-delà mille différences, leur fait un trait commun ?
Vous.
L’aversion que vous provoquez.
L’aversion que votre caste provoque.
Quel slogan entonne-t-on, sur les ronds-points, à peine un micro tendu ? « Macron démission ! Macron démission ! »

Comment,dès lors, sortir de cette impasse ?

Voici le discours que je vous propose, pour demain soir :

Françaises, Français,
Je vous ai entendu.
Je vous ai compris.
J’ai changé.
J’en ai pris conscience, soudain, cette nuit, une révélation.
Je me suis trompé :
La politique ne se fait pas au CAC 40.
Nous devons mener la transition écologique.
Nous devons la mener avec l’exigence de justice sociale.
Nous devons la mener avec un renouveau démocratique.
C’est une rupture dans mon quinquennat.
C’est un nouveau chemin, que nous ouvrons pour le pays.
Voilà la feuille de route que, dès ce soir, je confie au Premier ministre, à tout le gouvernement.

Ce serait un changement de cap.
Et voici les trois mesures que, dans la foulée, d’urgence, j’annoncerais pour recoudre la France :

Première mesure.
Rendez l’ISF d’abord !
Traquez la fraude fiscale sans pitié, tous les yachts immatriculés à Malte, tous les jets privés à Jersey, tous les Google Apple Facebook Amazon que vous recevez avec les honneurs à l’Elysée, tous vos amis qui optimisent, qui panamisent, qui caïmanisent,
qui luxembourgisent.
C’est un poison.
C’est un poison pour la société, ces 60, 80, 100 milliards enlevés au fisc.
C’est un poison, pas seulement pour les finances, mais surtout, surtout, pour le moral de la nation.
Comment croire au bien commun quand les privilégiés, les PDG, les premiers de cordée, que vous donnez en exemple, trichent, volent, s’affranchissent de la loi commune ?
C’est tous les Français qui en sont écoeurés, dégoûtés, découragés.

La chienlit, c’est lui !

L’ « anarchie » règne aujourd’hui dans le pays, avec des barrages, des blocages, des blessés, et même deux morts. Mais quelle est la cause du désordre, aujourd’hui, sur les routes de France ?
Qui est le fauteur de troubles en chef ?
Il est à l’Elysée.
La chienlit, c’est lui !

Depuis dix-huit mois qu’il préside, Emmanuel Macron ne donne pas des « petits coups de canif au contrat social » : il le déchire, il s’assied dessus, il le piétine.

Comment ?
Par l’injustice de sa politique.
Par l’évidence de son injustice.
Par l’arrogance de son injustice.

Ses amis nantis,certes, ne l’avaient pas attendu pour prospérer. Les 500 premières fortunes, d’après Challenges, ont été multipliées par sept en vingt ans. Mais la mondialisation ne suffisant pas, il fallait que les décisions du jeune président renforcent, sans complexe, sans honte, ces inégalités.

Aussitôt aux affaires, voilà qu’il supprime l’Impôt de Solidarité sur la Fortune à ses « premiers de cordée », qu’il leur offre la flat tax sur un plateau, l’exit tax cette année, sans compter un Crédit Impôt CompétitivitéEmploi doublé. Sur eux, ça ruisselle. Ca ruisselle par dizaines de milliards.

Et en même temps, en même temps, voilà que tel un Robin des Bois à l’envers, il vient faire les poches des familles modestes, 5 € de gratté sur les APL des locataires, de la CSG sur les retraités, la fin des contrats aidés. Et enfin, cette taxe sur l’essence, goutte de pétrole qui fait déborder le vase des rancoeurs…

Il y ajoute le verbe, en plus, comme on verse du sel sur une plaie, à grand renfort de « gens qui ne sont rien », de « feignants », de« Gaulois réfractaires », de « vous n’avez qu’à traverser la rue » et autres « pognon de dingue », comme des provocations renouvelées. On croit que ça passe mais non, dans les esprits, ça laisse des traces : c’est plus que le « pouvoir d’achat », c’est l’orgueil qui est blessé. C’est un peuple qui se sent méprisé, humilié, par son président lui-même ! En démocratie !

Dans son délire de toute-puissance, le peuple n’est pas seul à sentir humilié, méprisé. Les maires également, les offices HLM, les syndicats, le Parlement, jusqu’à l’armée ! Plus rien, plus aucun « corps constitué » ne fait aujourd’hui tampon.

La chienlit, c’est lui !

Un grand merci à @monsieuralfred pour son talent !

Mon samedi jaune

Je suis un cahier de doléances ambulant, ce samedi 17 novembre, au milieu des gilets jaunes. C’est bien là ma place, c’est bien ça mon rôle.

« Oh! Un à la fois, je suis pas en stéréo! »
Sur le barrage « ouest », à Flixecourt, ce samedi 17 novembre, je suis assailli par les gilets jaunes. A mon oreille droite, un routier redoute pour son permis à points: « On vit dans le stress, dans la peur, avec tous les radars, le 80 kilomètres, ça met des familles dans la misère », dans la foulée il me cause de son fils: « Il faisait du juridique, pour devenir avocat, ou juge, mais nous on n’a plus les moyens de l’aider, on n’y arrive plus… Maintenant, il est entré chez Auchan. C’est un gâchis. » J’essaie de lui dire que c’est un gâchis pour lui, mais aussi pour le pays. J’essaie seulement.

Dans mon oreille gauche, une dame, cheveux blancs, qui a travaillé dans le bâtiment, qui a conduit un camion poubelle, qui a donné naissance à six enfants, me détaille sa retraite, 1013 €, sa Carsat, sa complémentaire, sa CSG, (je n’y comprends jamais rien, je fais toujours semblant, avant de poursuivre, et ça je comprends beaucoup mieux) :

« Je mange du pain et du lait, du pain et du lait… Et ma fille, elle habite Troyes, elle étudie la gestion des entreprises, son APL a baissé mais son loyer a augmenté ! Alors que l’autre avait promis que ça baisserait. Et je ne peux pas la soutenir, je suis à zéro, rien qu’aller la voir, en essence, en péages, ça me coûterait cent euros… »

Je suis un cahier de doléances ambulant, ce matin, « notez bien » qu’on me dit, « allez leur remonter à Paris », et je relève à la volée :

« On n’arrive pas à avoir 200 € pour payer le fioul, et ils veulent qu’on change notre cuve? »,
« Ma voisine, elle a préparé son contrôle technique, le nouveau, 1 500 € de réparations. Sa voiture, recalée. Elle pleurait »
« Je travaille dans le périscolaire, et là, cette rentrée, j’ai perdu sept heures. Je suis à 400 € par mois, toujours pas titulaire, après vingt ans d’ancienneté. »

On m’entoure, on m’enserre.
« Derrière la ligne jaune ! je gueule. Comme à La Poste! Et prenez votre ticket ! » Ca les fait marrer. Moi aussi, ça me fait marrer. Je suis bien, dans ce bain de foule. C’est ma place, c’est mon rôle, au milieu de ces gens, je ne me suis pas planté.

*

Ce sont des messages sur Facebook qui m’ont fait réagir, au départ. Genre : « Le 17, ce sera sans moi ! Pas avec les fachos ! » Des camarades de la CGT, de SUD, qui postaient ça. Et ça me semblait une cata. Eux poursuivaient : « Où ils étaient, les gilets jaunes, quand on manifestait contre la loi travail? Pour les retraites ? Pour les salaires ? Y a rien de plus important que le gasoil? »  Aie aie aie, ça sentait le snobisme de gauche, qui a raison avant le peuple, sans le peuple…
En rester à ma méthode, juste : l’enquête d’abord.
Ecouter.
Regarder.
Comprendre, essayer, s’y efforcer.
Avant de juger, du haut d’une estrade, dans le huis clos d’un studio.
Depuis vingt ans, on s’efforce de ne pas l’écouter, de ne pas la regarder, cette France-là, périphérique, loin du pouvoir, loin des médias, disqualifiée d’office : « beauf », « raciste », « populiste ». Et aujourd’hui, nouveau motif, « anti-écolo ».
Qu’ai-je entendu, qu’ai-je vu, donc, lors de cette balade sur les sept barrages de ma circonscription ? Voici mes petites notations.

8 h. Carrefour d’Amiens-Nord

Il fait encore nuit, presque. Au rond-point, les caddies servent à boucher les entrées. A peine descendu de moto, à la hâte, inquiet, j’interroge deux personnes, plutôt âgées : « Vous êtes là pour ?
– On vient de Flesselles.
– Mais vous êtes là pour ?
– Ah, c’est pas que pour le gasoil. C’est un ras-le-bol général. »

C’est l’expression qu’on va me répéter toute la journée.

9 h. Flixecourt.

Alors qu’on traverse un blocage, une grosse cylindrée – genre Laguna, Scénic, je sais pas -, immatriculée 76 (Seine-Maritime) tente de forcer. Un gilet jaune se jette sur le capot, pète le pare-brise. Un jeune gars plutôt bien sapé sort de la bagnole, et avec du cran : « On va faire un constat !
– Tu savais qu’il fallait pas forcer ! Pas rouler aujourd’hui !
– Je m’en fous.
– T’as les sous, toi !
– Vous aviez qu’à faire des études ! « 

Ca chauffe, après cette réplique.
Et ça m’évoque un sondage BVA, qui raconte ça : qui soutient ce mouvement ? Les ouvriers/employés, à 78 %. Les cadres, à 44 %. C’est rebelote la France du oui et la France du non de 2005.

10 h. Abbeville.

Sur le premier rond-point, à une sortie, une camionnette, avec une grosse sono, balance une chanson avec « patriotard » dedans : une ode à la Corrèze, rien de méchant mais identifié FN. Les coupes de cheveux sont un peu plus courtes qu’ailleurs, c’est le seul endroit où on me salue du bout des doigts…

Une dame : « C’est la première fois de ma vie que je manifeste, à 62 ans. Y a une quinzaine d’années, avec la pension invalidité, j’y arrivais encore. Mais là, je ne peux plus. »

Un homme: « J’aimerais bien, moi, avoir qu’à traverser la rue pour trouver du boulot, mais non, j’ai trente bornes à faire. Soixante aller-retour. Et pour le Smic, à 1200 €, c’est pas honteux ? »

Une femme: « Mon compagnon, il veut changer sa voiture, la banque ne lui prête pas, parce qu’il gagne 1 000 €. Mais Cofidis, eux, ils sont d’accord. Ca veut dire quoi ? Que pour l’ouvrier, on ne prête pas à 2 %, mais à 20 % oui ? »

Nolan, 24 ans, père de famille, voix chevrotante :

« J’étais en contrat aidé, dans un collège, et du jour au lendemain, ils m’ont arrêté. C’est le gouvernement, ils m’ont expliqué, ils n’en veulent plus. Ca m’a mis en colère, je me sens abandonné, et on est douze dans ce cas-là, douze jeunes, avec pas grand-chose comme bagages, l’école c’était pas mon truc, et j’avais pas tellement foi dans la République… Là, mon métier, je l’aimais… Et maintenant, ça m’a fragilisé, je suis précarisé, perdu. Y a des copains, c’est la délinquance derrière. »

11 h Flixecourt (sur le retour)

Partout, j’ai oublié de signaler, partout, des pancartes « Macron démission! », ou c’est inscrit sur les chasubles avec le doigt d’honneur. Et c’est le point commun, plus que le gasoil :

« Nous, si on veut du boulot, il faut cinq ans d’expérience. Mais eux, ils devraient vivre cinq ans à Etouvie, en HLM, avec le Smic et faire les 3 * 8 avant de devenir ministres… »

« Macron, quand il a passé le premier tour, pour aller fêter dans son restau de luxe, il a grillé tous les feux rouges. Alors qu’il était pas encore président… »

« Edouard Philippe, en rentrant du Havre, il roulait à 180 sur l’autoroute. »

« Combien qu’il y en a, de ministres, qui ont une voiture électrique? »

A deux reprises, c’est parti sur les immigrés: « A Calais, on leur paie le permis, me dit un retraité.
– C’est pas vrai, je corrige.
– C’est le responsable d’une association qui l’a dit.
– Ce sont des gens misérables, et au fond de vous, vous le savez. Il faut pas que les pauvres se déchirent entre eux, je fais la leçon. C’est pas eux qui vous coûtent des dizaines de milliards. Regardez en haut. »

13 h. Camon.

Ici, les bloqueurs sont de « Roquette », un fabricant de féculents, à Daours : « C’est moi qui ai lancé le truc, me raconte un jeune barbichu, à pantalon rouge. J’ai motivé les copains. C’est pas que l’essence, y a nos salaires surtout… »
Ca me paraît tellement symbolique: à la place de la grève, du conflit social dans la boîte, le conflit social s’est déplacé là, sur le bitume…

Evidemment, qu’il y a tout et son contraire, là-dedans.
C’est pas la pureté révolutionnaire.
Et qu’est-ce que ça donnera demain?
Mais aujourd’hui, déjà, aujourd’hui ça a existé, et jamais je n’aurais cru, comme député, vivre une journée comme ça, cette aventure de proximité, convoyé en Harley-Davidson (spéciale dédicace aux camarades motards, à Fabien, à Didier) sur les routes désertes de la Somme (pas toujours à 80 à l’heure…), avec, sur les bas-côtés, les couleurs d’automne, les arbres aux reflets mordorés.
Et c’est peut-être ce qui a motivé des bloqueurs, aussi : qu’il se passe quelque chose, enfin, dans cette France endormie.

Éducation dans la Somme : où va-t-on ?

Trois collèges et des classes par dizaine de sauvés l’an dernier. La Somme sait se mobiliser pour son éducation. Mais où va-t-on ? Quel chemin dessine-t-on pour nos enfants, notre avenir ?
Accueil des enfants handicapés, statut des AVS, des AESH, Rectorat, moyens alloués pour la rentrée prochaine et dans les années à venir…

Jeudi 22 Novembre à 20h30
Espace Dewailly
3 Place Louis Dewailly
Amiens 80000

Rends l’ISF d’abord !

Comment participer ? 

Rendez l’ISF d’abord, Monsieur le président.

Allaient-ils dormir sous les ponts, vos amis de chez Rothschild ?
Risquaient-ils la soupe populaire, vos mécènes millionnaires ?
ll faut le croire.

Dès votre entrée à l’Elysée, vous en avez fait la priorité des priorités :
Enrichir les riches.
Vous avez offert cinq milliards d’euros sur un plateau aux nouveaux seigneurs, à vos donateurs, aux maîtres de la pharmacie, aux maîtres de la téléphonie, aux maîtres de la chimie, aux maîtres des start-ups.
A votre bande organisée, vous avez délivré, dans la foulée, la flat tax, et l’exit tax, et le secret des affaires, et le CICE doublé.
C’était l’urgence sociale, à n’en pas douter.
Tout pour ceux qui ont tout.
Et rien pour ceux qui ne sont rien.

Les grandes familles peuvent vous remercier.
Elles étaient déjà repues : vous les avez gavées.
En un an, leur patrimoine a bondi de 14 %.
14 %, en douze mois seulement.
En douze mois de travail acharné.
Car c’est un vrai métier, de privilégier les privilégiés.
C’est une rude tâche, de favoriser les favorisés.
D’expliquer, sans cesse, à un peuple ignare et geignard, que c’est pour le bien de la patrie, pour la compétitivité du pays.

Car en même temps, en même temps, avec audace, avec entrain, vous allez partout réclamant des sacrifices.

Chez les locataires, les étudiants, les modestes, vous avez gratté 5 € d’APL.
Mais que murmurent-ils tous, même dans le silence de leur conscience ?
« Rends l’ISF d’abord! »

Vous augmentez les taxes sur l’essence, et que vous crient les automobilistes, avec ou sans gilets jaunes ?
« Rends l’ISF d’abord! »

C’est toute la France qui, aujourd’hui, de la Lorraine aux Ardennes, dans la rue ou dans les sondages,vous le répète :
« Rendez l’ISF d’abord! »
« Rendez l’ISF d’abord! »

Macron, c’est une machine à dégoûter les gens de l’écologie !

J’en serai le 17 novembre. Aux côtés de Jessica, auxiliaire de vie sociale. Dont les frais kilométriques ne sont pas remboursés quand elle se déplace d’une personne âgée à l’autre. Et qui chiffre :
– 17 euros de plus par mois pour l’essence,
– 9 euros de plus par mois pour le gaz,
– un contrôle technique à 257 euros.
Il y a dans ce pays des millions de gens qui comptent. Et après la virgule.